If Wishes Could Kill

If Wishes Could Kill
2026
Park Young-Soo
Depuis l’essor des plateformes de streaming, les barrières culturelles tombent et l’accès à des œuvres étrangères s’en est retrouvé largement facilité. L’une des cultures qui en profite le plus est celle de la Corée du Sud, rayonnant comme jamais entre son cinéma et ses séries. Personnellement, je suis un gros consommateur de leurs œuvres, notamment les séries où ils excellent dans le domaine du thriller / action, bien que leurs fameux K-Drama auront toujours une place de choix dans mon cœur depuis Crash Landing on You. Cette fois c’est un genre que je n’avais jusqu’alors jamais vu en point central d’une série (vaguement pour Stranger Things dans une moindre mesure) : l’épouvante / horreur.
C’était un jour comme un autre, quand soudain, le professeur de mathématique donne les résultats des examens, et le cancre de la classe a obtenu la note maximale. Comment est-ce possible ? A t-il triché ? Sommé par ses amis de dire son secret, il fini par avouer : il a utilisé l’application Giligo pour faire un vœu, qui s’est donc réalisé. Impossible ? Et pourtant, dans la tête de ses amis, l’idée va y germer, au moins pour la blague. Est-ce purement inoffensif ? Depuis son vœu, un compteur de 24 heures s’est déclenché, avec un stress grandissant : que se passera t-il après les 24 heures ?
Le concept de la série est facile mais efficace : une application maudite, où si l’utilisateur naïf y fait un vœu, il se retrouve condamné à mort au bout de 24h. Une série de lycéens avec leurs problèmes scolaires, d’amour et d’harcèlement, mais où l’on y mêle une autre histoire parallèle, se déroulant 18 ans plus tôt (ou deux ans plus tôt si l’histoire principale se déroule en 2010, ça n’est pas très clair, mais je vois mal comment ils pourraient ne pas être au courant des incidents précédents s’ils étaient déjà dans le même établissement) et ayant des répercutions sur leurs vies actuelles, semant mort et chaos. La part horrifique de la série est vraiment importante, élément central qui prend vite en ampleur, avec toute la seconde moitié qui nous y enferme totalement. Entre menace invisible, épée de Damoclès dissimulée et séquences de spiritisme en quête de vérité où la confrontation sera violente, la série ne ménage pas ses effets, alternant entre angoisse d’une menace planante et la terreur de vision cauchemardesques brutes. Les effets sont très réussis, trouvant le juste équilibre entre la peur psychologique et la démonstration physique. Mais si l’ensemble marche aussi bien, c’est grâce aux personnages, particulièrement attachants entre le tandem (Jeon So-young et Sun-ho Baek) de sportifs / amis d’enfance d’immeuble qui ont grandi et appris à aimer ensemble, le grand timide (Woo-seok Hyun) qui se consolera d’un amour déçu par une bromance amusante avec son beau-frère (Roh Jae-won), ou encore Na-ri (Kang Mi-na), la classique bombe du bahut mais en réalité très isolée et triste. Son traitement est par contre un peu dommageable, et face à la claque du sixième épisode qui nous plonge dans le passé déchirant à l’origine de Giligo, il faut avouer que les deux derniers épisodes sont un peu trop sur des railles, manquant de procurer le même frisson de découverte que les épisodes précédents. Une série thriller / horrifique qui fonctionne donc très bien, aussi efficace dans son écriture que dans ses effets de mise en scène, qui aurait pu marquer plus encore si la fin avait su innover autant que le reste.
