La Vengeance dans la peau

La Vengeance dans la peau
2007
Paul Greengrass

Voilà donc le troisième épisode de la première trilogie sur l’agent secret amnésique, décuplant une fois encore la popularité de son héros, passant de 176 M$ à 227 M$ à domicile, mais là où le film a marqué des points c’est surtout à l’international. En dehors des Etats-Unis, les recettes ont quasiment doublé d’un film à autre, atteignant le score de 442.8 M$ dans le monde (contre 288.5 M$ pour le second). Une réussite amplement méritée, mais le précédent film privilégiait la forme plutôt que le fond, nous laissant avec bon nombre de questions. L’heure des comptes a sonné !

Petite pirouette scénaristique (au final ça ne change pas la face du monde mais c’est un effort appréciable), le film démarre entre la dernière et l’avant dernière scène de La Mort dans la peau. En effet, il s’est écoulé plusieurs semaines entre les deux événements, et le film va nous montrer que la quête de Jason Bourne (Matt Damon) est loin d’être finie. Si officiellement la CIA a abandonné le projet Treadstone et offert sa liberté à Bourne, tout n’est pas terminé pour autant.

Dès la première scène, le film nous remet dans le bain avec une fuite musclée, mais étrange. Le précédent film ayant fait une ellipse sur l’après Moscou, le retrouver là bas encore blessé et en cavale n’a aucun sens, du moins pas avant la dernière demi-heure où l’on comprendra le réel positionnement chronologique de ce film. Un effet de style intéressant et qui marche très bien, d’autant que la séquence d’introduction est très réussie. On enchaînera d’emblée sur de l’infiltration de qualité avec le passage dans la gare, l’un des moments les plus marquant de la saga. S’enchaînant avec un rythme soutenu, le film nous fera voyager au Maroc, avec à la clé des cascades encore une fois très réussies, s’achevant en apothéose là où tout a commencé, nous régalant de quelques tours de passe-passe ingénieux. La construction du scénario est excellente, créant une boucle magnifique avec l’ensemble de la trilogie, même si on regrette qu’au final les révélations soient exactement celles qu’on imaginait depuis le tout début. Niveau acteurs on retrouve Julia Stiles, qui légitime enfin l’importance de son personnage au sein de la saga, de même que Edgar Ramirez dans le rôle d’un tueur de la CIA et un léger caméo de Daniel Brühl. Sans parler de véritable révolution dans le cinéma d’espionnage, cette trilogie a donc su imposer un héros charismatique dans un style moins tapageur qu’à l’accoutumée, privilégiant l’infiltration et la tension plutôt que l’action pure et dure, et la conclusion est plus qu’à la hauteur.

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