Venom

Venom
2018
Ruben Fleischer

Si pour les cinéphiles il s’agissait d’un méchant intéressant de Spider-Man 3, pour les « vrais », les « connaisseurs », son apparition était un sacrilège, un massacre. Ils voulaient un film gore, ultra violent sur un anti-héros absolu, et visiblement le public a été très content puisque les notes spectateurs sont bonnes et le film fut un carton phénoménal avec plus de 850 M$ dans le monde, il est vrai bien aidé par une Chine où il s’est classé dans le top 20 de tous les temps. Sachant leur goût pour les comédies crades et les films d’action ultra bourrins quasi nanars, ça n’était pas gage de qualité, mais je pensais naïvement qu’il y avait matière à un divertissement pas trop mal. Oh que non !

Exit New-York, le Daily Buggle et l’homme araignée : c’est dans un tout autre journal qu’on va retrouver le reporter de terrain Eddie Brock (Tom Hardy), désormais basé à San Francisco. Devant interviewer Carlton Drake (Riz Ahmed), dirigeant d’une énorme corporation pharmaceutique, il va commettre une énorme bourde, cherchant à faire éclabousser un scandale de cobayes humains morts. À chercher à tous prix le scoop, il va se mettre à dos l’un des hommes les plus riches et influents qui soit, ce qui aboutira à son licenciement et à celui de sa fiancé (Michelle Williams), compromise de par des documents confidentiels dérobés par son traître de copain. Loin de se douter des répercutions de ses actes, il était aussi loin de se douter de la raison de la mort des patients. En effet, l’entreprise de Drake a mit la main sur des Symbiotes, des extraterrestres parasites vivant à travers des hôtes, voyant en eux la solution à toutes les défaillances de notre organisme. L’un d’eux, un certain Venom, va entrer en contact avec Eddie.

Pratiquement un milliard au box-office pour ça ? Sans déconner ? Il y a des fois, comme pour certains « grands classiques » considérés comme exceptionnels, on sort du film en se demandant s’il n’y a pas eu d’erreur, si on a pas affaire à une mauvaise version, mais non. Alors que le film est extrêmement court, il faudra attendre pratiquement 40 minutes (soit quasiment la moitié) pour que ça se bouge un peu, mais niveau violence ou efficacité il faudra repasser, le tout étant soit illisible à cause d’une réalisation et un montage épileptique, soit une bouillasse numérique immonde aux FX souffrant d’une bonne décennie de retard. Et pourtant, c’est pratiquement le point le plus convaincant du film tant le scénario n’a aucun sens (motivations invraisemblables, réactions improbables voir inexistantes), pratiquement tous les effets comiques tombent à l’eau et les acteurs cachetonnent salement. À ce niveau-là ça n’est même plus du sous-jeu, c’est carrément du non-jeu ! Pire, le film échoue même à exploiter la mode des scènes post-générique, cette dernière arrivant trop tardivement et étant d’une durée débile (quasiment cinq minutes !), nous montrant un Woody Harrelson en roue libre total, nous faisant espérer que la trilogie ne verra pas le jour tant tout le monde aurait mieux à faire.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *