Ant-Man et la Guêpe

Ant-Man et la Guêpe
2018
Peyton Reed

Avec plus d’un mois de retard par manque de temps, voici donc le premier film du Marvel Cinematic Universe post Infinity War, probablement le film le plus important de toute la saga tant en terme d’enjeux que de qualité. Le film était donc largement plus attendu que le premier Ant-Man, l’un des films les moins populaires de tout le MCU, puisque non seulement le personnage était apparu dans Civil War, mais il était aussi le grand absent d’Infinity War. Le démarrage fut logiquement drastiquement supérieur, et pourtant les recettes sont à peine au dessus du premier alors que sa carrière en salle touche à sa fin. Pas de quoi partir serein, et c’est justifié.

Le film reprend la suite de Civil War, ce film au scénario lamentable dont on ne se souvient que pour quelques scènes d’action cool mettant en scène de nouveaux personnages. Scott Lang (Paul Rudd) s’était alors rendu coupable « d’assistance à l’ennemi », et il est désormais sous surveillance électronique et ceux responsables de son costume et sa technologie, Hank Pym (Michael Douglas) et sa fille Hope (Evangeline Lilly), sont considérés comme des fugitifs dangereux. La vie a doucement reprit son cours entre les visites de sa fille (eu avec Judy Greer) et la création de sa société de surveillance avec son pote Luis (Michael Peña), mais le passé va alors le rattrapé. Tentant de récupérer sa femme (Michelle Pfeiffer) de la dimension quantique, Scott va percevoir une vision, leur prouvant qu’ils sont sur la bonne voie.

Au moment où tout le monde se disait que la formule commençait à tourner en rond et qu’il était temps de faire bouger les choses, les trois derniers films du MCU ont bouleversé la donne entre Thor Ragnarok parodique grandiose, un Black Panther fade mais qui a fait plaisir aux communautés afro-américaine et surtout Infinity War qui fut colossal et qui a brisé tous les codes du genre dans sa dernière ligne droite. Et bim, revoilà un film ultra formaté et sans le moindre enjeu ni impact sur le MCU… L’histoire est absolument anecdotique, les méchants inexistants (une pauvre fille qui essaye juste de survivre, un ancien associer revanchard (Laurence Fishburne) et un gangster lambda) et le lien avec Infinity War a été greffé artificiellement grâce à une scène post-générique ne justifiant à aucun moment l’absence du héros dans le dernier rassemblement. Côté humour c’est là aussi la douche froide : le film repompe quelques  idées du premier, mais sans rien apporter de neuf ou de percutant. Seul en terme de spectacle le film fait le taffe, balançant sans vergogne entre 130 et 160 M$ selon les sources, et là en revanche il y a quelques nouveautés réussies dans l’utilisation des changements de tailles des objets. Le passage jusque dans la dimension quantique regorge aussi de plans bien sympas et en dehors du rétrécissement dans l’école avec la taille enfant passablement ratée, les effets spéciaux sont très bons. Du pur divertissement super-héroïque efficace, mais plus lisse que jamais et perdant le charme comique du premier. Un cran en dessous de son prédécesseur donc, et seuls les moins exigeants y trouveront leur compte.

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Perfect Blue

Perfect Blue
1998
Satoshi Kon

Série animée recyclée en film qui devait ne même pas avoir droit de citer dans les salles de cinéma, le film a finalement su s’y frayer un chemin et gagner ses lettres de noblesse, à tel point que le film est cité parmi les meilleurs film d’animation japonais, ce qui inclue la pléthore de chefs-d’œuvre des studios Ghibli pour ne citer qu’eux. Bref, malgré la double décennie qui s’est écoulée, le film semblait pouvoir mériter une place de choix dans mon cœur de cinéphile, mais celui-ci est visiblement devenu bien trop imperméable, las de voir des produits dont on connait déjà les codes, qui juste dans son ADN a un arrière-goût de redondance.

Bien que cela soit vrai d’à peu près toutes les carrières du show-biz qui peuvent tourner court très vite, au japon les midinettes j-pop ont une espérance de vie très faible. Et pour cause, dans un pays où l’apparence occupe une place primordiale au détriment du talent, passé les « belles années » la chute est souvent terrible, et les potentielles vedettes se doivent de se réorienter au plus vite. Chanteuse de second plan dans un trio qui peine à décoller, la jeune Mima va foncer sur la première porte de sortie possible : le cinéma. Seulement voilà, le rôle en question ne sera finalement que de la figuration, l’obligeant d’emblée à accepter un peu tout et n’importe quoi, même des shooting dans des magazines un peu osés. Une spirale va alors s’enclencher tandis que sa communauté de fans va soit se détourner d’elle soit réagir de façon plutôt agressive.

Bien sûr, nous allons écarter d’emblée l’aspect purement technique de l’animation, le budget alloué étant minimaliste et les progrès technologiques ont permis de grandes améliorations en la matière. Reprocher au film la sur-utilisation de plans fixes ou les faux effets de mouvement, de même qu’un nombre d’images par seconde quasi ridicule, tout cela n’aurait que peu de sens. On ne peut alors juger que la direction artistique et la mise en scène. Dans les deux cas, rien de spécialement imaginatif : c’est du classique. Pas de musiques marquante en perspective, et le doublage passe bien, rien à dire. Il s’agit donc de concentrer l’analyse sur le scénario et rien d’autre. Et malheureusement, celui-ci n’a rien d’extraordinaire. On y suit le parcours mouvementé d’une aspirante starlette avec en parallèle une histoire de fan hardcore qu’on ne sait pas exactement s’il est celui qu’on croit ni si tout est lié à lui ou à autre chose. Le film nous pousse à nous questionner sur la réalité de ce que l’on voit, si bien qu’il fini par nous perdre totalement dans le dernier tiers où l’éventail des possibilités s’ouvre tellement qu’on théorise plus que ce l’on analyse, et au final la conclusion sent le réchauffé tant les exemples du genre sont nombreux. Au final, le film s’impose grâce à son ambiance psychédélique qui monte crescendo, mais d’une part l’intrigue met bien trop longtemps à s’installer, et d’autre part elle peine à convaincre totalement entre les redites et la cohérence parfois limite. Un film cru et brutal qui mélange les genres et les thèmes avec une certaine aisance, mais ça reste pour ma part un peu trop froid et classique.

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Le Secret des Marrowbone

Le Secret des Marrowbone
2018
Sergio G. Sánchez

Assurément l’un des meilleurs films horrifique de ces dernières années, L’Orphelinat avait été écrit par le même homme qui s’est attaqué à ce film, laissant donc entrevoir la possibilité d’un excellent travail malgré le fait qu’il officie aussi pour la toute première fois au poste de réalisateur. Acclamé par les spectateurs, quasi rejeté par la presse, le film avait donc laissé les gens mitigés et les scores en salles furent discrets tout au mieux. Et c’était encore bien trop pour ce film qui ne mérite que notre indifférence ou notre dédain.

Jouant la carte de la famille pseudo mystérieuse avec « un sombre passé », le film nous dévoile la famille Fairbairn, qui pour échapper à un père dangereux s’est renommée Marrowbone (nom de jeune fille de la mère, donc pas du tout évident à deviner… ) et a fui aux Etats-Unis. Malade, la mère a fini par mourir, laissant seuls ses trois fils (dont George MacKay et Charlie Heaton) et sa fille (Mia Goth). Si la nouvelle avait été ébruitée, le plus grand n’ayant que 20 ans et non 21 (majorité aux US), la fratrie aurait été dissolue entre adoptions et foyers. Les quatre orphelins vont donc devoir survivre seuls pendant une année pour pouvoir continuer à vivre ensemble.

C’est à peine croyable tant le film n’a pratiquement que des défauts. D’un rythme atroce, le film nous laisse largement le temps de théoriser sur chaque petit élément de l’intrigue, que ce soit le visiteur six mois plus tôt, les miroirs, le fantôme ou la fameuse boîte. Débordant pour ma part d’imagination et ayant été bercé par des œuvres fantastiques comme Le Veston ensorcelé de Dino Buzzati, impossible de ne pas crier au scandale face à un développement extrêmement prévisible et hautement décevant, rechignant à assumer son statut surnaturel et déversant dans les retournements faciles et éculés. Avec le recul, le film est d’un banal atroce, rendant criminel toute la montée en suspens et les trop nombreuses pistes prometteuses. Pour autant, il y a pire que le montage somnolant et le vide scénaristique : la réalisation. Certes, les cadres sont bien travaillés, mais l’étalonnage et l’éclairage sont à la ramasse, rendant totalement illisibles toutes les scènes dans le noir, comptant pour un gros tiers du film, ce qui n’est donc pas anodin. Si le peu d’histoire est assez bien structuré, que le casting (incluant Anya Taylor-Joy) est bon et l’ambiance bien travaillée, il faut dire les choses comme elles sont : on se fait chier. Un film faussement profond, sauf dans son ennui.

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Les Indestructibles 2

Les Indestructibles 2
2018
Brad Bird

Acclamé par la presse et les spectateurs, Les Indestructibles a marqué une bonne partie de sa génération, sauf moi pour qui le scénario était bien trop lisse malgré une excellente idée de base. Alors que le cinéma d’animation traversait une période de crise au début des années 2000 avec l’arrivée des films numériques bien trop coûteux, le premier film faisait figure d’exception avec plus de 630 M$ au box-office, score certes moyen aujourd’hui mais prodigieux pour l’époque. L’annonce d’une suite 14 ans plus tard a de toute évidence été un séisme sans précédent puisque le record du plus gros lancement pour un film d’animation a été pulvérisé (182 M$ Vs 135 M$) et pour la toute première fois du genre l’un de ses représentant va non seulement dépasser la barre des 500 M$ sur le seul territoire américain, avec même la barre des 600 dans le viseur, mais le record mondial de 1,28 milliards de La Reine des Neiges va très probablement tomber. Avec encore une fois des notes stratosphériques, tient-on effectivement là le plus abouti représentant du genre ?

Si pour le spectateur une grosse décennie s’est écoulée, cette suite prend place immédiatement après son prédécesseur alors que la famille des Indestructibles faisait face au super-vilain « La Taupe ». Déjà hors-la-loi, leur nouvelle opération super-héroïque achèvera l’opinion publique de les mettre à l’arrêt. Il faut dire qu’avec des médias retraçant plus le bilan des dégâts de leurs actions que les vies sauvées, l’objectivité n’est pas permise. Milliardaire souhaitant les réhabiliter en changeant leur image publique, Winston Deavor va tenter de reprendre les choses en main alors qu’une nouvelle menace se profile : l’hypnotiseur, capable de prendre le contrôle de n’importe qui grâce à un signal vidéo.

Petit bijoux visuel pour son époque, l’animation du film a su évoluer tout en gardant la même patte graphique, certes très difforme mais au moins à peu près réussie et originale. Les progrès sont flagrants mais la continuité est respectée, mettant tout le monde d’accord. Deux questions primordiales se posaient alors : l’humour est-il toujours aussi bon et le scénario est-il enfin à la hauteur ? Les premières bandes-annonces étaient de nature à rassurer sur le premier point et le film ne déçoit clairement pas. La famille est toujours aussi colorée et attachante et leurs problèmes sont souvent hilarants, chacun arrivant à briller à son échelle. Jack Jack est plus flippant que jamais, Bob est un dinosaure ayant le plus gros cœur au monde, Flèche a une répartie au sommet et Hélène fera plaisir aux féministes. Seule Violette manque de consistance, mais elle a tout de même deux trois passages marrants. Côté scénario, le constat est à peu près le même que pour le premier film : bonne idée mais trop classiquement exploitée. Tout est une question d’opinion publique, de contrôle des médias. Un bon filon que le film exploite bien et le développement sur la famille fait en parallèle est assurément très bon. Seulement encore une fois, tout est ultra prévisible, bien trop pour qu’on laisse passer. Artistiquement très abouti et génial en terme d’ambiance, cette suite manque trop d’ambition scénaristique pour prétendre à plus qu’un bon divertissement teinté de nostalgie.

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Pacific Rim Uprising

Pacific Rim Uprising
2018
Steven S. DeKnight

Il y a cinq ans sortait un film colossal : Pacific Rim. Bon gros délire de grand enfant qui voulait voir s’affronter des robots géants et des monstres gigantesques, le film était un très très grand spectacle qui a largement convaincu les critiques et les spectateurs. Même si le budget était monstrueux (190 M$) et que les bénéfices furent proportionnellement faibles, avec 411 M$ au box-office mondial le film a tout de même convaincu les investisseurs pour rempiler pour une suite, bien que lui accordant un budget moindre (150 M$). Il faut dire que dans un contexte assez morose où l’écrasante majorité des suites peinent à égaler de près ou de loin leurs prédécesseurs, fanfaronner en parlant d’une série et d’un troisième opus avant même la sortie était très présomptueux, et vu la tiédeur des réceptions le résultat ne fut pas mieux que la concurrence : malgré un maintient exceptionnel en Chine où le film a encore récolté une centaine de millions, le film n’a même pas atteint la barre des 300 M$ (290 M$). Un échec pas très étonnant, mais pas mérité non plus.

L’histoire reprend dix ans après la fin de la guerre contre les Kaijus, qui s’acheva par la fermeture de la brèche dans l’océan Pacifique. Depuis les monstres ne sont pas réapparus, mais le monde n’est pas resté les bras croisés pour autant. La construction des Jaegers n’a jamais cessé, de même que la formation des pilotes, mais pour ces derniers la situation est sur le point de changer. Entre la difficulté de trouver deux personnes compatibles pour supporter la charge neuronale et l’obligation de devoir amener les pilotes jusqu’à leur robot en plus du transport de robot, rallongeant d’autant le temps pour être opérationnel, l’idée de les remplacer par des drones était l’évolution logique. Seront-ils prêts quand l’ennemi reviendra ? À moins qu’il ne soit déjà là…

En toute fin de film, on abordait l’existence de ceux qui ont créé les Kaijus pour nous attaquer, laissant entrevoir un scénario plus profond derrière le déluge d’effets spéciaux, un peu comme Independence Day Resurgence qui montrait clairement des signes de richesses qui ne demandaient qu’à être exploitées. Pour éviter de sombrer dans le piège de la plupart des suites qui refont la même chose en plus gros, le film apporte trois pistes de réflexion sur ce monde post-apocalyptique : comment les gens se sont reconstruits, comment le monde s’est préparé à un possible retour, et comment les extraterrestres se sont préparés à leur retour. Sans aller jusqu’à crier au génie, il faut bien avouer que le scénario est plutôt bien construit et propose quelque chose de très différent du premier, la menace étant bien plus pernicieuse. Alors qu’au début tout paraît prévisible, on découvre au fur et à mesure le comment du pourquoi, dénotant d’un niveau d’écriture supérieur. Mieux encore, les personnages sont aussi très intéressants, creusant un peu plus que les stéréotypes ambulants du premier. Bien qu’on se paye le bourrin de service insipide (Scott Eastwood), on aura droit à deux clichés certes classiques mais plus inspirés qu’à l’accoutumée : le lâche au grand cœur (John Boyega) et l’ado bricoleuse rebelle (Cailee Spaeny), bien que largement majeure. Le premier est charismatique, la seconde craquante, et avec le retour de Mako et Newton (Charlie Day) pour assurer la continuité, on peut être satisfait vu le caractère blockbuster décérébré que le film était censé être.

D’un point de vue de l’écriture, c’est donc une excellente surprise, le film surclassant largement son prédécesseur. Côtés effets spéciaux, malgré une sensible baisse de budget, la qualité reste au rendez-vous et nombre de passages sont épiques. Où est donc le problème ? C’est bien simple : la direction artistique et la réalisation sont clairement à la ramasse comparé au premier. Alors que Pacific Rim privilégiait des combats de nuit, tirant ainsi profit des sources de lumières émises par les robots ou les monstres, la plupart se passent ici de jour, perdant ainsi l’intérêt du sang fluorescent des Kaijus et mettant en lumière des robots qui perdent en réalisme sans un habillage atmosphérique. De plus, en réduisant la hauteur de cadre, le film perd une partie de la verticalité de ces combattants vertigineux, enlevant donc une partie du spectaculaire. Si on rajoute à ça une diminution drastique de Kaijus, se faisant longtemps désirer et semblant être des versions recyclées de ceux du premier volet, la déception est palpable. Pour peu qu’on ne cherche qu’un immense défouloir, le premier était sensiblement supérieur, mais le scénario arrive à sauver les meubles et donne un intérêt nouveau à la saga, faisant d’autant plus regretter son échec tant un troisième opus aurait pu être génial.

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Les Tuche 3

Les Tuche 3
2018
Olivier Baroux

Bon gros film de bof un peu bancal, le rentable mais sans plus Les Tuche eu droit à une suite qui a tout explosé : 4,6 millions d’entrées. Dans un milieu cinématographique français où près de neuf films sur dix ne sont pas rentables, quand on trouve un bon filon on l’exploite, et encore une fois la machine à sous s’est arrêté sur le triple 7. Encore une fois massacré par les critiques des deux bords, le film a su suffisamment nous vendre de rêve pour que même un bouche à oreille exécrable n’enraille en rien son succès : ce sont plus de 5,5 millions de spectateurs qui se sont rués dans les salles.

Il faut bien dire que le concept de ce troisième opus était plus que prometteur : on nous annonçait ni plus ni moins que l’accession au poste suprême pour Jeff Tuche (Jean-Paul Rouve, toujours accompagné d’Isabelle Nanty), celui de président de la république. Entre ce postulat improbable et les interventions télévisuelles du plus sympathiques de tous les présentateurs de l’histoire, Jean-Pierre Pernaut, on sentait que ça y était, la bonne idée pour enfin exploiter correctement ces personnages hauts en couleurs avait été trouvée. Et pourtant, le ratage n’en est pas la moitié d’un…

Dès les premières minutes, le potentiel du film est évident : le fait qu’une personne enfin honnête et franche se lance dans la course à l’élection présidentielle après avoir été avec succès maire de son village, cela avait une certaine légitimité et le film le traitait de manière assez réaliste. Le film aurait ensuite pu jouer la carte de l’engouement surprise où le candidat du peuple décroche in-extrémiste sa place au second tour, mais non, pendant une seconde l’annonce des résultats sonne réaliste, puis part en vrille totalement en éliminant de façon abracadabrantesque trois candidats. Le débat de l’entre deux-tours avait là aussi un énorme potentiel aux vus des premiers échanges, mais là encore le film anéanti toute forme de crédibilité en s’abaissant à un humour passablement foireux. Dans un cas comme dans l’autre, c’est un aveux de faiblesses des scénaristes, incapables de justifier leur idée de base. Le pire, c’est qu’à ce moment-là du film on a déjà à peu près vu tout ce qu’il y avait d’intéressant à découvrir. L’arrivée à l’Elysée n’est que l’éternel recommencement de la saga avec le choc des cultures, tout ce qui fait avancer l’histoire repose sur des énormités fatigantes, et une fois de plus l’évolution psychologique des personnages sera inexistante, ou alors réductive et abrutissante comme pour Donald. La sympathie des personnages s’étiole, l’humour est plus fade que jamais et le scénario est un gâchis sans nom. Olivier Baroux a toujours été un réalisateur et scénariste exécrable, mais l’escroquerie a assez duré.

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Sans un bruit


Sans un bruit
2018
John Krasinski

Profitant d’un calendrier exceptionnel, où aux Etats-Unis plus aucun film d’horreur n’était encore à l’affiche et où tous les blockbusters ont fait beaucoup moins qu’escompté, le film a connu un destin improbable. Jouissant d’un très bon bouche à oreille, le film a non seulement signé l’un des meilleurs démarrage de tous les temps pour le genre (50 M$ en trois jours) mais a en plus connu un maintient historique, faisant pratiquement deux fois mieux que la moyenne du genre en terminant sa course à pratiquement 190 M$ sur le seul territoire américain. Sorti un peu plus tard dans le reste du monde, le film a certes joui du buzz généré outre-Atlantique, mais le calendrier lui étant moins favorable il a fait un peu moins bien ailleurs, portant le total à 340 M$. Un score par exemple nettement supérieur à Pacific Rim Uprising qui avait pourtant un budget dix fois plus imposant ! Un accomplissement incroyable, mais le film révolutionne t-il le genre ?

Semble t-il venus de l’espace sans que le film ne nous explique quoi que ce soit sur comment ils ont mit à mal l’intégralité des forces armées mondiales sans autre arme que leur force animal, le film nous plonge dans un univers post-apocalyptique où un couple (John Krasinski et Emily Blunt) et leurs deux enfants tentent de survivre dans un monde où le bruit est mortel. En effet, des monstres non-intelligents arrivés sur une comète peuvent repérer tout bruit à des kilomètres, mus par le seul désir de tuer tout ce qui trouble leur tranquillité.

Le concept du film est assez fort puisque nos protagonistes doivent redoubler d’ingéniosité pour ne pas faire de bruit et ainsi échapper à la mort. Ils recouvrent donc le sol de sable, marchent pieds nus, se parlent dans la langue des signes et évitent même de ne pas respirer trop fort tant un pet nocturne pourrait leur être fatal, c’est dire si un monstre se trouve dans le jardin mieux vaut ne pas avaler sa salive. Le film a aussi l’intelligence de développer ce qui pourrait vite passer pour des incohérences avec les bruits extérieurs, mais les monstres peuvent à l’évidence faire le tri entre le cours d’une rivière et l’eau qui coule d’un robinet. Balaise ! Ou bien arrangeant selon comment on voit les choses. A vouloir faire des aliens une si grande menace que le moindre petit bruit les alerte à des kilomètres, on en oubli les bruits naturels comme le rythme cardiaque ou la respiration. C’est à se demander pourquoi diable ils s’entêtent à rester dans un endroit si dangereux alors que tant de foyers américains possèdent un bunker et que certains lieux offrent une réelle protection. Pour essayer d’avoir un semblant de vie normale ? Personnellement me terrer dans un bunker me semble bien moins contraignant que de devoir faire attention à absolument tous mes gestes et malgré tout vivre dans une peur constante tant notre corps peut être lui-même très bruyant. Les choix de la famille ne sont donc pas très cohérents, mais le pire nous vient des monstres. Leur point faible est une évidence, mais même sans cela on voit mal comment de simples créatures de cet acabit pourraient par exemple résister face à des tanks et un armement lourd. L’état du monde ne colle pas du tout avec la menace et ça nous sort régulièrement du film.

Bref, aussi léger soit-il, le scénario ne tient pas la route une seule seconde et le postulat de départ a bien du mal à passer. Mais admettons qu’on accorde illogiquement notre suspension d’incrédulité au film, est-il si bon ? Là encore les ficelles sont énormes entre du fusil de Tchekhov facile et les habituelles conneries des enfants, largement pas taillés pour survivre dans un tel environnement. Si le dispositif prévu pour l’arrivé du quatrième est bien pensé, là encore le scénario peine à convaincre : comment peut-on faire un enfant dans un tel contexte ? Déjà il représente une menace énorme pour lui-même et toute sa famille, mais plus encore quel avenir a t-il ? Le nourrir sera un défi de taille, le protéger ne sera pas aisé, son éducation sera exécrable, et à moins de virer consanguin, sa vie sentimentale est promis au néant. Mais bon. Effectivement, en dehors de tout l’aspect écriture le film est solide, jouissant d’un bon casting, d’une réalisation léchée, de bons effets angoissants et d’un traitement du son forcément très réfléchi puisque le film tourne autour du bruit. Pour peu qu’on fasse abstraction de tout élément scénaristique, le film est une expérience sympathique et solide techniquement. Reste à savoir ce qui compte le plus pour vous, mais mieux vaut modérer ses attentes.

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60 secondes chrono

60 secondes chrono
2000
Dominic Sena

Si aujourd’hui les bons gros films d’action décomplexés sont snobés et sortent bien souvent directement en vidéo sans passer par la case cinéma, jusqu’au début des années 2000 elles avaient encore une place de choix dans le paysage cinématographique. La preuve en est avec ce petit bijoux pour amateur de voitures de collection, qui malgré des critiques très mitigées a raflé plus de 230 M$ au box-office, soit à peu près autant que Fast & Furious sorti à la même époque. Comme quoi, quelques blagues en dessous de la ceinture, des grosses caisses et de la biatch et c’est la victoire assurée.

Remake du film éponyme de 1974, le film met un scène un vol de voiture sans précédent. À cause de son frère Kip (Giovanni Ribisi) menacé de mort suite à un ratage complet qui a fait perdre beaucoup de temps et d’argent à un dangereux chef mafieux, le légendaire Memphis (Nicolas Cage), l’as du vol de voiture à la retraite, va devoir reprendre du service. En échange de la vie de son frère, il va devoir voler pas moins de 50 voitures de modèle bien précis en seulement trois jours. Pour se faire, il va devoir réunir son ancienne bande (incluant Angelina Jolie et Robert Duvall), mais pendant ce temps la police (Delroy Lindo et Timothy Olyphant), aux faits de son passé, va l’avoir à l’œil.

Dans le genre idée de base ultra classique, le film se pose là : le coup du frère gaffeur qui marche dans les pas de son aîné, avec la même tête d’affiche on a eu ensuite Lord of War pour ne citer que lui, mais la liste est interminable. De même, le coup de la légende qui s’est retirée et qui revient par la force des choses, ce doit être l’un des thèmes les plus éculés de tous les temps, d’Aragorn dans Le Seigneur des Anneaux à Batman dans Batman V Superman en passant par Han Solo dans Star Wars 7. Et que dire de la vieille équipe qui se reforme, classique parmi les classiques ? Si on ajoute à ça l’humour bien gras et les personnages ultra stéréotypés, on obtient sans contestes l’un des films les moins inspirés de l’histoire. Il faut donc savoir prendre le film pour ce qu’il est : un gros film d’action avec des bagnoles et un brin de suspense autour de comment les choses vont se dérouler. C’est globalement assez efficace et le casting est plutôt énorme, mais pas de quoi non plus atteindre le niveau de fun d’un Fast & Furious ou d’un Need for Speed, qui avait d’ailleurs un meilleur casting voiture et mieux mis en valeur. De même, côté action le film n’est pas très généreux, se contentant d’une belle course-poursuite tardive, le reste étant très oubliable. Pour l’ambiance rétro, le casting et les belles voitures, les fans du genre y trouveront là un divertissement parfait, mais difficile de s’emballer outre mesure.

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Rétrospective Naruto – Compile + Vidéo bonus

En avril 2017, suite à la fin de l’anime du manga culte Naruto, je m’étais lancé le défis d’enfin terminer ce que j’avais commencé près de 15 ans plus tôt. Après m’être heurté à quelques doutes, j’étais persuadé ne jamais y parvenir à cause d’une chute d’intérêt trop important, et en pleine préparation de la 4° Grande Guerre Ninja, j’avais encore une fois abandonné, publiant alors en janvier dernier la première partie de ma critique, centrée sur uniquement sur la partie avant Shippuden. Finalement, quelques mois plus tard le courage m’est revenu et la mission est enfin accomplie avec l’entièreté de l’anime de critiqué ainsi que quatre des films d’animations, les deux premiers et les deux derniers (les deux seuls cannons, appartenant à la mythologie officielle). Voici donc les liens de chacun des articles en question, de même qu’une vidéo résumant l’anime et mon ressenti autour de cet univers.

Par ordre chronologique :

– L’anime Naruto
– Le premier film, Les Chroniques ninja de la princesse des neiges
– Le second film, La Légende de la pierre de Guelel
– L’anime Naruto Shippuden
– Le film Naruto the Last
– Le film Boruto

Et enfin pour conclure, voici le lien pour ma vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=qRlIVYQm7cc

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Boruto : Naruto, le film

Boruto : Naruto, le film
2015
Hiroyuki Yamashita

À force d’aller toujours plus loin dans la démonstration de force et la démesure, Naruto fonçait droit dans le mur à vouloir continuer dans la surenchère. Le manga n’avait donc pas d’autre choix que de proposer autre chose pour poursuivre l’aventure. Personnellement, j’aurais énormément apprécié que la folie des combats cesse, se concentrant sur ses personnages qui méritaient à la fois plus de développement mais aussi de couler enfin des jours heureux. Finalement non, on repartira sur une nouvelle génération, comme rebootant le manga en repartant de zéro pour nous refourguer la même chose.

Se déroulant 13 ans après la fin de Naruto the Last et de l’anime Shippuden, le film nous introduit la toute nouvelle génération emmenée par Boruto, le fils de Naruto, enfin devenu Hokage (l’OAV sur son sacre est une honte absolue au passage, alors même que ça aurait dû être le moment le plus important de tout le manga). Comme son père avant lui, il fait parti de l’équipe 7, faisant équipe avec Sarada, fille de Sakura et Sasuke, et Mitsuki, fils d’Orochimaru (avec qui ???), le tout sous la houlette de Konohamaru, devenu instructeur. Alors que se profile l’examen de Chunin, Boruto va prendre la voie de la facilité, se servant d’une toute nouvelle technologie pour pouvoir sortir des attaques surpuissantes sans avoir à s’entraîner pour les maîtriser. Pendant ce temps, l’Hokage de l’ombre qu’est Sasuke va enquêter sur deux étranges individus louant les préceptes de Kaguya, l’antique princesse qui voulait réduire en esclavage le monde entier.

Point faible de Naruto the Last, essayer d’étendre la menace Kaguya qui n’avait que trop duré n’était pas une bonne, et ici on nous en rebalance une couche encore plus improbable puisqu’on ne saura même pas d’où sortent les deux gugusses. Pire, les nouveaux personnages ne sont pas folichons, Boruto étant un copié-collé de Naruto et Sarada de Sakura (comme pratiquement tous les enfants, copies physiques et mentales de leurs parents), sans en approcher le niveau de charisme, même de loin. Boruto s’avère même être une tête à claque de première doublée d’un enfant indigne. Seulement voilà : même les anciens personnages ne sont plus au niveau. Naruto est devenu un père indigne, Hinata et Sakura sont réduites au simple statut de femme au foyer, Gaara a une nouvelle coupe dégueulasse, les trois autres Kage ont changé (et l’une des remplaçantes est inconnue au bataillon), et pire de tout, Killer B sera tué dans l’indifférence la plus totale au cours du film. Ça ne sera ni déploré, ni même évoqué. Seul Sasuke semble en sortir grandi puisqu’étant l’enquêteur de l’ombre, tout en étant plus présent pour sa famille que Naruto et jouant même les mentors pour Boruto. La qualité de l’animation est irréprochable, les combats sont cool et l’idée d’assister à un nouvel examen Chunin est excitant, mais en dehors de ça les déceptions sont nombreuses et notre héros d’enfance se voit traîner dans la boue. Au final il reste classe, a ses grands moments et retrouve le droit chemin, mais le passage de flambeau n’inspire pas beaucoup. Par curiosité je donnerais sa chance à l’anime qui suit, mais sans grande conviction…

PS : Je viens de commencer l’anime et trois choses m’horripilent : l’histoire démarre avant ce film, nous refourgue un copié-collé de la première saison de Smallville avec tour à tour chaque habitant de la ville possédé, et la toute première scène tease un combat avec un Boruto plus âgé d’une poignée d’années où l’on apprend que Naruto est mort. Soit c’est ce que croit le personnage mais en réalité il se cache, soit le mangaka peut crever avec sa suite lamentable.

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