Nos étoiles contraires

Nos étoiles contraires
2014
Josh Boone

Encore un film puéril pour ados en mal d’amour ? Une de ces comédies romantiques gnangnan et outrancièrement guimauve ? C’est en effet ce qu’on pouvait craindre, puis est arrivée la claque Divergente, révélant une actrice d’exception et dont la suite de sa carrière se devait d’être examinée attentivement. On parle même désormais d’elle pour les prochains Oscars, et ce film est actuellement le plus gros succès de l’année en terme de ratio (plus de 300 M$ de recettes actuelles pour un budget de 12 M$). Bref, une ovation, et elle est pour une fois logique.

Toutes les histoires d’amour ne sont pas toutes roses, ni même joyeuses. Hazel Grace (Shailene Woodley) ne pensait même pas connaître l’amour dans sa vie, qui aurait dû s’arrêter à 13 ans si un traitement expérimental n’avait pas prolongé sa vie de quatre ans, mais ses poumons restent condamnés à cause d’un cancer incurable. Mais au détour d’un groupe de soutien aux personnes malades, elle fit la rencontre de Augustus (Ansel Elgort), patient en rémission qui tomba immédiatement amoureux d’elle. D’abord réticente à lui imposer un amour à durée limitée, elle va leur accorder un dernier moment de joie avant le trépas.

Les meilleurs moments sont-ils les plus brefs ? Un amour est-il plus beau lorsqu’il est condamné ? Eh bien visiblement oui : l’intensité dramatique du film donne une véritable dimension supplémentaire à l’histoire d’amour, autrement classique en surface. On retrouve en effet quelques classiques du genre qui font rager, comme le coup du « on est juste amis » ou de l’interminable attente autour d’un premier baiser qu’on aurait préféré différent, mais à côté de ça la distinction est nette. Le film propose ainsi en parallèle de l’histoire une profonde réflexion sur la vie, sans malheureusement tenter d’y répondre de peur de perdre le réalisme qui l’anime. Là où le film réalise des prouesses, c’est incontestablement au niveau émotionnel : l’alchimie entre les protagonistes marche très bien, les acteurs sont formidables, surtout l’extraordinaire Shailene Woodley qui subjugue une fois de plus (et n’oublions pas un Willem Dafoe aux interventions décisives), et le troisième acte est une totale réussite en terme d’intensité avec des discours brillants et émouvants. Cela faisait depuis Hatchi (donc plus de quatre ans) qu’un étrange liquide salé n’avait pas coulé le long de ma joue. Un film magnifique donc, peu surprenant sur le fond mais dont l’efficacité et l’intensité sont indéniables.

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