La Disparue de la cabine 10

La Disparue de la cabine 10
2025
Simon Stone
Genre que j’apprécie tout particulièrement, les whodoneit ont connu un immense regain de popularité entre les deux trilogies de Hercule Poirot (Le Crime de l’Orient-Express) et celle de Benoît Blanc (A Couteaux tirés). A l’image de Mort sur le Nil, on nous propose ici également un huis clos maritime, destination un yacht de luxe pour une croisière loin d’être si idyllique, et certainement pas aussi caritative que prévue.
Journaliste remontant péniblement la pente après une phase dépressive, Laura (Keira Knightley) va sauter sur l’occasion de se reposer aux frais de la princesse, acceptant une invitation à couvrir un événement caritatif au profit de Anne Bullmer, une riche entrepreneuse souffrant d’un cancer et souhaitant de fait financer la recherche sur ce sujet. Une débauche d’oisiveté et de festivité loin de ses valeurs, et le dépaysement sera de courte durée, y croisant son ancien compagnon, autre journaliste couvrant l’événement. La croisière va même tourner au drame quand lors de la première nuit, elle va être témoin de la chute dans l’eau de la femme qu’elle avait croisé dans la cabine numéro 10. Problème, l’équipage et Mr Bullmer (Guy Pearce) nie totalement la présence de quiconque en cabine 10. Que s’est-il passé ?
C’est bien dommage… Le film avait vraiment un gros potentiel, démarrant très bien entre le huis clos, terriblement efficace pour ce genre d’histoire, le décor très intéressant (car certes cloisonné, mais en mouvement) et un casting très bon (on notera aussi Gugu Mbatha-Raw et Kaya Scodelario). Mais ce dernier point est aussi un problème : Guy Pearce a tellement un pédigré de rôles d’antagonistes qu’on le soupçonne directement, d’autant quand il est le riche risquant de se faire déposséder, et que dès la première scène ça crache sur les riches. Pas très subtil. Mais en vrai, le film sur sa première moitié est très solide entre son cadre, sa gestion du suspens et cette paranoïa grandissante. Puis patatras, c’est la chute : une avalanche de coïncidences, de raccourcis scénaristiques grossiers, et surtout un méchant qui se grille tout seul comme un énorme débile. L’accident pur et dure, et sur ce genre de film, rater sa fin est encore plus frustrant. Du savoir faire, indéniablement, mais le casting est trop évident, et surtout l’écriture est mauvaise. Mieux vaut passer son tour.
