Glass

Glass
2019
M. Night Shyamalan

Prévue de longue date par le réalisateur, cette suite d’Incassable arrive pratiquement deux décennies plus tard, alors même que le public avait répondu présent et que les critiques étaient bonnes. Constatant que M. Night Shyamalan n’a connu qu’un seul échec en salle, immédiatement rattrapé ensuite, cette longue attente est étonnante. Plus encore, le twist de fin de Split nous révélait son statut de seconde partie d’une trilogie prenant fin ici, et le film eu un énorme succès en salle, et malgré tout Glass nous arrive avec un budget représentant un sixième de celui d’Incassable en tenant compte de l’inflation. Pourquoi tant de difficultés à financer un film de super-héros si attendu dans une ère où ils dominent tant le box-office ? Eh bien parce qu’à nouveau, le film se refuse d’en devenir un.

Dix-neuf ans se sont écoulés et David Dunn (Bruce Willis) a pleinement endossé son costume de protecteur de Philadelphie, traquant les criminels de sa ville dans sa parqua verte. Alors qu’il était en proie avec Kevin Crumb (James McAvoy), le psychopathe aux multiples personnalités, qui aime capturer et tuer de jeunes filles (seule Casey (Anya Taylor-Joy) avait réussi à lui échapper), capable de se transformer en bête féroce, tous deux seront arrêtés et envoyés dans un hôpital psychiatrique géré par Elie Staple (Sarah Paulson). Comme pour son autre patient Elijah Price (Samuel L. Jackson), elle va essayer de leur faire prendre conscience que les super-héros n’existent pas.

Alors que Incassable avait un potentiel énorme, mais était gâché par ses personnages trop mous pour prendre des décisions, faisant que l’histoire s’achevait avant même que David ne devienne le héros qu’on attendait, Split décevait à son tour par une écriture trop classique, aboutissant à une narration prévisible. Sans aller jusque dans une démesure à la Chronicle en terme de pouvoirs, on attendait fébrilement le tout premier super-héros ordinaire de l’histoire du cinéma, aux supers-pouvoirs modestes, non milliardaire et avec une réalisation extrêmement esthétisée mais néanmoins réaliste, comme pour nous donner l’illusion que des êtres exceptionnels peuvent se cacher parmi nous. Comme à son habitude, le réalisateur fait un excellent travail de mise en scène, réutilisant ses codes couleurs par personnage, travaillant extrêmement bien son suspense sur la question de la légitimité des supers-héros et la véracité de leurs supposés dont extraordinaires. Un choix de piste néanmoins douteux, car rendre banals ses protagonistes enlèverait tout l’intérêt du film, d’autant que la justification réelle arrivera comme un cheveu sur la soupe.

Place maintenant aux spoilers pour expliquer tout ce qui ne va pas dans ce film, détruisant sa propre démarche et anéantissant tout son potentiel par des choix qui n’en ont pas forcément été. Traînant beaucoup trop sur la longueur avec des manipulations de Elijah qu’on comprend mal comment elles ont pu passer inaperçues dans un endroit si surveillé, le film se met lui-même en danger en laissant entrevoir la possibilité que tout ça soit bidon et que les supers-pouvoirs n’en sont pas. Puis finalement, le film semble déclarer solennellement que leurs pouvoirs sont réels, annonçant au passage un affrontement dantesque qui aurait pu être une apothéose grandiose, pouvant à la fois ouvrir la porte à des suites ou au contraire conclure admirablement le tout, mais difficile d’y croire avec un budget si minimaliste. Et pour cause, le combat épique n’aura pas lieu. À la place, une bagarre sans envergure sur un parking vide où tour à tour les trois personnages phares vont mourir de façon pitoyable : Elijah à cause d’un coup fatal de par sa maladie des os de verre, Kevin par un simple tir de police, et David va se noyer dans une flaque d’eau. Trois morts lamentables avec derrière deux twists sortis de nulle part et à l’impact risible : une société secrète cachant les surhumains, mais finalement tout ça n’aura servi à rien parce qu’Elijah aura tout anticipé et balancé sur internet des « preuves » de l’existence des supers héros. Oui mais non, tout ce que l’on voit c’est le combat mollasson sur le parking où les démonstrations de force n’ont rien de surhumain (même sans équipement nombre d’athlètes peuvent soulever jusqu’à 300 kg, soit suffisamment pour soulever une partie d’une voiture). Alors oui, ce que l’on voit n’est pas à la portée du premier venu (surtout la porte en métal), mais ça reste du domaine du possible, donc pas de quoi rendre crédible aux yeux du monde entier l’existence de personnes aux capacités hors du commun.

Bref, malgré un casting énorme – assez en forme d’ailleurs -, une réalisation léchée, d’excellentes musiques et un concept passionnant, le film n’est pas la réussite tant attendue. Entre un rythme poussif, des incohérences de partout, des promesses non tenues et un scénario qui ne cesse de décevoir avec un final incroyablement mauvais, l’espoir s’est définitivement éteint autour de cette saga au potentiel colossal qui n’aura jamais eu droit à un traitement digne de son envergure.

Critique aussi disponible en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=CM448maCIyg

 

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Un raccourci dans le temps

Un raccourci dans le temps
2018
Ava DuVernay

Après John Carter puis A la poursuite de demain, voici le troisième flop retentissant pour Disney, décidément à la peine quand il s’agit de faire de la SF sur grand écran. Seulement contrairement aux deux échecs colossaux susmentionnés, celui-ci n’a pas grand chose à voir. Dans les deux premiers cas, malgré de gros efforts et des critiques plutôt bonnes, avec même d’ardents défenseurs (moi perso pour John Carter que je trouve dantesque), le budget était tout simplement trop imposant pour le premier (près de 400 M$ avec les frais marketing) et déraisonnable pour ce type de production pour le second (pas loin de 300 M$ pour de l’anticipation ne reposant pas sur un classique de littérature). Ici la situation est totalement inversée : alors même que le casting est dantesque et la bande-annonce donnait sacrément envie, le rejet fut violent et massif, mais malgré tout le film aurait pu être un succès. En effet, le film a atteint la barre des 100 M$ aux Etats-Unis, donc dans le cadre d’une sortie classique ce score aurait au moins doublé, voir triplé, et le film a coûté à peu près la moitié de leurs précédents fours. Nickel ! Oui mais non, pour des raisons inconnues, suite à un démarrage poussif (rattrapé par un étonnant bon maintient), le film a été annulé dans l’entièreté des pays asiatiques, comprenant trois des dix pays faisant le plus d’entrées au monde (la Chine, la Corée du Sud et le Japon – l’Inde n’aimant pas beaucoup les productions étrangères). Quand on sait que sur certains blockbusters américains ces trois pays peuvent représenter 70% des recettes mondiales, on sent là une volonté de Disney de provoquer eux-même l’échec de certains films pour justifier une politique de production frileuse. Souvent cité parmi les pires films de l’année alors qu’il faisait parti de mes plus grosses attentes de l’année, je voulais tout de même vérifier le naufrage par moi-même.

Quadrilogie littéraire de Madeleine L’Engle (ah donc y’avait moyen de s’en taper quatre ! Vache… ), cette adaptation du premier tome raconte la détresse de Meg (Storm Reid), une jeune adolescente dont le père (Chris Pine) a disparu depuis quatre ans. Scientifique qui travaillait avec sa femme (Gugu Mbatha-Raw) sur les réalités et les dimensions, il se sera fait aspirer dans l’une d’elles. Attendant que Meg soit prête à ouvrir son esprit aux voyages intra-dimensionnel, trois divinités (incluant Oprah Winfrey et Reese Witherspoon) vivant hors de notre réalité vont venir la chercher pour un voyage à travers le temps et l’espace pour retrouver son père égaré.

Le potentiel était là : l’histoire est simple, les thématiques sont bonnes, la morale intéressante et pas totalement dichotomique, et visuellement en dehors de la réalité il n’y a aucune limite au champ des possibles, et c’était là une occasion en or de proposer des visuels dingues, d’envergure et au style original. Oui mais non, il faudra repasser pour ça. Tout est aseptisé dans les grandes largeurs, on sent clairement que le public visé est très très jeune, les prenant au passage pour des sacrés cons avec de pseudos explications scientifiques à faire hurler les morts. Et visuellement, là où le film avait son plus gros potentiel, on se retrouve avec des fonds d’écrans Windows XP avec un étalonnage immonde, dégoulinant de fond vert sur pratiquement chaque plan. Toutes les idées sont classiques, éculées, et même mal modélisées. Pourtant le film avait un beau budget, mais probablement qu’une grande partie est passée dans le cachet des acteurs, comprenant aussi Zach GalifianakisMichael Pena ou encore le jeune Levi Miller, désormais habitué des naufrages financiers avec Pan (zut j’avais presque réussi à oublier ce carnage… ). Sortons nos agendas car la prochaine catastrophe industrielle du studio est déjà annoncée : Artemis Fawl, qui sortira en août prochain. Mais peut-être que je suis mauvaise langue et que le studio essaye vraiment de faire de son mieux, mais à systématiquement interdire toute forme d’originalité dans la conception de ses productions (coucou Solo par exemple), il ne faut pas s’étonner de voir une homogénéité lassante, aboutissant parfois à des films passablement creux et ennuyeux.

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The Predator

The Predator
2018
Shane Black

De base j’avais une hype monumentale. J’avais beaucoup aimé le premier film quand j’étais petit, la SF m’a toujours passionné, j’adore les films de Shane Black, surtout Iron Man 3 qui avait quelque peu divisé, et même Predators, largement décrié, m’avait assez bien diverti malgré ses nombreux défauts. Sur le papier le film avait tout de génial, et je pensais pouvoir passer outre ce qui a tant fait rager le public, mais malheureusement tout est absolument justifié et impardonnable. Quand un film connaît plus de trois reports et des reshoot de plus d’un mois avec la réécriture de près de 80% du script en urgence, ça puait – il est vrai – bien salement de la gueule, et ô mon dieu quel bordel.

Comment résumer un tel foutoir ? Eh bien d’un côté on a un Quinn McKenna (Boyd Holbrook) qui va tomber sur un Predator (capable de maîtriser la courbure espace-temps mais incapable de poser son vaisseau sans se crasher) lors d’une mission militaire, qui va se retrouver avec une troupe de psychopathes de l’armée qu’il faut faire taire (incluant Trevante Rhodes et Alfie Allen) ; de l’autre on a l’armée qui fait ses expériences, épaulée par le professeur Casey Brackett (Olivia Munn), une spécialiste de renommée mondiale qui donne des cours dans un établissement de merde et qui semble avoir une formation militaire supérieure à des soldats d’élite (et capable de courir à plusieurs centaines de kilomètres par heure, mais ça c’est une autre histoire). Et au milieu de ça, il y a l’ex femme (Yvonne Strahovski) et le fils de McKenna (Jacob Tremblay), à qui il a envoyé en secret de la technologie alien. Ah oui, et y’a un Predator de trois mètres de haut avec des Predachiens qui vient récupérer l’autre Predator. Voilà voilà…

On dit que le réalisateur a saboté lui-même son propre film car le studio le dépossédait de son œuvre. Ça semble énorme de se dire qu’un studio qui gère des milliards et accorde un budget plus de deux fois supérieur à Predators fasse exprès de sortir le plus mauvais film possible. Quoique avec Solo il y a de quoi se poser la question… Et en fait le film aurait pu être bon. Quelques clins d’œils aux films originaux marchent bien, visuellement le film propose des choses assez dingues avec de la violence très crue, le casting est plutôt bon même si l’écriture des personnages est problématique, et dans l’ensemble ça pourrait faire un bon divertissement. Olivia Munn est à tomber dans le film, tantôt fragile comme lors de la décontamination, tantôt badass comme personne en sautant de toit en toit, mais pourquoi ? D’où sort-elle ? Son personnage n’a aucun sens, comme la plupart des autres qui font n’importe quoi de bout en bout, et le film n’apporte jamais la moindre explication rationnelle. La fin enchaîne les situations stupides avec des sauts de dix mètres sans aucune égratignure, des gens qui s’accrochent sur un vaisseau en plein vol, et d’autres qui rattrapent ledit vaisseau en courant (!). Si le film ne mettait pas tant d’énergie à nous sortir de l’immersion avec ses blagues de merde, ses personnages inconsistants et son scénario abrutissant, il y avait là de bonnes bases pour un bon gros délire bien vénère. Mais à force d’avoir été raboté de partout, remonté en urgence pour enlever un acteur (pour des histoires pour lesquels il a déjà été jugé bien des années avant, donc bravo le respect de la loi et la réintégration) et fignolé à la pisse à causes de tensions supposées entre le studio et le réalisateur, le film ne ressemble plus à grand chose à l’arrivée, surtout dans sa seconde moitié en roue libre. En l’état ça se regarde avec quelques passages sympas, mais clairement oui, le film a été saboté.

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Lucario et le Mystère de Mew

Lucario et le Mystère de Mew
2008
Kunihiko Yuyama

Nous y voilà enfin. Assez des trop mauvais films Pokémon qui se sont révélés en plus pires que dans mes souvenirs, et même à l’époque très vite tous sont devenus de pures calvaires. C’est bien simple, si même le tout premier, qui me semblait être le seul autre bon, était en réalité très bof, il ne restait donc plus qu’un seul candidat possible pour redorer le blason de la saga. Comme à son habitude, la France était une fois de plus la dernière servie, mais à un point problématique cette fois. En effet, le film est sorti au Japon en 2005, soit un peu plus d’un an avant l’arrivée de la quatrième génération. Mettre en avant ainsi bien avant la sortie des Pokémon encore inconnus, notamment Lucario qui a un des rôles principaux, ça donnait une importance supplémentaire au film. Or si les jeux Diamant et Perle sont arrivés avec près d’un an de retard chez nous, le film en accusait trois, débarquant donc largement après les jeux. Sachant que Lucario a une classe folle et figure personnellement dans mon top 10 de mes Pokémon préférés, d’un point de vue marketing c’est à mes yeux une erreur monumentale, mais soit.

L’histoire démarre plusieurs centaines d’années avant notre ère alors qu’une guerre faisait rage. Aaron, protecteur du royaume de Cameran, va s’avouer vaincu devant la menace d’un affrontement dantesque aux portes du château, prenant ainsi la poudre d’escampette au moment crucial, allant même jusqu’à enfermer son fidèle compagnon Lucario dans son sceptre magique, ancêtre de la pokeball. Bien des siècles plus tard, alors que Sasha et ses amis assistaient à une commémoration en l’honneur d’Aaron, dont la légende raconte qu’il est le sauveur de ces terres, son aura va entrer en écho avec celle de Lucario, prisonnier du sceptre depuis tant d’années. Maître d’un arbre de vie gérant l’écosystème et la biodiversité de la région, Mew va se retrouver pourchassé et va prendre avec lui Pikachu, blessé alors qu’il tenter de le protéger. Sasha et Lucario vont donc faire équipe pour retrouver Pikachu et tenter de percer les mystères du passé.

Dès l’introduction je me suis immédiatement rappelé pourquoi j’aimais tant ce film : outre le fait qu’un véritable effort a été fait, tant en terme de narration que de profondeur scénaristique, j’y ai vu les prémices de la grandeur. Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai fabriqué sur une bonne centaine d’heures une introduction à l’univers Pokémon grâce à RPG Maker VX : Le Chemin de l’immortel. Si bien sûr le film ne s’accorde pas une telle extravagance en imaginant à la fois un univers héroïque-fantaisie cohérent et une explication rationnelle au monde des Pokémon et son fonctionnement, mettre en avant une guerre et des morts, que ce soit chez les humains et chez les Pokémon, c’est déjà énorme. Bon après, le reste de l’histoire ne vole pas bien haut. On s’en tient au strict minimum ; la Team Rocket est un boulet insupportable, traîné depuis bien trop longtemps et qui n’a jamais fait rire personne ; Sasha et ses compagnons n’ont nulle introduction, faisant que ceux arrivant en cours de route seront un peu paumés ; la fin se sent venir à des kilomètres ; et au bout du compte on ne comprend pas pourquoi la fille en avait après Mew ni pourquoi cette grosse lavette censée être l’un des Pokémon les plus forts qui soient ne se bat jamais. Oui mais voilà, le tournoi avec de la bonne grosse musique pop américaine marche du feu de dieu, Lucario a une classe folle, les attaques des trois légendaires (Regice, Rgisteel et Regirock) donnent la chair de poule et artistiquement l’arbre de vie est dingue. On y retrouve des visuels vertigineux dignes des meilleurs jeux d’aventure style SF ou fantastique, et en terme de mise en scène le film est très efficace. Un écrin sublime pour une histoire sombre et bien meilleure que d’habitude, et même si j’ai raté quelques films entre le 10ème (oui oui, à l’époque je les regardais religieusement chaque année) et Je te choisis (le 20ème), voilà assurément le plus abouti de tous les films Pokémon, de très loin.

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Pokémon 2, le pouvoir est en toi

Pokémon 2, le pouvoir est en toi
2000
Kunihiko Yuyama, Michael Haigney

Après avoir vu les deux films du reboot Pokémon, le fan nostalgique en moi se disait que c’était mieux avant, que les deux premiers étaient vraiment bien, même si après le 3 bof et que derrière sauf le 8 tous étaient bien moisis. Sauf que non en fait, j’étais petit, et à chaque fois il y a avait la hype, que ce soit pour le premier qui sortait dans la foulée des premiers jeux (alors qu’au Japon la seconde cuvée venait déjà de débarquer, la France ayant gardé pendant longtemps près de trois ans de retard pour les jeux et quasi deux pour les films) ou ce second long-métrage, précédent de peu la deuxième génération. Bref, l’objectivité n’était pas là, et comme pour le premier film, la nostalgie avait bon dos.

Comment ne pas révéler tout le film en essayant d’en parler ? Impossible, il tiens sur un timbre et on connaît le dénouement dès l’introduction. Que se passe t-il durant les cinq premières minutes ? On découvre qu’un méchant veut capturer les oiseaux légendaires pour faire sortir de sa cachette Lugia et ainsi essayer de le capturer. Quant à Sasha, comme par hasard il est en expédition dans une île voisine où on lui explique qu’il est l’élu et qui devra rétablir l’équilibre de trois îles. Oh bah dit dont, on se demande qu’est-ce qu’il va bien pouvoir se passer !

Anémique. Rarement un scénario n’aura été aussi plat et inconsistant. On nous ressort le coup de l’élu et de la prophétie de mes couilles ; le méchant a une base volante de malade à la puissance de frappe supérieure à un pokémon légendaire, mais il veut mettre la main sur Lugia ; on ne saura jamais d’où il sort ni ses objectifs ; et au final on ne comprend pas pourquoi Sasha est l’élu et encore moins, vu ce qu’il fait, pourquoi le premier clochard venu ne pourrait pas prendre sa place. Pire, à peu près tous les protagonistes ont le QI d’une huître, à l’image des scénaristes. Le méchant se fout tout seul dans la merde en libérant ses otages ; Sasha va se servir de Dracaufeu pour tirer une luge au lieu de monter sur son dos pour aller mille fois plus vite ; et la palme des consanguins tétraplégiques revient aux pokémons sauvages, venant se masser comme des trisomiques devant une émission de télé-réalité, regardant simplement le spectacle hébété, sans jamais essayer d’aider un seul instant. Ah ça valait le coup de faire une telle traversée, abrutis ! L’histoire n’est même pas raccord avec les jeux puisque les oiseaux légendaires et Lugia ne sont même pas censés vivre dans la même région. Et puis quelle idée de le faire parler… Une catastrophe à tous les étages, et comme dans mes souvenirs le troisième était moins bon, je n’ose poursuivre l’aventure, qui se terminera du coup avec uniquement le huitième, meilleur de tous et seul vraiment excellent dans mes souvenirs, en espérant qu’il me déçoive moins tant ma mémoire me joue des tours.

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Breathe

Breathe
2018
Andy Serkis

Après avoir vu une bande-annonce très prometteuse il y a presque deux ans, j’ai entendu de ci de là que le film fut présenté à plusieurs festivals, puis enfin fin 2017 une bonne dizaine de pays l’accueilli en salle. L’attente fut longue, très longue, et au final la France eu enfin accès au film un an après la majorité des autres territoires. On ne saura jamais pourquoi, le mystère des distributeurs, mais il était temps, ce premier long-métrage d’Andy Serkis étant sorti pour nous presque en même temps que sa revisite du mythe de Mowgli.

Chose que j’avais oublié depuis le temps, et c’est formidable que le film soit produit par le fils des deux principaux protagonistes, mais le film est tiré d’une histoire vraie qui changea la face du monde. Tout commença au milieu des années 50 alors que Robin Cavendish (Andrew Garfield) tomba follement amoureux d’une belle britannique se prénommant Diana (Claire Foy). Elle tomba sous son charme, ils se marièrent, elle tomba enceinte : le début d’une belle histoire ? Eh bien non, car peu après lors d’un voyage en Afrique Robin concocta la polio, terrible maladie paralysant l’entièreté du corps, nécessitant donc une assistance respiratoire à vie puisqu’une partie du système respiratoire est lui aussi paralysé. Privé même dans un premier temps du langage, il était condamné à finir ses jours en hôpital, avec une espérance de « vie » d’à peine quelques semaines voir mois. Il ne pensait plus qu’à la libération de la mort, mais c’était sans compter sur le soutien indéfectible de sa femme, qui fera tout pour l’extraire de sa condition de mourant et lui offrir une vie décente.

Si vous connaissez une personne en fauteuil roulant, de par la vieillesse ou un problème quelconque, sachez que cette possibilité aurait probablement mit beaucoup plus de temps pour se démocratiser si cette histoire n’avait pas eu lieu. Il est certain que l’invention aurait fini par se faire, mais c’est en tous cas pour Robin Cavendish que le système a été inventé, et c’est grâce à lui et son entourage que cela a été démocratisé. Rien que pour ça, je vous invite chaleureusement à voir le film tant il est important pour la grande histoire. Au delà de ça, si la romance avant drame est trop vite installée, elle marche au final assez bien même si l’acteur, pourtant un an plus vieux que sa partenaire, garde cet éternel air adolescent et semble avoir dix ans de moins qu’elle, rendant le couple difficile à accepter. On notera d’ailleurs que comme l’histoire se déroule sur plus de 20 ans, quelques tentatives de maquillage essayent de faire illusion, mais à aucun moment le vieillissement n’est crédible. Côté photographie et réalisation c’est assez sobre et classique, avec néanmoins de jolis effets d’éclairage naturels. Pour le casting c’est vraiment pas mal puisqu’on retrouvera tout de même Hugh Bonneville et Ed Speleers en plus du duo d’affiche, et tous sont très bons dans leurs rôles. À noter une scène géniale où un prêtre lui dit que toute la misère sur Terre fait parti du grand dessin de Dieu, déclaration à laquelle il va répondre en lui crachant littéralement à la gueule, et je dis ô combien bravo ! Bref, si finalement il n’aura pas sa place dans mon top annuel, contrairement à ce que j’espérais, ça reste une belle romance qui a marqué l’histoire, donc à voir.

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Bird Box

Bird Box
2018
Susanne Bier

Bougre que ce film me faisait peur. Si Netflix a réussi à s’imposer comme l’un des meilleurs créateurs de séries, son bilan cinématographique est déjà bien plus discutable, comptant largement plus de navets que de grands films à son actif. Donc quand l’un de leurs films fait sensation, je reste méfiant, d’autant quand on parle de film post-apo où des créatures se servent d’un sens bien précis pour nous mettre à mort. Dans Sans un bruit, qui ne m’a pas passionné outre mesure, il s’agissait du son, ici place à la vue.

Retraçant en parallèle une expédition à haut risque avec deux enfants et l’arrivée de la tragédie qui a frappé la Terre cinq ans plus tôt, le film nous glisse dans la peau de Malorie (Sandra Bullock), alors enceinte au moment du drame. D’abord simple épidémie énigmatique frappant la Russie, en quelques jours le phénomène va se propager dans ce qui semble être une folie spontanée et violente, donnant à une personne contaminée une irrépressible envie de se suicider. Avant même de réaliser ce qu’il se passait, elle va trouver refuge avec plusieurs autres personnes (dont Trevante Rhodes) chez Douglas (John Malkovich). C’est alors qu’ils vont réaliser que la source de ce carnage n’est pas d’ordre bactériologique mais physiologique : ce sont des créatures aux capacités hypnotiques qui poussent les gens à mettre fin à leurs jours, et ce d’un simple regard.

Avant d’expliquer le comment du pourquoi, puisque apparemment beaucoup de gens n’ont aucune culture et peinent à comprendre des notions aussi basiques, parlons un peu du film en général. Pour l’être humain, la vue est assurément le sens le plus développé et important qui soit, devant l’ouïe et dans une moindre mesure le touché (les deux autres sont plus la pour décorer limite), donc comme pour Sans un bruit c’est une assez bonne idée de baser une menace dessus. Là aussi le film se montre assez ingénieux pour exploiter cette idée, la sortie en voiture opaque utilisant uniquement le GPS et les avertisseurs d’obstacles est une vraie trouvaille. La grande différence c’est que le film ne nous frustre pas en esquivant l’attaque initiale, car si on suit d’un côté une expédition en barque, de l’autre la double narration nous explique comment on en est arrivé là depuis les premiers instants. L’aspect communautaire est bien traité avec des personnages intéressants, et niveau angoisse et suspense le film marche très bien, l’énigme de la menace étant plutôt bonne. La réalisation est excellente, les acteurs très bons et l’histoire solide, donc je vous encourage clairement à voir le film.

/!\ Attention, spoilers en masse pour « décoder » le message du film /!\

Ceux qui ont lu la bible, ou ont un minimum de bases de culture chrétienne, auront bien évidemment compris que le film est une référence à la bible et au jugement divin. En effet, dans l’évangile selon Matthieu, il est dit  : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! ». Les créatures, capables de prendre l’apparence qu’ils souhaitent, mettent les hommes face à leurs péchés, et seuls ceux qui sont dignes du paradis n’auront rien à craindre et auront la vie sauve. C’est donc pourquoi les échappés de l’asile, simples d’esprit, voient la sanction divine comme magnifique et n’y succombent pas, car selon la bible les fous ne sont pas responsables de leurs actes et iront de toutes façons au paradis. De même, il est dit, toujours dans le même évangile : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! ». De base, on se dirait que tous les enfants ont le cœur pure, et c’est pourquoi Malorie hésite à laisser les enfants voir, car elle a peur que ses propres péchés -comme son interdiction de les aimer de peur de les perdre (d’où l’absence de prénoms) ou le mensonge concernant la fille – ne se reflètent sur eux et que Dieu ne les juge pas dignes. Il n’y a donc pas d’interprétation à faire, juste à comprendre les références.

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Pokémon le film

Pokémon le film
2000
Kunihiko Yuyama, Michael Haigney

Sorti en 1998 au Japon, le film est arrivé au sommet de la gloire de la franchise. La première génération de jeux sur Gameboy (rouge, bleu, vert, jaune) s’était écoulée à plus de 46 millions d’exemplaires, alors que par la suite la seconde génération peina à atteindre la barre des 30, et les suivantes oscillèrent autours des 20 millions d’exemplaires avec selon les générations trois ou quatre jeux (seuls X et Y n’ont pas eu de suite ou de best off derrière). Côté cinéma, l’essoufflement fut encore plus violent, car si les deux premiers ont atteint les 160 M$ dans le monde, le troisième n’en fit même pas la moitié, et depuis le quatrième, à l’exception du 20ème Je te choisis (reboot célébrant les 20 ans de la franchise) qui a fait grosso modo 40 M$, les 17 autres films ont tous rapporté entre 15 et 30 M$ selon les cuvées, soit à peine de quoi amortir le budget. Il faut dire que très vite les films n’ont été que des tremplins pour présenter des pokémons légendaires des prochaines ou actuelles générations, soit des gros coups de pubs plus destinés à faire vendre des produits dérivés que le film en lui-même. Et vu comment je m’étais rué sur la VHS du film à l’époque pour avoir ma carte collector Mewtwo, c’est ce qu’on appelle du marketing efficace.

Avant de devenir une grosse blague où chaque génération possède une douzaine de pokémons légendaires dont moins du tiers sont disponibles dans le jeu (il fallait donc tricher ou se rendre dans un endroit spécial avec du matos spécial pour envoyer des données événements dans sa cartouche), il fut un temps où ils n’étaient qu’une poignée, même si tous les avoir était impossible. Dès le premier jeu, Mew était l’objet de toutes les rumeurs et personne n’arrivait à mettre la main dessus, tandis que dans la seconde génération Célébi n’était même pas trouvable dans les versions non japonaises. Ce premier film fait donc la part belle à Mew et Mewtwo, deux des cinq légendaires des 151 premiers pokémons (les trois autres étant les oiseaux mythiques). Fait caché dans la VF censurée, l’origine du film provient de la volonté d’un chercheur voulant ramener sa fille disparue à la vie grâce au clonage, et pour financer ses recherches il va faire équipe avec le terrifiant Giovanni, chef de la Team Rocket, à qui il va promettre Mewtwo, clone du plus puissants de tous les pokémons, Mew. Incapable de trouver un sens à sa vie, Mewtwo va se retourner contre ses créateurs et s’isoler sur une île perdue, celle sur laquelle il a été créé, et pour pallier à son ennui et se prouver à lui même sa supériorité, il va y convier les meilleurs dresseurs, dont Sasha.

Passons vite fait sur la censure, une excellente piste ne menant nulle part. Lors de son enfance dans la cuve, Mewtwo va communiquer par télépathie avec trois autres sujets en cuve : le clone de la fille disparue, ainsi qu’un salamèche, un carapuce et un bulbizarre. Seulement contrairement à lui, ses quatre camarades ne vont pas survivre aux phases de test, le plongeant dans une profonde tristesse. Or pour le calmer, les scientifiques vont lui effacer la mémoire et il ne sera plus jamais fait mention de ces événements, tout juste se dit-on qu’il a préalablement créé des clones de dracaufeu, tortank et florizard  inconsciemment en souvenir de ses amis disparus. C’est donc du pathos complètement vide, et on comprend pourquoi la France a coupé le passage puisque cela enlève aussi un soupçon d’attachement au scientifique en chef, nous mettant donc plus en phase avec Mewtwo, donnant donc plus de légitimité au « méchant » de l’histoire. Dans son ensemble le scénario est horriblement plat, le débat philosophique est creux, et les quelques visuels sympas ne rattrapent pas assez cette histoire expédiée en 80 minutes et dont les fils conducteurs ne reposent sur vraiment pas grand chose. Dire que j’en avais un excellent souvenir et que je croyais que le niveau était bien meilleur au début… Ah qu’elle était belle cette carte collector !

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Pokémon, le film : Le pouvoir est en nous

Pokémon, le film : Le pouvoir est en nous
2018
Tetsuo Yajima

Deuxième film du reboot de la franchise, il était question de faire écho au second film d’animation historique de la licence en faisant « intervenir » le même pokémon légendaire, à savoir le meilleur de tous, Lugia. Ceux qui espéraient comme moi un long-métrage dédié à sa grandeur seront amplement déçu de ce point de vu là puisque le messie n’arrivera qu’à cinq minutes de la fin, sans avoir avoir au final la moindre importance.

De passage dans une ville côtière, Sasha va se rendre au festival des vents, une cérémonie en l’honneur de Lugia, le sauveur de la région, balayée perpétuellement par les vents grâce à sa bénédiction, leur offrant une source d’énergie éolienne continue. Marquée par le drame, la ville sera le croisement de plusieurs destins : celui d’une petite fille protégeant Zeraora, un pokémon légendaire menacé ; une sportive en devenir qui a sombré dans la dépression suite à une blessure, venue au festival pour que son frère à l’hôpital le vive par procuration ; un homme désabusé qui va tenter de se racheter une conduite pour sa nièce ; une vieille femme qui ne s’est jamais remise de la mort de son pokémon, les fuyant comme la peste de peur de revivre un jour pareil désespoir ; ainsi qu’un scientifique agoraphobe incapable de concrétiser ses rêves faute de les assumer.

Là où Je te choisis allait bien trop vite, on prend ici le temps de bien développer les nouveaux personnages, et rarement on a eu l’occasion d’en avoir des aussi bien travaillés. Certes un peu cliché, l’oncle un peu bourrin est très attachant, l’histoire de la vieille dame est très touchante, de même que la sportive est un excellent personnage. Tout est cousu de fils blancs, mais c’est un peu moins débile que d’habitude, véhiculant encore une fois de belles valeurs morales en dehors de l’abandon total de la jeunesse qui vagabonde inconsciemment à travers le monde et ses innombrables dangers. On regrettera en revanche le caractère complètement inutile de Sasha, d’autant qu’il ne se servira que de Pikachu tout du long (n’a t-il plus aucun autre pokémon ?), mais au moins il n’est pas accompagné cette fois de compagnons encore plus dispensables. La recette mignon / pathos marche un chouïa mieux de part une meilleure gestion du rythme, mais ça reste très moyen.

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Pokémon, le film : Je te choisis !

Pokémon, le film : Je te choisis !
2017
Kunihiko Yuyama

Alors que les ventes de jeux se sont peu à peu tassé malgré quelques opus de grande qualité, il faut dire de plus en plus rares et de moins en moins ambitieux, pour ce qui est du cinéma les choses se sont détériorées à une vitesse largement plus impressionnante. Si le japon est resté fidèle avec un public oscillant autour des deux millions d’entrées par film, en France à partir du quatrième opus chaque long-métrage est arrivé directement en DVD, les Etats-Unis ont suivi jusqu’au sixième, et seule une poignée de pays a continué à suivre après cela. Seulement durant l’été 2016 un événement a prit une tournure inattendue : la sortie de Pokémon Go sur téléphone, qui fut un carton phénoménal. Alors que la saga tombait en désuétude, un formidable coup de boost fit replonger les anciens nostalgiques, tout en élargissant plus que jamais le public (j’en fus, y jouant près de trois mois). Sortant un film par an tous les juillets au Japon depuis 1998, c’était là l’occasion de travailler sur un produit qui se destinerait justement aux nostalgiques et aux nouveaux venus : un reboot de la franchise.

Vous connaissez tous l’histoire de Sasha du Bourg Palette ? Arrivé trop tard au laboratoire du professeur Chen, il se retrouva de ce fait obligé de prendre le dernier Pokémon disponible, un Pikachu incontrôlable et qui refuse d’aller dans sa pokéball. Seulement point d’Ondine ou de Pierre dans cette version alternative puisqu’ici Sasha, dans sa quête pour devenir maître Pokémon et rencontrer le grand Ho-Oh, sera épaulé par le hasard des choses par Justine et Honoré.

Pure copié collé de la série pour son premier quart d’heure, le film s’en éloigne un peu par la suite, tout en y incluant tous les arcs narratifs concernant son chenipan (de sa capture jusqu’au moment tire-larme où il part déglinguer la femelle shiny) et son salamèche (la aussi tire-larme avec le vilain dresseur qui l’a abandonné et que Sasha va sauver in-extremis de la mort). On a du mal à comprendre la démarche, le film s’éloignant pour proposer autre chose, et ce qu’il inclus de la série ne marche pas. Quand Pikachu devient docile après deux épisodes (40 minutes), ça a plus d’impact qu’au bout de dix minutes où il n’a été présent que trois ; voir papillusion partir à mi-parcours alors qu’on ne l’a vu que cinq minutes en tout, ça ne fonctionne pas ; et résumer la détresse d’un salamèche près à se laisser mourir pour un maître qui ne reviendra pas en une poignée de minutes, c’est là aussi contre-productif tant l’attachement n’a pas le temps de se faire. C’est en réalité juste là pour rappeler la boule à la gorge qu’on a eu à ces moments précis dans la série, et ça n’est pas très glorieux de vouloir se les réapproprier aussi facilement. De même, ce qui marque dans une évolution de pokémon c’est le chemin accompli, l’expérience qui est récompensée. Quand on enchaîne quatre évolutions durant la seconde moitié, c’est juste du grand n’importe quoi en mode « jean-michel pas le temps ».

Le film trace comme un porc, désamorçant tous ses effets et n’arrivant à aucun moment à créer un attachement aux nouveaux personnages. La Team Rocket fait de la peine, se faisant latter la gueule en arrière plan sans jamais entrer en contact avec la « grande » histoire. Pire, le film verse sans arrêt dans le pathos facile, mais avec son statut de reboot, ça n’a pas le même impact que dans le premier film de 1998 qui avait tout une saison sur laquelle reposer, et encore une fois, vouloir rebooter tout en gardant l’affecte originel est malhonnête. Et que dire du « chouette » de Sasha après l’histoire de la mort d’un pokémon, désamorçant tous les enjeux dramatiques en passant direct à autre chose… On repassera aussi sur les éternels problèmes liés au concept même de Pokémon (qui laisse un gamin de 10 ans parcourir seul le monde bordel !!!), mais globalement si les thèmes sur l’amitié et la persévérance sont bons, tout va bien trop vite pour que le développement soit correct. Côté animation les dessins sont plutôt beaux, mais je reste pour ma part dubitatif à propos de cette idée de repartir de zéro. En dehors du premier film de 1998, le seul bon à mes yeux restera le huitième sur Lucario, plus sombre et à l’histoire bien plus solide. Quitte à rebooter il aurait été ambitieux de prendre de nouveaux personnages, quitte à faire revenir les anciens en tant que mentor par exemple. Et pour le coup, Sasha sur la tombe de Pikachu aurait été un effet dramatique bien plus puissant. Mais bon… La suite étant dédiée à Lugia, plus classe de tous les pokémons et qui n’a eu droit qu’à une suite décevante il y a presque deux décennies, je tenterais l’aventure, mais sans grande conviction.

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