Terminator Genisys

Terminator Genisys
2015
Alan Taylor

Quelques semaines après le retour triomphal de Mad Max et celui ahurissant (en terme de recettes) de la saga Jurassic Park, et avant le retour qui s’annonce fracassant de Star Wars, la fibre nostalgique est à nouveau titillée avec le cinquième volet des Terminator. Même si cela ne fait « que » six ans depuis le dernier opus, le film rejoignant les tous premiers événements de par la fin de la boucle temporelle, il symbolise un retour aux origines, d’autant plus de par la présence renforcée du fameux T-101 (Arnold Schwarzenegger), réduit à un simple caméo dans le dernier film en date. Mais les premiers chiffres au box-office ne font pas tant rêver, probablement la faute à des critiques pas spécialement enthousiastes. Bah oui, les pauvres fans de la franchise, grands amateurs d’action décérébrée, se retrouvent face à un vrai scénario, et il faut croire que leurs petits cerveaux n’y étaient pas préparés.

Enfin on y est : la fin de la boucle, l’ouverture de la boîte de pandore des voyages temporels, l’an 2029. Grâce à tout ce que sa mère Sarah (Emilia Clarke) lui avait apprit sur les événements du futur, de la menace Skynet et de la domination des machines, John Connor (Jason Clarke) est devenu le leader de la résistance qu’il devait devenir, et sa victoire sur les machines fut totale. Pour boucler la boucle et contrecarrer l’envoi dans le passé d’un Terminator pour éliminer sa mère, il va donc envoyer son père, Kyle Reese (Jai Courtney), répétant l’histoire et assurant sa continuité. Seulement les machines apprennent de leurs erreurs, et la boucle originelle ne trouvera pas son écho.

Depuis le tout premier film, il faut bien dire que les scénaristes ont très mal fait leur travail. Le second s’est honteusement reposé sur ses bases, doublant la mise en refourguant strictement la même histoire, faisant juste changer de camp le T-101, tandis que le troisième ne pouvait prétendre à ce changement, refaisant exactement tout pareil, remplaçant la mère par la future femme. Le quatrième, un chouia plus ambitieux, nous montrait ce qui a fait de John Connor le héros légendaire, intégrant une histoire originale à ce cheminement, mais rien de bouleversant au sein de la franchise. Ici, on nous offre ce qui aurait pu être la conclusion d’un cinquième volet en guise d’introduction, enchaînant sur une reprise de la première partie iconique du premier film, comme pour nous faire croire que la boucle est bouclée, mais loin s’en faut. Les voyages temporels ont eu un réel impact, et le passé a été changé irrévocablement, donnant accès au spectateur à un tout nouvel univers où les règles ont changé. On ose enfin toucher aux fondements même de la mythologie avec des évolutions révolutionnaires à l’image du personnage de Schwarzy, au vieillissement parfaitement logique et qui vient même combler certaines failles passées. L’histoire, pleine de rebondissements et portée par un casting solide, notamment la sublime Khaleesi, miss univers à titre définitif, est donc de loin le plus innovante de la saga, et compte elle aussi la dose habituelle de déluge d’effets spéciaux et d’action, bien que la réalisation n’ait rien d’épique. Du très grand spectacle donc, mais qui pour la première fois s’offre une histoire à la hauteur, qui aurait pu être une formidable conclusion à cet univers, mais deux suites sont déjà actées pour 2017 et 2018. Dans tous les cas, foncez sans crainte, c’est bien là le meilleur opus de la série.

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