Wilson

Wilson
2017
Craig Johnson

Il existe certaines personnes dont l’existence même tient du miracle. Connard fini qui semble ne rien de faire de sa vie (comment fait-il pour se payer une maison dans ce cas ?), Wilson (Woody Harrelson) est ce qu’on appelle un véritable misanthrope, crachant sur absolument tout et tout le monde. Rien ne l’intéresse, tout l’énerve, et le jour où son seul « ami » va déménager, avec en prime le décès de son père, il va chercher à retrouver la seule autre personne de sa vie à l’avoir ne serait-ce que supporté : son ex-femme Pippi (Laura Dern), qu’il n’a pas revu depuis près de vingt ans. Contre toutes attentes, elle n’a pas fini prostituée et a même un semblant de vie normale, mais elle a gardé des séquelles de son histoire avec Wilson, notamment Claire, leur enfant dont elle avait soit-disant avorté mais qu’elle a finalement mené à terme et porté à l’adoption et qui a aujourd’hui 17 ans. Transcendé par cette nouvelle, Wilson va alors se mettre en tête de reconstituer coûte que coûte sa famille.

Quand le monde qui nous entoure nous déplaît, on a normalement deux possibilités : soit vivre reclus soit fermer sa gueule et endurer en silence. Ici le protagoniste du film a choisi une autre voix : faire chier tout le monde. Le genre de type à venir vous taper la discussion quand vous lisez tranquillement dans les transports en commun ou qui vient expressément à votre table pour vous engueuler de vouloir rester isolé. Le genre de psychopathe à vous raconter sa vie dans une gratuité totale, ce qui logiquement entraîne deux réactions possibles : appeler la police ou lui fracasser la tête. Eh bien non, comme les victimes de viol trop apeurées pour bouger, les passants réagissent un peu de la même façon face à cet être différent, pour ne pas dire inquiétant. Comme son évolution psychologique est inexistante et qu’il restera de bout en bout le même taré malaisant, l’attachement est donc impossible et le film est pénible à regarder tant rien ne tourne rond. On en arrive même à un point où la crédibilité en prend un coup. Sérieusement, à quel degré faut-il être atteint pour que quelqu’un comme Judy Greer s’intéresse à lui ? Les moments où l’humour arrive à dépasser le malaise ambiant sont rares et globalement la sauce ne prend pas. L’idée n’était pas mauvaise et les acteurs sont bons, mais l’écriture ne suit pas et le film est clairement trop gratuit dans sa provocation.

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