Une heure de tranquillité

Une heure de tranquillité
2014
Patrice Leconte

Tremblons car Patrice Leconte a à nouveau fait son million d’entrées, confortant Christian Clavier dans son statut de phénomène, enchaînant les cartons monumentaux, arrivant même à faire un bon score dans une petite production pour enfants. Or le problème, c’est que plus le réalisateur fait d’entrées, plus ses films sont mauvais : Les Bronzés 3 a fait 2,5 fois plus d’entrées que les deux premiers réunis, et son dernier (Une Promesse), plus ambitieux, se planta dans les grandes largeurs. Et encore une fois, son succès sera inversement proportionnel à la qualité de son travail.

Avoir la paix, ça n’a pas de prix. Petit miracle de sa journée, Michel (Christian Clavier) va dégoter dans une brocante le rarissime vinyle original du tout premier disque de Neil Youart, grand jazzman que son père (Jean-Pierre Mariel) tenait en si haute estime. Tout ce qu’il voulait, c’était rentrer simplement chez lui, se caler confortablement dans son canapé, et jouir d’une heure de tranquillité pour écouter son disque. Mais seulement voilà, sa femme (Carole Bouquet) veut lui parler, sa maîtresse (Valérie Bonneton) aussi, son fils va débarquer, le chantier dans sa maison va subir quelques désagréments, et une fête des voisins s’organise, avec à sa tête Pavel (Stéphane de Groodt), lui aussi bien décidé à s’interposer entre lui et son moment de détente.

Certes, après coup on réalise qu’on ne nous promettait pas tellement plus que ce qu’on a au final, mais diantre que c’est convenu ! C’est à peine croyable tant le degré de créativité atteint un niveau abyssal. On a le droit à la totale : le cliché des ouvriers portugais qui font de la merde, de la femme de ménage espagnole, du fils de bobo qui se la joue gauchiste réac à la con et qui nous les brise sévère, les secrets de famille si prévisibles, des histoires de coucherie, le voisin tête-à-claque, et bien sûr la famille de sans-papiers asiatique. Rien ne nous est épargné. Un scénario lamentable qui n’a pas grand chose à quoi se raccrocher. Les situations sont tellement classiques que la surprise ne sera que feinte, brisant la plupart des effets comiques, peu glorieux à la base. Plus grave encore, les acteurs cabotinent à outrance, achevant notre patience. Heureusement que l’enchaînement est bon et que le film est très court, sans quoi la sanction aurait été autrement plus lourde.

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