Mission : Impossible – Rogue Nation

Mission : Impossible – Rogue Nation
2015
Christopher McQuarrie

Populaire mais sans plus, la saga Mission : Impossible avait faillit s’arrêter suite au semi-échec du troisième opus, qui il est vrai s’était essoufflé après une première moitié magistrale. L’attente fut longue, mais un quatrième volet a finalement vu le jour, et ce fut l’effervescence : 695 M$ dans le monde, soit bien plus que n’importe lequel de ces prédécesseurs, fruit d’un excellent bouche-à-oreille, et il semblerait que ce cinquième film puisse l’égaler, que ce soit en terme de recettes ou de notoriété. Peu surprenant quand on sait que le réalisateur du très bon Jack Reacher est à la barre, mais la révolution n’est toujours pas là.

Teasé à la fin du dernier film, cette suite directe reprend l’histoire du Syndicat, organisation secrète antagoniste de Mission : Impossible (dirigée par Jeremy Renner). Sur leurs traces, Ethan Hunt (Tom Cruise) se verra contraint d’opérer dans l’ombre, les dérapages répétés du MI leur ayant valut les foudres de la CIA (Alec Baldwin), qui a fermé leurs services, mettant son acolyte Benji (Simon Pegg) au chômage technique. Amie ou ennemie, sa route sera mêlée de près avec celle Ilsa Faust (Rebecca Ferguson), mystérieux agent double.

On parlait de révolution pour Protocole Fantôme, mais ça n’était qu’une bonne cuvée au sein de la saga, certes le meilleur d’entre tous, mais pas de beaucoup, irrévocablement plombé par un scénario classique et petit joueur. Poursuivant la même histoire, ce dernier film en date ne pouvait pas tellement prétendre à endiguer ce problème, et cela se confirmera : l’histoire est ultra basique. Pas inintéressante, mais conventionnelle, sans grande imagination. On a des méchants égoïstes et cupides, des gentils super sympas, et une fille bad-ass et canon pour faire plaisir à tous. Du stéréotype en puissance, pas très inspiré, les rebondissements sont faibles, et nul coup de génie à l’horizon. À la place du grand spectacle, mais le réalisateur n’est vraiment bon que pour les panoramas, et niveau action MI2 envoyait du bien plus lourd. On a bien sûr quelques scènes impressionnantes, mais même l’avion ne restera pas dans les annales de la saga. L’espionnage n’est pas très poussé, et même le rythme laisse parfois à désirer, notamment lors de l’opéra. Côté décors, on perd aussi en exotisme par rapport au précédent. Le niveau est globalement bon, et l’humour efficace du film aide à faire passer un bon moment, mais on est clairement un cran en dessous du quatrième. Reste maintenant à espérer un regain d’originalité ou d’ambition pour le prochain, déjà prévu pour 2017.

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