The Wave

The Wave
2015
Roar Uthaug

Sorti cet été directement en DVD en France, le film a fait grand bruit et n’a peut-être pas fini d’en faire. Tout premier film catastrophe scandinave, cette production norvégienne a réussi l’exploit de dépasser le million d’entrées dans un pays qui compte tout juste cinq millions d’habitants. Succès commercial probablement modeste tant on imagine mal un faible budget, il fut aussi critique, au point qu’il est actuellement en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger, espérant figurer sur la short-liste des finalistes qui sera révélée en janvier prochain. Effectivement, face aux super-productions américaines le film n’a pas de quoi rougir, mais il souffre des mêmes défaut.

Inspiré de l’histoire vraie d’un tsunami qui a dévasté un village norvégien en 1934, le film nous place dans un magnifique village touristique de quelques centaines de résidents, situé au bord d’un lac entouré de grandes montagnes. Un lieu superbe, mais depuis des années une menace plane sur eux : un flan de montagne menace de se détacher, auquel cas il tomberait dans le lac et entraînerait un tsunami de près de 80 mètres de haut. Et bien sûr, ce qui devait arriva…

Surfer tout un long-métrage sur la même vague ne serait pas possible, alors comme d’habitude on se garde le grand cataclysme pour la fin histoire de bien faire monter la hype et que le spectateur n’en peuvent plus d’attendre. Le film construit donc son build-up, introduit ses personnages en espérant qu’on s’y attache et qu’on s’inquiète de leur sort, nous impliquant ainsi dans l’incident de façon que ça ne soit pas qu’une démonstration de force de la nature mais que la priorité soit l’humain et sa manière de faire face. Pour le père, personnage principal, ça marche plutôt bien, l’acteur ayant une bonne bouille et étant assez charismatique. Malheureusement, les autres ne nous intéresseront pas beaucoup, surtout le fils qui nous fait l’éternel coup de l’ado con sur qui on s’énerve car plein de gens vont mourir à cause de lui. Côté personnages, on ne s’en sort donc pas mieux que dans les blockbuster d’outre-atlantique, nous ressortant les mêmes enjeux et les mêmes situations vues mille fois. Reste la mise en scène, efficace, les décors, extraordinaires, et la fameuse séquence de destruction, digne des plus grosses productions. L’intérêt est donc évident, surtout pour ceux qui adorent les films du genre de 2012, mais il y a moins de scènes spectaculaires et les enjeux sont simplement locaux, empêchant de prétendre au même niveau de prestige.

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