Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté
2012
Laurent Tirard

Si la célèbre bande-dessinée de Uderzo et Goscinny n’a rien perdu de sa gloire d’antan, ça n’est pas le cas de ses adaptations dans nos salles. Si la seconde incartade du côté de Cléopâtre fut un franc succès, les deux autres films étaient spécialement mauvais, et le dernier en date, orienté J.O, est considéré comme l’un des plus gros ratages de l’histoire. S’il est difficile d’appréhender sereinement le film, on peut néanmoins se dire qu’il est peu probable de faire pire.

Pour cette quatrième aventure, le dévolu s’est jeté sur deux des BD d’Astérix : Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. Dans sa conquête du monde, Jules César (Fabrice Luchini) a décidé de prendre la Britania (actuelle Grande Bretagne) aux guignols anglais, et les attaque sans relâches. La reine (Catherine Deneuve) envoie alors Jolidurix (Guillaume Gallienne – en couple avec Charlotte Le Bon) chercher de l’aide auprès des gaulois. – C’était pas le scénario du 2 ? – En pleine éducation de Goudurix (Vincent Lacoste), Astérix (Edouard Baer) et Obélix (Gérard Depardieu) vont donc escorter un tonneau de potion magique jusqu’au village attaqué. Ou tenter du moins.

Alors que les albums d’Astérix regorgent d’aventures grandioses tels Le domaine des Dieux ou Astérix chez les Indiens, choisir un cru de seconde main, qui à l’époque ne m’avait pas tellement emballé, est discutable. Et le constat est vite fait : de tous les films, celui-ci a la moins bonne histoire. Une mission de sauvetage avec des running-gag autour d’histoires sentimentales, c’est très loin de faire un scénario. De plus, le cadre environnemental est très loin de valoir ceux de l’Egypte ou de la Grèce et la réalisation ne parvient pas du tout à créer de la magie autour des lieux. En même temps, faire des jeux de lumières quand le ciel n’est que nuages, c’est compliqué. On aurait quand même apprécier quelques efforts de présentation, et pourquoi pas, folie, utiliser les 60 millions € de budget pour de beaux effets spéciaux, au lieu de tout claquer en guest inutiles et 3D pourrie. Encore une fois, on retrouve un beau panel d’acteurs secondaires voir tertiaires : Valérie Lemercier, Gérard Jugnot, Simon Astier, Dany Boon et même Jean Rochefort. Si les acteurs sont corrects, bien que le nouveau Astérix soit une aberration (on ne prend pas un homme de 1m80 pour jouer les nains), une chose insupporte : l’accent anglais. Si on peut pardonner les innombrables anachronismes, quoique, ces caricatures anglaises sont une infamie entre le ridicule de leur comportement et ce ton snobinard dans la voix. Mais heureusement, ce nouveau film réconcilie la saga avec l’humour. Malgré quelques lourdeurs, on retiendra des passages très drôles comme la vidange de Obélix ou les déboires sentimentaux. Mais cela ne suffit pas pour sortir la tête de l’eau, et entre des contres-publicités (Gérard Depardieu qui se pisse dessus dans un avion, Edouard Baer ridicule en interview), le poids de son catastrophique prédécesseur, et des premiers résultats en salle exécrables (entre le tiers et la quart des autres), on voit mal comment le film arrivera à sauver les meubles. Probablement le dernier Astérix avant très longtemps et on s’en portera pas plus mal.

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