Bloodshot


Bloodshot
2020
Dave Wilson (II)

Bien que généralement le succès décroit de film en film et que chercher à établir une franchise, c’est un peu comme vouloir dilapider les bénéfices, il n’empêche que les studios n’ont de cesse que de vouloir adapter des saga littéraires ou des comics pour prospérer de façon pérenne. Voilà ce qui aurait pu devenir à n’en point douter une saga assez rentable tant la campagne marketing fut efficace, et entre un budget modeste (45 M$) et le statut de star ultime de son interprète principal en Chine, où la saga Fast & Furious défonce tout sur son passage, les planètes semblaient alignées. Puis ce fut le drame : le Coronavirus. Espérant esquiver la vague, le film fut finalement privé de sortie en Chine et sera arrivé aux Etats-Unis dans un contexte où près d’un tiers des salles avaient déjà fermé. Dès son quatrième jour, 95% des salles étaient fermées, et à moins d’une semaine d’exploitation, le monde entier était en quarantaine. Le film n’aura eu l’occasion de rapporter que 30 M$, et dans un contexte normal, sur la même période il en aurait rapporté facilement le double, ce qui aurait laissé présager à minima 200 M$ dans le monde en fin de carrière. Un gros carton programmé, finalement déprogrammé et débarquant en VOD telle une sous production lambda tant 5-6 derniers mois de l’année seront surchargés de sorties majeures se marchant toutes dessus. Triste monde.

En parlant de la noirceur du monde, Ray Garisson (Vin Diesel) ne la connaît que trop bien, étant militaire américain. Du moins c’est ce qu’il était de son vivant, avant qu’un psychopathe (Toby Kebbell) ne le soumette à un interrogatoire au cours du quel lui et sa femme seront exécutés. Pour toute personne normale, la mort est alors la fin du voyage, mais c’était sans compter sur le projet militaire du docteur Harting (Guy Pearce), spécialiste en nano-technologie et qui va le ramener à la vie.

On ne le dira jamais assez : la science-fiction est le meilleur vivier scénaristique possible. Le principe du film est juste dingue, à la croisée d’un Mass Effect 2 et d’un Mass Effect Andromeda où la science permet de sauver une personne que d’aucuns auraient tôt fait de déclarer mort, tout en lui implantant une technologie décuplant ses facultés, tant physiques que mentales. Enfin bon, forcément, pour ce qui est de la question de l’existence post-résurrection, on ne pouvait pas s’attendre à un développement à la hauteur des deux derniers opus de la trilogie s’étalant sur 40-60 heures, mais de là à ne se poser à ce point aucune question, c’est dommage. Pareillement, si même en une soixantaine d’heures Andromeda n’effleurait qu’à peine le potentiel du transhumanisme, on se doutait que la réflexion serait faible, mais en réalité cela se limite carrément à un simple outil bien pratique. Ouch… Avec en prime notre bien aimé Jamie Fraser (Sam Heughan) cantonné à une caricature de méchant, l’écriture fait mal malgré tant de prémices savoureuses. Le mode auto-guidage s’active très vite dès la première demi-heure passée, tout s’enchaînant dans une prévisibilité navrante. Pour autant, le film n’en devient pas mauvais : le pitch de base reste plutôt bon ; le choix de Vin Diesel en auto-caricature est un coup de génie très méta vu le « twist » middle ; l’action fuse et le divertissement est assuré ; et enfin, malgré un budget modeste, les effets spéciaux sont impressionnants, montrant les prouesses en modélisations réelles. Au final l’ensemble tient la route, et même si l’immense potentiel est saccagé, il faut parfois savoir s’en contenter.

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