La Vérité si je mens ! Les débuts


La Vérité si je mens ! Les débuts
2019
Michel Munz, Gérard Bitton

Des génies ma parole ! Si son succès me semble largement déraisonnable, notamment de par le succès inexplicable du premier qui n’était vraiment pas folichon, il n’en reste pas moins que La Vérité si je mens est l’une des sagas les plus emblématiques en France avec près de 17 millions d’entrées en trois films (en quatre aussi d’ailleurs). Sans réitérer l’exploit des quasi huit millions d’entrées du second opus, le troisième avait tout de même fait plus de quatre millions et demi, et c’est logiquement qu’une nouvelle suite fut envisagée. À force le public a développé une réelle affecte autour des personnages, mais finalement ça n’est pas une suite mais un préquel qui fut lancé. Exit donc les incarnations emblématiques des personnages, place à un tout nouveau casting d’inconnus.

Que s’est-il passé dans le sentier avant l’arrivée d’Eddie ? Nous voilà de retour dans les années 80 alors que Serge et Dov passent le bac, et que Yvan et Patrick Abitbol montent une affaire de vidéo-club. Et comme d’hab, ça va parler affaires, amour et cul, et comment esquiver ses responsabilités.

Rien que sur le principe le film accumule une quantité phénoménale de tares.  Recaster les acteurs ? Vu l’histoire, c’était inévitable, mais à défaut d’en prendre des qui savent jouer, en prendre des un minimum ressemblant, ça aurait été pas mal. Que ce soit pour Patrick et surtout Yvan (j’étais persuadé que c’était Eddie, mais ça n’avait aucun sens), il n’y a strictement rien qui rappelle de près ou de loin l’acteur d’origine, à tel point que le rôle d’Yvan a été réduit à pot de chagrin. Patrick s’en sort à peu près et a l’histoire la plus développée (quoique sans conclusion), mais l’acteur est constamment dans une mimique dissonante, singeant Gilbert Melki (qui joue son propre père) de façon trop flagrante. Même constat pour Serge, qui en revanche n’aura pas de développement intéressant et abouti. Le seul autre personnage réellement développé sera Dov, le BG en puissance, mais difficile de passer outre un « hommage » frisant à ce point le plagiat. Son histoire avec la femme (Audrey Dana) de son patron (François Berléand) n’est pas sans rappeler Le Lauréat, et clairement le film n’en a ni l’intensité, ni la finesse d’écriture. Et à ce niveau-là, quitte à en voir un remake, autant se regarder American Pie, autrement plus divertissant et abouti. De même, si le but est de voir une bande de pote avec l’ambiance de l’époque, Les Sous-doués fait mieux le taf. Le film ne sait donc pas trop où se positionner, et même s’il reste vite fait divertissant, il est complètement vain. Il ne permet pas de mieux comprendre les personnages, les événements du récit n’ont eu aucun réel impact sur leurs vies, et j’imagine mal quelqu’un ne connaissant pas la saga y trouvant le moindre intérêt. La vérité, on s’en serait bien passé.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *