Shazam! La Rage des Dieux


Shazam! La Rage des Dieux
2023
David F. Sandberg

Comment un tel projet a t-il pu voir le jour ? Alors que le premier Shazam était tout juste regardable, à la limite du supplice, et alors que son score était pas loin d’être lamentable, tant au niveau box-office que critiques, une suite a bel et bien vu le jour. Une vaste blague quant on sait que l’excellent et bien plus rentable Man of Steel n’a jamais eu de suite, et alors qu’on savait l’univers DCEU enterré depuis des mois, cette suite a débarqué dans l’indifférence et la souffrance. Le studio ne croyait tellement pas en son film que toute la campagne marketing s’est axée sur le combat avec le dragon (arrivant de le dernier acte) et la présence de Gal Gadot en Wonder Woman, à savoir l’avant-dernière scène du film. De fait, tout le monde en est ressorti déçu, et le démarrage timide a abouti à l’un des pires maintient de l’histoire, et le film fut bazardé en VOD après seulement deux semaines en salle, un massacre absolu aboutissant à un désastre financier colossal. 133 M$ de recettes (donc à peine 60 M$ après frais de distribution) pour 125 M$ de budget (donc probablement dans les 200 M$ après coûts marketing), donc une perte sèche d’environs 150 M$, le plaçant sans problèmes dans le top 10 des pires échecs commerciaux de l’histoire. Sachant à quel point cet univers m’indiffère, c’était donc dans l’objectif de sonder les abysses de la créativité que j’appréhendais ce film.

Retour en Grèce Antique… Comme pour le premier film, Billy (Asher Angel) alias Shazam (Zachary Levi) va se retrouver confronté à des dieux grecques, en l’occurrence des déesses : Kalypso (Lucy Liu), Hespera (Helen Mirren) et Anthea (Rachel Zegler).

Mise à part divers sujets traités avec une légèreté proche de l’anecdote comme le syndrome de l’imposteur, la famille de super-héros ou la peur de l’abandon (car les subventions pour une famille d’accueil s’arrêtent quand l’enfant devient adulte à 18 ans), il n’y a absolument rien à dire de plus sur le scénario, minimaliste au possible. Et comme prévu lors de ma critique du premier film, les ados / enfants sont quasiment tous adultes ici, donc le décalage de transformation n’a plus aucun intérêt, à supposer qu’il y en avait un. Pire, déjà ridicule avant, Zachary Levi devient insupportable tant il se comporte comme un gamin de huit ans alors qu’il devrait conserver sa mentalité adulte une fois transformer. Le voir régresser mentalement à chaque transformation, ça n’a aucun sens, c’est le seul à en souffrir, et disons les choses clairement, l’acteur est juste nul. En plus d’être un connard fini doublé d’un faux-cul de merde dans la vraie vie, il confond infantilisation et abrutissement, jouant les ados comme des attardés hyperactifs. Littéralement un autiste de huit ans, alter ego adulte d’une déjà adulte de 18 ans, dont l’interprète a atteint la vingtaine.

Pour autant, ce sous Percy Jackson – qui était déjà peu glorieux, montrant que transposer les mythes grecques aujourd’hui est décidément une mauvaise idée quand le budget ne suit pas (bien que même quand l’époque est la bonne et que le budget est énorme, Le Choc des Titans s’était quand même planté) – n’est pas non plus une catastrophe absolue. J’aurais même tendance à le trouver un peu moins éclaté au sol que le premier, que ce soit grâce à la moindre présence du héros au profit de Mr Tous pouvoirs dont son amourette est mignonne à défaut de ne pas avoir été écrite avec le cul, et surtout pour la menace du film. Assurément l’une des moins impressionnantes de l’histoire des films de super-héros, mais parmi ceux encore pire se trouvait le premier Shazam dont je n’ai gardé quasiment aucun souvenir en dehors de gargouilles mal modélisées et d’un combat risible entre deux tentes d’une fête foraine. Ici, je dirais même que les effets spéciaux sont presque bons, avec un dragon classique mais réussi. Globalement les enjeux sont inexistants, le héros raté, les méchants déjà oubliés, mais l’ensemble tient la route – sauf l’arrivée de Gal Gadot qui n’a aucun sens, typiquement le Deus Ex Machina sortant de nulle part pour aucune raison – et déçoit moins de par l’absence d’intérêt du projet. J’imagine mal des quelconques fans de cet univers ou du premier film, et mieux vaut passer son chemin, mais ça n’est assurément pas le pire film de super-héros jamais vu.

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