La Belle et La Bête

La Belle et La Bête
2014
Christophe Gans

J’ai très longuement hésité à me lancer dans cette aventure. Il faut dire que le célèbre conte n’a pour l’instant pas tellement fait ses preuves, car en dehors de la version Disney tout juste correcte, l’exemple le plus connu est la version française de 1946, qui en plus d’avoir passablement mal vieilli, possède une écriture et des interprétations exécrables. Certes, l’équipe du film a fait ses preuves sur de nombreux autres projets individuellement, et avec un budget colossal de 45 M€ le film se classe parmi les plus ambitieux de notre histoire, mais les critiques furent mitigées et commercialement le bide fut consommé (moins de deux millions d’entrées). Et effectivement, Disney reste en tête…

Est-il nécessaire de repréciser l’histoire ? Un abruti de père (André Dussollier) va avoir la mauvaise idée de voler une rose dans le jardin d’un prince déchu devenu une bête (Vincent Cassel), qui va du coup lui demander sa vie en échange après une dernière journée accordée avec sa famille (incluant Audrey Lamy). Se sentant coupable car après tout la rose était pour elle, sa plus jeune fille, Belle (Léa Seydoux), va se porter volontaire à sa place et va s’en retourner au château de la Bête. Va t-elle y trouver la mort ? Oh la la la, suspense insoutenable.

Redonner de l’intérêt à une histoire que tout le monde connaît de long en large, ça n’est pas à la portée de tout le monde, et le récent Cendrillon est un petit miracle qui ne trouve pas du tout d’écho ici. C’est si dommage quand on voit ce si beau casting et cette débauche de moyens pour un résultat si conventionnel et impersonnel. Il y a de ci de là quelques retouches mineures à l’histoire, mais pas suffisamment pour se la réapproprier, et si on retrouve un visuel magnifique, bourré d’effets spéciaux bluffants pour une production hexagonale, le niveau est très irrégulier. Les décors sont splendides, les effets de lumière envoûtants, mais dès qu’on touche aux créatures le réalisme s’envole, et ça frise même le ridicule. La Bête n’a rien de massive, ressemblant à un chat salement modélisé, l’animation de la biche est atroce, les chiens ressemblent à des pokémons (Galvaran), et les géants sont carrément hors sujet. L’histoire est aussi fade et clichée qu’à l’accoutumée, et le casting ne tient pas ses promesses, quasiment tous les acteurs surjouant. Peu de films de par chez nous ont autant de gueule et vont aussi loin en terme d’effets spéciaux, mais ça ne suffit par pour sauver le film, qui reste une version fade du conte.

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