Ils sont partout

Ils sont partout
2016
Yvan Attal

Antisémites ! Moins de deux-cents mille entrées pour un film dénonçant la haine des juifs avec un casting pareil, c’est non seulement une aberration analytique mais c’est surtout une claque sociétale pour ce qui est considéré comme le crime le plus atroce imaginable. Des gens qui se moquent des six millions de juifs exécutés, c’est tout bonnement inacceptable ! À moins que ça ne soit le film qui soit mauvais ? Ah oui.

Film à sketchs avec pour fil conducteur les confessions d’Yvan Attal à son psychiatre sur son obnubilation pour les juifs, le film est des plus inégal. Il démarre de façon assez efficace avec une parodie du Front National, emmené par Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton, puis s’effondre au sketch suivant. Pour le programme du second sketch, engueulades familiales avec Dany Boon et Charlotte Gainsbourg sur fond de problèmes d’argent, inintéressant et atrocement joué. Le troisième, petite interstice, est une banale conversation entre Grégory Gadebois et Denis Podalydès sur l’interprétation du Talmud. On enchaînera alors avec le plus ambitieux sketch du lot, porté par Gilles Lellouche, racontant comment un agent du Mossad va remonter le temps pour adoucir l’image des juifs en tuant Jésus avant qu’il ne soit déclaré prophète de Dieu. Un sursis que les deux deniers sketchs nous feront oublier aisément entre le raz le bol de la Shoah de François Damiens, rétablissant la supposée hiérarchie de la douleur, et le référendum affligeant qui clôturera le film.

Le principe du film à sketch est difficile, notamment pour ce qui est de maintenir un niveau constant. Les Infidèles avait très bien remporté son pari malgré quelques irrégularités, l’écrasante majorité de ses sketchs étant très drôles. Ici, sur un total de six sketchs, deux sont assez bons et auraient carrément mérité un film entier dessus, mais les quatre autres sont tout simplement médiocres tant en terme d’écriture que de jeu d’acteurs. Et encore, le quatrième sur la mission dans le temps est très loin d’exploiter correctement son sujet, étouffant dans l’œuf cette fulgurance qui sonne presque hasardeuse. L’écrasante majorité du film est donc ratée, le message paraît creux et l’humour tombe souvent à plat. Les séquences chez le psy ne changent pas non plus la donne, n’osant jamais aller trop loin. C’est dommage car le potentiel était lattant, mais le réalisateur n’a semble t-il pas eu le recul nécessaire.

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