Parlons Ciné – Les Grands Classiques

On en parle sans cesse à tord et c’est l’un des termes les plus galvaudés qui soit. Qu’est-ce qui fait ou non d’un film un « grand classique » ? C’est ce que nous allons voir tout de suite

https://www.youtube.com/watch?v=5WRuTXMN9dc

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Bridget Jones Baby

Bridget Jones Baby
2016
Sharon Maguire

Annoncé dès la sorti du second opus, ce troisième film s’est longtemps fait « désirer ». Il faut dire que l’écrivaine elle-même n’avait pas écrit de suite, du moins pas avant 2014, mais ça n’est même pas son troisième roman qui est ici adapté, se déroulant un peu trop loin dans le futur. Ecrit en collaboration avec la créatrice et auteur, le film se passe donc avant que notre héroïne ne soit mère de deux enfants, et même avant qu’elle ne soit mère tout court.

Décidément, on ne la laissera jamais profiter de son bonheur. Après deux films à lui courir après on croyait que c’était bon, mais non : Bridget Jones (Renée Zellweger) ne s’est donc jamais mariée avec Mark Darcy (Colin Firth) malgré sept années de vie commune, et il s’est même marié avec une autre depuis. Affichant 43 ans au compteur, l’heure tourne pour se caser et fonder une famille alors elle va décider de saisir toutes les opportunités se présentant à elle. Seulement voilà, le jour où elle va tomber enceinte, le doute planera sur l’identité du père : Mark, son amour de toujours, ou Jack (Patrick Dempsey), le bel inconnu rencontré à un festival ?

Vous avez cru que la formule allait changer ? Que nenni, on retrouve encore et toujours un triangle amoureux et l’humour n’a que peu évolué. De quoi s’injurier, crier au scandale et pester contre le film, mais en réalité le film a tout de même beaucoup changé. Les clin d’œil sont nombreux et tout est fait pour faire plaisir au fan de base, mais ça n’empêche de le faire avec finesse comme tout ce qui entoure le personnage de Daniel Cleaver. De même, en changeant l’un des deux éternels prétendants de Bridget, le film exploite un nouveau champ de possibilités et pour une fois on sent réellement que chacun a sa chance, même si le suspense concernant la paternité n’a plus lieu d’être une fois la naissance effective pour une question évidente d’allèle récessif pour la pigmentation rétinienne. Côté humour si le style n’a pas changé, la qualité augmente sensiblement, allégeant la bêtise de notre future mère avec les années et maîtrisant bien mieux les situations cocasses, notamment au travers du personnage d’Emma Thompson (avoir écrit son propre rôle aidant il est vrai). Ceux qui ont adoré les premiers trouveront ainsi leur Saint Graal, les autres profiteront enfin d’une comédie honnête.

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The Birth of a Nation

The Birth of a Nation
2016
Nate Parker

Deux ans après 12 Years a slave, un autre film très similaire semblait promis à un destin tout aussi exceptionnel. Portant lui aussi sur la traite des noirs durant le XIX° aux Etats-Unis, le film avait fait sensation à Sundance où il fut acheté à 17 M$, un record historique, repartant aussi avec le prix du jury et celui du public. Son succès s’annonçait flamboyant, son chemin vers les Oscars était tout tracé, mais finalement le film fut un bide et les différentes cérémonies l’ont boycotté pour cause de scandale. En effet, même si le réalisateur, acteur principal et scénariste fut acquitté malgré sa présence lors des faits et de lourdes suspicions, son co-scénariste fut reconnu responsable de viol sur une jeune femme dont le traumatisme la poussa au suicide. Le genre de mauvaise presse qui fait mal, mais même en dehors de ça le film n’est pas à la hauteur de ses prétentions.

On le sait tous, à l’époque de la traite des noirs les exploitants sudistes des champs de coton n’étaient pas tendres avec leur main d’œuvre, et étrangement la dureté de leurs conditions de vie entraînait régulièrement des émeutes. Pour autant, avoir des récolteurs bon marché ne suffisait pas toujours à rentrer dans ses frais, et un jour Samuel Turner (Armie Hammer) eu l’idée d’utiliser son nègre Nat comme prêcheur, étant le seul à savoir lire et pouvoir dispenser la sagesse de Dieu. Seulement en lui faisant faire le tour des exploitations, il va constater que les sévisses sont aussi terribles que généralisés pour les siens, faisant germer en lui les prémices d’une révolte.

Etant donné que les crimes raciaux continuent et que la discrimination perdure, rappeler de temps à autre les dérives d’antan qui ont conduit notre civilisation à certains climats de tension est nécessaire, et le film le fait très bien. Si certains traitements subis au domaine Turner ne sont pas tolérables (bien qu’il faille toujours replacer les choses dans leur contexte, et culturellement c’était largement admis), le fait de découvrir des situations bien pires à mesure que le film avance donne une évolution logique à la quête du héros et justifie ainsi pleinement la rébellion. En revanche, et c’est probablement là où le film divise et perd de sa cohérence, on ne trouvera aucun jugement individuel par rapport aux oppresseurs, alors même que le film hiérarchisait en amont leurs atrocités. Dans ce cas là, pourquoi montrer certains élans de noblesse et autres liens d’amitié si on en tient pas compte ? De même, on a du mal à comprendre la démarche finale puisque choisir de ne pas le faire n’aurait rien changé. Le jeu des acteurs (incluant Jackie Earle Haley) est irréprochable, la réalisation est esthétique et plus généralement l’aspect artistique du film est très réussi, l’écriture des personnages est très bonne aussi, mais le scénario est plutôt vide, il manque de cohérence et cela trouble son message. Pas de quoi s’offusquer de son boycott donc, il ne méritait pas de faire date.

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Bridget Jones : l’âge de raison

Bridget Jones : l’âge de raison
2004
Beeban Kidron

Quand le spectateur va voir une comédie-romantique, c’est pour essayer de relativiser sa vie de merde en s’offrant un joyeux moment de détente où les vains rebondissements mèneront à une douce happy end. Et c’est exactement ce que nous a donné le pas très subtil Journal de Bridget Jones, mais avec un tel succès les studios capitalistes ne pouvaient décemment pas en rester là, d’autant que son auteur Helen Fielding avait déjà sorti un second opus avant même la sortie du premier film. Enfin, on pourrait en douter tant les différences entre les deux films sont minimes…

On avait laissé notre grassouillette-fofolle Bridget Jones (Renée Zellweger) dans les bras du bel avocat Mark Darcy (Colin Firth), mais leur bonheur est-il toujours aussi complet quelques mois plus tard ? Malheureusement non, la bêtise de Bridget l’empêchant de s’intégrer dans la haute société et la conduisant à décupler sa jalousie maladive, sans compter le flegme britannique de Mark le rendant peu démonstratif. Avec le retour de Daniel Cleaver (Hugh Grant) dans son paysage, bien décidé à ranimer les souvenirs, son jeune couple aura de quoi vaciller.

On prend les mêmes et on recommence, si ce n’est que l’ordre est inversé. Le triangle amoureux revient avec un rapport de force qui ne change pas, donnant une impression de stagnation pas très reluisante. Comme toujours, tout le suspens entourant l’avenir amoureux de Bridget repose entièrement sur sa non compréhension générale, la rendant de plus en plus insupportable et artificielle. Il y a des limites à la connerie et à force de ne pas s’en rendre compte le film perd en crédibilité. On nous abreuve des mêmes gags, les redites explosent tous les records de fainéantise et au final on se lasse de cette extension superficielle d’un film déjà pas mémorable. Heureusement, le troisième opus sorti douze ans plus tard semble avoir un peu plus intéressant à montrer.

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Le Journal de Bridget Jones

Le Journal de Bridget Jones
2001
Sharon Maguire

Héroïne de la très populaire saga littéraire de la britannique Helen Fielding, Bridget Jones est aussi devenue il y a plus de quinze ans une icône romantique au cinéma où ce premier film a fait plus que multiplier son budget par dix en culminant 281 M$ au box office mondial. Un phénomène qui n’a que peu désempli par la suite (sauf aux Etats-Unis où l’hémorragie fut sévère), surtout au Royaume-Uni où ses performances furent historiques pour le genre. Comme quoi, un mouton peut en cacher des millions d’autre.

Quand on a 32 ans, être célibataire et sans enfants est une véritable tare tant ce qui peut être un choix délibéré est perçu aux yeux de tous comme un échec sentimental et sociétal. Traversant un désert affectif, dénuée de brillante carrière, ayant des problèmes d’alcool, de tabac et de surpoids, Bridget Jones (Renée Zellweger) décida de reprendre sa vie en main en partant à la quête du grand amour. Mais qui sera t-il ? Son séduisant patron (Hugh Grant) ou le bel avocat (Colin Firth) ?

Le principe du film est simple : nous faire découvrir une femme pas spécialement attirante mais développer au fur et à mesure du film son charme pour qu’on se laisse progressivement séduire et ainsi se surprendre à vouloir candidater, tandis que pour la gente féminine on rêvera d’être à la place de cette cruche un peu banale qui se voit convoitée par deux mâles en puissances aussi canons que raffinés. Et effectivement, si la demoiselle a quelques kilos en trop, le visage bouffi, des trop grosses lèvres, une maladresse ahurissante et une diarrhée verbale, elle est attachante, drôle, plutôt bien gaulée, le sourire ravageur et un regard magnifique. Le genre de compromis acceptable entre fantasme et réalisme. La base est donc assurée et le casting (incluant Jim Broadbent et Embeth Davidtz) est solide à défaut d’être inspiré, mais le film est loin de voler très haut. Le triangle amoureux est bateau au possible, tout est téléphoné et on sent venir la fin dès la première rencontre, les gags sont aussi prévisibles que gênants et l’embarras nous accablera plus qu’il n’est supportable. Du divertissement honnête pour les frustrés de la vie, mais je ne m’explique pas comment il s’est démarqué à ce point de la masse.

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Dalida

Dalida
2017
Lisa Azuelos

En France les monstres sacrés de la musique ne manquent pas et on s’étonne de voir si peu de biopic leur étant consacré sortir. Il est vrai que malgré une qualité impressionnante Cloclo n’a pas été le succès populaire escompté et Dalida n’a pas eu tout à fait la même notoriété, encore que. Les premiers résultats abondent en tous cas dans ce sens dans la mesure où le million d’entrées semble déjà perdu, ce qui est une plutôt grosse claque compte tenu des enjeux financiers et de l’ambition du film. Il faut dire aussi que la pauvre n’a pas exactement le genre de vie qui fait rêver, et à en juger par le public de la salle il semblerait que seuls les gens d’un certain âge ont répondu massivement présent.

Etant né après la mort de la chanteuse, seules ses musiques me sont parvenues et je ne savais strictement rien de son histoire en dehors des moqueries de Thierry Le Luron, certes lui aussi mort l’année précédente mais dont les rediffusions télévisuelles sont plus nombreuses. Égyptienne d’origine italienne, Dalida, de son vrai nom Iolanda Gigliotti (Sveva Alviti), est donc née en 1933 où la dure réalité de la vie l’a directement rattrapé avec un père violent, mais le film se concentrera sur sa vie à partir de 1956 où sa carrière prit un tournant. Tentant de percer comme chanteuse en France, c’est au travers d’un concours organisé par la radio de Lucien Morisse (Jean-Paul Rouve) qu’elle trouvera son public et le premier grand amour de sa vie. Un départ qui aurait dû l’emmener vers les étoiles, mais entre un cœur fragile qui chavirait plus que de raison et une succession de drames de grande ampleur, sa vie n’eut rien d’un conte de fées.

Dans sa version initiale, le film durait trois heures, alors pas étonnant de se sentir un peu perdu quand il manque un tiers du total. La narration nous perd dès le début entre la prédominance de l’italien et une chronologie variable, la première moitié étant constituée de sauts temporels pour expliquer un premier incident, et une fois l’histoire rattrapée la suite sera linéaire. Le montage paraît alors approximatif et certaines scènes semblent arriver trop tôt puisque le lien affectif n’est pas là. On pense notamment à tout ce qui entoure Luigi Tenco, dépeint comme un prétentieux hautain et auquel il m’a personnellement été impossible de m’attacher. Mais plus le temps passe et plus la surenchère de drames nous affecte, octroyant à mesure que le film avance l’aura légendaire de Dalida à son interprète, au final éblouissante et envoûtante. Le reste du casting – incluant Nicolas Duvauchelle, Patrick Timsit et Vincent Perez – est tout aussi juste, mention spéciale à Jean-Paul Rouve qui nous livre une prestation saisissante. Impossible de rester de marbre face à un tel destin et le film nous offre une reconstitution bouleversante. Malgré une patte visuelle trop moderne et quelques soucis de montage, il s’agit d’un beau film sur une terrible histoire, bien que son message et l’absence de contre-poids dans sa noirceur en rebuteront plus d’un.

PS : personnellement je vois plus le cinéma comme un rêve éveillé, une échappatoire à la morosité ambiante, alors voir la mise en abyme de la vacuité de notre existence m’a fait détester cette œuvre, même si cela ne m’a pas empêcher d’en voir les qualités.

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Extrême Death 5

Par manque de temps, les courts-métrages sont de moins en moins nombreux sur ma chaîne Youtube, et ma saga phare des Extrême Death en avait fait les frais. Après quatre épisodes, mes représentations des morts les plus stupides des Darwin Award s’étaient tues, et neuf mois plus tard il était grand temps de rompre le silence.

Mesdames et messieurs, l’heure de la mort a sonné :
https://www.youtube.com/watch?v=D5M0Vqco2z4

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Nerve

Nerve
2016
Ariel Schulman, Henry Joost

Au début il y avait des blogs pour étaler sa vie sur internet, maintenant les gens le font sans s’en rendre compte. Google revend vos informations de mail et recherches aux annonceurs, facebook aussi où l’anonymat est loin d’être respecté, tandis que certains poussent le vice jusqu’à partager leurs états d’âme sur twitter et leurs photos sur instagram et autre snapchat. Jusqu’où pourrait aller ce phénomène ? C’est justement ce que va chercher à montrer ce film d’anticipation pas si futuriste que ça.

Adapté du roman Addict de Jeanne Ryan, le film va nous plonger au cœur d’une nouvelle attraction du web qui fait sensation : Nerve. Site sur lequel on peut s’inscrire comme voyeur ou jouer, il propose aux voyeurs d’observer et de monnayer des gages aux joueurs, qui pourront soit décliner le défi et se voir bannir, soit le relever et ainsi potentiellement gagner beaucoup d’argent si on devient le joueur finaliste victorieux. Pour briser la monotonie de sa vie, Vénus (Emma Roberts) va choisir de se lancer comme joueuse et fera équipe malgré elle avec Ian (Dave Franco), un autre joueur poussé vers elle par les voyeurs.

On y a tous joué quand on était petit, voici la version virale du « cap ou pas cap », seulement le jeu naïf et désintéressé devient ici du live cam où les sommes en jeu n’ont rien d’un business mineur. Mettre l’audace de quelqu’un au défi est en soi très intéressant, mais très vite les questions de morale laissent place à des problèmes de législation et de mise en danger de la vie d’autrui. Après tout, être observé par des milliers de gens, beaucoup le font gratuitement ou pour presque rien, c’est amusant et tant que tout le monde s’y retrouve tout va bien, mais le film avait plus d’ambition qu’un simple divertissement et se lance donc dans une mise en abîme de la surreprésentation médiatique de la sphère privée dans notre société actuelle, prolongeant la courbe pour voir les possibles dérives de demain. Le film va par moment trop loin et perd de temps à autre un peu de crédibilité, notamment en ce qui concerne le principe de « tout pour le vainqueur » où les sommes versées à chaque joueur peuvent à tout moment être reprises. Les versements électroniques ne se font pas aussi facilement et la protection bancaire n’est – on l’espère – pas aussi permissive, de même que la représentation du dark web semble fantasmagorique. C’est efficace, le duo est charismatique et le film va au bout de son idée mais on reste perplexe sur l’écriture entre l’immobilité générale et la concentration new-yorkaise de l’action, bien pratique pour le déroulé de l’histoire, à l’image de la censure des dérives pornographiques qui surviendraient logiquement dans ce genre de situations. Un bon divertissement dans l’air du temps mais faussement profond.

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Don’t breathe – La maison des ténèbres

Don’t breathe – La maison des ténèbres
2016
Fede Alvarez

Vendu comme l’un des meilleurs films d’horreur de ces dernières années, on avait envie de lui dire « tout doux canasson ! » étant donné le passif du réalisateur. On nous avait déjà largement sur-vendu son remake Evil Dead et au final c’était un sacré étron qui battait des records de plagiats et stéréotypes. Sans non plus atteindre les contre-performances de son premier film, on reste très loin d’une œuvre bouleversant son genre.

Il est particulièrement pratique d’avoir un père bossant dans un service de maison-surveillance quand on veut se lancer dans le cambriolage : on sait déjà de quelle manière sont protégées les habitations et on a aussi accès au double des clefs et du matériel capable de désactiver les alarmes. Un marché juteux, mais une bande de trois jeunes abusant de ce système vont avoir un jour les yeux plus gros que le ventre en voulant s’attaquer à une proie d’apparence facile : un vieux soldat aveugle à la retraire (Stephen Lang) serait assis sur un sacré magot suite à une histoire de procès, il est le dernier résident d’un quartier désert et aucune ronde de police n’y passe. Mais évidemment, ça ne se passera pas exactement comme prévu…

Le film commence assez salement : une bonasse, le bad guy avec qui elle sort et un jeune amoureux transit qui aimerait que la grognasse ait ce qu’elle mérite, un type bien qui l’aime, à savoir lui. Du triangle amoureux au rabais pour un slasher ultra basique, même si l’idée que les cambrioleurs deviennent la proie d’un vieil aveugle est légèrement originale. Ce qui marche surtout, outre le charme de la demoiselle, c’est le charisme du vieux, gaulé comme un culturiste au sommet de son art et avec du lourd passif de psychopathe. La première scène où on le voit donne le ton : il est carrément flippant. Il est vrai qu’à ce niveau là, même si on reste dans de la séquestration bas de gamme, la mise en scène est assez efficace, mais pas non plus de quoi faire dans son froc. On a donc un antagoniste très travaillé au milieu de ce qui ressemble à des milliers de productions semblables, de quoi nous faire douter entre l’envie de soutenir un léger élan d’inspiration et l’envie de démolir une production ultra basique. Au final l’efficacité l’emporte et la fin ne manque pas de mordant, donc plutôt oui.

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Les 7 Mercenaires

Les 7 Mercenaires
2016
Antoine Fuqua

L’heure de gloire des Western semblait passée, mais de temps à autre certains films tirent leur épingle du jeu et donnent à réfléchir à l’image de True Grit ou Django Unchained. Dans les cartons depuis un bout de temps, le remake du grand classique éponyme de 1961 a ainsi vu le jour avec à sa tête un réalisateur populaire, Antoine Fuqua, et devant la caméra un casting des plus prestigieux. Si le film a eu un succès correct aux Etats-Unis, ça ne fut pas suffisant pour éviter au film une place parmi les blockbuster les moins rentables de l’année.

Déloger les amérindiens pour s’octroyer des terres n’était plus suffisant pour Bartholomew Bogue (Peter Sarsgaard), mais quand on s’attaque à ses confrères et que ses derniers se plaignent, eux on les écoute. Ayant bizarrement mal prit la prise de contrôle de son village et le meurtre de son mari, l’une de ses habitantes va engager un chasseur de prime (Denzel Washington) pour mettre de l’ordre, qui va à son tour recruter six autres mercenaires (incluant Chris Pratt, Ethan Hawke et Vincent D’Onofrio).

Le film se vendait comme un gros film d’action sans autre prétention que divertir, mais il y a tout de même un minimum de chartes à respecter pour éviter le sentiment de bâclage, et clairement l’écriture n’est pas au niveau ici. Pour commencer, pourquoi le méchant met-il des villages sous tutelle ? Pour les mines ? Ça n’est pas très clair, comme à peu près toutes les motivations de chacun. D’après sa rencontre avec la demoiselle en détresse, le chef des futurs sept mercenaires réprimande la vengeance, mais c’est semble-t-il la vraie raison qui l’a poussé dans l’aventure. De même, certains semblent vénaux et complètement distants de l’histoire mais n’hésiteront pas à se sacrifier pour une cause à laquelle ils n’ont jamais vraiment adhéré. Pareillement, l’un d’eux voudra partir de peur qu’une prophétie se réalise, son pote lui dira que c’est dans sa tête et qu’il ne risque rien, du coup il va finalement revenir, et évidemment elle va se réaliser. Le set-up pay-off atteint un niveau de prévisibilité record, carrément lassant et le scénario n’ira pas au delà de son postulat de départ. Côté action, malgré un rythme un peu faible, c’est assez efficace et esthétique, mais encore une fois l’inspiration est en berne et on a l’impression d’avoir vu mille fois ces mêmes séquences de fusillades. D’apparence frais et sympa, le film n’est en réalité pas si dynamique et sent carrément la poussière tant ses inspirations tournent au recyclage. Seuls ceux dont la culture est faible, par jeunesse ou absence d’intérêt pour le cinéma, pourront potentiellement y trouver leur compte.

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