Sixième Sens

Sixième Sens
1999
M. Night Shyamalan

À journée exceptionnelle (la commémoration de la naissance d’un dieu), film exceptionnel. Voilà un film qui aura su marquer les esprits. Si aujourd’hui M. Night Shyamalan est tombé en décrépitude, il a connu les stratosphères du boxe-office et des critiques : acclamé unanimement et chaleureusement, le film a engrangé un astronomique 293 M$ aux Etats-Unis, 673 M$ dans le monde, dont 7,75 millions d’entrées en France. Mais plus d’une décennie plus tard, que reste t-il du phénomène, surtout en connaissant l’envers de l’histoire ?

Comme le titre le laisse entendre, on sera témoin d’une manifestation d’un sens d’un nouveau genre. Spécialiste en psychologie infantile, le docteur Malcolm (Bruce Willis) se remet au service après un accident impliquant un ancien patient qu’il n’a pas réussi à sauver. Il s’est vu confié le jeune Cole (Haley Joel Osment), qui souffre de grave problèmes d’hallucinations et de schizophrénie sévère. Subissant des mutismes, constamment effrayé, Cole vit un cauchemar. De jour comme de nuit, ses visions sont hantées par des images d’horreur : il voit des gens qui sont morts.

De deux choses l’une : soit vous voyez le film pour la première fois, inculte que vous êtes, soit il s’agit d’une relecture de cet incontournable. Dans les deux cas, le film a la même portée. Pas vraiment de surprises en perspectives, sauf peut être sur la fin, donc rien qui ne gâcherait une revisite, au contraire. En connaissant déjà certains faits, le spectateur aura la chance d’observer un maître à l’œuvre, ne laissant rien au hasard. Tout est savamment orchestré pour faire coexister le doute et la certitude, et le film ne commettra pas la moindre erreur de cohérence : une force rare. Mais au final, le scénario brille plus par sa profondeur que par son originalité, et met un peu trop de temps à entrer dans le vif du sujet, et ne le traite donc pas suffisamment. Un temps qui sert à faire monter crescendo le stresse, mais qui aurait largement pu être amoindri. Heureusement, la crédibilité de la situation et l’intelligence de la mise en scène font qu’on sera constamment happé et angoissé face à l’inconnu. Une cohésion en grande partie due au travail irréprochable de Bruce Willis, bien que largement ombragé par la révélation Haley Joel Osment, particulièrement convaincant. L’absence de récompenses aux Oscars est d’autant plus incompréhensible. Mais qu’importe, la reconnaissance d’un film ne se lit-elle pas sur le visage illuminé de ses spectateurs ? Certes, le film est loin d’être parfait et on aurait aimé un peu moins de spéculation et plus de terreur, mais l’exercice de style est prodigieux, maîtrisé intelligemment, et interprété avec classe et talent.

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En cloque mais pas trop

En cloque mais pas trop
2009
Lara Shapiro

Oui, ça fait peur : un titre débile, une affiche grotesque, et une Lindsay Lohan qui a surtout fait ses preuves en tant qu’alcoolique et junky. En gros, on peut s’attendre logiquement à une bonne grosse purge intellectuelle à l’humour gras et à l’histoire indigeste. Une optique excellente puisqu’on ne peut qu’être agréablement surpris.

Et effectivement, le film s’amorce sous le signe du grand n’importe quoi : alors qu’elle est sur le point d’être virée, Thea (Lindsay Lohan) se fait passer pour enceinte afin de sauver son poste, mais surtout sa petite sœur (Bridgit Mendler) dont elle a la charge depuis la mort de leurs parents. Un mensonge aussi pratique qu’encombrant. Mais q’est-ce qu’un faux ventre et mauvaise conscience face à une envolée professionnelle, le respect et l’attention ? Une situation tellement agréable qu’elle en oublierait presque que c’est pour de faux…

Une comédie américaine sur la grossesse qui commence classiquement avec ses personnages sympathiques mais creux (avoir un traumatisme passé ne fait pas une personnalité) et qui part sur un banal mensonge de fécondation, avec tous les gags et comiques de situations possibles dessus, mais avec une certaine efficacité il faut reconnaître (on évite les grossièretés, ouf !). Mais là où le film décolle vraiment, c’est quand son héroïne se met à déraper et qu’elle s’auto-convainc de la véracité de sa grossesse. Drôle et presque philosophique, le film donne un peu matière à réfléchir, et aurait tendance à susciter ce désir d’héritage génétique. Des sourires plus que des rires, de l’attention plus que de l’intérêt, le film marque des points, et se laisse finalement regarder, et c’est déjà plus que ce qu’on pouvait espérer.

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Benjamin Gates et le Livre des Secrets

Benjamin Gates et le Livre des Secrets
2008
Jon Turteltaub

Quatre ans auparavant, Disney lançait avec succès son film d’aventure mêlant énigmes et histoire américaine avec son Benjamin Gates et le Trésor des Templiers : 347 M$ au boxe office pour un budget de 100 M$. Une bonne raison donc pour relancer la machine, en gardant bien sûr son casting et son principe qui avaient bien fonctionné.

Cette nouvelle aventure commence elle aussi par un témoignage d’un ancêtre de la famille Gates. En 1845, cinq jours après la fin de la guerre civile, deux hommes étranges demandent à Thomas Gates, apparemment réputé comme logicien, de décrypter un message. Parlant de trésor templier, Thomas préférera mourir que de donner la signification de l’énigme aux meurtriers de Lincoln. Mais avant de s’éteindre, il léguera à son fils la phrase, qu’il a jeté dans le feu, qui permet de déchiffrer le code : « la dette que tout homme doit payer ». Mais aujourd’hui un certain Jeb Wilkinson (Ed Harris) remet en cause cette version de l’histoire, preuve à l’appuie, allant même jusqu’à dire que Thomas Gates a fait parti intégrante du complot visant à assassiner le président Lincoln. Benjamin (Nicolas Cage), depuis séparé de Abigaelle (Diane Kruger), est bien décidé à faire la lumière sur cette histoire. De son côté, Riley (Justin Bartha) doit faire face à des erreurs financières aux conséquences lourdes, et à un bide retentissant de son livre sur sa découverte du trésor de templiers. Une quête qui les mènera sur les traces de la cité d’or, et dont la clef serait dans le livre secret, légendaire ouvrage recensant les plus grands secrets de l’histoire, transmit de président en président.

Après George Washington et les franc-maçons, Benjamin Gates marche sur les pas de Lincoln et des Incas. Bref, on réutilise un président emblématique dans une histoire de civilisation secrète. Une fois encore, les références historiques sont légions et les lieux populaires sont plus aguicheurs que jamais (bureaux de la reine d’Angleterre et du président des Etats-Unis, la Tour Eiffel, le mont Rushmore, …). Néanmoins, on a une impression générale d’amoindrissement : moins de références, moins de lieux, moins d’énigmes et moins compliquées. Les histoires entres les protagonistes sont stéréotypées et donc tellement prévisibles qu’on s’en lasse, surtout celle des parents (Jon Voight, Helen Mirren), préférant se concentré sur l’histoire, au fort potentiel. L’action fuse, mais sans doute moins que dans le premier, et certains passages manque d’impact, surtout le ridicule « enlèvement du président », qui n’est pas sans rappeler l’exagération disproportionnée sur la déclaration d’indépendance. Le film est heureusement toujours d’une grande fraîcheur dans son approche décontracte et accessible, les personnages ont du charisme et le principe reste très bon, mais l’ensemble est moins percutant que le premier film. Rien de bien grave, d’autant qu’on pose des bases illimitées pour une suite (déjà en chantier depuis deux ans, et normalement basée sur l’Atlantide, et qui devrait sortir en 2014) dont le financement ne sera pas un problème vu l’immense carton de ce second volet (457 M$). On attend donc tout ça avec beaucoup d’impatience.

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The Boxer

The Boxer
1998
Jim Sheridan

Quand la fiction rejoint la réalité. Énième film sur ce sport de combat, l’histoire s’inscrit dans une période de guerre civile bien réelle, pourtant axée sur un boxeur fictif : Danny Flynn (Daniel Day-Lewis). Depuis l’annexion de l’Irlande par l’Angleterre, jusqu’à très récemment, la guerre faisait rage entre les protestants anglais et les chrétiens irlandais, à tel point qu’un groupe extrémiste appelé l’IRA (dirigée par Brian Cox) organisait régulièrement des attentas meurtrier contre les étrangers que tous souhaitent voir partir. Ayant grandit dans ce milieu et étant endoctriné facilement par son jeune âge, Danny les rejoignit malgré lui, et fut condamné à 14 ans de prison à ses 19 ans. Sortant à 33 ans tel le Christ, il est bien décidé à reprendre sa vie en main. En plus de reprendre son ancienne passion de jeunesse pour la boxe et ouvrir son propre club, ouvert à tous pour stopper cette guerre qui scinde Belfast, il ai une autre passion qui l’anime depuis toutes ces années : son amour pour Maggie (Emily Watson), depuis remariée avec son meilleur ami, lui aussi emprisonné à son tour. Mais au sein de l’IRA, ils ont en horreur la liberté de croyance et respectent par dessus tout les femmes de prisonniers, allant jusqu’à faire du mal aux briseurs de ménages…

Nous autres français majoritairement athées, il est difficile de se sentir concerné par cette querelle religieuse, surtout quand la seule différence des deux camps vient de la reconnaissance ou non du pape. Des propos qui semblent bien archaïques… Reste donc les deux autres sujets du film : l’ancienne romance qui tente de se raviver, et l’engouement autour de la boxe. Malgré les très bons acteurs, cet amour mettra un temps infini à transparaître, et on y croit pas tellement. Côté boxe, les affrontements sont très mauvais entre le manque de carrure et la quasi absence de technique : pas de position défensives, pas de garde, et des coups complètement aléatoires. La puissance des Rocky est bien loin… Reste alors une image soignée, une histoire intéressante, et des acteurs plutôt bons. Mais à cause d’un manque de rythme indéniable et d’une envergure bien trop modeste, l’ennui aura vite fait de nous gagner.

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Ip Man

Ip Man
2008
Wilson Yip

Illustre inconnu en France, il est en revanche un immense icône des arts-martiaux dans son pays natal, la Chine. Grand spécialiste du Kung-Fu Wing Chun, il fut le maître d’un certain Bruce Lee, amenant son art dans une autre forme d’art, qui lui rend ici l’hommage mérité.

Personnage ayant réellement existé, le film nous plongera à un tournant de sa vie : les années 30. À cet époque, Ip Man (Donnie Yen) vivait paisiblement dans la ville de Foshan, au Sud de la Chine. Les arts-martiaux sont l’emblème du village, domaine où il est le grand maître absolu avec ses techniques de Kung-Fu que lui seul connaît. Mais pour sa famille, il a décidé de ne pas s’y mêler au delà du simple obit. Mais quelques mois plus tard, le Japon envahis le pays, accaparant richesses et vivres, laissant mourir les locaux. Pour l’honneur de sa patrie, Ip man devra sortir les armes.

Un film tiré d’une historie vraie a toujours plus d’impact de par son authenticité, mais comment être sûr quand il s’agit d’une œuvre chinoise ? Quand on voit comment sont représentés les chinois, et comparativement le portrait assassin de ces monstres de japonais, difficile de ne pas sentir l’appel du pied patriotique. Ça serait même presque un sujet d’actualité sur la persécution Israélienne sur la Palestine. Mais outre cet aspect endoctriné, qui n’est au fond pas très dérangeant, l’intérêt du film se situe bien évidemment dans ses affrontements, plus techniques que musclés. Et entre de l’inventivité et des chorégraphies magnifiques, le film réussi sans mal l’épreuve des combats, qui réussissent à la fois à paraître réalistes et à impressionner. Et malgré des performances locales discutables niveau acteurs, on suit l’histoire avec intérêt, d’autant que son caractère sombre est maîtrisé, évitant les excès. Un grand film d’arts-martiaux qui ravira les amateurs.

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Première sortie

Première sortie
2000
Hugh Wilson

La peur peut parfois nous faire faire des folies. Le film prend place en 1961, en plein contexte de Guerre Froide. L’histoire des missiles de Cuba fait trembler les foyers, surtout celui des Webber. Et durant des années, ils ont bâtit sous leur maison un immense bunker capable de faire vivre trois personnes pendant 35 ans. Et lors d’une soirée, alors qu’un avion s’écrase sur la maison, le prenant pour une bombe nucléaire, le père (Christopher Walken), décide de rapatrier sa femme avec lui dans le bunker, et le referme définitivement pour les 35 prochaines années, histoire de ne pas succomber à la tentation et s’exposer dangereusement aux radiations. Inexistantes bien entendu.

C’est dans ce milieu peu hospitalier qu’à grandit Adam (Brendan Fraser) : 35 longues années cloîtré avec ses parents et n’apprenant le monde que par leurs yeux. Et après que le compte à rebours eu enfin atteint la date prévue, la porte blindée se dévoila sur le nouveau monde. Très loin du cadre bonne famille des années 60, la rue s’est transformée en un lieu de perdition, appuyant la théorie d’apocalypse nucléaire. Effectuant la première sortie de sa vie, Adam va apprendre le monde, et rencontrera son Eve (Alicia Silverstone).

Le principe du film est excellent : un homme de 35 ans élevé dans une ambiance sixties et n’ayant connu que ses parents, se retrouve du jour au lendemain lâché en plein Los Angeles contemporain. Une idée en or qui aurait pu être traitée de deux façon : soit en s’en amusant, soit en l’humiliant et en le brisant. Le film mixera ces deux axes pour en tirer tout le potentiel comique, tout en offrant au quasi « 40 ans toujours puceau » une idylle shakespearienne émouvante. La grande naïveté du personnage est hilarante, et pour une fois la tête de débile de Brendan Fraser est pertinente, et il trouve donc un rôle sur-mesure. Et il est important de le préciser, cette puissance comique est utilisée avec finesse et intelligence. Une qualité rare. Alors bien sûr, tous les codes de la comédie romantique sont là, et le film en devient rapidement prévisible, mais cela n’enlève rien à sa drôlerie. Un beau film original (sur le fond, pas sur la forme), ça ne se refuse pas !

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Sunshine

Sunshine
2007
Danny Boyle

Ciseaux, lames de rasoirs, taillades de veines ! Qui n’a pas sa fiole de cyanure ? Attentions mesdames et messieurs, promotions exceptionnelles sur les cordes et les fenêtres ! Pour qui connait cet immense réalisateur qu’est Danny Boyle, ça n’est pas un secret : c’est un grand malade ! Si avec lui on peux gagner gros, ça n’est pas sans heurt (Slumdog Millionnaire). On peux y perdre son bras (127 heures) et même des villes entières (28 semaines plus tard). Ici, c’est ni plus ni moins que la Terre entière qui est menacée !

Le film se déroule à l’horizon 2057, alors que la Terre agonise sous le froid et perd son énergie, privée de son astre. Notre soleil se meurt et sans lui la vie disparaîtrait. Pour pallier à sa décadence, une mission appelée ICARUS avait pour projet de lancer une ogive massive à la surface du soleil pour le raviver, mais le vaisseau n’a jamais atteint sa destination. Sept ans après, ICARUS II est chargé de la même mission, dernier espoir de l’humanité. Les sept scientifiques à bord (avec parmi eux Chris Evans, Cillian Murphy et Rose Byrne) embarquent en effet l’ensemble des dernières charges explosives de la Terre, représentant la superficie de Manhattan. Mais à l’approche du soleil, alors que les contacts radio ne sont plus possible, un choix de changement de trajectoire mettra la mission en péril…

C’est une réalité : notre soleil s’éteindra. Certes, son avenir proche sera calme, mais d’ici cinq milliards d’années, il se sera épuisé. Mais de toute façon, notre noyau terrestre sera vide bien avant, et notre Terre rejoindra le cercle des planètes dites « mortes ». Les progrès de la sciences permettront-ils de sauvegarder notre espèce dans une autre galaxie ? C’est possible, mais peu probable. De toute façon, une maladie ou une guerre atomique pourrait avoir raison de nous bien avant que la fatalité nous rattrape, et ces lignes disparaîtront à leur tour. C’est un peu ça le message du film : pourquoi lutter face à une mort inéluctable ? Pourquoi lutter face à l’ordre des choses ? D’une rare qualité graphique, le film nous embarque dans sa psychologie, aussi poussée que déprimante. Le rapport au soleil, considéré comme une divinité, – ce qui est plutôt censé puisqu’il est la source de notre vie – et tous ses jeux de lumières donnent au film une réelle identité et une grande originalité. Le principe du voyage spatial n’est pas tellement novateur, mais son objectif l’est, et son approche scientifique est particulièrement soignée et réaliste. De plus, l’excellent casting permet au film d’obtenir toute l’ampleur nécessaire à sa cohérence. Un voyage philosophique effrayant qui marquera les esprit à jamais. Néanmoins, pour pallier à la dépression post-film quasi obligatoire, mieux vaut se réserver de bonnes vacances dans un endroit plein d’arbres, où le ciel est recouvert de nuages et où les gens foisonnent (bel exemple d’oxymore). Et si vous vous réveillez un matin et qu’il fait particulièrement beau, dites vous que des gens sont morts.

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Benjamin Gates et le Trésor des Templiers

Benjamin Gates et le Trésor des Templiers
2004
Jon Turteltaub

Quand Disney décide de s’attaquer à l’histoire en y mêlant le producteur des Pirates des Caraïbes, qui a contribué à l’excellent Prince of Persia, ils ne le font pas à moitié. Pour cette immense chasse au trésor, les plus grandes personnalités et les hauts-lieux de l’histoire américaine nous mèneront vers l’héritage des Templiers, caché par les francs-maçons.

De père en fils dans la famille Gates, on se transmet un vieux message de 1832 que Charles Carols, franc-maçon, aurait légué à l’un de leurs ancêtres : « le secret repose avec Charlotte ». Qui est cette Charlotte ? Un mystère jamais élucidé, jusqu’à aujourd’hui. Benjamin (Nicolas Cage), dernier descendant de la famille Gates, a trouvé cette fameuse Charlotte : un ancien navire piégé dans la glace de l’Arctique. À l’intérieur, un autre indice, indiquant la présence d’un plan au dos de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis, le papier le plus important et le mieux gardé au monde. Mais comment faire pour mettre la main dessus ? Pour son associé Ian (Sean Bean), il n’y a qu’une solution : la voler. Mais il n’en est pas question pour Ben, qui décide de se mettre à dos un homme près à tout pour obtenir le Trésor des Templiers. Mais face au mépris des autorités pour cette menace, Ben n’a plus seule solution : voler avant l’équipe de Ian la déclaration d’indépendance.

Le principe de chasse au trésor rempli d’énigmes est un thème peu fréquent, surtout en dehors des films d’enfants. Et ici, l’équipe du film s’est encadrée de véritables spécialistes en histoire et en enquêtes criminelles, pour assurer une cohérence maximale au film. Alors bien sûr, entendre d’un bout à l’autre parler de Benjamin Franklin, Paul Rever, George Washington et autre père fondateur et grande figure franc-maçonne, le tout dans des édifices emblématiques américaines, ça peu paraître un peu excessif, surtout avec tout le tintouin sur la déclaration d’indépendance. Mais c’est justement ça qui est bon : le rapport historique ultra travaillé et indiscutable, et pourtant si improbable tellement c’est gros ! Deux heures durant, on suivra un Nicolas Cage en forme olympique qui nous balade de monument en monument, nous résolvant des énigmes très lyriques avec une aisance déconcertante, citant à tour de bras des figures historiques, étalant son savoir. Grosse aventure où l’action fuse, le film peut aussi compter sur une bonne dose d’humour sur le certain manque de professionnalisme des personnages et leurs innombrables bourdes. Le spécialiste tout désigné est Justin Bartha, qui campe ici l’assistant et meilleur ami de Gates. On retrouvera aussi Diane Kruger et Jon Voight, dans les rôles respectifs de l’archiviste embarquée par accident et du père de Ben. Bref, un casting de prestige et qui fonctionne très bien. Donc malgré un thème arriviste et pas très original, la structure et le rythme de l’enquête, ainsi que le charisme de ses protagonistes, font de ce film un grand divertissement.

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Les Cinq légendes

Les Cinq légendes
2012
Peter Ramsey

« Par les créateurs de Dragons« . Pour tous ceux qui connaissent ce bijoux de poésie et d’aventure signé Dreamwork, qui porte décidément bien son nom, cette phrase d’accroche est une ode à l’espoir tant le potentiel possible obtient d’un coup toute l’envergure du monde. Librement adapté d’un roman de William Joyce, le film part tout de même d’une idée arriviste et pas très originale : réunir toutes les légendes des contes pour enfant.

Comme pour les Dieux qui puisent leur force dans les prières de leurs fidèles, le film part sur le même principe, mais adapté aux légendes. Le marchant de sable, la fée des dents, le lapin de pacques et le Père Noël : quatre gardiens de légende qui puisent leur force de la croyance des enfants. Mais une menace pèse sur eux : le Croquemitaine lance une grande campagne de terreur pour que les enfants ne pensent plus qu’aux horreurs qu’il sème. Pour lutter contre cette ombre, le Dieu des légendes, « l’homme de la lune », choisit de nommer Jack Frost comme gardien. Né de l’abîme des eaux glacées, il contrôle le froid et tente de s’en amuser, errant sur la Terre depuis trois siècles sans croiser une seule personne assez croyante pour le voir. Et ensemble, les cinq légendes vont devoir sauver les enfants du monde !

Evidemment, le principe même du film limitait clairement ses possibilités scénaristiques, le cloîtrant presque obligatoirement dans du grand classique ultra prévisible et orienté jeune enfance. Néanmoins, un personnage avait le potentiel de sortir le film du lot : Jack Frost. Personnage sombre et mélancolique, il possède un charisme incroyable et offre un peu de maturité à l’histoire, malgré son approche décontracte de la vie. Une stature particulièrement attachante et populaire d’un jeune désabusé aspirant à un peu de reconnaissance et d’amour. Mais en fait, tous les personnages sont à peu près attachants : le Père Noël version russe est amusant, d’autant qu’il possède des lutins et des Yeti très drôles ; le lapin de pacque a une certaine prestance, et la fée des dents une bonne aura et un charme indéniable. Seuls le marchant de sable et le Croquemitaine manquent de profondeur, l’un de par son inexpression et l’autre de par son « je suis méchant donc je fait le mal ». Mais ça n’est pas le seul manque du film : son histoire est très loin d’être suffisamment étoffée. Au bout de quelques minutes et de la présentation des personnages, le film a presque tout dévoilé ce qu’il avait, à l’exception de quelques éléments liés à Jack. En revanche, et c’est probablement pour se garder du mystère sous le coude en cas de suite, le Dieu de la lune reste une énigme dérangeante qui ne sera jamais percée. Et les premiers résultats en salles, malgré de très bons échos des spectateurs, indiquent catégoriquement que le succès ne sera pas là, bien que le film devrait être rentable. Mais heureusement, la poésie des différents univers se marient parfaitement – bien que ceux du Père Noël et de la fée des dents éclipsent les autres – et le talent des graphistes fait qu’une fois de plus, le film impressionne de par son visuel très coloré, incroyablement détaillé, et qui arrive à imposer une identité propre tout en étant très réaliste dans les animations et les décors. Un très beau film donc qui pallie son manque d’originalité par une bonne exploitation de ses ressources, et qui, sans atteindre le niveau de magie d’un inoubliable Dragons, vaut le détour, ne serait-ce que pour son Jack Frost très moderne.

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Silent Hill : Révélation 3D

Silent Hill : Révélation 3D
2012
Michael J. Bassett

Sorti en 2006, le premier Silent Hill est considéré comme l’une des meilleures adaptations de jeux-vidéo tant l’ambiance, l’histoire et l’esthétique sont restés à l’image de leur modèle. Et c’est normal : le développement du film avait été confié à des grands fans des jeux. Mais leur ambition n’eu pas la portée escomptée et les 97 millions de dollars de recettes du film ne suffisait clairement pas pour lancer une suite, d’autant qu’à l’image des jeux, le film n’a pas fait l’unanimité. La volonté de faire une suite était forte, mais les choses ont traîné six ans, avec de lourdes sanctions à la clef : nouvelle équipe et budget fortement amoindri (20 M$ contre 50 pour le premier). Et entre un titre blasant tellement on le voit partout et un apport inutile de la 3D, difficile d’être vraiment optimiste.

Toujours directement inspiré des volets 1 et 3 des jeux, cette histoire prend place des années après les précédents évènements. Apparemment, Rose (Radha Mitchell) et Sharon seraient retourné à Silent Hill, et un talisman aurait permis à Sharon de s’enfuir de ce monde. Et aujourd’hui, Sharon et son père (Sean Bean) vont de ville en ville, essayant d’échapper à la confrérie maléfique de Silent Hill, qui cherche à y rappeler Sharon, qui seule pourrait les libérer de la malédiction de Alessa. Un fardeau qui la pèse de jour comme de nuit où les spectres de Silent Hill la guettent…

Du début à la fin, un même sentiment nous tenaille : il manque un film. L’ellipse qui sépare les deux films est monstrueuse et on n’y comprend plus rien. D’où sort cette confrérie et ses symboles ? Qu’est-il advenu de Rose ? Comment Sharon s’est-elle échappée ? Pourquoi la situation à Silent Hill est-elle toujours aussi  critique ? Si petit à petit le film apporte quelques réponses, on a du mal à comprendre ce choix de flou scénaristique. L’histoire est horriblement décousue, et on a presque l’impression que l’héritage du premier film est totalement secondaire : tous les acteurs principaux sont nouveaux, avec Carrie-Anne Moss en nouvelle marâtre. Et si seulement le film faisait preuve d’originalité, mais non : tout est cousu de fil blanc. Et avec un budget divisé par 2.5, l’aspect graphique convaincra beaucoup moins entre une réalisation saccadée, des décors plats, une image sombre et des effets spéciaux trop tape-à-l’œil. Heureusement, les codes esthétiques sont toujours respectés et le bestiaire n’a pas changé, et les apports sont intéressants. La peur et le frisson sont toujours là, aidés par la musique stressante, mais c’est un peu moins psychologique : il manque les alarmes, les oiseaux, le déchirement dimensionnel et ces petits bruits sourds qui rendait le premier film si puissant. L’univers et l’ambiance étant présentes, la majorité des qualités sont de retour, mais entre un scénario dispensable et des airs de série B, cette suite tant attendue déçoit et ne passionnera que les fans hardcore.

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