Brooklyn

Brooklyn
2016
John Crowley, Paul Tsan

Petit film d’auteur qui avait l’air sympathique, le film a connu une carrière phénoménale quand les la pluie de nomination a commencé. Pas de stars tellement bankable, un duo de réalisateurs dont l’un débutait et l’autre n’avait jamais connu de vrai succès, un roman assez confidentiel, rien ne laissait présager un tel engouement. Certes reparti bredouille, le film a tout de même décroché trois nominations aux Oscars : meilleur scénario, actrice et film. Et avec 62 M$ dans le monde, le succès fut aussi commercial que critique.

Si on parle souvent de l’exode de certains pays de l’Est vers les Etats-Unis, un pays s’était lui aussi massivement tourné vers l’Amérique : l’Irlande. Entre les vives tensions qu’on lui connaît, le pays faisait aussi face dans les années 50 à une terrible vague de chômage. N’arrivant à s’y trouver une place, Eilis (Saoirse Ronan) va à son tour tenter sa chance outre-Atlantique, rejoignant la masse d’irlandais installés à Brooklyn. Souffrant dans un premier temps du mal du pays, elle va peu à peu s’ouvrir à ce nouveau monde.

Ah, le rêve américain ! Terre de mixité et de brassage génétique où rien ne semble impossible, où les castes tombent et où la différence est une richesse. Ou pas. De tous temps l’homme a toujours cherché un contact privilégié, faire de la culture une source de rassemblement. Ainsi, encore aujourd’hui on voit les mêmes ethnies se concentrer autour des mêmes zones géographiques, et dans une ville comme New-York, certains quartiers concentrent les mêmes origines. Pourquoi une telle traversée pour au final se retrouver avec les mêmes personnes ? Le travail, moteur de l’économie et de l’appartenance au système mondial. Le film fait la part belle aux clichés et ne tente que trop peu de faire tomber les barrières, nous plongeant dans une histoire intéressante mais pas très originale. Les thèmes abordés sont on ne peut plus classiques : l’immigration économique, le mal du pays, l’isolement, la solitude et l’amour. Au moins, les acteurs sont très bons, incluant Domhnall Gleeson et Jim Broadbent, le style de l’époque bien retranscrit et l’héroïne est très attachante. Manque de rythme en revanche, le retour traînant beaucoup, la morale est bateau, la romance faiblarde et la boucle prévisible. De beaux atours pour un bilan pas forcément à la hauteur.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.