Godzilla 2 – Roi des Monstres

Godzilla 2 – Roi des Monstres
2019
Michael Dougherty

Un peu décevant, notamment à cause de la manie de couper chaque scène de combat entre monstres géants pour se concentrer sur l’aspect humain (et probablement éviter d’exploser les plafonds question budget, pourtant massif), cette suite à Godzilla devait rassasier tout le monde avec au programme plus de créatures et plus de combats. Le but final étant une confrontation avec le gorille de Kong Skull Island, ma motivation était inexistante entre une déception et une purge totalement insipide, mais la première bande-annonce me calma totalement. Les monstres avaient l’air dantesques, le spectacle jouissif et pour ma part le succès ne pouvait qu’être au rendez-vous. Compte tenu des scores des deux autres films de la franchise se situant entre 524 et 566 M$, j’avais en toute logique estimé cette suite à priori impressionnante aux alentours de 700 M$. Finalement non, malgré une belle augmentation en chine, le gadin fut total : 385 M$, dont plus du tiers en Chine, soit des bénéfices nuls, voir un léger déficit. À qui ou quoi la faute ?

Que s’est-il passé dans le monde suite à la confrontation entre les deux Mutos et Godzilla ? Monach, le groupe chargé d’étudier et trouver les Mutos (terme désignant les monstres géants de l’ancien monde), est dans le viseur des différents gouvernements, notamment le gouvernement américain qui veut les mettre sous contrôle militaire et exterminer la menace dormante. Pour le chef (Charles Dance) d’une agence de protection de la nature, le réveil des Mutos serait la réponse au vrai problème de notre Terre : l’humanité, qui de part la pollution, l’urbanisation et la guerre, est entrain de menacer l’équilibre de la planète. Ils vont alors kidnapper le Dr Russell (Vera Farmiga) et sa fille (Millie Bobby Brown) pour utiliser leur technologie de communication avec les monstres pour les réveiller et les laisser ravager le monde.

On aura rarement vu un propos écologique aussi bidon. Non c’est clair que la radiation est bénéfique pour la végétation et les animaux, c’est bien connu. Et puis une dizaine de colosses bouffant à priori dans les 4-5 tonnes de viande par jour, c’est sûr que localement ça ne risque pas de détruire la faune locale. On passera aussi sur à quel point le film aborde avec maladresse la théorie de la Terre creuse et des Atlantes, certains cerveaux risqueraient de ne pas s’en remettre. Autre question : pourquoi ne pas avoir gardé le casting du premier ? On ne retrouvera que Ken Watanabe et Sally Hawkins, deux scientifiques lambda de Godzilla, et comme l’autre film sur Kong se déroulait 40 ans avant, c’est comme si on remettait les compteurs à zéro, ce qui n’est pas très malin étant donné la part occupée par l’armée et comment il aurait été aisé d’y faire revenir le lieutenant. Quand on voit l’absence de charisme de Kyle Chandler et le rôle indigne attribué à Zhang Ziyi, c’est à se demander si les scénaristes n’ont pas essayé de saboter le film. En plus, quelle idée de confier la réalisation d’un si gros film à un réalisateur comptant dans sa filmographie seulement deux parodies horrifiques inexistantes ? Heureusement, le film a tout de même des arguments de taille : ses effets spéciaux et les confrontations dantesques. On prend clairement une grosse claque, les designs sont très inspirés, on ressent toute la puissance des affrontements et enfin ces derniers sont à la hauteur. Du coup, on se retrouve avec l’exact opposé du premier volet. On troque une réalisation léchée et un point de vue humain intéressant, se refusant presque toute séquence épique d’affrontement, pour une réalisation lambda singeant le premier film, n’apportant que des intrigues au mieux gênantes côté humains, mais proposant un spectacle de folie poussant les choses très loin. Pour peu qu’on évite de trop y réfléchir, c’est donc un très bon divertissement, mais quand on se rappelle la saga Pacific Rim avec des combats bien plus immersifs de par une présence humaines non seulement justifiée mais en plus indispensable, avec pour le coup une vraie réalisation magnifique, le film fait pâle figure. L’affrontement avec Kong est acté et le film est déjà bouclé et en post-production depuis de longs mois, mais le silence radio laisse à penser de probables changements, et la sortie en mars 2020 sera inévitablement retardée, peut-être d’une année entière. Les paris sont ouverts.

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