Les Âmes Vagabondes

Les Âmes Vagabondes
2013
Andrew Niccol

Après avoir enthousiasmé et désespéré des millions de gens avec sa saga vampirique Twilight – une aventure pas mauvaise du tout, malgré un départ douloureux, et dont le destin n’est peut-être pas tout à fait scellé -, Stephenie Meyer nous revient avec l’adaptation d’un de ses romans, flirtant cette fois du côté de la science-fiction. Et pour cette adaptation, un grand nom du cinéma se trouve à sa tête : Andrew Niccol, scénariste de The Truman Show et de Bienvenue à Gattaca (qu’il a aussi réalisé), deux des dix meilleurs films de l’histoire.

L’histoire du film se passe dans un futur relativement proche, alors qu’une entité extraterrestre a prit possession de l’humanité. Peuple parasite s’appropriant le corps d’un hôte, ils envahissent les planètes pour s’intégrer à la population et les rendre plus pacifiques. Mais l’homme croyant en ses idéaux, la prise de pouvoir ne se fit pas sans heurts, aboutissant à une absence de cohabitation : notre race doit être intégralement contrôlée. Pour se faire, une élite de traqueurs (Diane Kruger) est chargée d’intercepter et de soumettre les derniers insurgés. Tombée dans leurs filets, Mélanie (Saoirse Ronan) va se retrouvée investie par l’âme de Gaby (Emily Browning), sensée extirper les informations qu’elle possède sur ses amis réfugiés. Gagnant sa sympathie, Mélanie va réussir à la faire changer de camp et partir retrouver les siens (dirigés par le charismatique William Hurt), partageant son corps. Mais difficile de retrouver sa place quand on ressemble à l’ennemi, les gens étant persuadés que la possession tue l’hôte, mais il n’en est rien.

Dans un premier temps, l’invasion sonne comme une extermination sournoise à la The Faculty, le peuple étant berné par l’apparente béatitude des aliens. Appelés « âmes », ils prennent possession du corps des patients, qui assistent impuissants à la fin du monde tel qu’ils le connaissaient. Une vision d’horreur, très vite nuancée par le revirement inattendu de l’âme introduit dans le corps de l’héroïne. Et c’est là que la vraie nature du film se révèle : une étude philosophique sur l’âme et la conscience. Entre un monde méfiant et un hybride mystérieux qui s’éveille à notre mode de pensées, les questions existentielles se multiplient, attisant notre curiosité. Les relations entre les personnages, la simple expression dans le regard étrange de l’hôte, tout est sujet aux interprétations et au rêve. Une prouesse scénaristique colossale qui côtoie le génie d’un Prometheus, amenant avec talent des questions pertinentes, qui trouvent un écho formidable. Si la poésie des propos est transcendée par la vision onirique et spirituelle que nous offre le film, la force magistrale de Saoirse Ronan rend l’expérience réellement bluffante. Bien sûr, l’amour y est un peu facile et certains passages sont un peu lents, mais ce n’est qu’un détail face à la puissance philosophique du film. Une œuvre majeure du genre.

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