Downton Abbey II : Une nouvelle ère


Downton Abbey II : Une nouvelle ère
2022
Simon Curtis

Mythique série sur la noblesse britannique du début du XX° siècle, Downton Abbey restera à jamais l’une des meilleures séries de tous les temps grâce à une qualité d’écriture sans pareil, des personnages si attachants, et des histoires pour la plupart passionnantes. Le rythme un peu trop trépidant et les rebondissements un peu trop systémiques, l’attrait baissait néanmoins au fil des saisons. La conclusion de la série était dans l’ensemble satisfaisante, mais un film, sobrement appelé Downton Abbey, prolongea l’aventure en 2019 d’une très belle manière, arrivant à retrouver l’efficacité des grandes heures de la série en offrant une histoire captivante, mêlée de sous-intrigues très réussies, voir exceptionnelle comme celle de Barrow. Un bijou d’écriture, d’humour et d’émotion. Les fans furent en extase, et à la surprise générale, le film fut un immense succès avec des recettes dix fois supérieures au budget, frôlant les 200 M$ dans le monde. C’est donc ainsi qu’en toutes logiques une suite fut immédiatement mise en chantier.

Ce second film racontera en parallèle deux péripéties. Tout d’abord un mystérieux conte de Montmirail serait décédé, léguant à la comtesse douairière (Maggie Smith) une somptueuse villa dans le Sud de la France, s’attirant de fait les foudres de sa veuve (Nathalie Baye), mais son fils (Jonathan Zaccaï), souhaitant respecter la mémoire de son père, va inviter monsieur Crawley (Hugh Bonneville) et sa femme (Elizabeth McGovern) pour effectuer le transfert de propriété. De son côté, désormais gérante du domaine, Mary (Michelle Dockery) va accepter que Downton devienne le lieu de tournage d’un film pour renflouer les caisses, toujours précaires dans un monde en constante évolution.

A l’exception du mari de Mary, vagabondant apparemment à ses courses automobiles (lui qui avait promis de ne plus y toucher, ayant frôlé la mort, ayant perdu son meilleur ami de la sorte, et Mary avait été une première fois veuve de la faute à l’automobile), tout le reste du casting est bien présent. Tom (Allen Leech) profite de la vie avec sa femme, Edith (Laura Carmichael) se lasse de sa vie de duchesse aux côtés de son mari (Harry Hadden-Paton) et veut reprendre les rennes de son journal, Isabelle (Penelope Wilton), Lord Merton (Douglas Reith) et Maud (Imelda Staunton), cousine de Robert, sont toujours là, Elsie Hughes (Phyllis Logan) est toujours intendante et Carson (Jim Carter) assiste toujours la gestion de Downton, semble t-il pas vraiment atteint par la maladie finalement, Bates (Brendan Coyle) et Anna (Joanne Froggatt) sont là (aucune intrigue les concernant), Daisy (Sophie McShera) et Andy (Michael Fox) sont mariés et vivent dans la ferme du père de feu son premier mari, qu’elle essaye toujours de caser avec madame Patmore (Lesley Nicol), et Baxter (Raquel Cassidy) attend toujours que Molesley (Kevin Doyle) daigne lui faire la cours. Thomas Barrow (Rob James-Collier) de son côté n’aura finalement pas le droit au bonheur avec le valet du précédent film, ce dernier fuyant ce qu’il est en se mariant. On suivra aussi Bauer (Hugh Dancy), le réalisateur du film muet se tournant à Downton, tombant – comme pratiquement tout homme ayant posé le pied au domaine – sous le charme de Mary. Le film se focalisera aussi beaucoup sur les deux acteurs phares du film : Guy (Dominic West) et Dalgleish (Laura Haddock), eux aussi des reliquats du passé d’un cinéma muet basculant dans un monde du parlé où les dialogues ne sont plus mimés, mais vécus. Oh oui, cela en fait du monde à suivre, et autant dire que plus que jamais, le film ne s’adresse qu’aux fans de la série.

N’ayant pas eu la chance de le voir à sa sortie, j’avais espéré que son échec (des recettes divisées par deux pour un budget trois fois plus important) été dû à une mauvaise conjoncture, coincé entre une pléthore de blockbusters monopolisant l’attention. Mais si on a grand plaisir à retrouver tous nos personnages adorés, ce nouveau film n’a ni l’envergure ni la force du précédent long-métrage. La série a toujours été une lutte pour préserver un style de vie, de valeurs, dans un monde toujours plus exubérant et dangereux. Si l’intrigue concernant le film muet se tournant à Downton est très juste, regorgeant de bonnes idées, de moments forts et touchants, toute la partie en France est pour sa part vide, ne servant à rien ou presque. Oui, cela permet d’alterner les décors, de proposer quelque chose de visuellement nouveau, de dispatcher le casting pour éviter l’asphyxie, mais l’impact est inexistant, et on aurait aimé un chant du signe avec plus de panache. Comme très souvent face à l’évolution du monde, la neurasthénie est palpable, mais jusqu’alors la saga nous en avait préservé, donc c’est là aussi une certaine déception. Le premier film avait été tellement exceptionnel sur tous les points que l’égaler aurait été prodigieux, donc les attentes étaient pratiquement inatteignables. L’incursion hollywoodienne est grandiose, dommage que le reste ne soit pas du même niveau.

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2 réponses à Downton Abbey II : Une nouvelle ère

  1. Julien dit :

    Ah, c’est marrant, j’ai eu le sentiment inverse. J’avais été très déçu par le premier film, que j’avais trouvé assez mauvais, et j’ai été agréablement surpris par celui-ci, que j’ai trouvé bien meilleur.

  2. Julien dit :

    Ah, c’est marrant, j’ai eu le sentiment inverse. J’avais été très déçu par le premier film, que j’avais trouvé assez mauvais, et j’ai été agréablement surpris par celui-ci, que j’ai trouvé bien meilleur.

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