Doctor Strange

Doctor Strange
2016
Scott Derrickson

Second film de la phase 3 du MCU (Marvel Cinematic Universe), l’origin story du maître de la magie vient ainsi compéter les rangs des Avengers, désormais de moins en moins accès sur des suites de leurs aventures, le planning des prochaines années étant en grande partie axé sur l’arrivée de nouveaux super-héros avec au minimum quatre programmées pour seulement trois suites et deux grands rassemblements. Un objectif de renouvellement louable, d’autant que la magie fait pour la première fois son apparition ici, faisant craindre une certaine incohérence mais redoublant aussi notre excitation, d’autant que le personnage est très peu connu du grand public. Entre la qualité de la collaboration Disney / Marvel et les premiers visuels très rassurants, on pouvait s’attendre à une très grande cuvée, mais finalement le film ne sort pas tant que ça du lot.

Chirurgien de renom, Stephen Strange (Benedict Cumberbatch) va du jour au lendemain tout perdre. Lui qui se croyait au dessus de tout, un accident de voiture va lui esquinter les mains, son outil de travail le plus précieux. Anéanti et cherchant un remède par tous les moyens, il va entendre parler d’un homme paralysé à vie qui a réussi à remarcher grâce à une médecine parallèle découverte au Népal. Bien décidé à découvrir ce qu’il en est, il va alors se rendre à Katmandou pour rencontrer l’ancien (Tilda Swinton). Là bas, tout ce qu’il prenait pour acquis va s’effondrer devant la puissance de la magie.

Au programme de cet épisode introductif donc, une formation accélérée à la magie puisque le but est de faire le plus rapidement possible de Strange un puissant sorcier capable de rivaliser avec Kaecilius (Mads Mikkelsen), l’ex disciple le plus puissant de l’ancien qui menace de faire venir sur Terre le maître de la dimension noir dont les promesses d’immortalités ont un prix. Un apprentissage supervisé par son collègue Mordo (Chiwetel Ejiofor), bras droit de l’ancien, avec pour toile de fond le passé de docteur de Strange, notamment sa romance avec son assistante et infirmière Christine Palmer (Rachel McAdams). En plus de nous présenter de nouveaux personnages, le but est aussi de faire découvrir au public Marvel la magie, énergie d’un autre monde, et tout ce qui entoure les univers parallèle, tout ça pouvant potentiellement prendre plus d’importance dans les prochains films de la franchise, d’autant qu’un objet lié aux Pierres de l’infinité est introduit et ceux qui suivent l’histoire du MCU savent les enjeux imminents qu’elles représentent.

Si la plupart des personnages et leurs interprètes sont bons, de même que toutes les portes que la magie ouvre, l’histoire est indéniablement le point faible de ce film. Le grand méchant du film est quasiment absent, il n’a ni passé ni personnalité ; la menace est difficilement quantifiable ; Strange rivalise avec Kaecilius dès son premier combat en situation réelle alors que son entraînement est encore balbutiant ; Strange enchaîne les combats quelques minutes à peine après s’être fait sévèrement blessé ; et point le plus important de tous, ce qui permet la résolution finale aurait pu être utilisé dès le début, rendant tous les enjeux du film vide de sens si on y réfléchi. Autre point négatif, si la musique est bonne elle manque en revanche d’originalité, son compositeur s’étant auto-plagié par rapport à son thème de Star Trek. Mais bon, heureusement, le film a d’autres qualités à faire peser dans la balance. Le style Disney / Marvel marche encore une fois très bien, nous proposant un rythme soutenu, une mise en scène soignée et un humour efficace qui contrebalance avec brio le sérieux pesant de certaines situations. On ne l’avait pas senti venir, mais le coup de la cape est vraiment sympa, non sans rappeler le tapis dans Aladdin. Le design entourant l’utilisation de la magie à coup de lumière orange est sympa, mais ce qui fait la véritable force du film est sa puissance visuelle, nous régalant de plans psychédéliques et surtout de renversements de bâtiments, voir de ville entières comme dans Inception, mais en bien plus poussé ici. La 3D est pour une fois sacrément bien exploitée et nombre de scènes impressionnent de par l’impact visuel procuré. L’histoire est donc un peu creuse et la logique discutable, mais la formule marche toujours, l’identité visuelle du film est très forte et Docteur Strange est assurément un très bon super-héros qu’on a hâte de voir aux côtés des autres justiciers.

Disponible en version alternative et vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=1CoaI-WyX5I

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