L’Odyssée de Pi

L'Odyssée de Pi
2012
Ang Lee

Tiré du livre de Yann Martel, le film a fait fort lors de sa promo. Une bande-annonce épique sur fond de Coldplay, qui promettait une aventure poétique entre un jeune indien et un tigre, perdus au milieu de l’océan sur une petite barque. Et entre une image exceptionnelle et la quasi promesse de rafler bon nombre d’oscar, le film affichait clairement ses ambitions, laissant entrevoir un chef-d’œuvre inoubliable. Et quelle erreur ! Idéaliser un film avant de le voir, c’est se condamner à la déception, et celle-ci sera grande…

Comme pour Big Fish – avec lequel ce film partage nombre de défauts – et bien d’autres films, l’histoire nous est comptée par Pi, bien des années après les évènements. Enfant heureux, il a grandit dans l’ancienne partie française de l’Inde, à Pondichéry, bercé par la douceur de son foyer, la découverte des religions, et la beauté des animaux de leur zoo. Mais lorsque la ville leur retira les subventions du zoo, ils se résolurent à vendre les bêtes à l’étranger et refaire leur vie au canada. La famille embarqua alors dans un cargo avec les animaux. Mais le soir venu, une tempête fit rage, et les vagues submergèrent le bateau, y déversant des quantités importantes d’eau, et entraînant sa mise en abysse. Ce soir là, Pi (Suraj Sharma), alors âgé de 17 ans, sera le seul survivant humain à bord du canaux de sauvetage, mais pas le seul être vivant : Richard Parker, leur tigre, est lui aussi à bord de la barque, avec un zèbre, un singe et une hyène. Victorieux de l’entre dévorage, Pi devra cohabiter et survivre avec Richard.

La narration du film est classique et encombrante, mais pas rédhibitoire. On a même tendance à l’oublier avec l’excellente intro racontant les origines de Pi, à la fois naïf et surréaliste, avec une enfance magnifique, malgré l’aparté religieux encombrant. On regrettera par contre la sous-exploitation du zoo, et l’amourette à peine évoquée, d’autant plus dommageable que le potentiel romantique y était. Arrive ensuite inévitablement l’embarquement, l’occasion de voir Gérard Depardieu dans un rôle pourri, un cuisinier désagréable qui meurt dans la tempête. La grande partie du film sera donc cette aventure de survie, pas aussi jouissive que promis. La poésie y est, la force de la nature, la tension homme / animal, mais il y manque cette proximité, l’ingéniosité. Il n’y aura jamais vraiment de rapprochement entre Pi et le tigre, par soucis de réalisme, et le début du voyage est un peu trop facile (rations et cannettes), et la pêche aurait dû être plus importante. La religion y perd toute raison d’être, et les coupures du futur gênent beaucoup.

Reste quelques scènes marquantes, et une île impressionnante, mais le réel intérêt du film est son image. L’image est très belle, la réalisation soignée, et les effets spéciaux particulièrement léchés. Difficile à croire, et pourtant, presque tout est issu d’effets spéciaux, même une grande partie des scènes avec le tigre, pourtant d’une modélisation et d’une animation irréprochables. Les jeux de lumières sont à se damner tellement c’est beau, et on a du mal à croire ce qu’on voit tant le degré artistique de la nature semble infini. La baleine, les poissons volants, le crépuscule, l’île onirique, et surtout ses poissons colorés qui illuminent l’eau, la rétine est flattée au plus haut point. Une récompense aux oscars serait même in-envisageable. En revanche, il faut bien avouer que l’histoire pêche côté histoire, et que le rythme n’est pas suffisant pour maintenir le rêve. Mais jusque là, sauf un gros problème de narration, le chef-d’œuvre n’est pas loin, du moins jusqu’à la catastrophe suprême : le dénouement. Tout comme pour Big Fish, la fin casse la magie, mettant carrément le doute sur la qualité de ce qu’on vient de voir, et toute forme d’espoir se voit être annihilée, laissant comme toute dernière impression une déception monstre, et un retour à la réalité chiant. Ceux qui espéraient une fin heureuse vont déprimer, et les autres pesteront quand même face à tant de mauvais goût et l’abandon de cette poésie qui faisait la force du film. Reste alors une magnifique aventure, emplie de poésie et renforcée par une image époustouflante, mais difficile d’échapper à la déception face à une fin aussi médiocre.

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Mission : Impossible II

Mission: Impossible II
2000
John Woo

La série mythique de 1966 ressortit de l’ombre trente an plus tard avec Mission : Impossible, reprenant ses personnages et instaurant un style dynamique mêlant action et espionnage, la formule classique des James Bond. Mais le résultat en salle fut bien meilleur que pour son concurrent, affichant fièrement 457 M$ pour tout juste 80 millions de budget. Et comme c’est la règle à Hollywood, quand la rentabilité est aussi élevée et que c’était déjà l’optique de départ, une suite débarque.

Pour cette nouvelle aventure, Ethan Hunt (Tom Cruise) se voit confier une nouvelle mission par l’organisation (présidée cette fois par Anthony Hopkins). L’un de ses collègues espions a mal tourné, et alors qu’il enquêtait sur une affaire, l’appel de l’argent s’est fait sentir. Une agence de santé (menée par Brendan Gleeson), a voulu mettre au point un vaccin contre toutes les formes de grippes. Pour se faire, ils ont fusionné toutes les souches, formant le virus le plus mortel de l’histoire : la Chimère. Sean Ambrose (Dougray Scott), l’agent secret, a intercepté le remède avant que la maison mère ne l’obtienne, et a tué son synthétiseur. Et à moins de payer très cher, cette Chimère représente une bombe à retardement des plus dangereuse. Pour le contrer, Ethan va infiltrer son repère à l’aide de son ancienne petite amie, Nyah (Thandie Newton).

Quatre ans plus tard, la technique a énormément progressé : l’image est passée au numérique. Dès les premières minutes, on sent qu’on a affaire à un professionnel de la mise en scène : séance d’escalade incroyable et poursuite en voiture stressante. La suite n’est pas en reste : la quasi intégralité du film est un concentré d’action pure où les murs explosent et les voitures crament. Le rythme est on ne peut plus survolté. Mais c’est aussi ça le problème du film : l’action remplace tout. Fini les séquences d’infiltrations inventives (encore que ça allait pas très loin), les véritables enquêtes : tout est linéaire et les seuls rebondissements dans l’histoire sont les déflagrations. Une histoire fébrile aussi improbable que les milliers de balles ratant immanquablement leurs cibles, sauf quand il s’agit du héros. Donc bien sûr, les amateurs d’action y trouveront un must du genre, ne laissant guère de répit au spectateur, espérant que ses neurones restent éteints, et Tom Cruise est toujours aussi charismatique, mais l’esprit Mission Impossible est très loin. Du grand spectacle pas très recherché.

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Les Chemins de la liberté

Les Chemins de la liberté
2011
Peter Weir

Adaptation de À marche forcée de Slavomir Rawicz, le livre, et à fortiori le film, n’est pas directement une histoire vraie. En enfin, le romancier fut effectivement un prisonnier des goulags et a subit la dureté du régime soviétique de la seconde guerre mondiale en pleine Sibérie, mais il fut amnistié. Il dû tout de même rejoindre le Moyen-Orient à pied depuis son camp, bien qu’on soit loin de l’histoire qu’il conte, inspiré donc en partie de sa propre expérience, le reste étant un mélange de témoignages et d’invention.

L’histoire prend donc place dans un goulag sibérien, où se côtoient les prisonniers politiques, religieux, militaires, ou simples civiles qui n’ont pas été exemplaires. Avec un froid mortel, des rations insuffisantes, un travail usant, et des séances de torture pour les plus chanceux, ces modèles ultimes de camps d’exterminations donnaient aux pensionnaires maximum un an à vivre, et presque aucun ne passera l’hiver. Conscients de cela, un petit groupe (parmi eux Jim Sturgess, Ed Harris et Colin Farrell, suivit plus tard de Saoirse Ronan) tentera sa chance un soir de tempête : des conditions extrêmes qui facilitent néanmoins la fuite. Le chemin qui les mènera à la liberté ne sera pas de tout repos : cernés par les pays communistes, ils devront marcher en direction du sud jusqu’en Inde. Un voyage de 5000 km  dont peu en ressortiront en vie.

Le film est donc avant tout une aventure, une histoire de survie. Dès le début, quand le film prend place dans ce goulag, le problème de survie se pose. Car même si derrière les barbelés les attendent le froid et une mort probable, rester au goulag leur certifie une fin tout aussi atroce et peut-être encore plus rapide. Le reste est une randonnée à travers l’Asie, où les brûlures et la soif remplacent à tour de rôle le froid et la faim. Un exercice plus souvent réservé aux aventures solitaire habituellement, et qui évolue ici au sein d’un groupe. Étalé sur plus de 130 minutes, l’histoire aurait pu ennuyer, mais sans compter sur son réalisateur à qui l’on doit l’un des dix meilleurs films de l’histoire : The Truman Show. Un talent qui ne trouve certes pas le même écho, l’histoire étant moins forte, mais il arrive à retranscrire simultanément l’horreur de leur parcours, et la force de leur liberté choisie. Et heureusement, le contexte politique n’est pas trop pesant, permettant d’apprécier l’œuvre à sa juste valeur, même si cela n’a pas empêché les pays déclarés ennemis de l’époque de boycotter le film. Une belle aventure en somme, dont la beauté des décors et sa nature sauvage reflètent la liberté et la souffrance de ses hommes.

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Mission : Impossible

Mission : Impossible
1996
Brian De Palma

Mission : Impossible, nous vient d’une série, débarquée sur nos écrans de télévision en 1966. Forte de son succès, elle s’étala sur sept saisons et connu une adaptation cinématographique en 1968, bien que largement ignorée. Une série culte qui tenta un come-back pour célébrer ses 20 ans, mais fut déprogrammée au bout de deux saison, l’équipe se faisant âgée. Et pour ses trente ans, la voilà renaissant de ses cendres, se posant comme concurrente directe aux James Bond.

M:I, c’est avant tout une organisation secrète de défense américaine, dont fait parti notre héros, Ethan Hunt (Tom Cruise). Appartenant à la branche dirigée par Jim Phelps (Jon Voight), l’équipe compte dans ses rangs deux actrices francophones : Kristin Scott Thomas et Emmanuelle Béart. Dans le film, l’organisation est à la recherche de la seconde partie d’un fichier informatique recelant les identités d’agents secrets. Mais lors de sa récupération à Prague, la mission tourne au désastre et tout le monde sauf Ethan et la femme de Jim meurent, la faute à une taupe dans le service. Accusé de l’être à cause d’un virement sur son compte, Ethan décide de prouver son innocence en démasquant lui-même le traître. Pour ce faire, il va devoir traiter avec l’ennemi et récupérer les documents secrets. Il devra recruter quelques désavoués (dont Jean Reno) et s’attaquer au QG de la CIA à Langley pour récupérer les données. Une mission impossible !

Ça n’a pas l’air si éloigné que ça, et pourtant… Sorti en 1996, le film fait sourire au niveau « à la pointe de la technologie ». Difficile de ne pas se moquer d’une CIA doté de lecteurs de disquettes et n’étant toujours pas aux CD, et qui ne maîtrise pas la connexion à distance. Même leurs gadgets font vieillot. Mais une fois passé le réajustement d’époque, on se laisse assez facilement embarquer dans cette enquête, pas très originale ni bien profonde, et dont on devine les rebondissements aisément. Et cela grâce à la prestation magistrale de Tom Cruise, mais il faudrait voir à se calmer niveau arrogance, et à la réalisation dynamique du film. Regorgeant de scènes d’action épiques, notamment la partie finale avec le train, le film peut aussi compter sur ses séquences infiltrations, encore plus intéressante, avec la classique pièce inviolable. Pas très neuf, le résultat n’en demeure pas moins divertissant et le scénario tient tout de même la route, mais la sympathie du film repose un peu trop sur son acteur. On est malheureusement plus proche du Quantum of Solace que du Casino Royale.

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Minority Report

Minority Report
2002
Steven Spielberg

Un an tout juste après le très mitigé A.I., le grand maître Steven Spielberg revient à la science-fiction avec un scénario des plus prometteurs, puisqu’il provient de l’un des meilleurs écrivain du genre, Philip K. Dick. Et effectivement, le résultat restera pour longtemps dans les mémoires.

En 2054, cela fait déjà six ans que l’état de Washington expérimente une nouvelle technique de répression. Issus d’enfants malades ayant servit à des tests de modifications génétiques, trois individus y ont survécu, en ressortant avec une malédiction : à chaque fois qu’ils rêvent, ils voient des meurtres qui se produiront dans le futur. Prophètes du crime, ils servent à recenser les possibles meurtres, et la société « Precrime » se charge d’arrêter de manière préventive les meurtriers. En charge de l’équipe d’intervention et chef des investigateurs, John Anderton (Tom Cruise) est d’autant plus réceptif à ce procédé qu’il a perdu son fils. Et depuis le début de leurs activités, la criminalité fut réduite de 90%, annihilant même toute forme d’assassinat. En pleine opération de nationalisation, l’entreprise s’en retrouve donc inspectée par un agent de l’Etat, Danny Witwer (Colin Farrell), qui cherche une faille au système. C’est alors que les trois precog (les trois prophètes), délivrent une vision d’un meurtre prémédité par John, alors qu’il ne connaît même pas la victime. Il semblerait que le système recèle effectivement une faille : le rapport minoritaire (minority report), une divergence entre les trois visions qui prouverait l’incertitude de cette répression.

Entouré d’une équipe de spécialistes dans tous les domaines (santé, électronique, police, architecture, ..), le film se dote d’un univers futuriste qui se veut le plus réaliste possible. Alors oui, on peux imaginer une démocratisation de l’interaction tactile des écrans et des hologrammes (surtout vu leur qualité raisonnable), l’amélioration de la lecture des rêves (à l’heure actuelle extrêmement expérimentale), le développement commercial des simulateurs sensoriels, mais jamais une pub ne nous appellera par notre prénom (trop chaotique), jamais un paquet de céréales ne sera doté d’une pub animée (coût surréaliste) et dans quarante ans, les voitures électriques auto-pilotées ne seront certainement pas l’unique moyen de transport personnel. Pour ce qui est des precog eux-mêmes, on passe dans le domaine de la mystification, et c’est un choix de ce fait incontestable. Mais de manière générale, il faut bien avouer qu’il s’agit là de l’un des univers futuristes les plus réalistes, réussi et original. La force du film vient en grande partie de ce principe d’arrestation préventive, brillant en tant qu’histoire, magnifique sur le plan visuel. En plus d’une histoire incroyablement bien ficelée s’axant autour d’une énigme mettant à l’épreuve la morale, le film repose aussi sur son esthétique, bluffant. En plus de son solide scénario, l’image lui donne sa cohérence graphique avec des effets spéciaux irréprochables. Mais tout cela ne serait rien sans l’immense talent de Tom Cruise, d’un calme à toute épreuves. Un rythme haletant, une quête de vérité intrigante et passionnante, des personnages mystérieux et charismatiques, une ambiance sombre : Spielberg en a fait un chef d’œuvre.

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Benvenuti al Sud

Benvenuti al Sud
2010
Luca Miniero

Les quelques 20 millions de spectateurs de Bienvenue chez les Ch’tis avaient de quoi laisser rêveur. Si les américains furent les premiers à se manifester, avant d’y renoncer, c’est finalement les italiens qui mirent au point leur remake, épaulés par Dany Boon à l’écriture, faisant aussi une courte apparition clin d’œil. Donc à priori, il n’y avait pas grand chose de plus à espérer qu’une transposition de la part de l’un des films les plus surfait de l’histoire.

Après un pauvre gars du Sud de la France obligé de partir travaillé dans le Nord, voici un autre employé de La Poste, cherchant une mutation à Milan, qui tente de forcer son affectation en se faisant passé pour handicapé. Pour une faute aussi lourde, il devra quitter le Nord de l’Italie, climat tempéré et bonnes conditions de vie, pour le Sud et les environs de Naples, lieu de perdissions peuplé de pecnots illettrés incapable de parler correctement, vivant dans des taudis infâmes, où la température frôle les 50°C, et où la criminalité et le chômage explosent tous les records. Mais bien sûr, tout ça ne sont que des clichés et l’homme apprendra que c’est un endroit où il fait bon vivre et où les habitants sont accueillants.

Une scène, deux scènes, trois scènes… Le film s’enchaîne et un constat tombe irrévocablement : on assiste clairement à un remake fidèle jusqu’à la dernière ligne de dialogue. Le snobisme du Nord face au Sud en Italie tombait à pic, et nous voilà face à la même histoire dans sa version italienne, copiant chaque situation, chaque personnage, et chaque mot prononcé. Dire que les deux films sont identiques serait même assez réaliste. Mise à part les changements de lieux et d’acteurs, l’humour et les blagues sont les mêmes, touchant le public de façon très similaire. Alors certes, les acteurs ont moins de notoriété, mais leur talent n’est pas inférieur, voir meilleur en ce qui concerne le postier local, sosie de Verino, qui remplace Dany Boon. De plus, le cadre est plus chaleureux, moins forcé et plus attrayant. L’histoire reste malgré tout faiblarde, et l’humour pas décapant, pour ne pas dire discret, mais ce remake n’a clairement à pâlir face à l’original, une certes bien maigre consolation.

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Mario Kart Wii

Mario Kart Wii
2008
Wii

Pilier incontournable des console de Nintendo, les courses improbables des Mario Kart ont toujours été un argument phare de chaque génération de machine, ne loupant jamais un support, même portable depuis la GBA. Refourguant plus ou moins la même formule à chaque fois, le concept est-il ici à son paroxysme ou joue t-il la fainéantise ?

Graphismes : 15/20

La puissance de la console étant strictement la même que celle de la GameCube, il n’est pas surprenant de voir que la technique n’a pas évolué. On retrouve donc des textures simplistes et pas très détaillées dans un univers haut en couleurs, et qui bénéficie ici d’un soin tout particulier au niveau de l’éclairage, arborant une douce lumière chaleureuse. Les personnages ont une modélisation propre, et sont animés de façon à les rendre vivants. Les autres effets comme l’utilisation des objets rendent plutôt bien. Par contre, au niveau des courses, l’inspiration n’y est pas vraiment, et mise à part quelques unes sympathiques, on ne sera que guère surprit. Proposant aussi des anciennes provenant des autres jeux estampillés « Mario Kart », le choix des circuits laisse perplexe. On est très loin du niveau de Best of de la version DS, qui proposait de très loin les meilleures courses de la saga.

Jouabilité : 17/20

Le principe du jeu est donc de faire concourir douze challengers au titre de meilleur pilote de kart. Solo ou multijoueur, le pilote devra choisir son personnage (léger, moyen ou lourd), et son mode de transport (moto ou kart). Les moyens sont tous terrains, les légers rapides au démarrage (utiles en cas de collisions), et les lourds possèdent une vitesse plus importante. Bien sûr, les différents modèles permettent d’établir des variantes en fonction de son pilotage, susceptible d’être plus ou moins efficace en fonction de la course. Après, il faut donc choisir entre moto ou kart. Plus légères, plus maniables et plus rapides, les motos sont terriblement efficaces et très faciles à utiliser en combo avec la Wii mote et le Nunchuck (le Wii Wheel étant clairement à exclure quelque soient les circonstances), combinaison très pratique aussi pour obtenir aisément le boost des sauts. En plus, les motos peuvent se redresser sur leur roue arrière, leur procurant une vitesse accrue. En revanche, elles souffrent en cas de collisions, et leur dérape est deux fois moindre que sur un kart. Pour ce qui est des karts donc, ils sont plus volumineux, répondent moins bien et dérapent souvent bizarrement – certaines motos aussi en même temps -, mais procurent une grande stabilité et une propulsion de dérapage incroyable. Une technique plus ardu qui se négocie mieux sur un pad.
Reste après les objets, disséminés dans des cubes à quelques points relais, qui ponctuent les courses. Pour les plus retardataires, des objets d’une rare puissance leurs sont accessibles : l’éclair, qui rapetisse et ralenti ses adversaires, le boulet de canon, qui vous propulse vers l’avant, le méga-champignon, qui vous accorde une accélération extraordinaire assez longue, ou encore l’étoile, qui rend invincible et très rapide durant un petit laps de temps. On retrouve aussi de manière très aléatoire le Pow, qui, s’il n’est pas esquivé, arrête le kart, mais aussi le poulpe, disséminant de l’ancre sur l’écran des concurrents plus avancés. Pour les places plus intermédiaires, exclus de la précédente liste d’aide, peuvent tout de même compter sur de bons objets, tels les champignons, les carapaces (vertes, banales, ou rouges, à tête chercheuse), les peaux de bananes, tous en un ou trois exemplaires, ou bien encore la bombe, destructrice, le faux-cube, piège qui imite le distributeur d’objet, ou aussi l’imparable carapace bleu, massacrant le premier et ceux qui le côtoient. De son côté, le premier n’a droit, en contrepartie de sa place, qu’à de petits objets de défense ou de gène (carapace verte, peau(x) de banane(s), faux-cube). De plus, les premiers du peloton – sauf le n°1 – peuvent tomber sur le nuage toxique, qui octroie un boost de vitesse en échange de la promesse d’un rapetissement sous peu, à moins de le refiler à un autre en lui rentrant dedans. Voilà qui donne des parties particulièrement mouvementés.

Durée de vie : 19/20

Comme depuis l’épisode Super Nintendo, le jeu solo se compose principalement d’un championnat et de contre-la-montre. Le championnat teste notre niveau face à l’ordinateur au sein des courses du jeu, Wii ou retro. Notre classement permet de débloquer les prochains championnats, mais aussi des personnages et des motos / karts bonus, et ainsi de suite en 50cc, 100cc, 150cc, ou en miroir (150cc avec inversion droite / gauche du niveau). Le contre-la-montre propose quand à lui tout simplement d’établir le meilleur temps possible sur chaque circuit avec à notre disposition comme unique objet pour les trois tours un triple champignon. Vient alors le réel intérêt du jeu : le multi. Outre le mode online, le jeu propose surtout de l’écran splitté où jusqu’à quatre joueurs peuvent s’affronter ou s’entraider dans des courses, ou bien pour des missions (bataille de ballons ou chasse aux étoiles), assez rébarbatif et ennuyeux.

Bande son : 14/20

Des musiques ponctuent les courses, certaines nouvelles, d’autres remixées. C’est sympathique et joyeux, mais c’est loin d’être du grand art. En revanche, on pourra compter sur les petits bruitages des objets et des personnages pour mettre dans l’ambiance. Chaque personnage a son petit cri à lui pour signifier sa joie ou sa détresse. C’est quand même autre chose que le tout premier Mario Kart !

Scénario : 0/20

Ça serait quand même pas dommage de mettre en scène les gains de coupes des championnats dans la prochaine version sur Wii U. Juste un petit effort pour relancer l’intérêt, un mode « histoire », et d’un coup le jeu prendrait une autre envergure.

Note Globale : 17/20

Il faut bien l’avouer, même si le catalogue Nintendo regorge de bons jeux, le véritable élément déclencheur qui fait envoler les ventes, c’est bien les titres phares de la firme : les Mario et les Zelda. Si le principe n’a pas tellement évolué depuis ses origines, on retrouve quand même toujours ce même plaisir de jeu, lançant des objets improbables à la tête de personnages de l’univers du plombier moustachu, incluant son tout premier ennemi Donkey  Kong, et sa famille. Amusant en solo, énorme en multi, le jeu prend réellement tout son ampleur à plusieurs en écran splitté où le hasard laisse place à l’acharnement et les coalitions. Une chose est sûre, c’est le genre de jeu qu’on ressort souvent du placard.

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Happy New Year

Happy New Year
2011
Garry Marshall

En ce jour de nouvel an, quoi de plus approprié qu’un film qu’il lui est consacré ? Après l’opportuniste Valentine’s Day qui rameutait une flopée de stars américaines autour d’une comédie-romantique facile et axée sur le jour de la saint Valentin, d’ailleurs réalisé par la même équipe, voici sa version en mode saint sylvestre.

Donc comme pour son prédécesseur, ce film choral n’a vraiment d’histoire, et se contente de nous conter des histoires d’amour à travers New-York. Au programme de ce casting de mastodontes, on retrouve du lourd : Robert De Niro, Ashton Kutcher, Katherine Heigl, Jessica Biel, Josh Duhamel, Michelle Pfeiffer, Halle Berry, Hilary Swank, Zac Efron, Sarah Jessica Parker, Abigail Breslin, Alyssa Milano, Matthew Broderick ou encore Jake T. Austin.

Il y a toujours eu la tradition des films de Noël, les films de l’été, les films d’horreur à Halloween, alors il n’y avait pas raison d’étendre plus encore le concept de « film qui colle bien à l’agenda ». Et pour pousser le principe jusqu’au bout, rien de tel que le film choral avec sa pléthore de guest, aussi bref leur présence soit elle. Et pour mieux toucher son public, le choix de la comédie-romantique est une évidence. Assurément un niveau d’arrivisme aussi puissant que Valentine’s Day, dont ce film copie scrupuleusement les codes. Donc si le principe même vous rebute, ou que vous n’avez pas accroché au premier, autant passer directement son tour. En revanche, pour qui fera abstraction du commercialisme du film, on y découvre une romance assez efficace et mignonne, pleine de rebondissements et de poésie, et qui repose sur des personnages attachants. On retiendra surtout le duo Zac Efron / Michelle Pfeiffer, touchant et magique. À l’inverse, la blondasse (Katherine Heigl) et son chanteur sentent le réchauffé, la course au bébé n’a aucun intérêt, et la romance des jeunes n’est pas assez travaillée. Ça ne vole pas très haut, mais le film se laisse regarder.

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Décembre 2012

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Tu seras mon fils

Tu seras mon fils
2011
Gilles Legrand

Inspirée par le film américain Into the Wild, l’histoire nous plonge au cœur du domaine viticole de la famille Marseul, à Saint Emilion, particulièrement réputé pour ses bourgognes. Menée d’une main de maître par Paul (Niels Arestrup), le père, l’affaire coule des jours heureux, bien que son associé et ami François (Patrick Chesnais) approche de la fin : un cancer du pancréas aura bientôt raison de lui. Martin (Lorànt Deutsch), brillamment ressorti d’une école œnologie, fin commerçant, bon gestionnaire et fraîchement marié à une beauté (Anne Marivin), espère bien reprendre le vignoble de son père Paul, mais en vain. Rejetant son enseignement et son nez d’œnologue, son père le juge en plus indigne de gérer les vignes, incapable de diriger quoique ce soit, minable en affaires, ignare en vigneron, médiocre en ouvrier, et même pas capable d’assurer une descendance. Pour lui, son fils n’est qu’un bon à rien qui ne mérite que sa haine. Désemparé et en colère, le pauvre tente de prouver sa valeur contre vents et marées. Mais quand le fils de François arriva, débarquant de vignobles californiens, ce fut une révélation pour Paul : il sera son fils.

Outre l’aspect viticole du film, l’histoire s’axe principalement autour de cet ordure de père qui essaye de faire passer le goût d’exister à son fils, montant crescendo dans l’horreur de ses propos. Bien structurée et entraînante, cette histoire repose surtout sur ses dialogues, particulièrement violents et acerbes. Humour noir et langage cru donnent le ton : si la dureté des conversations est telle qu’on en rit parfois de par leur envergure et leur impact, l’ambiance est clairement très orageuse. Une instabilité qui provoque un suspense pesant sur l’évolution possible de la situation, tant chaque personnage est capable de tout. Une puissance dramatique renforcée par la force des acteurs, surtout le père, qui arrive à porter son personnage au rang de connard ultime. Mise à part ça, il faut bien avouer que le méli-mélo dramatique familial est un grand classique, et que le domaine viticole ne soit pas non plus d’une extrême originalité. Mais au moins, le réalisateur est allé au bout de son idée, et l’a fait avec brio.

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