Les Enfants du temps


Les Enfants du temps
2020
Makoto Shinkai

Alors que les studios Ghibli sont à l’arrêt quasi total depuis Marnie il y a six ans, le studio CoMix Wave Films de la Toho a pour ainsi dire prit sa place en enchaînant grâce au même réalisateur deux des dix plus grands succès de l’histoire en matière d’animation japonaise. Après les records de Your Name, cette nouvelle histoire d’amour a frôlé la barre des 200 millions de dollars dans le monde, redonnant espoir à tous les amoureux de poésie et animation 2D tant la plupart des productions d’animation modernes en 3D n’ont pas ce supplément d’âme qui ont fait la renommée d’un pan entier du cinéma, et qu’on souhaiterait ne jamais voir disparaître.

Le film raconte la fugue du jeune Hodaka, 16 ans, étouffé par la campagne et rêvant de vivre à Tokyo. Mais sur place, entre le coût de la vie, l’égoïsme urbain, la pluie qui ne cesse de tomber (fun fact, il pleut plus à Tokyo qu’à Biarritz, ville de France métropolitaine ayant le plus fort taux de précipitations) et la difficulté à trouver un travail, il va vite déchanter. Il pourra cependant compter sur Suga, rencontré durant son voyage, qui lui proposera de participer à des articles sur des phénomènes paranormaux. C’est alors qu’il fera la rencontre de Hina, semble t-il capable de contrôler la météo.

Amour sur fond de paranormal, des adolescents et l’opposition campagne / grande ville. On retrouve les mêmes thèmes visiblement chers à son réalisateur (qui officie encore comme scénariste), et on pouvait donc craindre un traitement bon dans son ensemble, mais terriblement décevant sur sa conclusion. Heureusement, il semblerait qu’on puisse apprendre de ses erreurs, puisque malgré quelques frayeurs et cette propension à perdre de précieux moments de vie, le développement de l’histoire et surtout sa conclusion seront bien plus satisfaisantes. Un énorme soulagement, le film étant, malgré quelques relents mélancoliques, bien plus léger et joyeux que Your Name, ce qui fait qu’il est donc bien plus facile de l’apprécier. Les personnages restent assez stéréotypés, surtout pour les habitués du genre, mais la qualité d’écriture est excellente. Néanmoins, contrairement au précédent film du réalisateur, on a pas ce sentiment de frôler le chef d’œuvre, la faute à un côté fantastique pas assez poussé et un scénario assez simpliste. Moins d’envergure et d’ambition peut-être, mais plus maîtrisé certainement. On soulignera une fois encore la qualité ahurissante de l’animation, qui en terme de technique pure atteint des sommets inégalés. Techniquement, c’est sans doute le film d’animation japonais le plus beau de tous les temps, et on aimerait tant que cela soit mit au profit d’un univers plus ambitieux et onirique. En attendant, contentons nous d’apprécier cette petite romance si poétique et touchante, et réjouissons nous de son grand succès qui confirme le potentiel commercial de l’animation à l’ancienne, si chère à nos cœurs.

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2 réponses à Les Enfants du temps

  1. Tres beau film ! L animation est de toute beaute,les images sont magnifiques, la BO de grande qualite. Makoto Shinkai nous livre un film tres emouvant Je ne vois pas en quoi le titre Anglais (qui n en est pas un comme explique par mon VDD) a plus de sens que le Francais.Deja le Francais est bien plus fidele a l original et il colle aussi parfaitement avec le principe de base du film cad l existence d enfants soleil ou pluie donc des enfants du temps.Je ne veux pas faire de proces d intention mais j ai l impression qu a chaque fois on tape de facon automatique sur les titres Francais, les VF et bien sur le cinema Francais 🙁

    • Antoine dit :

      ça m’a mit le doute, du coup j’ai relu la critique, mais je n’ai rien dit sur la VF. Le titre français est fidèle, même si temps peut avoir plusieurs significations, contrairement à Wathering, qui là fait référence au temps climat. On démontre de fait la richesse du français par rapport à l’anglais par ce choix. Comme quoi, il en faut peu pour déstabiliser les gens^^

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