Le Clan des Siciliens

Le Clan des Siciliens
1969
Henri Verneuil

Trois ans avant que Le Parrain ne montre au monde entier ce qu’est un modèle du genre, le célèbre Henri Verneuil avait lui aussi posé une référence en matière de film de mafieux. Réunissant trois monuments du cinéma, tous au sommet de leur gloire au moment de la sortie, le film ne pouvait donc qu’être un succès phénoménale : 4,8 millions d’entrées rien qu’en France. Pourtant, le film ne tient pas la comparaison.

Cambrioleur redouté qui n’hésite pas à descendre ceux qui s’opposent à lui, Roger Sartet (Alain Delon) s’était fait attrapé par l’inspecteur Le Goff (Lino Ventura), mais lors de son transfert en prison il s’évada. Loin de lui l’idée d’en rester là et de se cacher dans une vie rangée, il va contacter le chef du clan des siciliens, Vittorio Manalese (Jean Gabin), seul homme à la hauteur pour son plan. En effet, il ambitionne un casse de plusieurs milliards en s’attaquant à une grande réserve de diamants.

Trois grandes gueules qui se prennent chacun pour le plus grand des caïds, une confrontation au sommet et un casse d’envergure : le programme semblait alléchant, mais le film est décevant à bien des égares. Durant tout le film, l’inspecteur semble carrément à la ramasse, créant un bel effet comique d’auto-dérision, mais il se rapproche régulièrement du but à causes de bourdes de l’autre camp, et avec les ratés de chacun il n’y a au final plus grand monde qui semble maîtriser la situation et s’imposer comme intouchable. Pas de personnage écrasant donc, aboutissant à trois personnages d’importance modérée au charisme parfois discutable, notamment Roger Sartet. L’histoire a elle aussi du mal à s’imposer entre un plan qui prend beaucoup de temps à prendre forme et un passage à l’acte mollasson et pas très crédible. La fin est à l’image du film, remettant tout le monde à sa place et prouvant que le film n’était pas à la hauteur de ses ambitions. Un beau tableau, quelques scènes intéressantes mais une écriture faiblarde.

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