Horns

Horns
2014
Alexandre Aja

Subitement devenu bon acteur à partir du pénultième Harry Potter, Daniel Radcliffe a confirmé par la suite l’incroyable ascension de son talent avec l’horrifique Dame en noir, une bien belle surprise qui réinventait les codes du genre. Le voici de retour dans un film pour le moins étrange, à nouveau proche du film d’épouvante, et qui promettait beaucoup par son approche pour le moins unique.

Alors que Ig (Daniel Radcliffe) vivait un bonheur absolu avec sa douce et tendre Merrin (Juno Temple), sa vie va basculer quand cette dernière va être retrouvée assassinée. Non seulement il a perdu l’amour de sa vie, mais en plus, par un malencontreux concours de circonstances, il va être désigné par tous comme le meurtrier responsable de l’incident. Un cauchemar qui le fera sombrer dans les plus profonds ténèbres, au point qu’il va se réveiller un matin avec deux cornes lui poussant sur la tête, tel un démon.

La loi des séries dans toute sa splendeur. Non seulement il a tout perdu et tout le monde le croit coupable, mais en plus sa métamorphose vient comme pour prouver aux autres qu’ils ont raison. Un postulat de départ sombre et terrible, que le film va brillamment relativiser avec le ravageur pouvoir comique des cornes. En effet, elles ne servent pas qu’à décorer : elles confèrent au personnage le pouvoir de faire ressortir ce que les gens ont de plus terrible en eux, et leurs langues se délient toutes en sa présence, révélant tous leurs secrets inavouables. Un ressort doublement efficace, permettant non seulement de nous faire rire avec un cynisme diablement efficace, mais il permet aussi de faire avancer l’enquête sur le meurtre par le biais des révélations dramatiques. Avec des acteurs excellents (avec en prime James Remar, David Morse et Heather Graham), une réalisation magnifique, une ambiance soignée et une histoire réellement passionnante, le film nous happe complètement. Malheureusement, le bilan n’est pas parfait, loin s’en faut. Le côté fantastique de l’histoire connaît pas mal de ratés entre la fin, passablement décevante au passage, et tout ce qui entoure les serpents et le rapport avec la religion, fausses bonnes idées. Un très bon film donc, mais qui aurait pu prétendre à tellement mieux sans cette fin improbable.

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Machete Kills

Machete Kills
2013
Robert Rodriguez

Gag devenu réalité, Machete a fait rire bien des gens, proposant une aventure complètement barrée et surréaliste sur un mexicain increvable qui manie la machette comme personne, et aux pieds de qui les filles se jettent sans restrictions. Le succès fut au rendez-vous, et la blague des fausses-suites est finalement devenu une prédiction puisque trois plus tard débarquait cette suite. Mais après tout ce temps, le souffle est retombé.

Après avoir lutté contre un politicien véreux, Machete (Danny Trejo) est cette fois chargé de mettre fin aux agissements de cartels mexicains, pour faire plaisir à un dangereux personnage qui menace d’envoyer une bombe sur les Etats-Unis, à la demande expresse du président (Charlie Sheen) en personne. Une mission périlleuse tant tout le monde veut le tuer, mais heureusement, c’est le meilleur.

Une fois oui, deux fois non. On retrouve pour ainsi dire le même film, bardé d’incendiaires (Jessica Alba, Michelle Rodriguez, Amber Heard, Sofia Vergara, Vanessa Hudgens, Lady Gaga) et de gros guests (Mel Gibson, Antonio Banderas), avec un même humour décalé, mais la sauce ne prend plus. Que le film est un aspect dégueulasse, avec des armes totalement factices aux détonations massacrées en post-prod, que le scénario soit une vaste arnaque et que les acteurs en fassent des caisses, soit, on ne pouvait que s’y attendre d’ailleurs. Le vrai problème, c’est que les personnages sont trop nombreux, trop bâclés, trop vite effacés. Comme si les acteurs étaient payés à la minute et qu’on soit en mode économie extrême. Plus grave surtout, c’est que le second degré n’est plus, remplaçant directement le premier. En résulte des gags trop terre-à-terre, plus lourds, moins percutants et d’une immense redondance. On sourit de temps à autre, mais clairement cette suite n’avait pas raison d’être, et avec une chute vertigineuse (17 M$ Vs 44 M$) le public ne s’y est pas trompé, coupant normalement tous crédits pour une possible aventure spatiale, qui aurait pu proposer un contenu plus original certes, mais l’overdose est déjà consommée.

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Chappie

Chappie
2015
Neill Blomkamp

Déjà indispensable en seulement deux films, le réalisateur Sud-Africain Neill Blomkamp avait frappé très fort avec son incroyablement original et prenant District 9, avant de confirmer son talent avec le certes décevant mais pas dénué de bonne idées Elysium. Pas folichon à domicile, ce dernier avait néanmoins connu un large succès international, permettant au réalisateur d’enchaîner son troisième film de science-fiction original à gros budget. Après le racisme galactique et la lutte des classes orbitale, place à l’intelligence artificielle.

Le film se déroule dans un futur indéfini, alors que le crime avait atteint un niveau sans précédent à Johannesburg et que les forces de l’ordre étaient totalement dépassés. Pour répondre à la situation, une société de robotique a mit au point une élite mécanique autonome capable de remplacer les hommes sur le terrain, préservant ainsi leurs vies et faisant en plus preuve d’une résistance et d’une efficacité décuplées. Scientifique responsable de l’automatisme des machines, Deon (Dev Patel) développait en secret un programme d’intelligence artificielle évolutive, mais son projet va tomber entre les mains de gangsters quelque peu gênés par les policiers robotisés, bien décidés à tous les éteindre, chose malheureusement impossible. Pour pallier à ça, ils vont alors élever Chappie (Sharlto Copley), l’expérience évolutive de Deon.

Alors que Transcendance, Lucy et Her s’y sont récemment cassé les dents, un nouveau film vient tenter d’apporter une réponse à la légitimité de la vie non-organique. Et sachant qu’on retourne une nouvelle fois en Afrique du Sud, et qu’en plus le film commence comme District 9 par une interview, il y avait de quoi émettre quelques réserves. Un problème de batterie, une enfance brisée par un milieu hostile, Hugh Jackman avec une dégaine ignoble, Sigourney Weaver quasi muette : malgré des prémices excellentes, le doute se fait tenace. L’éveil de Chappie avait un potentiel formidable, et on doute pendant longtemps de la perfection de son traitement, surtout quand le créateur est à ce point décevant et que le père reconnu est une telle ordure, mais une nuance vient tout contrebalancer : Yo-Landi Visser, la mère (dont la nomination aux prochains Choice Award est déjà actée). Junkie aberrante de bêtise, elle va peu à peu nous attendrir en devenant la mère aimante d’une espèce de WALL·E tout aussi naïf, au point de nous faire complètement craquer et de la trouver de très loin le meilleur personnage du film, Chappie étant hors catégorie. Sa naïveté est d’ailleurs exploitée d’une manière formidable, nous faisant hurler de rire avec les vilaines personnes qui volent les voitures de papa, de même que le coup de « faire dormir les gens ». Des trouvailles brillantes qui nous font passer un excellent moment malgré la noirceur ambiante, mais quant vient l’heure de la fin, les mains tremblent, le front luit et la peur est immense. Conclure une telle histoire est une gigantesque source de tension tant une erreur pourrait tout venir ternir, et avec le souvenir cauchemardesque de À l’aube du 6ème jour, brillant film mais psychologiquement dévastateur, chaque indice de doublons pourrait tout faire basculer. Il n’en sera rien, et pour peux qu’on y croit et que la prochaine étape d’évolution matriarcale nous rassure, le soupir de soulagement sera incommensurable. Pas un chef d’œuvre absolu, le film réussi néanmoins à proposer son histoire audacieuse et dérangeante sans commettre la moindre erreur, et vu le sujet c’est un exploit incroyable.

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Tristana

Tristana
1970
Luis Buñuel

Devenue peu à peu une icône mondiale de la beauté dans les années 60 grâce notamment aux Parapluies de Cherbourg qui connu un succès mondial, Catherine Deneuve retrouve ici le réalisateur de Belle de Jour, autre film majeur de son apogée. Loin d’avoir fait autant d’entrées que le précédent (pour des raisons vestimentaires ?), le film continua néanmoins d’appuyer le statut de déesse irrésistible de l’actrice, même si le film n’est pas très passionnant.

Ah divine tentation ! Vile créature du diable, je saurai te résister ! Enfin bon, quand tu seras en âge de, alors là je ne répond plus de rien. Don Lope était pétri de bonne intentions lorsqu’il recueilli la pauvre orpheline Tristana (Catherine Deneuve), mais les années ont passé et l’enfant est devenu une femme des plus désirables, la plus belle de toutes même. Et voilà que le bon père adoptif se met à faire valoir son droit de cuissage, que la charitable Tristana n’a su refuser. Mais à force devenir adulte, son désir d’émancipation grandit lui aussi, causant une peine immense à son protecteur.

Tous les hommes sont des pervers, et il n’y a rien de plus désirable qu’une jeune femme dans la fleur de l’âge. Certes, enfin de là à avoir des pulsions pour sa fille adoptive ? Et en plus de les concrétiser ? Donc forcément, on prend immédiatement le parti de Tristana, dont le prénom n’est pas le fruit du hasard, mais c’est un piège pour mieux nous prendre à revers. La vision divine va devenir aigrie, et son évolution sera détestable, la mettant dans la position de la méchante, celle qui fait du mal à tout le monde, surtout ceux qui l’aiment. Un jeu de pouvoir intéressant, mais c’est à peu près tout ce qu’on pourra en tirer. L’histoire est en dehors de ça d’un vide abyssal, ne se servant quasiment pas de l’environnement (notamment l’orphelinat, laissé très vite de côté), et mise à part une temporalité large développant la psychologie des personnages, globalement bien interprétés, il ne se passe pas grand chose. La fin laisse pantois, ne clôturant qu’une partie de l’histoire, et d’une manière assez déplaisante. Notons aussi quelques problèmes avec la VF (tourné en espagnol) à la synchronisation perfectible. Un film tout de même assez bien fait dans l’ensemble, mais l’ennui se fait sentir.

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Annabelle

Annabelle
2014
John R. Leonetti

Auréolé d’un succès disproportionné, le pourtant classique Conjuring a établi l’un des plus gros score de l’histoire pour le genre (318 M$), donnant l’envie aux producteurs de mettre en chantier une suite et un préquel / spin-off, que voici. Surfant sur la polémique de la violence que suscite les films d’horreur, que certains aimeraient carrément interdire au nom de principes foireux et dictatoriaux (faut dire qu’avec les biens faits avérés des jeux-vidéos, y compris Call of Duty et compagnie, les déficients mentaux n’ont plus grand chose sur lesquels polémiquer), le film a connu une publicité phénoménale, parlant d’interdire le film en salles. Certes, le dernier à qui c’est arriver y a tout perdu, mais en l’occurrence le film aurait probablement deux ou trois fois moins bien marché sans tout ça, et ça aurait été bien fait pour lui.

On l’avait croisé dans l’autre film, mais la voilà pour de vrai : la maléfique poupée Annabelle. En plein dans la période hippie, un jeune couple qui s’apprête à avoir un bébé va être l’objet de manifestations étranges. Bouh !

On m’avait prévenu : « ce film n’en vaut vraiment pas le coup ». Certes, mais rien ne pouvait me laisser penser à un tel niveau abyssal d’intérêt. De toute façon le film se destinait à être basique à souhait, affublé d’une histoire déjà bien trop de fois rabâchée, mais après tout Conjuring était un bon film sans posséder une once d’originalité, donc ça n’avait rien de rédhibitoire à la base. Prendre des acteurs presque indignes d’un téléfilm n’est pas non plus trop grave, il faut bien laisser sa chance à tout le monde. Non, le vrai problème du film, c’est qu’à la base on partait quand même sur un film d’horreur. Et au final, rien ne marche, et je n’ai personnellement pas tressaillit une seule fois, et les paupières étaient d’ailleurs d’une lourdeur tenace. Et pour cause, le film n’essaye jamais de nous surprendre. Les apparitions sont annoncées, ayant en plus systématiquement lieu à l’endroit le plus logique et évident. Cela soulève donc aussi un problème de réalisation, incapable de mettre correctement en scène l’angoisse, et en plus il ne se passe quasiment rien de tout le film, nous montrant une manifestation tous les quarts d’heure histoire de, mais même le passage au sous-sol est totalement raté. Une déception de bout en bout tant le frisson est loin, à moins que ça ne soit dû à une immunité totale, mais on parle quand même d’un gars qui n’a jamais pu finir DeadSpace ou n’importe quel Silent Hill pour cause de risque d’attaque cardiaque élevée (il faut dire que l’immersion d’un jeux-vidéo décuple la peur).

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Tu veux ou tu veux pas

Tu veux ou tu veux pas
2014
Tonie Marshall

Si nos amis américains n’ont aucun tabous à ce niveau là, la France rattrape peu à peu son retard question dévergondage, n’hésitant plus à axer entièrement une comédie autour du sexe. Mais point de vulgarité non plus, il sera plus question ici d’attirance et du désir de l’autre. Un film qui a eu son petit succès (un peu plus d’un million d’entrées), et il est loin de démériter.

Une fois n’est pas coutume, c’est la femme qui sera l’obsédée du couple. Ayant plus que de raison multiplié les coups d’un soir et nourrissant une libido sans bornes, Lambert (Patrick Bruel) a tellement gâché toutes ses relations que cela fait presque un an qu’il a mit le holà, décidant d’arrêter de courir après ce genre de plaisirs pour se concentrer sur les sentiments. Seulement quand Judith (Sophie Marceau) va débarquer dans sa vie, une incendiaire attisant passionnément ses pulsions, il va à nouveau se sentir défaillir. Il est impératif pour son équilibre de repousser ses avances, mais succombant à ses charmes, il va laisser une porte ouverte à la tentation en l’embauchant à ses côtés comme conseillère conjugale.

Voir deux des plus grandes icônes populaires françaises est un événement en soi, et le rendez-vous n’est pas manqué. Une comédie simple mais efficace, qui ne repose évidemment sur aucune forme de suspens, mais qui diverti assez bien. Le principe des visites conjugales permet des moments cocasses, agrémentés de dialogues crus mais encore une fois pas vulgaires, car dans une bouche aussi délicieuse que celle pour qui notre cœur fait Boum rien ne peut l’être, et son amoureux transit, certes pas très crédible ni en chaud lapin ni en pauvre chose effarouchée, fait lui aussi plutôt bien l’affaire, et le couple est une évidence. Une belle complicité, une histoire faiblarde mais drôle, et on ne s’attarde pas trop, exploitant rapidement chaque axe proposé. Du travail pas très valorisant mais c’est exactement ce qu’on pouvait espérer de ce genre de film, et dire le contraire serait débile ou mensonger. N’espérez pas y voir la révolution du genre, mais on passe un bon moment.

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John Wick

John Wick
2014
David Leitch, Chad Stahelski

Alors que son grand retour était annoncé avec 47 Ronin, n’ayant pas connu de sortie nationale en l’espace de cinq ans, le film a largement bidé, et c’est finalement sur un film d’action à petit budget que Keanu Reeves frappe le plus fort, récoltant près de 80 M$ pour un budget quatre fois moindre. À la fois massacré par les critiques et encensé par les spectateurs, le film s’est fait une petite réputation, de quoi dors-et-déjà lancer une suite prévue pour 2016, et le résultat est effectivement très sympa.

Qui est John Wick (Keanu Reeves) ? Pour certains il est un pauvre veuf qui évacue sa frustration en conduisant dans grosses cylindrées sur les pistes d’un aéroport, mais pour d’autres il est l’homme le plus dangereux de la ville, craint par les pires mafias tant son palmarès d’ex tueur à gage impose le respect. Désormais à la retraite pour sa femme, même si la maladie l’a rattrapé, les plus jeunes l’ont oublié, à tort. Petit con qui parade, fier d’être le fils du parrain de la mafia russe, Losef (Alfie Allen, cette sous-merde de Theon Greyjoy de Games of Thrones) a braqué le mauvais gars, commettant en plus l’erreur de tuer son chien, dernier présent de sa regrettée femme. Un crime qui ne pourra avoir que le meurtre de masse comme réponse.

Paye ton patron ! Quand le truand le plus influant se fait dans son froc à l’idée que John Wick pourrait lui en vouloir, quand la police s’excuse des plaintes des voisins, en espérant que le sang ne sera pas trop dur à faire partir, on sent qu’on a affaire à un sacré bonhomme, au saint patron ultime. La classe incarnée, un tueur né, le respect à l’état brute. Et avec un tel acteur pour le représenter (bien entouré d’ailleurs avec Willem Dafoe et Ian McShane), on atteint des sommets de surpuissance. Le scénario est prétexte à un film d’action ultra-classique, les rebondissements étant pour ainsi dire les mêmes que Taken premier du nom, mais c’est d’une efficacité redoutable, chorégraphié et dynamique à souhait. On sent que le héros est tellement invincible / chanceux qu’il ne lui arrivera rien de trop grave, mais qu’importe, on a là un film divertissant des plus funs. Difficile de savoir ce qu’apportera la suite, probablement rien, mais clairement oui, bonne pioche.

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Perfection by DJ Protoss

Avec quelques 7200 vues sur mon dernier clip de DJ Protoss, une suite était devenue obligatoire. Il s’est malheureusement suicidé la dernière fois, mais rassurez-vous, ça va mieux. Après Jésus, c’est à son tour de revenir d’entre les morts, et ça se passe ici :
https://www.youtube.com/watch?v=vkL1eydF89s

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Balade entre les tombes

Balade entre les tombes
2014
Scott Frank

Après Huit millions de façons de mourir sorti il y a déjà 28 ans, voici le grand retour de Matt Scudder, héros d’une saga littéraire riche de quelques 18 livres écrits par Lawrence Block, mais difficile de faire aboutir un projet dont la première tentative fut un bide considérable en terme de recettes. Et avec celui-ci pas passé loin de l’accident (53 M$ dans le monde pour 28 M$ de budget), il est certain que l’écrivain n’est pas prêt de se voir à nouveau honoré par une autre adaptation.

Ancien agent de police qui a quitter les forces de l’ordre après avoir commit une bavure, Matt Scudder (Liam Neeson) est désormais détective privé, raclant les bas fonds du milieu criminel. Son dernier client en date, Kenny Kristo (Dan Stevens – alias Matthew Crawley dans Downton Abbey), un important narco-trafiquant, souhaite retrouver les meurtriers de sa femme, qui après l’avoir enlevé se sont joué de lui, ont encaissé la rançon mais n’ont pas restitué son corps, du moins pas en un morceau. Un mode opératoire non sans rappeler une vieille affaire non-élucidée, mais qui ouvre ainsi une piste pour le détective de l’ombre.

Les premières minutes du film laissent espérer un quelconque changement pour Liam Neeson, éternellement une montagne insubmersible bad-ass, mais qui semblait au moins adopter un look nouveau. Il n’en sera rien : passé le flash-back on retrouve Liam avec la même dégaine qu’il a depuis des décennies. Une certaine lassitude s’installe par rapport à son personnage, notamment avec Taken 3 qui prend cher aux Etats-Unis. L’histoire est elle aussi banale au possible : des trafiquants, des enlèvements, un justicier, son acolyte et deux méchants. L’acolyte est à son tour un cliché sur pattes, sorte d’enfant intellectuel de mes deux avec des principes à la con, génie en informatique, forcément chétif avec un problème de santé, en famille d’accueil, et qui ne suit jamais les règles. Mise à part ça l’enquête patauge et le détective n’a rien de brillant, commettant pas mal d’erreurs et jouissant d’une chance assez immense. L’ambiance est malgré tout pesante, prenante, et on suit le film avec attention, sans toute fois se soucier vraiment des personnages. À réserver aux fans de l’acteurs, car sinon l’intérêt est plutôt limité.

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Whiplash

Whiplash
2014
Damien Chazelle

Présent dans quasiment tous les festivals à travers le monde, notamment le prestigieux Sundance où il reparti avec les prix du public et du jury, le film a fait grand bruit, se classant parmi les trois meilleurs films de l’années (2°, et même 37° de tous les temps). Un succès pas vraiment concrétisé dans les salles (un peu moins de 20 M$ dans le monde, même si son budget est ridicule), mais les prix furent légion et le film reparti avec trois statuettes aux derniers Oscars avec des tonnerres d’applaudissement qui en disaient long. Tour de force magistral ? Eh bien pour réussir à me faire oublier que je déteste le Jazz et que la batterie n’est pas mélodieuse, oui plutôt.

Musicien, métier à la con ? Devoir réviser des heures entières, se tuer à la tâche au point de rendre sa passion écœurante, ça n’a rien de très engageant comme ça, mais c’est ainsi que Andrew Neyman (Miles Teller) a choisit de passer sa vie, qu’importe les difficultés et le manque de reconnaissance de sa famille, pensant que batteur dans un orchestre jazz n’est en rien un métier et que ses études n’aboutiront qu’à une immense déception. Pourtant, l’homme le plus influant de la meilleure école du pays va le remarquer : Terence Fletcher (J.K. Simmons). Professeur autant respecté que redouter, il n’hésite pas à pousser ses élèves à bout, et Andrew va alors comprendre le sens du mot « labeur ».

Jusqu’où êtes vous prêt à aller pour votre rêve ? Voilà le thème principal du film, qui met son héros face à un défis quasi insurmontable : être parfait aux yeux de l’homme le plus exigeant et intransigeant au monde. Un petit jeu de castration où le personnage principal est malmené par un tyran diabolique dont le but semble être de tuer à la tâche ses élèves et les briser psychologiquement. En gros, seuls les plus acharnés et téméraires peuvent y survivre. Une leçon de vie donnée par un acteur qui n’a clairement pas volé son Oscar, mais ça n’est pas J.K. Simmons qui brille le plus à l’écran. Grand oublié des cérémonies, le jeune prodige désormais incontournable Miles Teller fait encore plus forte impression en se donnant corps et âme dans un rôle éprouvant en totale opposition avec ses précédents rôles de jeune baba-cool. L’histoire est très classique et sa construction ne surprend pas tellement, mais l’ambiance est très travaillée, et le résultat plus que solide. Du travail millimétré où chaque coup de baguette a une résonance particulière, avec un sens de la mise en scène remarquable, et même si on n’apprécie pas tellement la musique, on ne peut que louer la force de conviction et l’acharnement dont les musiciens font preuve, nous permettant de vibrer avec eux. Un film plus sur la rage de vaincre que sur la musique, lui donnant un côté universel fédérateur, le rendant ainsi beaucoup plus accessible qu’il n’y paraît. Pas l’œuvre la plus transcendante de l’année, mais la qualité est impressionnante.

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