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Méta
Juin 2014
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L’Adorable voisine
L’Adorable voisine
1958
Richard Quine
Connaît-on vraiment ses voisins ? Pour cette comédie romantique non sans rappeler la série Ma Sorcière bien aimée, et peut-être même que le film en est l’inspiration, un éditeur littéraire, Shepherd Henderson (James Stewart), va être en proie avec la magie. Sa voisine d’en dessous est une sorcière des plus habiles, et quand elle jette son dévolu sur quelqu’un, impossible de résister à ses sortilèges. Alors même que Shepherd était promis à une toute autre femme, cette voisine qui lui apparaissait soudainement adorable va tout faire basculer. Une passion naît d’emblée, mais est-ce le fruit de son charme ou de sa magie ?
Si on se souvient tous avec tendresse des péripéties de Jean-Pierre (Darrin en VO) et Samantha, il faut bien avouer que la série a aujourd’hui un arrière goût désuet, un humour souvent ridicule et fait preuve d’une étroitesse d’esprit qui frôle l’insupportable avec cette mentalité nuisible de l’homme qui commande et qui refuse la magie. Eh bien ici tous ces défauts sont présent, et plus pesant encore. Il n’y a même pas de débat – aussi stérile soit-il – autour de la magie, et le rôle principal masculin s’en retrouve alourdi malgré le talent de l’acteur, contrairement à sa partenaire quasi translucide. Le style fantastique n’est donc jamais pleinement exploité, ralentissant de beaucoup une histoire en cela décevante. Une idée solide de base, mais qui en l’état ennui plus qu’autre chose.
Publié dans Cinéma, Critiques
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Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
2008
Steven Spielberg
Il n’a jamais été question d’abandonner le si lucratif personnage d’Indiana Jones, mais voulant à la fois tenter de nouvelles expériences cinématographiques et se refusant à laisser sa place à quelqu’un d’autre, Steven Spielberg ne s’est vraiment décidé à se lancer dans un quatrième volet qu’en 1997. Puis s’en est suivit des négociations compliquées, des scénarios réécrit et une sortie constamment repoussée (elle avait été un temps fermement fixée pour 2005). C’est donc finalement 19 ans qu’il aura fallut à l’aventurier pour remettre le pied à l’étrier. Heureusement, la saga était restée très populaire et le public avait répondu présent : près de 787 M$ dans le monde, un record absolu pour la franchise.
Pour une fois la saga respecte le temps écoulé et adapte donc la temporalité de son récit, la situant cette fois-ci en 1967, en pleine guerre froide (donc exactement 19 ans après la Dernière Croisade). Après les brigades paranormales nazis, Indiana Jones (Harrison Ford) va avoir à faire avec la branche scientifique du KGB, dirigée par Irina Spalko (Cate Blanchett). Elle et son escouade sont en quête d’un crâne de cristal censé les mener à la cité d’or, temple d’un savoir qui dépasse l’humanité. Tentant l’expérience de son côté, Indi va trouver main forte en la personne de Mutt (Shia LaBeouf), fils de son ancienne amante Marion (Karen Allen), capturée par le KGB au même titre que son ami archéologue Oxley (John Hurt), devenu fou à force de contempler le crâne.
Quand une attente entre deux épisodes est aussi longue, l’excitation culmine et les exigences s’en retrouvent immenses. Ainsi, le film propose du fan-service à outrance, multipliant les clin d’œil et déterrant au passage une invitée de marque, et propose aussi de très loin son histoire la plus ambitieuse. Difficile de trouver plus fort que le Graal sur Terre, du coup les scénaristes se sont tourné vers les étoiles en reliant le mystère que représentent les crânes de cristal, bijoux de perfection que l’homme ne saurait avoir fait du temps de leur création, à rien de moins que la vie extraterrestre. Une théorie que beaucoup partagent tant certaines prouesses d’antan sont incohérentes avec les avancées de leur époque, mais le film n’arrivera jamais à rendre son histoire crédible (même si par rapport aux trois dernières aventures, celle-ci n’est pas moins solide). Le film oubli d’emblée toute notion scientifique pour se focaliser sur le surnaturel, sans pour autant l’exploiter vraiment. La franchise n’a jamais été très sérieuse, mais le coup du frigo avec la bombe nucléaire restera dans les annales des blagues les plus foireuses de l’historie. Au rayon des bonnes idées finalement mauvaises, on notera Shia LaBeouf en fils sorti de nulle part : personnage inutile et passable surjoué, même si à sa décharge l’acteur a lui aussi trouvé son rôle mauvais, expliquant pourquoi il n’y à ce jour pas encore de cinquième volet. En effet, l’acteur était censé reprendre la franchise en tant que personnage principal, mais ce dernier s’est retiré du milieu Hollywoodien suite à ses expériences décevantes des blockbusters. Mais depuis la société de production s’est faite rachetée par Disney qui compte bien remettre en route la machine d’ici à 2016 (pour une sortie en 2017), espérant faire oublier à tout le monde ce quatrième film vu pour beaucoup comme une trahison. Pourtant, grâce à un visuel énorme et des paysages magnifiques, sans compter le fait que son historie n’est pas plus mauvaise que les précédentes, le film n’est pas loin d’être le meilleur de la saga.
Publié dans Cinéma, Critiques
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Indiana Jones et la Dernière Croisade
Indiana Jones et la Dernière Croisade
1989
Steven Spielberg
Avec 50 M$ investis et 720 M$ récoltés en deux films, la saga Indiana Jones avait démarré très fort, portée par des critiques enthousiastes, visiblement pas dérangées par un scénario quasi absent. Toujours réalisé par Steven Spielberg, cette troisième aventure est en réalité la première suite des Aventuriers de l’Arche perdue, Le Temple maudit étant un préquel. Au menu la même recette « gagnante » que le premier film : la quête d’un artefact religieux et des nazis. Un choix visiblement payant vu les 474 M$ amassés.
Malgré les neuf ans écoulés entre les deux derniers films chronologiques, l’histoire se situe ici en 1938, soit tout juste deux ans après avoir arraché l’arche d’alliance aux allemands. Cette fois, Indiana Jones (Harrison Ford) est en quête de rien de moins que le Graal, célèbre coupe ayant reçu le sang du Christ après sa crucifixion, et dont les pouvoirs apporteraient l’immortalité à qui s’en servirait. Une quête qui incombait en réalité à son père, Henry Jones (Sean Connery), lui aussi archéologue, mais qui fut prisonnier par les nazis. Objectif : sauver son père de l’ennemi le plus dangereux au monde, et trouver la relique la plus convoitée de l’histoire.
Le film commence très bien avec un flash-back sympathique sur Indi en 1912, nous montrant d’où lui vient cette passion et introduisant son mentor spirituel, un badass total. Mais seulement voilà : ce nouveau personnage est tué par Indi 26 ans plus tard dans la scène qui suit, paf. Puis c’est encore les allemands les méchants – avec au passage une séquence ridicule où ils brûlent des livres, alors même que Hitler était un fervent défenseur de l’art – et on recherche encore un objet divin. Une redite qui aurait pu très mal passer, mais le film en tire une certaine ironie comique et d’autres points évoluent dans le bon sens. La réalisation gagne en personnalité, on voyage plus, les décors sont mieux mit en valeur, Indi n’est plus le seul personnage charismatique, et même le scénario gagne en qualité. La méthode de notre archéologue est toujours aussi brutale, mais l’histoire est un peu mieux structurée et repose sur quelques énigmes, ajoutant de la crédibilité aux découvertes. Pas vraiment de révolution, mais la formule est légèrement moins bancale, trouvant un juste milieu entre ce qui avait été instauré et les éléments nouveaux. Toujours pas un grand film, mais le spectacle est de meilleure qualité.
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Indiana Jones et le Temple maudit
Indiana Jones et le Temple maudit
1984
Steven Spielberg
Parce que les films d’aventure n’existaient pas encore sous une forme aussi épique, le très moyen Les Aventuriers de l’Arche perdue a réussi à en tirer profit et s’imposer comme nouvelle référence. Avec des recettes historiques, il était évident qu’une suite allait voir le jour, d’autant que le principe même du film se prêtait bien à de multiples histoires, mais la surprise fut bonne de constater que malgré l’hermétisme de Steven Spielberg quant aux suites, ce dernier ait rempilé derrière la caméra. Au programme, changement de scénariste et changements de décors : deux points réjouissants, mais le résultat sera sensiblement identique.
Une fois n’est pas coutume, cette suite n’en est pas une. L’histoire se déroule un an avant la quête de l’arche d’alliance, soit en 1935, alors que le professeur Indiana Jones (Harrison Ford) tentait de négocier avec un mafieux asiatique. Une affaire qui a mal tourné, et ce dernier a dû fuir le pays, sautant dans le premier avion trouvé, embarquant au passage un petit garçon qui l’aidait et une chanteuse de cabaret, prise dans le tourbillon des événements. Très mauvais choix puisque l’avion appartenait au même mafieux, et les pilotes – visiblement très riches et peu soucieux du prix d’un avion – ont donc laissé les commandes aux trois passagers clandestins, sautant avec les seuls parachutes à bord. Rescapés miraculeusement (même si à ce niveau on dépasse allègrement le miracle), ils vont se retrouver prit à parti dans une sombre affaire de magie occulte dans un dangereux temple.
Le début du film est tout sauf rassurant : si on tolère la liberté chronologique, difficile de crier au génie devant une énième fusillade ridicule au cœur d’une Asie stéréotypée à outrance. Le pire sera sans doutes le saut de l’avion, d’une bêtise affolante, sans parler de la montagne enneigée qui, quelques mètres plus loin, devient une jungle tropicale. Pire encore, on nous entiche tout le film durant d’une classique femme stupide et incapable, qui ne sert que de flatterie pour le héros, et on devra aussi supporter cette infamie de demie-lune, le petit enfant asiatique qui braille et fait chier avec ses commentaires usants. Et pourtant, on pouvait croire à un meilleur film que le premier par moment, notamment grâce à la trame de fond, plutôt bonne sur papier mais décevante en pratique. On retrouve la même gratuité dans l’aventure, complètement là arbitrairement, mais le côté divinité et secte barbare était prometteur. Et effectivement, on rentre plus facilement dedans et on nous gratifie de très bonnes scènes comme le fameux train de la mine, mais le niveau n’est pas spécialement meilleur. On notera aussi une surexploitation un peu saoulante du thème musical principal, d’autant plus dommage que certaines autres pistes auraient pu sortir du lot. Toujours de bonnes idées et de bonnes motivations, mais l’aventurier au fouet a du mal à vraiment s’imposer.
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Les Aventuriers de l’Arche perdue
Les Aventuriers de l’Arche perdue
1981
Steven Spielberg
Voici l’une des plus célèbres et populaires saga d’aventure de l’histoire du cinéma. Réalisé par une légende du milieu, Steven Spielberg, le film mettait en scène le fraîchement acclamé Harrison Ford, sortant tout juste du second épisode de Star Wars dont son réalisateur, George Lucas, officie ici en tant que producteur et scénariste. Un succès qui fut phénoménale : 6,4 millions d’entrées en France et 390 M$ dans le monde. Un engouement d’un autre âge, car avec le recul certaines faiblesses sont criantes.
Pour sa toute première aventure, le professeur d’archéologie et grand explorateur Indiana Jones (Harrison Ford) s’est vu confié la tache retrouver l’arche d’alliance (coffre sacré où repose les tables de la loi confiées à Moïse) avant que les soldats nazis ne s’en emparent (le film se déroulant en 1936). Hasard des choses, il se trouve que le sceptre – ou du moins le médaillon qui l’ornait – indiquant la position de l’arche est en possession de son ex : Marion (Karen Allen). Mais la mission sera ardu : un concurrent archéologue a rejoint les allemands.
On veut bien consentir à quelques efforts, mais tout de même… Si déjà tout ce qui entoure l’arche repose sur un mensonge (voir le tout premier épisode d’Axolot, brillant orateur à découvrir d’urgence) puisqu’elle est en Ethiopie, la construction du scénario est douteuse. D’abord, pourquoi, alors que Indi sait comment trouver l’arche depuis des nombreuses années, a t-il attendu aussi longtemps ? La motivation de la compétition ? Ensuite, il n’y a pour ainsi dire pas d’enquête, de mystères à résoudre : toutes les clefs sont données d’entrée de jeu, et aucune révélation ne sera faite. On a là un aventurier un peu balourd qui fonce dans le tas sans réfléchir, et sa chance est insolente, avec encore à la clef les insupportables échanges de feu où les balles meurent inlassablement dans le décor. Pire encore, l’atmosphère du film n’est pas convaincante : la menace de la seconde guerre mondiale ne se fait clairement pas sentir. Après, on a effectivement un héros charismatique à défaut d’être efficace, et même si les décors sont fades, la fibre de l’aventure se fait présente, surtout grâce à la mémorable musique, emblème de la franchise. Quelques idées de mise en scène et une ambiance prenante, mais miné par un scénario risible et d’autres maladresses (comme des personnages secondaires stéréotypés), le film s’en retrouve tout juste sympathique. Une réputation largement surfaite.
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Mains armées
Mains armées
2012
Pierre Jolivet
C’est un fait peu connu en France à cause du manque de reconnaissance de la profession, notamment au niveau financier, les scénaristes sont peu nombreux chez nous. Ce film illustre parfaitement le propos : scénariste de tous les films du réalisateur, le responsable de l’histoire sur celui-ci avait déjà signé celui d’Une nuit, porté par le même acteur principal. Encore un film policier donc, incluant les classiques bides en salles et massacre par les critiques.
Parti explorer le monde dans sa jeunesse, Lucas (Roschdy Zem) avait laissé derrière lui une petite amie dont il ignorait la grossesse. De retour il laissa faire les choses, restant un fantôme aux yeux de sa fille. Il a depuis refait sa vie et travaille comme flic à Marseille, tandis que sa fille (Leila Bekhti) est devenue flic à son tour, mais à Paris. Chargé d’une affaire de démantèlement d’un réseau d’armes, son enquête va le mener à Paris, recoupant avec la section des stup (dirigée par Marc Lavoine) où est sa fille. En proie avec une organisation serbe, ils vont devoir apprendre à se connaître.
Une corde, qu’on me pende ! On ne le dira jamais assez, le polar est un genre mort. À la peine depuis des décennies, aucune production du genre n’a évité le flop depuis des lustres, et c’est bien normal. Depuis que le cinéma existe, la France s’est fait un point d’honneur à perpétrer un style très pauvre avec le recul, mais qui a fait nos beaux jours avant l’apparition de la couleur. Et le problème, c’est qu’aujourd’hui rien n’a changé : les mêmes dialogues stupides censés faire « dur à cuire », les mêmes flics véreux, les éternels problèmes de drogue, les mêmes rues de Paris, et les mêmes handicapés sentimentaux. Inlassablement le cinéma français nous rabâche les mêmes discours de gens arrogants et qui donnent tout à leur travail à un point vomitif, et souvent avec les mêmes gueules devant la caméra. Ici on a un condensé de tout ce qu’il y a de plus insupportable avec ce genre, soufrant d’une histoire laborieuse qui mine des personnages déjà antipathiques de base. Vu mille fois et mille fois mal, le polar parisien se complet une fois dans plus dans une médiocrité scandaleuse qui ne saurait être tolérée.
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Le Crocodile du Botswanga
Le Crocodile du Botswanga
2014
Fabrice Eboué, Lionel Steketee
Après nous avoir franchement fait rire avec le rafraîchissant Case Départ qui proposait un voyage dans le temps à l’époque colonialiste, l’équipe du film revenait il y a quelques mois avec une nouvelle comédie toute aussi prometteuse. Mais capitaliser sur un succès surprise peut parfois être l’occasion d’une déception, comme ce fut le cas avec Vive la France par rapport à Fatal. Et effectivement ici aussi la comparaison ne sera pas favorable.
D’autant plus d’actualité avec cette période de coupe du monde, le film a comme point de départ l’univers footballistique. Didier (Fabrice Eboué), manager d’une grande star montante du ballon rond, devait se charger d’amener son protégé à son village natal au Botswanga pour y disperser les cendres de sa mère. Accueillis en grande pompe par le dictateur du pays (Thomas Ngijol), les deux hommes vont rapidement tomber dans un guet-apens. Il va proposer à Didier, arriviste de première et avide insatiable, une grosse somme d’argent en échange de quoi son client jouerait dans l’équipe nationale du Botswanga. Entre son deuil et l’aveuglement d’un amour naissant, l’affaire semble déjà conclue, mais difficile de rester serein face à une dictature.
Le film avait l’air très sympa, mais les premiers doutes s’installent très vite. La fameuse scène du débarquement avec la chanson potache n’a pas l’effet escompté, la faute à un Didier pas assez assumé. Il représentera d’ailleurs un paradoxe continu : la plupart des effets comiques ratés le seront par sa faute, mais les moments les plus drôles le sont grâce à lui. Un autre passage fortement attendu était celui des fameux crocodiles, mais rien de bien original les concernant. Le film tente aussi une dé-diabolisation du dictateur en le rendant excessif et parano, tout en en faisant un complice farceur du manager, et ça marche pas mal globalement, mais la caricature est largement trop forcée et la comparaison avec cette même complicité dans Le Dernier roi d’Ecosse démontre un faussé énorme. Heureusement, le film étant court et dynamique, ce pétard mouillé n’a pas le temps de nous noyer, et on rit bien volontiers à de nombreuses reprises, mais compte tenu du potentiel et de leur dernier film, la déception est de mise.
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Snowpiercer, Le Transperceneige
Snowpiercer, Le Transperceneige
2013
Joon-ho Bong
Voilà un film pour le moins atypique. Le film est en effet réalisé par un Sud-Coréen, tourné en République-Tchèque avec des acteurs américains, le tout adapté d’une bande-dessinée franco-belge. Le film fut plutôt inexistant au box-office en dehors de la Corée et dans une moindre mesure la Chine, et il ne sort d’ailleurs que la semaine prochaine aux Etats-Unis, la faute à de longs mois de négociations sur un montage localisé. Très bien accueilli dans un premier temps, les critiques se sont ensuite sensiblement et logiquement tassées, sa bizarrerie pouvant diviser et son scénario étant l’une des plus grosses blagues de ses dernières années.
Le 1° juillet 2014, souhaitant apporter une solution au réchauffement climatique, le gouvernement américain avait relâché dans l’air une molécule censée réguler la température, mais au lieu de ça, elle a transformé notre Terre en glaçon géant. Tout a été prit par la glace : les villes et ses habitant ont été figé sur place. Aujourd’hui, en l’an 2031, les derniers représentant de l’humanité survivent dans un train autonome et perpétuel. Cela fait désormais 17 ans que Curtis (Chris Evans) vie en queue de train avec toute la misère humaine, et depuis quelques semaines, avec son ami Edgar (Jamie Bell), ils prévoient une rébellion à l’encontre de Wilford (Ed Harris) et ses sbires (Tilda Swinton), emmené par leur chef spirituel Gillian (John Hurt).
Par où commencer ? Bon déjà, une molécule qui refroidirait l’atmosphère terrestre au point que la vie ne serait plus possible (donc au moins – 50°C ou plus) est tout simplement ridicule, surtout qu’il en faudrait une quantité irréaliste pour qu’une contre-mesure n’est pas le temps d’aboutir. Ensuite, le film part du postulat qu’il ne reste que les passagers du train comme représentant de notre espèce (car de toute façon aucune chance pour que les poissons soient congelés dans les profondeurs), un fait stupide tant le train est presque la plus mauvaise idée pour protéger les gens du froid. On imagine déjà mieux des complexes souterrains comme dans La cité de l’ombre. Reste après tous les problèmes liés au train, et ils sont encore plus nombreux. L’ordre des wagons est pour le moins invraisemblable (pour aller à l’école, les enfants doivent traverser une boîte de nuit, un sauna, une piscine et un institut de beauté) et le fonctionnement / ravitaillement du train est risible. Une machine perpétuelle est irréaliste – ne serait-ce pour les ampoules et l’usure des roues du train – et ce qui entour l’alimentation est largement trop minimaliste, l’écho-système montré étant largement trop réduit. Et c’est là le plus gros problème du film : il enchaîne les idées psychologiques sans en regarder la cohérence, comme c’est le cas des pains noirs aux protéines, une idée certes intéressante et forte symboliquement, mais qui pose un énorme problème d’approvisionnement. On fini par en oublier l’excentricité de la mise-en-scène, intrigante au début, mais on s’en lasse bien vite. Les acteurs ne sont pas non plus très bons, la faute aussi à des réactions contradictoires, mais comme tout le film en général en fait. Grâce à une foultitude d’idées originales et troublantes, le film nous tient en haleine durant un temps, mais on fini immanquablement par décrocher face à un scénario à ce point bâclé.
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Red Lights
Red Lights
2012
Rodrigo Cortés
On le devait au même réalisateur, Buried fut personnellement une grosse déception tant sa fin rendait le film inutile, et sa construction était de toute façon ennuyeuse. Réalisé après mais sorti en France avant, sa production Grand Piano n’était pas non plus à la hauteur de son synopsis original, et ce projet avait lui aussi l’air très bon, mais comme nous l’a apprit Fenêtre sur cour, un excellent sujet peut s’avéré très mal exploité. Centré sur la supercherie entourant la magie et autres artifices, le film fera en effet malheureusement écho à Insaisissable, brillante idée qui a sombré dans la redondance et la simplicité.
Professeurs d’université, Tom Buckley (Cillian Murphy) et Margaret Matheson (Sigourney Weaver) traquent les fraudeurs, les arnaqueurs qui se font appeler « magiciens ». Parce que trop de gens se font encore piégé par ces tours grossiers reposant sur la crédulité des victimes, ils ont décidé de se battre pour que la vérité éclate. Considéré comme le plus grand magicien de tous les temps, Silver (Robert De Niro) sort enfin de l’ombre après plusieurs décennies de retraite, l’occasion pour Tom de percer le mystère de ses tours de passe-passe. Le plus grand défi de toute sa carrière.
Le film commence très bien entre des cours d’université intéressants sur les supercheries à travers les âges, avec en prime quelques démonstrations d’imposteurs démasqués qui valent le détour. La magie a depuis toujours fasciné les hommes, et le film en tire parti avantageusement. Mieux encore, on peut compter sur un casting franchement étonnant, surtout pour un film jamais sorti en salle (avec en plus Toby Jones et la star montante Elizabeth Olsen). Un fait maladroitement amené nous fera tiquer vers le milieu, mais le film ouvre plein de pistes toutes plus intéressantes les unes que les autres, et le suspense est à son comble pour le dernier tour de piste, dévoilant ce qui donnera ses galons ou non au film, car dans ce genre de productions la conclusion pèse lourdement. Et c’est là que le bât blesse : reposant sur une mise en scène mauvaise, la fin nous livre une réponse aberrante, rendant incohérent tout ce qui a précédé. Alors que certains comme La Maison des Ombres arrivent à ménager la suspense jusqu’au bout pour nous laisser avec une claque monstrueuse et indiscutable, ce film échoue lamentablement, nous faisant presque regretter d’avoir autant apprécié le début. En résulte donc un film bancal malgré toutes ses qualités.
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