Star Wars – Les Derniers Jedi

Star Wars – Les Derniers Jedi
2017
Rian Johnson

Il n’y a rien de plus chiant qu’un fan hardcore à qui on ne peut rien dire et avec qui il ne faut rien toucher. Nombreux furent ceux à avoir pesté contre Le Réveil de la force sous prétexte qu’il reprenait trait pour trait le cheminement narratif de l’épisode IV, se concentrant sur les similitudes plus que sur les différences. Et pourtant, quoi de plus naturel que de reprendre les bases d’une saga mythique pour lui rendre hommage ? D’autant que ça n’était pas un simple artifice puisque le but était de montrer que l’histoire est amenée à se répéter et que toute âme tourmentée est susceptible de basculer du côté obscur, surtout quand le sujet est tabou et le problème éludé. Si bien sûr le premier épisode de cette nouvelle trilogie n’était pas dénué de défauts, les bases s’annonçaient prometteuses et les nouveaux arrivants étaient pour la plupart très charismatiques. Les attentes étaient naturellement monstrueuses pour cette suite au troisième plus succès de tous les temps et (premier hors inflation sur le marché américain) et encore une fois les fans pestent plus que jamais alors même que le film innove bien plus que son prédécesseur.

Reproduisant toujours un peu le modèle de la première trilogie, cette fois ce n’est donc pas l’Empire qui contre-attaque mais donc son successeur, le Premier Ordre. Suite à la destruction de son Etoile de la mort 2.0, le leader suprême Snoke a donc envoyé ses deux vassaux, le général Hux (Domhnall Gleeson) et Kylo Ren (Adam Driver), pour détruire une bonne fois pour toute la résistance, menée par Leia Organa (Carrie Fisher) (et comptant dans ses rangs Poe (Oscar Isaac), Finn (John Boyega) et Amilyn (Laura Dern)). De son côté, Rey (Daisy Ridley) est partie quémander de l’aide auprès de Luke Skywalker (Mark Hamill), terré sur île déserte d’une planète isolée suite à l’échec de la formation de son apprenti Jedi, Kylo.

Le film reprend donc directement là où s’arrêtait l’histoire, enchaînant presque à vitesse réelle puisque cette suite se déroule sur seulement deux-trois jours. Structurée autour d’une immense course-poursuite entre la flotte du Premier Ordre et celle de la Résistance, la narration s’axe surtout sur les histoires parallèles de ceux qui tentent d’influer sur l’aboutissement de cette course. Il y en a plus exactement trois, hormis les « méchants » : l’initiation de Rey aux arts Jedi, se heurtant à un Luke totalement désabusé ; Poe qui tente pallier à l’inefficacité de la direction ; ou encore Finn et Rose (une nouvelle très intéressante) qui vont essayer de recruter un pirate informatique  (Benicio Del Toro). Ces derniers vont d’ailleurs nous offrir un haut lieu créatif puisque la planète visitée consiste en un immense terrain de jeux pour les personnes les plus riches de la galaxie, concentrant ainsi tous les pires abus et dérives de l’univers, l’occasion de croiser l’une des deux nouvelles espèces animales très réussies. On retrouve enfin un peu du plaisir de la découverte, de l’aventure. On aura même droit à une planète légèrement originale avec celle dont le sel de surface recouvre des minéraux rouges, l’occasion de découvrir des entrailles magnifiques. Mais ce qu’il y a de plus intéressant dans toutes ces petites histoire c’est leurs développements. Loin de se reposer autant sur ses lauriers que son prédécesseur, le réalisateur ose enfin nous surprendre, jouant sur nos attentes pour mieux partir dans une direction inattendue. L’important n’est plus d’atteindre ses objectifs mais de tout faire pour y arriver, arrêtant enfin de nous servir sur un plateau des victoires faciles et prévisibles. Plus encore, le film est aussi une histoire indépendante qui se suffit à elle-même, dépassant son statut de simple épisode de transition pour nous offrir une histoire complète possédant une vraie fin. Mieux encore, l’humour prend une toute autre dimension en nous offrant de vrais bons moments drôles et fins comme les deux trolls avec la force et la brindille et le coup de l’interphone. Point de gratuité ou de racolage, le comique se fondant de surcroît parfaitement dans le paysage. Toujours aussi plaisant visuellement , le film est donc bien plus abouti d’un point vu scénaristique et artistique, s’imposant tout simplement comme le meilleur épisode de la saga. Eh oui.

Disponible aussi en vidéo complémentaire : https://www.youtube.com/watch?v=2nDaa5HQu60&t=25s

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