S.O.S. Fantômes : L’Héritage


S.O.S. Fantômes : L’Héritage
2021
Jason Reitman

Après un reboot féminin décrié et ayant été un lourd échec commercial, la saga S.O.S Fantômes s’est très vite relevée puisque moins de trois ans après, une vraie suite aux deux films des années 80 devait voir le jour. Mais Covid oblige, le film a été reporté moult fois, et 17 mois après la date de sortie initiale, les spectateurs ont pu découvrir cette énième suite nostalgique d’une saga qu’on croyait éteinte. Si le succès fut au rendez-vous aux Etats-Unis avec un score sensiblement identique au reboot malgré un budget deux fois inférieur, les score internationaux modérés prouvent encore une fois que la saga reste profondément ancrée dans la culture américaine, sans en dépasser ses frontières.

Semblant aux premiers abords vouloir renouveler la formule, la saga quitte cette fois le cadre urbain de la ville à la grosse pomme pour la campagne. Fille de l’ex membre des Ghostbusters, Egon, Callie (Carrie Coon) va décider d’emménager dans la vieille maison délabrée de feu son père pour fuir ses problèmes d’argent. Pour elle, ce dernier n’était qu’un savant fou ayant délaissé sa famille, mais sa petite fille Pheobe (Mckenna Grace) va découvrir que ses mises en garde n’étaient peut-être pas infondées.

Ô désespoir ! En vrai le film commençait si bien : une chasse aux secrets, une Mckenna Grace retrouvant le rôle du petit génie qui lui allait divinement dans Mary, un mentor d’exception en la personne de Paul Rudd pour l’épauler, et en vrai l’ambiance un peu horrifique et pesante marche très bien, traitant enfin avec un minimum de gravité et de réalisme la question des fantômes. Des décors en dur, immense soulagement dans une ère nauséeuse dégoulinant de fonds verts, une réal impeccable et un excellent casting malgré un Finn Wolfhard de Stranger Things toujours aussi mauvais : non vraiment, le début du film laissait espérer un très bon divertissement. Mais le bilan restera bien plus contrasté au final, la faute à un repompage de la menace de Gozer (Olivia Wilde), ou comment la saga a été incapable de trouver un autre ressort scénaristique… Pire, dans un esprit de « coller au style des premiers films », on reprend le même genre d’effets spéciaux très laids, encore plus aujourd’hui, et si la réalisation du fils Reitman est meilleure que celle du père, tout ce qui touche à l’univers S.O.S Fantômes est ennuyeux voir raté. C’était attendu, l’équipe d’origine (Bill MurrayDan Aykroyd et  Ernie Hudson) fait bien évidemment une apparition, avec aussi le caméo sympathique mais totalement inutile de Sigourney Weaver en première scène post-générique (oui, il y en a deux… ), mais à l’image de « l’hommage » au membre décédé, le côté émotionnel ne fonctionne pas sur la fin. Autant les apparitions et manifestations dans la maison fonctionnent, autant le dénouement rate le coche de l’émotion : aucun mot touchant ou discours marquant. Plus grave encore, l’idée de le faire passer pour un connard tout du long n’est clairement pas lui faire honneur, car s’il fini lavé des accusations, il n’en reste pas moins traîné dans la boue pendant 90% du film. Grâce à un début captivant, une écriture mieux maîtrisée (enfin le personnage de Winston a un background de développé !) et à un style plus mature, le film se montre tout de même plus divertissant que ces prédécesseurs, mais ça ne sera pas aujourd’hui non plus que cette saga obtiendra ses lettres de noblesse.

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