All Inclusive

All Inclusive
2019
Fabien Onteniente

Sur le papier, le film ne partait pas glorieux, mais il avait le mérite d’intriguer. Quand le film était au stade de projet deux ans avant sa sortie, suite aux caméos qui avaient failli se faire entre deux des sagas françaises les plus populaires, Les Tuche et Camping, ce film devait à l’origine réunir les deux sagas pour un film « événement » où la famille Tuche se retrouverait en vacances avec Patrick Chirac. Oui mais non, finalement cela ne s’est pas fait, et ne restait alors qu’un sous Camping non assumé avec de gros trous à remplir niveau personnages, et voici l’un des films ayant récolté les pires critiques de l’histoire.

Le pitch du film donne le ton tant on explose tous les records de connerie et d’incompétence : un couple qui ne part jamais en vacances et qui gagne un voyage all inclusive inespéré aux caraïbes oubli de vérifier la validité du passeport de madame (Maïwenn), faisant que Bruno (François-Xavier Demaison) va partir seul. Et comme le monde est peuplé d’abrutis consanguins ne faisant jamais leur travail, le directeur du village vacances (Thierry Lhermitte) a malencontreusement accepté plus de réservations que de places disponibles, obligeant Bernard à partager sa chambre avec Jean-Paul Cisse (Franck Dubosc), un marginal qui va le bousculer dans ses habitudes.

Après son pitch laborieux, le film n’aura de cesse de nous surprendre, en mal. On y croise le pauvre Youtuber Yvick faisant de l’auto-parodie très gênante, Josiane Balasko est la grosse morue répugnante, et tous les autres sont des stéréotypes ambulants entre le campeur aseptisé, le gros bougon tout le temps énervé, ou encore la vieille pédale en quête de chaire fraîche. Le film n’a absolument aucun sens, enchaînant les sketchs sans aucune forme de montage ou de suite logique, et l’humour réussi l’exploit d’être invariablement malaisant. C’est bien simple, c’est le sans faute absolu de l’échec : pas une seule blague ne fera mouche, et on passera son temps à chercher la caméra cachée tant on a du mal à croire que ce soit un vrai film validé par des « professionnels » du milieu. On ne s’étonnera alors pas de voir Kev Adams venir lui aussi chercher un petit cachet dans ce qui tiendrait presque du teasing de suite, mais entre le four en salle et l’accueil critique presse et spectateur sondant des bas fonds historiques, le holà a été mit. Il faudrait presque le voir pour y croire, mais le foutage de gueule est tellement incommensurable que même le voir pour se moquer n’en vaut pas la peine.

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