Reminiscence


Reminiscence
2021
Lisa Joy

Ne jamais avoir trop d’espoirs sur un film… Réalisé et écrit par Lisa Joy, il lui manque cependant sa moitié, son mari Jonathan Nolan avec qui elle a fait l’extraordinaire série Westworld, scénariste qui a fait ses preuves, et c’est justement là où ce film va pêcher le plus.

Se passant dans un futur où inexplicablement (car incohérent) la température et les eaux ont drastiquement montées, les gens se sont réfugié dans leurs propres souvenirs. Nick (Hugh Jackman) et Watts (Thandie Newton) sont justement des vendeurs de souvenirs, proposant aux gens de revivre leurs anciens souvenirs pour échapper à la dure réalité, et c’est justement Nick lui-même leur client le plus assidu, n’arrivant pas à se remettre de la disparition de sa fiancée Mae (Rebecca Ferguson). L’a t-elle simplement quitté sans un mot, ou cela cache t-il quelque chose ?

Parlons tout d’abord du scénario. Outre le fait qu’une machine permettant de revoir ses souvenirs, voilà qui rappelle beaucoup Minority Report, notamment avec la cuve et le casque, et que globalement l’histoire est un polar archi lambda et peu passionnant, prévisible à souhait, l’univers proposé n’a aucun sens. On parle de chaleur et de montée des eaux, or pour qu’une montée des eaux soit possible, il faudrait que la glace des pôles fonde, or cela provoquerait un rejet colossal d’eau glaciale, ce qui refroidirait drastiquement les côtes et les terres en général avec des courants d’air océaniques bien plus froids. Donc pour avoir en plus une chaleur nettement supérieur, il faudrait vraiment des événements improbables qui mériteraient qu’on s’y attarde, ce qui n’est pas le cas. De plus, comment croire à cette « chaleur » quand cela ne se traduit pas le moins du monde à l’écran ? Pas de soleil écrasant, pas de moiteur torride, et surtout pas de répercutions : les gens continuent de porter des pantalons, manches longues et manteaux ! Et que dire de la fameuse « guerre » qu’on rabâche sans jamais l’expliquer ou la décrire réellement. La mise en scène est correcte et les acteurs prestigieux, mais le film est vraiment plombé par un scénario pas toujours cohérent, superficiel sur de nombreux points comme la nouvelle drogue, la propension de terres immergées ou la guerre (qui, comment, pourquoi ?), et surtout banal à outrance. Aucun des thèmes abordés n’est original, pas plus que la façon de faire, et on est sans cesse à trop en espérer, comme pour quand Watts massacre un réseau mafieux seule, ce qui est d’un bêtise absolue tant on n’explique jamais d’où lui vient cet entraînement militaire de malade, donc on remet constamment en doutes une réalité qui est finalement premier degré. Le rythme est également mal dosé, proche d’une série prenant son temps pour poser son histoire, mais qui fonctionne beaucoup moins bien dans le cadre d’un long-métrage. On aurait presque tendance à parler d’œuvre prétentieuse tant le film essaye de se donner des airs de film de SF qui retourne le cerveau, et on ne s’étonnera donc pas que le public a massivement déserté les salles, affichant péniblement 15 M$ dans le monde pour un budget hors marketing de 68 M$. Le potentiel était là, mais bien moins que l’ennui.

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