Speed Racer

Speed Racer
2008
Andy Wachowski, Lana Wachowski

Voici l’un des plus gros ratages de l’histoire, tellement retentissant (tout juste 93 M$ de recettes pour un budget brut de 120 M$, et sans doute beaucoup plus avec les frais de marketing) qu’il a faillit mettre fin à la carrière des Wachowski. Une folie assurément quand on voit leur travail sur Cloud Atlas. Un échec tout de même compréhensible dans la mesure où le film nourrissait sans doute trop d’espoirs pour une adaptation de série animée japonaise sur des courses automobiles futuristes.

Frère et digne héritier de Rex Racer, grand pilote de course, Speed (Emile Hirsch) s’est lui aussi lancé dans les courses de voitures, faisait preuve d’un talent aussi grand que celui de feu son illustre frère. Mais cet univers est impitoyable, et quand Speed refusa l’offre de Royalton, sa vie bascula. Victime d’un complot lors de sa course, il ne put la finir, et sa famille fut elle aussi sujette à une vengeance de la part de Royalton, jetant sur elle le discrédit en l’attaquant en justice pour plagiat. Contacté par une agence gouvernementale, la CIB, on lui propose de se retourner contre ses persécuteurs, mais la mission ne sera pas facile…

Pardon ? Démarrant par une scène d’une rare bêtise, le film va vite mettre en avant son point le plus fâcheux : son esthétisme. Abusant de couleurs flashy, le film joue sur les incrustations, toutes plus risibles les unes que les autres. Si les effets spéciaux déjà très laids n’aident pas beaucoup, la réalisation saccadée et les improbables plans faits à l’arrache tuent définitivement le film. Mais pas besoin de ça : son histoire est suffisamment lamentable comme ça. Pour un film de courses, non seulement ces dernières ressortent brouillonnes et irréalistes, mais en plus elles n’occupent qu’une place restreinte (dans la première moitié) dans un micmac scénaristique ennuyeux. Si les graphismes minables plombent l’histoire, elle se vautre surtout par ses gamineries scandaleuses avec le mioche abruti. Au secours ! Tout ça pour un banal conflit d’intérêt où les seuls enjeux sont d’ordre financiers et moraux, insupportablement classique. Et au passage, Speed ? Sérieux ? Rex, Trixie, Sparky, Pops, c’est quoi ces prénoms bidons ? Enfin, bidons certes, mais moins que les acteurs qui sont derrière : on dirait un concours du moins naturel au monde. Ça n’est pourtant pas faute de compter sur des acteurs aguerris, comme Matthew Fox, Christina Ricci, Susan Sarandon ou John Goodman. En somme, le film est débile, caricatural, mal joué, mal filmé, artificiellement coloré et son visuel est franchement repoussant. Un constat vite exacerbant vu la profonde détresse du scénario et la pauvresse des dialogues, multipliant aussi les personnages et les scènes inutiles dans la douleur (quel beau faux-suspense que le personnage de Racer X). Un ratage sur tous les points, qui malgré ses efforts d’originalité ne fait que s’enfoncer dans sa médiocrité jusque dans sa dernière scène. « Attention, cette scène est déconseillée à ceux qui sont sensibles aux germes buccaux ». Non mais pitié…

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