Pokémon Legends Z-A

5 novembre 2026 0 Par Antoine


Pokémon Legends Z-A
2025
Siwtch 2

Deuxième épisode de la saga « Légendes Pokémon », la hype était stratosphérique autour du projet : retour de la méga-évolution, et graphismes potentiellement bien supérieurs avec son statut de cross-gen et donc en version supérieure sur la Switch 2, plateforme dudit test d’aujourd’hui. J’avoue avoir jubilé devant le tout premier trailer de février 2024, quasi deux ans avant la sortie officielle. Mais dès la seconde bande-annonce, l’enthousiasme retombait quelque peu : le gap graphique ne sera pas là, et beaucoup d’interrogation allaient poindre autour de la « révolution » du gameplay, passant du légendaire tour par tour ultra stratégique, à un défouloir bordélique en temps réel. Et c’est le drame…

Graphismes : 06/20

On pourra arguer que techniquement le résultat est un peu moins mauvais que Legends Arceus, mais déjà ce serait concéder que la Switch n’était pas capable de tellement mieux, ce qui est un énorme foutage de gueule, et qui plus outre le « gap » Switch 2 qui se résume à une meilleure fluidité et une résolution 4K sur de la misère n’est pas vraiment ce qu’on attend d’une nouvelle génération de console, capable là encore de tellement mieux. Mais surtout, là où Arceus pouvait se targuer d’avoir une belle variété de décors et d’autant plus une DA (direction artistique) très soignée et originale, on se retrouve là coincés dans une ville redondante à outrance, à la variété quasi inexistante, et côté DA c’est le désert absolu : du chibby « mignon » encore plus fade que Ecarlate et Violet, c’est dire. Même sur Switch 2, les bâtiments n’ont aucune texture, la mise en scène est globalement très pauvre, surtout dans les combats dont la caméra libre brise tout sentiment d’épique et même les combats Méga-Ferox sont moins impressionnants que les combats de boss dans Legends Arceus, qui le surplombe sur quasi tous les points, surtout sur Switch 2, à part peut-être le clipping un chouia moins violent.

Jouabilité : 04/20

Pratiquement injouable, un enfer sur Terre. Exit donc le classique tour par tour qui portait la saga depuis bientôt 30 ans, bonjour à des combats en temps réel absolument détestables. Quand un combat se lance, il semblerait normal que l’interface combat s’active, non ? Eh bien pas pour les développeurs visiblement, puisque moult bugs, comme une trop grande distance avec l’un des deux (ou plus) pokémons en jeu, tout comme la position de la caméra, ou le relâchement de la touche ZL vous enlèvera ledit menu, rendant chaotique le simple maintient en mode combat, qui pour des raisons parfois inconnues pourra décider de lui-même de s’en aller. Pratique ! Et si on rajoute à cela le côté bordélique d’affrontements avec jusqu’à six pokémons en simultané, les bugs de collision, d’affichage, de prise en compte des attaques (qui parfois ne se lancent pas pour d’obscures raisons), et le fait que lesdites attaques aient des portées et des temps d’action imprévisibles, la stratégie n’a que peu sa place et un game over par bug ou souci de caméra sera si vite arrivé. Sans compter deux crash complets du jeu peu après sa sortie à l’époque. Autant dire que cette « révolution » du système de jeu m’a fait froid dans le dos si jamais cela devenait « l’avenir » de la saga. Pitié non.

Parlons également de tout ce qui entoure les combats : le déroulé du jeu. Eh beh ! Parler de redondance serait un sacrément doux euphémisme… Les Méga-Ferox (équivalent des boss de Arceus en mode Méga-évolution) se réveillent (toujours par trois), on les bats, retour à l’hôtel, on va parler à quelqu’un, retour à l’hôtel, gagner les compons pour le rang supérieur, retour à l’hôtel, battre le champion, retour à l’hôtel. Et ce à l’infini, jusqu’à ce que mort du fun s’en suive. C’est quasi instantanément lassant, et cette boucle de gameplay n’aura que peu de variations sur l’intégralité du jeu. Aie.

Durée de vie : 04/20

Grosso modo il existe donc cette fameuse boucle infinie bis repetita, correspondant à peu près à 3h de jeu, et si on rajoute l’intro et la conclusion, ça nous fait à peu près 4h de jeu, le reste est un recyclage infini qui s’étale sur environs 25 heures, potentiellement une trentaine, voir plus selon les missions annexes, toutes plus pénibles les unes que les autres, qui se résument dans le meilleur des cas à un combat, sinon il faudra probablement jongler avec la boîte pour montrer un certain pokémon précis, qui pourtant, aléatoirement, peut être montré sans faire un échange avec la boîte, ce qui est des plus saoulant. Globalement la pauvreté du contenu donne envie de passer très vite à autre chose, surtout que les combats n’ont rien de très agréable.

Bande son : 06/20

Pas grand chose à se mettre sous la dent, le thème principal (la ville, et on ne peut pas en sortir, donc en gros il y a une seule musique de tout le jeu, pour ainsi dire) est okay tiers, rien de très mémorable. On sent encore qu’un doublage était prévu, mais n’a pas vu le jour, triste absence d’ambition. Mais excusez les, il ne font qu’un tout petit 3 milliards par an, il ne peuvent pas mettre plus qu’une poignée de millions par jeu (oui ce sont les pires rapiats du gaming).

Scénario : 01/20

Pokémon X et Y (la 6G) étaient déjà une énorme blague dans le domaine, en faire une suite (qui se passe dans le même univers quelques années après) était une colossale ânerie. L’histoire prend donc place à Kalos, exclusivement dans sa capitale, et on lutte contre une invasion de méga incontrôlées. Pourquoi ? Ca ne pourrait quand même pas être en rapport avec l’arme ultime, non ? Incroyable. Dire que la base de tout ça, c’est un vieux de 3000 ans, une fleur ressuscitée et la team Flare qui veut annihiler les gens moches. Oui, premier degré. Les persos sont insipides, le lore grotesque et le peu d’intrigue est pathétique.

Note Globale : 05/20

Comme c’est Pokémon, on se bouffe du gros caca sans trop se plaindre car depuis 15 ans la firme n’a de cesse que de décevoir. La 6G était fainéante au possible, reléguant sa propre mécanique de méga évolution à un phénomène ultra limité ; la 7G dirigiste au possible, aux designs pas dingues ; la 8G là encore archi fainéante, avec un post-game vide, supprimé au profit de DLC ; et quant à la 9G, Arceus ou les remake 4G, ils sont tous sortis dans un état déplorable, bourrés de bugs, malgré de grosses qualités et des soucis partiellement réglé avec la maj Switch 2 pour Arceus. Mais trop c’est trop. Le système de combat en temps réel est une tannée, brouillon, plein de bugs et jamais fun. Le jeu est limité au possible, nous enfermant dans une ville vide, avec une boucle de gameplay d’un niveau de redondance ahurissant. Le jeu est moche comme pas permis, techniquement indigne, aucune variété, un design insipide, et le reste est presque encore pire. Une bande son inexistante et une absence de doublage qui pèse lourd tant le jeu semble avoir été développé dans cette optique, et le scénario est probablement le plus minable de toute la saga. Affolant. Je ne jouerais donc bien évidemment pas au DLC, et je tremble à l’idée que les prochains opus puissent continuer dans une telle direction. Prions que Gamefreak fasse enfin les choses bien avec Vent et Vague, car l’effort minimum qui fait perdurer la saga tourne de plus en plus à une vaste escroquerie ne tenant que grâce à une nostalgie féroce et un espoir qui s’amenuise à chaque nouvelle déception.