Her

Her
2014
Spike Jonze

Golden Globes, Oscar : d’une seule voix le prix du meilleur scénario original fut décerné. Dans un monde où la technologie prend chaque jour une place plus importante, s’attaquer à l’attirance qu’il pourrait y avoir entre l’homme et la machine semble en effet être une vision perspicace et novatrice de l’avenir, mais uniquement pour les non-initiés au genre. En effet, l’idée de date pas d’hier, que ce soit au cinéma avec L’homme bicentenaire, ou dans le jeu vidéo avec la vision inégalable de Mass Effect. Et là, la comparaison devient tout de suite moins brillante.

L’amour est une chimère, et plus le temps passe et plus cette vérité éclate. L’homme est un tendre romantique, brisé par la volatilité des femmes que trop rarement capables de s’attacher. Après sa rupture avec son épouse (Rooney Mara), Theodore (Joaquin Phoenix) s’était juré de ne plus jamais rien tenter de sentimental avec qui que ce soit. Poussé par son amie Amy (Amy Adams) et son nouvel OS pour son ordinateur, Samantha (Scarlett Johansson en VO, Audrey Fleurot en VF), il va pourtant accepter de ressortir, mais même sa belle et jeune prétendante (Olivia Wilde) n’arrivera pas à le faire changer. Son bonheur pourrait bien être au sein de son foyer, avec Samantha, dont les prouesses d’intelligence artificielle lui confèrent une humanité troublante, au point que la question d’une idylle homme-machine semblerait logique.

C’est bien beau de vouloir proposer quelque chose d’un peu moins conventionnel, mais encore faut-il y mettre les formes. Clairement le film n’est pas une œuvre transcendante comme on pouvait l’espérer. L’univers futuriste est réaliste, le style graphique cohérent et les acteurs très bons, de même que la réalisation et globalement la trame de l’histoire. Qu’est-ce qui coince alors ? Le véritable fond du scénario et la structure, sans compter un certain malaise face au ton cru de quelques scènes osées et dont on se serai bien passé. Il faut bien sûr laisser le temps au personnages d’évoluer, établir des liens et matérialiser la mollesse et la paresse de son héros, mais par le fait le film se vautre dans un rythme assommant de lenteur, pollué par des plans inutiles et interminables. Et puis bien évidemment, il reste le scénario, de base intéressant, mais dans les faits paresseux. Une machine peut-elle avoir peur de mourir ? Cherche t-elle un sens à sa vie ? Se sentent-elles liées entre elles ? Plein de questions pertinentes et magnifiquement mises en scènes, mais il est regrettable de devoir attendre aussi longtemps pour élever le débat, et la finalité est très décevante tant elle ne retient pas les erreurs du genre sur le besoin de focalisation unitaire des machines, sans quoi le chaos est la seule réponse possible. Mais malgré un rythme affreux et un scénario trop frileux avant la dernière ligne droite, le film reste une belle tentative faite avec talent, et c’est un effort à saluer.

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Juillet 2014

Excellent mois que celui de juillet de cette année puisque égalant presque le record historique du site de juin 2012, s’octroyant ainsi la troisième marche du podium (derrière septembre 2011). Un grand merci à tous pour votre soutien !

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La Vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2

La Vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2
2013
Abdellatif Kechiche

Un film recevant la Palme d’or n’est certainement pas un gage de qualité, il n’y a qu’à voir le fameux Amour de l’année passée, somnifère ambulant dénué de toute forme de romance ou de poésie. Seulement cette fois, le film ne reçu qu’une statuette mineure aux Césars, et fut pour ainsi dire boycotté aux Etats-Unis où il fut classifié NC-17, la censure maximale, à peine accordée une fois par an. Et avec une durée affichée de trois heures, la réticence était pleinement justifiée.

Adapté du roman graphique Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh, le film retrace, comme son titre l’indique, une partie de la vie d’Adèle (Adèle Exarchopoulos). Alors âgée de 17 ans et voguant dans les eaux troubles de la vie de lycéenne, elle vivait simplement son quotidien ordinaire : discutions entre copines, regards charnels avec des mecs, et petites soirées tranquilles au sein du foyer familial. Mais un jour elle va prendre conscience qu’il manque indéniablement quelque chose dans ses relations, et après avoir embrassé une copine, l’évidence lui sera révélée : elle est lesbienne. Un monde encore inconnu va s’ouvrir à elle en la personne de Emma (Léa Seydoux), son guide spirituel et amoureux.

Auréolé par les critiques, le film vaut en effet le détour malgré son sujet plutôt polémique, quoique arriviste au possible puisque le film était sorti en pleine période des mariages pour tous, et on aurait même tendance à dire que sa Palme d’or est d’ordre politique. Quoiqu’il en soit, le film réussi le tour de force de proposer un cadre réaliste avec des élèves cohérents là où beaucoup sombrent dans la caricature ou tout simplement prennent des acteurs bien trop vieux. Un réalisme qui touche presque chaque aspect du film entre une réalisation qui use des cadres intimistes avec perspicacité, permettant de faire passer énormément de sentiments au travers d’un simple regard. La scène du tout premier baisé lesbien est magnifique, mais marque aussi une rupture : une idylle avec Béatrice aurait été infiniment plus naturel et pur qu’avec la plus grosse erreur du film, Emma. Si Adèle Exarchopoulos est une véritable révélation, dont le charme ne repose par sur une beauté brute mais sur une sensibilité et une faiblesse exacerbées, sa partenaire ne mérite pas autant d’éloges, bien au contraire. Habituellement sublime, Léa Seydoux est ici affublée d’une chevelure masculine immonde, d’un tain blafard et d’une coloration ratée. Pire encore, son personnage est fondamentalement antipathique et la performance d’actrice n’est clairement pas là.

Une première partie simple, charnelle, passionnelle et frivole, et malgré une césure affligeante, le chapitre 1 est très bon. En revanche, la suite aura de quoi faire déchanter. Pour les incultes qui ne se renseignent même pas avant de faire un film, instituteur est un métier qui nécessite de réussir l’un des concours les plus dur de France – donc quasi impossible à réussir du premier coup – et il requiert Bac +5, et non Bac +3 comme le film le dit, ce qui fait qu’en partant de la classe de première, il faudrait un minimum de 7-8 ans. Donc comment justifier l’absence de vieillesse pour les acteurs ? Une absurdité visuelle mais aussi psychologique puisque la mentalité des personnages n’évolue pas, les discutions restant d’un degré de bêtise toujours aussi impressionnant. Le ton du film change lui beaucoup plus : fini la gaieté et l’univers intéressant et pas assez approfondi de l’école, on passe à l’âge « adulte » dans une dépression totale. Une routine qui s’installe et c’est la morosité qu’on trimbale. Un tournant sombre et passablement mauvais qui met plus en avant le personnage détestable de Emma et on perd tous les personnages secondaires alors qu’on attendait pas mal de certains. La durée étouffante du film montre du doigt le rythme poussif de la seconde période, inutile en tous points. La fin est elle-même inconsistante, préférant esquiver la fin du roman, pourtant logique. Jamais un film n’aura connu un équilibre aussi instable : une première partie très belle pour un deuxième chapitre assommant.

Chapitre 1 :

Chapitre 2 :

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Hors de prix

Hors de prix
2006
Pierre Salvadori

Belle année que fut 2006 pour Gad Elmaleh, totalisant plus de cinq millions d’entrées en deux films entre La Doublure et celui, terminant sa course à presque 2,2 millions de billets vendus. Mais sa complice à l’écran Audrey Tautou n’était pas en reste avec sa percée Hollywoodienne avec Da Vinci Code qui lui fit finir l’année à 6,4 millions d’entrées. Comme quoi, qualité et succès ne sont que rarement liés.

Homme à tout faire dans un luxueux hôtel de la côte d’Azur, Jean (Gad Elmaleh) s’est un jour laissé surprendre par les événements. Coupable de s’être endormi sur son lieu de travail, il va être prit pour un des riches pensionnaires des lieux par Irène (Audrey Tautou), femme cupide prête à offrir son corps au premier homme riche venu en échange d’un train de vie luxueux. Il va jouer le jeu et la faire sienne pour une nuit, mais un an plus tard, le masque va tomber. Cette belle inconnue était revenue et son petit jeu marcha une fois de plus, mais l’un comme l’autre vont tout perdre : lui son travail et elle son bienfaiteur. Mais au lieu de vivre modestement ensemble, elle va continuer sa chasse, et même initier Jean à l’art de se faire entretenir.

L’éternel jeu du chat et de la souris qui se courent après l’autre. Il l’aime, elle ne sait même pas ce que veut dire aimer, et même si elle va réussir à le corrompre, lui briser le cœur et détruire sa carrière, son regard continuera de s’illuminer à chaque fois qu’elle lui apparaîtra. Une obsession déraisonnable et pas vraiment compréhensible vu son caractère détestable. Et puis ce besoin de claquer le plus d’argent possible rend mal à l’aise tant cette débauche de luxe peut attiser la jalousie d’un spectateur très loin de pouvoir prétendre à faire parti de ce monde. Un scénario très lisse qui ne fait que dans de la romance égoïste avec deux héros beaux et pour qui tout est facile, et de l’autre le reste du monde, une gène à leur bonheur. Il est vrai que le cadre est magnifique et que le point de vu est un tant soit peu original, permettant un minimum de distraction, mais ça ne vole pas bien haut.

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Zero Theorem

Zero Theorem
2014
Terry Gilliam

Plus qu’un théorème, le phénomène du Big-Crunch (appelé ici le « théorème zéro ») est une quasi certitude. De la même manière que le Big-Bang fut une impulsion d’énergie qui créa l’espace et le temps avec l’expansion qu’on lui connaît, on suppose que le phénomène inverse se produira quand l’impulsion originelle prendra fin, à savoir la rétractation de l’univers avec au final la disparition du temps et de l’espace. Il existerai des particules présentent dans l’espace témoignant de précédents Big-Bang, démontrant une forme de cycle universel. Rien d’indiscutable, mais la probabilité qu’un jour tout ce qui a été disparaisse n’est pas à exclure, à moins que plusieurs dimensions existent et que des portails permettent de s’y rendre pour préserver une trace de notre passage.

Dans un futur relativement proche, le marginal Qohen (Christoph Waltz) va enfin avoir la visite du Manager, celui qu’il attendait pour peut-être donné un sens à sa vie. Ce dernier va lui confier la lourde tâche de travailler sur le théorème zéro, devant trouver une formule capable de prouver sa véracité. Mais la structure du code est complexe, et sa réussite n’est pas assurée.

Le cinéma n’en est pas à son premier coup d’essai pour parler du Big-Crunch, et c’est avec émotion qu’on se souvient de l’exceptionnel Mr. Nobody, incomparable en tous points de vue avec celui-ci, largement moins ambitieux et travaillé. Dans le cas présent, on se contente de tout miser sur l’univers, futur improbable où les couleurs sont omniprésentes, flashy et agressives. L’insouciance détonne avec notre réalité actuelle qu’on voit mal aller en s’améliorant. La seule chose de légèrement originale provient de la relation entre Qohen et Bainsley (Mélanie Thierry), explorant la piste d’un simulateur de sensations, non sans rappeler Demolition Man. Mais globalement le film est très poussif, n’arrivant ni à justifier sa vision futuriste ni le choix d’une interface vidéo-ludique pour travailler, chaotique et illogique. Un film qui veut se donner un genre, mais qui n’a rien d’intéressant à proposer.

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Le Nouveau protocole

Le Nouveau protocole
2008
Thomas Vincent

Typiquement le genre de film sur lequel on a vraiment pas envie de s’étendre. « La société est mal faite », « tous des pourris ». Voilà le genre de messages que voulait livrer le film, mais la réalité sera tout autre. Ce qui se voulait être une dénonciation du milieu pharmaceutique va pour ainsi dire avoir la signification inverse, la faute à une histoire non seulement rachitique, mais en plus passablement minable dans son développement.

L’histoire est on ne peut plus politiquement correct et bien pensante, frappant comme toujours sur les grosses entreprises et leurs dirigeants. Ayant perdu son fils dans un accident de voiture, Raoul Kraft (Clovis Cornillac) va se mettre à repenser à une folle (Marie-Josée Croze) qui avait trouvé le nom de son fils dans une liste de cobayes pour un nouveau médicament, interdit à la commercialisation après coup. Il est vrai que si son fils est mort à cause de somnolences provoquées par un médicament, la réalité serai plus facile à vivre. Mais la rejoindre dans ce combat n’était pas exactement la chose à faire.

Rarement on aura assisté à une investigation aussi grotesque, expliquant par le fait le profond ennui qui ne nous lâchera quasiment jamais. On part de rien et on arrive nulle part. Le point de départ est juste un malentendu, et rien ne viendra étayer la thèse première, bien au contraire. Dans une mollesse sans nom, on nous bassine avec des morales douteuses et des principes insupportables. L’apologie dangereuse et criminelle de la non médication nous frappe comme un coup semence qui n’annonce rien de bon. La fin n’est que supercherie contredisant toute la « logique » préalablement établie, aboutissant à une hérésie effroyable face au temps perdu par le spectateur. Une réflexion d’un vide abyssal pour un film encore plus profondément mauvais.

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Safety Not Guaranteed

Safety Not Guaranteed
2012
Colin Trevorrow

Bien présent au festival pour films indépendants à Sundance, le film y a empoché le prix du meilleur scénario, et sans atteindre des sommets faramineux, les 4 M$ récoltés sont tout de même une belle victoire tant il est dur de s’imposer sur la longueur, surtout aux Etats-Unis. Le reste du monde fut négligeable, et pour cause, il n’a jamais été traduit, réduisant son visionnage à du VO sous-titré.

Le film part d’un fait fou et pourtant vrai : un homme, aux Etats-Unis, avait mit une annonce pour trouver quelqu’un avec qui partir voyager dans le temps, avec pour indication le fait que l’expérience avait déjà été tenté auparavant avec brio. Une équipe de journalistes va alors flairer le bon gros débile et l’article grinçant qui va avec sur la dérive de la société et les dangereux éléments qui s’y cachent. Pendant que le journaliste en chef part à la conquête d’une ex, un larbin chargé de l’écriture, et une autre stagiaire en infiltration chez le « voyageur du temps ». Un peu fou en effet, il va néanmoins se révéler étrangement convaincant.

Voilà, un film entier qui tourne autour du personnage trouble du « voyageur » et le suspense qui entoure la véracité de ses propos. Un principe non sans rappeler K-Pax, mais où le voyageur était un extraterrestre, prétendument. L’est-il, l’est-il pas ? Il faudra attendre la toute fin pour avoir la réponse, même si d’aucun penseront que l’ouverture est de mise et attention aux conclusions trop hâtives. Le chemin pour y parvenir a bien des idées pour rendre l’expérience intéressante avec moult pistes : le journaliste en quête d’amour, le stagiaire en mal de rencontres, et surtout la stagiaire qui plonge au cœur de la vie d’un inconnu au mystère si grand. L’ambiance du film est surréaliste et nous donne une impression vraiment unique, mais on notera tout de même un petit problème de rythme, surtout au début avec une histoire très longue à se mettre en place. Heureusement, la singularité des personnages relance l’intérêt et on adhère totalement, examinant là une curiosité délectable.

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Un Drôle de paroissien

Un Drôle de paroissien
1963
Jean-Pierre Mocky

Il fut un temps où le catholicisme était majoritaire en France, et il fut un temps où nos lieux de culte propres à notre culture qu’on appelle « église » abritaient des « troncs », tirelires anonymes pour qui voulait faire des donations à la communauté chrétienne. Dans cette comédie française de la grande époque de Bourvil, le film le met dans la peau de Georges, fainéant parmi les fainéants. Dans sa famille, c’est une tradition que de ne jamais travailler, et ça serait même prit comme une insulte. Pas de ça chez nous ! Seulement voilà : à force ils n’ont plus rien, et l’huissier menace de prendre la dernière chose qu’il leur reste, leur toit. Lui qui a été si clément avec eux, Dieu semble les avoirs oublié. Mais dans une dernière prière, Georges a été entendu en voyant quelqu’un mettre des pièces dans un tronc. Ce fut une révélation : il sera pilleur de troncs.

Un Bourvil précieuse, une famille entière qui vie au crocher de la société, et une usine à fric appelée « les troncs », le potentiel comique était bien là. Un pote arriviste, des policiers couillons, un Dieu qui récompense la malhonnêteté : un démarrage en trombe pour un principe finalement assez limité. Ils passe ses journées à voler dans des sortes d’urne à bulletin, et ce tout du long, s’y cantonnant avec une redondance terrible. Quelques tentatives tardives pour diversifier tout ça, mais sans grand succès. La source se tari immanquablement, et même si on ne se lasse pas tellement, l’intérêt décroît constamment, avant de finir bêtement dans une incohérence terrible. Le personnage du gentil niais qui nous sert de personnage principal n’a pas les épaules pour nous porter tout du long, et le résultat en pâti. Une bonne idée qui s’essouffle et finirai presque par nous ennuyer.

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Transformers : l’âge de l’extinction


Transformers : l’âge de l’extinction
2014
Michael Bay

Voilà, après trois films en progression constante amenant la saga à des sommets dantesques, l’aventure a prit fin. Grand ennemi des autobots et de l’humanité, les décepticons n’existent plus : ceux qui restaient sur Terre ont été vaincu et leur planète a été détruite, condamnant au passage la race des Transformers. Qu’importe, les autobots finiront leurs jours sur Terre et ainsi va le monde. Pourtant, contre toutes attentes, Michael Bay a annoncé un quatrième film. Il est vrai que les 1,1 milliards de la Face cachée de la Lune avaient de quoi faire réfléchir, mais au quel cas le scénario se devait d’être irréprochable, chose qui s’amorçait bien mal avec l’annonce d’un changement total de casting.

Bras d’honneur à tous les fans des premiers films : il s’agit ici tout simplement, appelons les choses comme elles sont, d’un reboot de la saga. En effet, à un Bumbelbee inutile et un Optimus Prime méconnaissable près, la seule référence aux précédents films vient de l’affrontement ultime de Chicago du dernier épisode. Passons. Ici, on suivra Cade Yager (Mark Wahlberg) – pâle copie de Tony Stark (Iron Man) dans le genre mec cool qui bidouille des IA amusantes -, petit bricoleur aux finances taries qui va trouver et réparer le corps de Optimus Prime. Mais ce qu’il ignorait, c’est que le gouvernement a entreprit une chasse à l’encontre des autobots, eux aussi considérés désormais comme des renégats. Les éléments vont alors se déchaîner contre lui et sa fille, embarquée dans la tourmente avec son petit ami, et les enjeux sont grands pour le gouvernement puisqu’une nouvelle espèce robotique alien a promit – moyennant la destruction des autobots – un coup de pouce considérable pour les recherches du docteur Joyce (Stanley Tucci) qui travaille à l’élaboration de ses propres transformers.

Comme toujours avec Michael Bay, on commence le film par une séquence énorme qui ressort le principe du détournement historique, apportant une nouvelle vision à l’extinction des dinosaures. Mais étrangement, comme coupée dans son élan, la scène s’arrête brusquement alors qu’on espérait la suite en mode film catastrophe, mais non. On suit à la place un handicapé patronyme, sa fille insipide et son copain qui ne l’est pas moins. Une bande d’humains projetée très artificiellement dans cette intrigue, et même si Mark Wahlberg a un charisme indéniable, ce pendant de l’intrigue est inintéressant, bien que la piste de l’arme alien qui donne de très bons résultats avec des hommes pouvait se tenter. L’axe extraterrestre de l’histoire avait déjà plus de potentiel avec la découverte de robots de classe supérieure – surtout niveau design -, notamment avec la découverte de l’existence de « créateurs », ceux qui ont créé les transformers. Une force de réserve énorme, mais il est acquis que si dévoilement il y aura dans le futur de la saga, la comparaison sera terrible avec Prometheus, maître du genre. Mais les accidents à côté sont trop légion pour vraiment espérer quoi que ce soit du niveau des précédents films. Le scénario est pour commencer anémique, plus que tout les autres réunis, et le design est parfois honteux, pour ne pas dire historiquement mauvais. Carton rouge au tranformers obèse qui a de la barbe et une cigarette, au samouraï et sa face jaune, de même que pour l’histoire des dinobots, pour le coup franchement sortis de nulle part. La scène de combat finale est interminable et n’a rien de comparable avec la fureur passée de Chicago, et pour la première fois cet épisode n’a pas su gérer son temps : 2h46 est assurément bien trop. Et même si on en prend plein les yeux comme jamais, difficile de montrer une indulgence totale quand les explosions sont à ce point exagérées tant dans la disproportion que l’utilité, nuisant même à la visibilité. Incontestablement le moins bon volet de la franchise – qui ne prendra d’ailleurs même pas la peine de faire le lien avec les précédents -, on retrouve une gratuité dans l’action qui fini par lasser malgré le côté spectaculaire ahurissant.

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Un Amour sans fin

Un Amour sans fin
2014
Shana Feste

Autre romance de la dernière Saint Valentin américaine, au même titre qu’Un amour d’hiver, cette réadaptation de Endless Love de Scott Pencer n’a pas non plus connu un beau succès, loin s’en faut, n’égalisant même pas le film original malgré les 33 ans d’inflation. Il faut dire que le public n’avait pas spécialement de raison de faire le déplacement : de la même manière que le livre était un classique du genre, le film possède donc une histoire pas forcément très originale. Un problème certes important, mais le film ne s’en sort pas si mal.

On dit souvent qu’assouvir son plus grand fantasme est source de beaucoup de déception. Pour David (Alex Pettyfer), l’expérience fut toute autre. Amoureux transit depuis trois ans de Jade (Gabriella Wilde), sa camarade de classe, il croyait avoir laissé passé sa chance en n’osant pas l’aborder avant la fin du lycée, mais le hasard des choses lui a donné une seconde chance. Une petite démonstration de force publique, une belle implication dans sa fête, des regards complices et c’est l’alchimie qui s’installe, transformant le rêve en réalité. Un amour pur et réciproque, mais leurs mondes sont très différents : lui a un père (Robert Patrick) garagiste très ouvert, tandis que celui de Jade (Bruce Greenwood) est très protecteur et ne voit en David qu’un voyou sans le moindre avenir.

Le film nous place dans un cadre très beau, à savoir des villas de luxe en Californie, sans compter la maison pas désagréable au bord du lac. La réalisation est chaleureuse, les couleurs lumineuses, les acteurs sont beaux, les décors exubérants, et on démarre dans un style insouciant et libérateur à la American Pie. On vie par procuration une idylle très charnelle, cohérente et naturelle malgré le jeune âge supposé des personnages (les acteurs ayant en réalité six ans de plus). Le résultat est touchant, poétique et force l’admiration face à tant de déterminisme, mais l’histoire a en effet ses limites. Le beau-père dictateur qui essaye de protéger excessivement sa petite princesse n’a rien de très nouveau, et on se doute qu’un certain nombre d’embûches se dissémineront sur leur chemin, rendant l’histoire prévisible et donc décevante puisque se confondant dans les sentiers battus. Tant pis, on en restera à une romance typique, mais on saluera l’effort de présentation et le talent des acteurs principaux.

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