L’Âge de glace 2

L'Âge de glace 2
2006
Carlos Saldanha

Après avoir eu la chance de pouvoir sortir le premier en pleine période estivale doublement avantageuse entre la chaleur et les enfants en vacances, cette suite a la douloureuse tâche de prouver que la saga vaut mieux qu’un simple divertissement. En tout cas, le succès fut plus que largement au rendez-vous avec 6,5 millions d’entrées en France et 655 millions $ dans le monde, soit 80% de plus que le premier ! Comme quoi le succès ça veut rien dire…

Pour leur deuxième aventure, le trio désormais inséparable Diego (Vincent Cassel) / Sid (Elie Semoun) / Manu (Gérard Lanvin) va affronter un terrible danger : la fonte des glaces. L’aire glacière touche à sa fin et les glaciers fondent. Le problème, c’est que leur territoire se trouve dans une cuvette cernée par les eaux dont seule la glace les séparaient. La mort les guette : dans trois jours la vallée entière sera submergée. Leur seul espoir de salut réside en une possible arche se trouvant à l’autre bout.

Le premier était handicapé d’une histoire anémique, cette suite fera pire. « Au secours la glace fond » et « je suis le dernier mammouth » seront les seuls éléments scénaristiques du film. C’est navrant. En fait, cette suite accentue tout les points faibles de son prédécesseur : histoire encore plus faible, humour encore plus lourd et personnages inutiles voir gênant. Si le nouveau personnage de la femelle mammouth est une excellente idée, son histoire d’opossum est alarmante de connerie et j’ose espérer que même un enfant attardé n’en rira pas. Pire encore, l’ex plus gros point fort qu’était Sid devient plat et perd son comique. Manu et sa conquête est aussi à mettre du côté des ratages, bien que cela donne une fin pas trop mauvaise bien qu’horriblement attendue. Le seul point positif est l’ex antipathique Diego qui, de par sa peur de l’eau et une tendresse inédite, devient incontestablement le point fort du film. Heureusement, les pitreries de Scratch viendront régulièrement pimenter ce second volet bien fade. Jusqu’où tout cela va t-il sombrer ?

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Hooligans

Hooligans
2006
Lexi Alexander

Occuper une soirée est parfois compliqué lorsqu’il s’agit de sélectionner le film du soir. Et c’est dans ces moments de faiblesse qu’on en vient à choisir tel film plutôt qu’un autre en raison de son casting. Une roulette russe rarement payante mais qui offre l’espoir d’une belle surprise.

Mettant donc en scène Elijah Wood, seule et unique raison me l’ayant fait choisir, le film retrace le parcours peu banal de Matt Buckner, étudiant à Harvard en journalisme. Mes ses études prirent brutalement fin lorsqu’il fut condamné pour possession de drogue sur le campus, et ce à cause de son colocataire malheureusement intouchable de par son puissant père. Radié pour toujours, il se réfugia en Angleterre où sa sœur a élu domicile avec son mari et son fils. Dès sa première journée, il fut initié par le frère de son beau-frère au milieu des supporters de football. Beuverie, chants locaux et grosses bagarres sont leur quotidien. Mais seulement voilà : cette bande de Hooligans sont joyeux et accueillant. Et très vite, Matt va devenir l’un des leurs.

Après une inquiétante première scène, le film nous présente un Elijah Wood immédiatement sympathique de par son habituel côté victime toute frêle. Puis vient le sujet de ces gros durs avides de sangs et rêvant de perdre glorieusement une partie de leur dentition en l’honneur de leur club de foot – qui, au mieux, s’en fout royalement – et suivent comme des chiens leur maître qui aboie les ordres à grand coup de peinte bien fraîche. Les personnages sont travaillés, chacun possède un passé intéressant et l’histoire possède un vrai fond. Les acteurs ne sont pas mauvais et tout tient pas mal la route. Malheureusement, une fois passé les dix premières minutes prometteuses, le film s’embourbe et mettra un temps infini à se dévoiler alors qu’il possède de réels arguments. La dernière demi-heure révélera vraiment le film mais le mal est déjà fait : presque tout les spectateurs auront lâché l’affaire. C’est d’autant plus dommage que la fin, certes attendue, a la classe. Mais n’avoir que 40 minutes bonnes sur un total de 120, c’est loin d’être suffisant pour convaincre. Manque de rythme, manque d’ambition mais un certain potentiel.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

La Comtesse

La Comtesse
2010
Julie Delpy

Pour son troisième film, Julie Delpy s’est attaquée à l’histoire. Mais pas n’importe laquelle : celle de la comtesse hongroise Elizabeth Bathory qui vécut de 1560 à 1614. Une histoire qui lui tenait visiblement à cœur puisqu’en plus d’avoir réalisé le film, elle en a aussi écrit le scénario après sept années de recherches. Un gage de qualité ? Certes, mais cela suffit-il ? Va savoir…

Tout commença donc lors de la naissance de Elizabeth Bathory (Julie Delpy). Élevée à la dure, elle subit brimades et isolements et dû faire face dans l’indifférence la plus totale de la mort de ses proches. Années après années, elle devint une reine de glace qui mène ses terres avec force et discipline. A tel point qu’elle obtint une richesse plus grande encore que son roi. Tant respectée que crainte, elle imposait une figure féminine et protestante dans un monde d’hommes catholiques. Mais elle succomba à la seule faiblesse des femmes : l’amour. – Comme quoi, les temps ont bien changé. – Tandis qu’elle approchait la quarantaine, elle fit la rencontre de Istvan Thurzo (Daniel Brühl), une jeune homme de 21 ans et de très bonne famille. Mais son père (William Hurt) refusa à son fils de la revoir. Persuadée qu’il est parti pour une plus jeune, Elizabeth se mit en quête de la jeunesse éternelle et cru l’obtenir en se lavant avec du sang de jeune vierge.

Le début du film est plus que prometteur entre des décors esthétiques jouant habilement sur la lumière et une histoire qui s’annonce assez intéressante. Bien vite expédié mais suffisamment explicite, l’amorce introduit une comtesse sombre et très attirante. L’ambiance est excellente avec de magnifiques châteaux, d’imposants costumes et un maquillage parfait pour l’héroïne qui convainc à tout âges. Et son histoire d’amour, bien qu’assez clichée, nous passionne. On assiste donc à une première demi-heure de très haute qualité. Puis vint le veto paternel mettant un arrêt à leur relation et enlisant le film dans ce qui va être une lente descente aux enfers. Immédiatement après, le rythme se casse la figure et si le talent de Julie Delpy reste impressionnant, son charme s’amenuise à mesure que la folie la gagne. L’horreur de la situation ne nous atteint pas et durant toute la seconde moitié, le film s’enracine dans une déchirure ennuyeuse. Si le film reste de bout en bout irréprochable au niveau de la réalisation, du visuel et des acteurs, il n’empêche son intérêt chute doucement mais surement, à l’image de la comtesse.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

L’Âge de glace

L'Âge de glace
2002
Chris Wedge, Carlos Saldanha

Alors qu’est sorti il y a quelques jours le quatrième volet des aventures glacières de l’improbable trio, l’heure est aux remémorations des trois premiers films dont l’histoire commença avec celui-ci, qui connu un large succès tant inattendu que spectaculaire : ce petit film d’animation sorti de nulle part récolta pas moins de 383 millions $, un score phare qui fut d’ailleurs explosé par chacune des suites. Véritable phénomène d’adhésion ou simple divertissement de l’été ?

Le film prend place lors de la dernière aire glacière survenue 20 000 ans avant notre aire. Les humains n’étaient alors qu’au début des homo-sapiens et même s’ils représentaient déjà le plus grand prédateur, leur place sur la chaîne alimentaire n’était pas autant assurée. Le clan venant tout juste d’accueillir un nouveau né, il représente une source facile de nourriture pour les meutes de tigres. Mais alors que Diego (Vincent Cassel), un des tigres, avait coincé la mère et son fils, elle se jeta du haut de la cascade. Plus bas, étant mourante, elle confie son bébé à un mammouth : Manfred dit Manu (Gérard Lanvin). Avec son boulet et protégé Sid le paresseux (Elie Semoun), il décide de rapporter l’enfant à sa famille. Diego, ayant retrouvé sa piste trop tard, choisit d’être leur guide pour mieux les surprendre.

Comme la plupart des films d’animations, le film se construit autour d’une histoire minimaliste et compte sur sa dose d’humour pour rassembler les foules. Le film se contente ici de transposer une histoire d’amitié se formant autour d’une quête (ramener le bébé) à l’époque de la dernière aire glacière. C’est très limité d’autant que les 1h20 du film sont loin d’être une avalanche d’informations. Une fois les trois personnages posés, on ne fait que suivre une légère évolution psychologique : Manu doit devenir gentil, Sid nous faire rire, et Diego changer de camp. Tout est prévisible et le principe flotte rapidement. Heureusement, le film se rattrape sur son comique : pas très fin mais efficace. Mise à part l’emblématique Scratch dont les mésaventures sont cultes et originales, bien que ça tourne vite en rond, le reste est du grand classique pas très fin : coup du gros dur et de la victime, Sid qui tombe, Sid qui se fait casser la figure, Sid qui se fait rabaisser, oups ça crac, etc … Mais grâce à un casting vocal sympathique, la sauce prend bien. En revanche les pauvres tentatives émotionnelles sont ratées. Côté graphismes, c’est assez beau et propre et les animaux sont aisément reconnaissables. Par contre, les humains sont assez atrocement modélisés et on en remercie leur faible présence. En somme, le film est assez creux mais suffisamment drôle pour franchement divertir et son univers est rafraîchissant.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Juin 2012

Statistiques 2012
mars avril mai juin
Nombre d’articles 35 28 24 29
Visites 406 394 535 815
Visiteurs 187 209 339 618
Pages vus 2481 2144 2545 3482
Nombre moyen de pages vus 6,11 5,44 4,76 4,27
Temps moyen passé sur le site 4min28 3min34 2min10 2min14
Taux de rebond 14,04% 11,93% 12,52% 6,99%
Nouvelles visites 41,38% 49,49% 59,81% 74,36%
Profil technique
Chrome 169 174 224 342
Firefox 149 130 179 262
Internet Explorer 61 53 59 126
Safari 16 23 46 58
Opera 3 3 7 12
Mozilla Compatible Agent 0 8 14 6
Android Browser 5 3 2 6
Playstation Portable 0 0 0 0
Opera Mini 0 0 1 1
Konqueror 3 0 3 0
SAMSUNG-GT-S5230 0 0 0 0
BlackBerry9700 0 0 0 0
BlackBerry8520 0 0 0 0
RockMelt 0 0 0 1
sonyericsonk810i 0 0 0 1
Playstation 3 0 0 0 0
Trafic
Moteur de recherche 336 306 418 614
Site référent 56 60 87 140
Accès direct 14 28 30 61
Publié dans Statistiques du site | Laisser un commentaire

Albert Nobbs

Albert Nobbs
2012
Rodrigo Garcia

Il y a trente ans, certains théâtres ont accueilli l’adaptation de la nouvelle La vie singulière d’Albert Nobbs de l’écrivain irlandais George Moore. Et déjà à l’époque, Glenn Close endossait le costume de Albert. Depuis, l’actrice n’a eu de cesse que de vouloir porter à l’écran cette œuvre. Le projet failli voir le jour en 2001 mais faute de financement, la production ne commença que dix ans plus tard. Et si l’on en croit la forte présence du film dans les festivals dont trois nominations aux Oscars, on peut présager d’un résultat pas dégueulasse.

L’action se déroule en Irlande au XIX° siècle alors que le pays est en proie à de terribles difficultés économiques. Le métier de majordome étant l’un des rares permettant une vie descente mais malheureusement réservé aux hommes, Albert Nobbs (Glenn Close) va se faire passer pour un homme, profitant de son prénom peu féminin et de sa silhouette androgyne. Et elle mena sa petite vie « tranquille » dans l’optique d’ouvrir plus tard son bureau de tabac jusqu’au jour de sa rencontre avec M. Page (Janet McTeer), qui est en fait elle aussi une femme déguisée en homme, mais cette fois pour profiter anonymement de son choix homosexuel (lesbienne). Tout le monde aurait-il droit au bonheur ?

Le travestisme-professionnel ne date pas d’hier comme avec Madame Doubtfire, bien qu’ici le contexte est évidemment plus sérieux. De plus, le résultat est autrement plus concluant : si Glenn Close n’arrive pas à imposer une image d’homme à cause de traits trop fins, d’une voix trop aiguë et d’une démarche trop gracieuse, il n’est pas pour autant évident qu’elle soit une femme entre sa silhouette, ses vêtements et sa mâchoire. Dans tout les cas elle ressemble à un être hybride, donnant une réelle cohérence à son personnage. Les deux actrices travesties étant excellentes, leur homosexualité devient presque naturelle et cela donne une histoire vraiment solide bien qu’il y ai quand même une différence du simple au triple entre Mia Wasikowska et Albert, qui tentera de séduire la jeune fille malgré son copain (Aaron Johnson). Bref, un très bon casting pour une histoire bizarre mais solide. On regrettera par contre quelque peu la conclusion triste et immorale mais qui colle plutôt bien à l’ambiance.

Publié dans Cinéma, Critiques | 2 commentaires

Elles

Elles
2012
Malgorzata Szumowska

Entre Shame et L’Apollonide, le temps est décidément au sexe et à la prostitution puisqu’à nouveau ces sujets reviennent sur le devant de la scène avec Elles. Un sujet délicat à aborder dont l’approche à fait chuter les deux films susnommés. Cette vision française contemporaine fera t-elle mieux ?

Le film se structure comme une enquête menée par Anne (Juliette Binoche), une journaliste voulant enquêter sur la situation des prostituées. Elle pensait dresser le portrait de victimes mais la vérité est tout autre : ces femmes – ici deux étudiantes – ne cherchaient qu’un moyen de subvenir à leurs besoins et ont finalement prit goût au sexe et à l’argent qui en découle. Son investigation va la faire réfléchir sur sa propre situation de petite bourgeoise mal baisée et sur les vrais valeurs de la vie.

On assiste typiquement à la grosse niaiserie parisienne de torche-cul intellectuel. L’idée de départ, comme ses homologues, ne valait pas grand chose mais le résultat est encore plus navrant. Le principe d’enquête / témoignage n’était pas mauvais mais il fut beaucoup trop limité : on ne retrouvera que deux filles, perdant donc peu à peu de l’intérêt puisque leurs histoires n’avancent plus. Et si Juliette Binoche est une actrice reconnue, elle n’est ici qu’une pauvre coincée à la mentalité figée (ou n’évoluant que très peu). Pire encore, une fois passé une introduction sympathique, le film s’embourbe, perd du rythme et fini mollement pour une conclusion inexistante. Idée de merde, résultat chiant.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Pokémon Noir

Pokémon Noir
2011
Nintendo DS

Le temps passe et bien que chaque nouvelle génération de Pokémon apporte son lot d’améliorations, le principe s’épuise et peine à se renouveler. Sans aller jusqu’à renier totalement son passé, cette nouvelle version va essayer d’aller plus loin et de renouer avec la tradition des jeux-de-rôle. Mission réussie ?

Graphisme : 16/20

Bien que fondamentalement identique sur le terrain par rapport aux autres versions du même support, le jeu pousse un peu plus loin l’utilisation de la 3D pour donner par moment un effet de profondeur agréable mais au contre-coup élevé : une pixellisation atroce. Certains passages tels les ponts, les entrées en ville ou Vélocity utilisent abusivement cette pixellisation pour faire évoluer le concept et probablement nous préparer à un futur épisode intégralement 3D pour la 3DS. Par contre, le procédé permet une mise en scène plus soignée et mature. On notera aussi l’apparition timide de cinématiques rappelant les débuts de la Playstation mais dont la présence fait plaisir. On retrouvera donc des environnements classiques mais pas très variés et parfois laids comme la ville noire. Côté combats, le bilan est mitigé : les Pokémon sont enfin animés mais la rétine en souffre. Le système de zoom / dézoom rend les combats plus vivants mais les pauvres guerriers s’en retrouvent pixelisés à outrance. Si certains comme Roucoups s’en retrouvent magnifiés (oiseau majestueux déployant ses ailes. Quel dommage qu’il évolue en gros volatil obèse plus capable de voler…), une grande majorité passe très mal, d’autant que sur les 156 nouveaux Pokémon, seul une dizaine est regardable, les autres étant d’abominables ratages indignes nous faisant regretter les si spéciaux de la troisième génération. Tout les apports de cette version sont bénéfiques mais soit les programmeurs sont des fainéants, soit la console ne le supporte pas.

Jouabilité : 16/20

Le principe est le même : avancer jusqu’à être bloqué et obtenir le badge pour avancer. Si ce n’est que la liberté du jeu est l’une des plus mauvaises jamais vu à ce jour dans l’histoire des Pokémon. Pire encore, le début est des plus déroutant : l’expérience est variable. Fini les calculs de montée en niveau : la différence de niveau entre son Pokémon et l’adversaire réduit considérablement les gains au point que le level-up est quasi impossible au début et tout est fait pour nous empêcher de garder plus de trois combattants jusqu’à quatre badges sous peine d’être largué. Tout le début du jeu s’en retrouve très difficile. Mais une fois le temps d’acclimatation passé, la montée en niveau est automatique et plus ou moins programmée avec des dresseurs forts et des Pokémon sauvages d’une force inédite (généralement dix puis vingt niveau en dessous, il se retrouvent ici d’un niveau similaire et ainsi, à la fin du jeu, on peut en trouver à un niveau supérieur à 60 ! Du jamais vu). C’est déroutant mais on s’y fait, bien que le jeu perde une partie de sa stratégie. Mais avec des combats plus dynamiques et mieux mit en scène, la sauce prend bien. A noter une plus grande importance du côté communautaire et connectivité assez gênant pour les joueurs solo.

Durée de vie : 15/20

La carte du monde est assez petite et en plus une grande partie vous est inaccessible avant la ligue alors que l’histoire y prend fin. Choix surprenant qui rend cette dernière partie sans âme et ennuyeuse. Du coup, une fois fini la ligue et l’histoire de la team-plasma, le reste n’est que gadget pour attraper les rares Pokémon « puissants » de cette version et ceux des versions précédentes puisque avant la fin du jeu, seuls les 156 nouveaux Pokémon sont présents. Il faudra compter à peu près 20 heures pour y arriver et 25 pour parcourir les nouvelles zones, faire la quête des 6 sages, trouver les Pokémon légendaires et rebattre la ligue. Même en trichant, il n’y a qu’une seule île cachée à découvrir, soit largement moins que dans les autres jeux. Une durée de vie pas mauvaise mais très en dessous de la saga.

Bande son : 16/20

Tout simplement l’une des meilleures compilation de musique de l’histoire. Mais en même temps c’est facile quand on cumule des musiques de Ocarina of Time et autres Zelda, de Retour vers le futur, de Chrono Trigger, de Final Fantasy et bien d’autres… En revanche, les quelques morceaux remixés ou composés spécifiques à Pokémon sont assez quelconques. On se retrouve donc entre des copies honteuses de musiques de légende et de nouveautés peu inspirées. Si le résultat donne dans l’ensemble un régal pour nos oreille, l’équipe du jeu mériterait un bon zéro pointé en originalité.

Scénario : 11/20

C’est un miracle ! Visiblement conscient de la politique esclavagiste des dresseurs et de la limitation intellectuel des quêtes habituelles, on nous a concocté ici une véritable histoire parfois philosophique sur la condition humaine. La team-plasma, nouveaux méchants de cette version, veulent libérer les Pokémon du joug des humains en interdisant le moyen d’esclavagisme qu’est la Pokéball. Le jeu met même en avant des méchants assez charismatiques avec N et Guetis. Tout ça ne vole pas bien haut mais pour une fois le périple a un but un peu plus noble et responsable. Fini le temps des irresponsables enfant vagabondant et attaquant des animaux comme avec encore récemment les remakes Or / Argent.

Note Globale : 16/20

Collectionner des Pokémon et jouer sur le côté addictif est très fructueux mais Nintendo est bien décidé à se rapprocher de ce que Pokémon devrait être réellement : un RPG. Ainsi, le jeu introduit une histoire plus poussée, plus intéressante et presque mature, bien que le ton y soit très enfantin. Pour cela, le jeu fait fit de certains éléments du passée en zappant notamment tous les précédents Pokémon et ne gardant que les 156 nouveaux. C’est regrettable dans la mesure où leur design est lamentable et une immense majorité ne ressemble à rien (chandelle, roue, casque, sumo, déchets, cône à la vanille, cercueil, champignon… ) et / ou sont ridicules (chien à barbe, dindon…). Et si les améliorations apportées sont bénéfiques, elles se font parfois au détriment des graphismes qui se voient crouler sous les pixels immondes. Le réglage de la difficulté déstabilisera aussi les habitués qui pesteront sur l’attribution de l’expérience. Si comme avec les versions Rubis / Saphir en leur temps l’évolution est favorable et qu’il surclasse ses prédécesseurs, on aura beaucoup de mal à l’apprécier autant. Espérons que la suite directe du jeu (première varie suite de l’histoire) se montre plus complète et travaillée.

Publié dans Critiques, Jeux vidéo | Laisser un commentaire

L’Apollonide – souvenirs de la maison close

L'Apollonide - souvenirs de la maison close
2011
Bertrand Bonello

Déjà très présent à Cannes, le film connu une sortie discrète mais très solide pour les rares cinéma le diffusant. Les critiques de la presse furent plutôt bonnes et quelques mois plus tard le film se voyait nominé à pas moins de sept Césars et reparti avec celui des meilleurs costumes. Mais deux choses m’inquiétaient : des spectateurs mitigés et une histoire spéciale.

En effet, le film prend place en novembre 1899 dans l’Apollonide, une maison close parisienne. Tous les soirs, les filles de la maison se font belles, se nettoient, se parfument, et espèrent qu’au milieu de tout ces vieux en manque d’excitation et de chair fraîche, un prince charmant viendra les délivrer de leur sort en les soulageant des dettes qu’elles doivent à leur directrice d’établissement. Mais leur vie n’est que souffrance, maladie et résignation…

L’idée d’un film sur des prostituées au XX° siècle, c’est discutable, le faire l’est encore plus. Avec un tel sujet, on pouvais difficilement y couper, les scènes de nue sont légions et presque toutes en contiennent, rendant le film loin d’être tout public. Cohésion oblige, les actrices sont majoritairement mignonnes et sauf étroitesse d’esprit, la gène ne sera pas rédhibitoire. De plus, l’atmosphère du film étant très travaillé, un possible parallèle pornographique est exclu. Effectivement, outre des musiques pas vraiment d’époque et la présence de tatouages inopportuns, la recomposition historique est excellente entre les décors et les costumes colorés, froufrou et aguicheurs. L’univers est original, bien retransmit – mise en scène très bonne – et intéressant. Et grâce à ces actrices pas trop mauvaises, le film arrive à nous intéresser au destin de ses femmes déchues, et ce malgré un montage boiteux et passablement raté (agencement des scènes parfois hasardeux et réutilisation intempestives de mêmes passages). Malencontreusement, le rythme du film est incroyablement mou et le trop fort nombre de filles de joie nuit gravement à la visibilité. Les personnalités ne sont pas assez tranchées et on ne recensera ni histoires passées ni explications quand à leur avenir. Le plus flagrant étant le mystère total planant au dessus de Pauline. En résulte un côté pas fini assez frustrant. Pire encore, le film se permet bon nombre d’excentricités malsaines tels le coup de Joker ou celui du musée des monstres. Pour un si mauvais sujet, le film semblait s’en tirer remarquablement mais finalement il ne s’agit que d’un brouillon maladroit à l’esthétique parfaite mais aux dérives trop abusives. Seul un psychopathe s’y retrouverait…

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

The Truman Show

The Truman Show
1998
Peter Weir

Certains films sont divertissants, d’autres vous impressionnent graphiquement ou vous ennui simplement de par une multitude de problèmes. Mais il arrive en de rares occasions qu’un film sorte réellement du lot, remette en question votre vision de la vie, vous fait vous poser des questions existentielles et réfléchir comme jamais tout en proposant un divertissement complet avec humour et émotion. Bref, une œuvre hors du commun qui marque à jamais et deviendra et pour toujours une référence absolue. The Truman Show est sans contestes l’un de ces monuments du septième art.

Dans un monde où le commerce régit la vie de tous, un homme s’est octroyé les pouvoirs de Dieu, Christof (Ed Harris), et a fait de la vie une émission de télé. Prit alors qu’il venait tout juste de naître, il a mit à l’écran la vie d’un enfant. Ça  n’est plus de la télé-réalité : Truman (Jim Carrey) est authentique. Évoluant dans une sphère hermétique de toute interférences humaines et possédant sa propre météo contrôlée, Truman ne s’est jamais rendu compte de la supercherie et croit que sa vie lui appartient. Mais en réalité, tout est écrit à l’avance et même sa femme (Laura Linney) est une actrice. Et pour le maintenir « libre » sur cette île artificielle, l’équipe joue sur d’habiles coups-montés tels la mort de son père par noyade pour lui provoquer une hydrophobie. Mais cela peut-il durer pour toujours ?

Le film est clairement une satire du mode de vie américain entre l’addiction commerciale et ses télé-réalités. L’émission du film est même financé par le billet de pubs et autres produits présent sur la chaîne. Un sujet pas forcément passionnant mais le film en tire de bons gags et fini par faire réfléchir sur la condition de Truman, notamment avec l’émouvante Natascha McElhone qui subie les choix scénaristiques imposés. C’est d’ailleurs aussi ça la force du film : jouer sur les sentiments en alternants mimiques et humour à la Jim Carrey, bien qu’incroyablement plus fin que d’habitude, et moments plus dramatiques et existentiels. Le début, plus orienté comédie, met en avant les avantages et les qualités d’un tel programme télévisuel puis en montre les failles dans une seconde partie ingénieuse, surprenante, brillante et bouleversante. Si le concept ne pourrait plus marcher de nos jours, à cause de toutes les technologies, l’idée de jouer les dieux en régissant la vie d’autres personnes est un beau rêve mais comme toujours, la création dépasse son maître. Mais plus que son histoire, le film peut compter sur une mise en scène parfaite et un casting exceptionnel. Et tout ça bercé par une musique divine et enchanteresse. On assiste donc à un excellent divertissement au message fort et dont l’intelligence n’a d’égal que sa finesse. Une œuvre majeure qui marque à vie.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire