Comme des bêtes

Comme des bêtes
2016
Yarrow Cheney, Chris Renaud

Décidément, on tient là une année record pour le cinéma d’animation, même si certains s’y cassent les dents (L’Âge de glace 5 par exemple). Zootopie a déjà atteint le milliard de dollars de recettes, Le Livre de la Jungle n’en était pas loin (940 M$), Le Monde de Dory, après avoir explosé le record de lancement, devrait sans problèmes atteindre le milliard et faire de l’ombre à La Reine des neiges, quant à ce film ci il a établi le record de lancement pour un film d’animation original (pas issu d’une saga). Il devrait avoisiner les 350 M$ sur le seul territoire américain et pourquoi pas titiller lui aussi le milliard avant d’être peut-être rejoint par le Disney de fin d’année. Visiblement, les enfants ont faim…

Que font nos animaux domestiques quand nous ne sommes pas là ? C’était la question à laquelle le film s’était engagé à répondre, s’engouffrant dans une mine d’or qui sautait aux yeux dès la bande-annonce. Mais de quoi parle le film en dehors de ça ? Il raconte le calvaire de Max (Philippe Lacheau), un chien qui coulait jusqu’alors des jours heureux, mais sa vie va du jour au lendemain basculer quand sa maîtresse va ramener Duke (François Damiens), un chien errant qui va mettre en péril l’équilibre de son quotidien. Lors d’une promenade, les deux rivaux vont disparaître, ce qui ne sera pas sans inquiéter la petite chienne Chloé (Florence Foresti), bien déterminée à retrouver son Max adoré.

Il y a trois types de qualités possibles dans un film d’animation : l’émotion, qui peut s’orienter vers l’humour ou le drame, qu’importe ; le style visuel et l’impact narratif. Avec une modélisation 3D, il est pratiquement impossible d’imposer une patte visuelle exceptionnelle, surtout dans un style réaliste, donc c’était d’emblée impossible de nous convaincre pour ce point là. Niveau tonalité, le film s’oriente clairement vers la comédie, mais on est bien loin de l’humour de Raiponce, même si beaucoup de passages font mouche et que la popularité du long-métrage vient très probablement de là. Point d’histoire palpitante non plus, juste une aventure dans les rues de New-York sur fond de guéguerres par peur de l’autre alors qu’évidemment la gentillesse va l’emporter. Un scénario vide balançant masse de stéréotypes et mettant simplement nos idées reçues en scène. On rit de bon cœur car les personnages sont attachants, le ton léger et le principe de base bien trouvé, mais on reste indubitablement sur un registre très enfantin et la réflexion n’est pas assez poussée pour combler un public adulte.

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