À la recherche du bonheur

À la recherche du bonheur
2007
Gabriele Muccino

Après avoir marqué les années 90 et début 2000 avec pléthore de films d’action ou des comédies ayant pratiquement tous été d’immenses succès, Will Smith sortait de sa zone de confort pour ce que beaucoup considèrent comme un tournant majeur, montrant qu’au delà d’une belle gueule de Dumbo charismatique, le showman en puissance pouvait aussi se révéler être un excellent acteur dans un registre totalement inédit. Tièdement accueilli par la presse, le film fut là encore un immense succès avec plus de 307M$, un score colossal pour un drame intimiste sur un père et son fils. Et pour dire à quel point le film a marqué, le film a généré pratiquement 100M$ sur sa seule sortie DVD sur le seul sol américain. Si l’acteur aura dû attendre 15 ans de plus pour finalement décrocher son Oscar du meilleur acteur, c’est bien à cette occasion qu’il a prouvé qu’il le méritait.

Adapté d’une histoire vraie, le film retrace le chute libre d’un homme, Chris Gardner (Will Smith). Issu de milieu modeste, malgré un parcours scolaire exemplaire, il n’a jamais pu faire d’études, et son projet pour faire fortune était d’investir dans de l’équipement médical. Seulement voilà, ledit équipement était certes à la pointe de la technologie, mais bien trop cher pour le peu d’amélioration proposé. Un stock difficile à vendre, des factures qui s’accumulent, la perspective d’un stage improbable dans le milieu de Wall Street avec une seule offre d’emploi pour vingt candidats et six mois non payés  : sa femme (Thandie Newton) épuisée va craquer et claquer la porte, le laissant seul avec son fils (Jaden Smith). Le début d’un long combat entre rage de vaincre et précarité extrême.

Peut-être plus vraiment le cas aujourd’hui, comme ça ne l’ai plus en France depuis les années 90, mais fut un temps où qu’importe à quel point la vie était dur, quelqu’un qui voulait s’en sortir pouvait s’en sortir. Le principe de la méritocratie : si on veut, on peut, à condition de s’en donner les moyens. Aujourd’hui les moyens humains deviennent les moyens financiers, et le mérite humain n’a plus sa place. Donc voir un film sur la dureté de la vie, mais un homme qui essaye de rester debout, pour lui et surtout pour son fils, c’est juste incroyable. Comment garder espoir et ne pas craquer quand la vie s’acharne ? Courage, abnégation et détermination : le film véhicule de belles valeurs, et les acteurs délivrent des prestations d’une rare intensité, à tel point que je m’étais demandé si le fait de reformer le duo père/fils de la vraie vie n’était pas une lettre d’amour à son propre père, et que le film soit adapté de l’histoire du grand-père donc, incarné par le fils. Mais non, c’est bien une histoire vraie, mais aucun lien de parenté autre que celui des acteurs. L’histoire est captivante, pleine de rebondissements et d’exploration de la misère humaine si rude qu’on retiendra notre souffle, au point qu’on pourrait presque dresser un parallèle d’efficacité avec Forrest Gump. Dans les rares points négatif, on citera juste la mère, fantôme trop évincé qui s’en lave les mains avec un calme ahurissant.

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