Encanto, la fantastique famille Madrigal


Encanto, la fantastique famille Madrigal
2021
Byron Howard, Jared Bush, Charise Castro Smith

Genre le plus durement touché par la crise sanitaire, le cinéma d’animation peine à se relever alors même que c’est là où le besoin d’argent est le plus grand tant plus aucun Disney animation n’arrive à se boucler pour moins de 150 M$ de nos jours. Avec un score quasi définitif de 225 M$ dans le monde, et ce sans VOD payante en parallèle avant sa mise en ligne sans supplément sur Disney+ à peine un mois après sa sortie pour Noël qui a stoppé net son parcours en salles, difficile d’y voir un quelconque succès. Et sans mascotte ni potentiel produit dérivé sur lequel capitaliser, c’est sans conteste le plus gros revers financier depuis deux décennies pour le studio. Et contrairement à Raya où on ne peut que déplorer son rayonnement limité tant il s’agit d’un des meilleurs films de l’histoire, l’insuccès est ici beaucoup moins regrettable.

Toujours en quête d’une nouvelle culture, Disney nous plonge cette fois en Colombie avec la famille Madrigal, une famille qui a la particularité d’être dotée de pouvoirs magiques. Tous ? Eh bien non, alors qu’à l’adolescence chaque nouveau membre de la famille est censé découvrir son pouvoir, Mirabel n’en a pas reçu, faisant d’elle une pariât inutile. Pire, un beau jour elle va découvrir que son oncle disparu (José Garcia) avait eu une vision d’elle détruisant la source de pouvoir de la famille.

Certains seront ravis, ce fut pour moi un cauchemar : le retour des chansons. Le Miraculeux Raya nous en avait exhorté, nous en sommes ici submergés, et c’est objectivement une catastrophe (en VF tout du moins). Les textes sont pauvres, les voix tout juste correctes, et la musique est sympa mais rien d’inoubliable. Mon Dieu que la présentation de « la famille Madrigal » est une torture ! Grosse douche froide également concernant les enjeux : il n’y en a pas, aucun méchant, rien, juste la peur de perdre leurs pouvoirs. On dirait un film sur un trader en pré-retraite qui a peur de ne toucher que douze milliards de bonus à la fin de l’année. Les personnages sont caricaturaux à outrance sans once de développement faute d’une famille trop nombreuse, à l’image de la cousine qui entend tout et qui aurait pu être géniale, mais faute de présence seule l’héroïne se révèle attachante. L’univers coloré combiné avec des pouvoirs magiques, notamment ceux de la sœur fleurs, aurait pu être grandiose, mais ça reste gentillet. Et puis pardon, mais quand on dit « Bruno » avec l’accent, je m’imagine Brüno dans sa combi jaune prêt à se faire empaler par un asiatique à peine pubère. La magie passe tout juste, on se laisse vaguement emporter mais ça reste une comédie musicale bien trop superficielle.

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