Homefront

Homefront
2014
Gary Fleder

Encore et toujours de l’action au programme pour Jason Statham, l’homme qui n’a qu’une seule facette. Mais cette fois aurait pu être différente, avec quelques arguments de poids. Au placard depuis des années, le scénario du film est en effet signé Sylvester Stallone, responsable de films généralement très bons, ou tout du moins efficaces grâce à de l’action musclée. Mais visiblement on ne peut pas réussir à tous les coups.

Ancien flic, Phil (Jason Statham) avait dû quitter son travail il y a quelques années, la faute à une affaire d’infiltration qui a mal tourné, déchaînant la colère d’un dangereux trafiquant de méthamphétamine. Depuis, il bénéficie de la protection des témoins avec sa fille, mais les choses vont mal tourner. Ayant frappé un élève, sa fille va attirer sur lui les foudres de la mère (Kate Bosworth) dudit élève, qui se trouve être la sœur de Gator (James Franco), le grand dealer du coin. Une affaire qui va s’envenimer et tourner au règlement de compte.

Un père seul en campagne, des vilains qui veulent entrer chez lui : à quelques détails près on croirait le scénario des Chiens de paille, bien qu’ici la logique soit moins discutable étrangement. Donc c’est forcé, l’originalité est faible, surtout pour du Statham, d’autant que le stade du clin d’œil est pulvérisé par rapport à Breaking Bad. Pire encore, le film n’est ni un bon thriller, étant dénué de suspense, et pas tellement plus un film d’action, ne possédant que peu de grosses scènes, créant même une certaine frustration à ce niveau là tant le potentiel était fort aux vus des altercations avec l’autre père ou à la pompe à essence. Déception également pour James Franco, carrément sous-exploité et finalement insipide, aboutissant à une dernière scène ennuyeuse. Et que penser de Winona Ryder, pour ainsi dire inexistante ? Bien sûr, il y avait quelques pistes, un cadre agréable et une poignée de scènes réussies, mais ça reste un peu timide et clairement pas assez abouti, même en deçà de la moyenne de l’acteur.

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L’Homme de Rio

L’Homme de Rio
1964
Philippe de Broca

Alors que la coupe du monde de football est sur le point de commencer au Brésil, il est naturel de voir ce grand classique du cinéma populaire français rediffusé, lui qui avait totalisé il y a cinquante ans tout juste 4,8 millions de spectateurs. Mais bien sûr, le cinéma a beaucoup évolué en un demi siècle, et le spectateur d’aujourd’hui est bien plus critique quant à certains points devenus désuets. Et effectivement, le film souffre de grosses lacunes, certaines dues à l’âges, d’autres à un niveau de base déjà défectueux.

Tout le film repose sur une suite de malentendus et de coïncidences. Ami de feu son père, Agnès se devait de témoigner à la police sur la disparition d’un professeur resté proche d’elle ce jour là, mais partie déplacer sa voiture qui gênait, elle va elle aussi se retrouver prisonnière des griffes des probables mêmes ravisseurs. Heureusement, son petit copain Adrien (Jean-Paul Belmondo) rentrait tout juste d’une longue période de service – étant militaire de carrière -, et son entraînement lui permis de poursuivre les kidnappeurs jusqu’à l’aéroport et, sans arriver à les stopper, se faufila dans le même avion, direction Rio de Janeiro. Le début d’une longue traque qui le dépasse, dans un pays inconnu, mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour une belle demoiselle en détresse ?

Et nous voilà parti pour un sauvetage doublé d’une chasse à l’homme sans réel but ni enjeux autres que personnels, et les motivations de chacun resteront longtemps mystérieuses, pour finalement s’avérer insipides. On passe notre temps à attendre une quelconque révélation, mais tout ne sera que déception et futilité. Pire encore, le film entier gravite autour de la chance insolente du héros, tombant sans cesse à l’endroit exact où il trouvera son prochain indice de poids. Très vite lassant, d’autant que les ficelles sont énormes et que l’exagération atteint des propensions ahurissantes, comme la poursuite en avion aberrante suivie d’un sauvetage invraisemblable, aboutissant à un éternel « là au bon endroit au bon moment ». Un scénario fatiguant, facile et débile. La fibre aventureuse ne se fait que trop rarement sentir, la faute à des scènes d’action mal faites, plombées par des incrustations bancales. Les décors laissent la plupart du temps de marbre, sauf pour la dernière partie avec le temple, non sans faire écho à Assassin’s Creed IV et son unique bon passage, quoique sous-exploité. Alors bien sûr, on s’attendait presque à basculer dans une pirouette de science-fiction, mais il n’en sera rien, achevant un spectateur qui ne pourra compter que sur Bébel, la valeur sûre du film, quoique franchement arrogant. Un film qui n’a donc pas franchement vieilli à quelques effets d’accélération désuets près, mais qui est simplement mauvais de base, reposant sur une histoire fainéante qui nous perd peu à peu.

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The Traveler

Le vent soufflait, ma bouche était pâteuse, le soleil brûlait ma peau. Chaque heure qui passait apportait son lot d’illusions, croyant apercevoir à chaque sommet de dune les promesses d’un point d’eau frais et salvateur. Certes, mes réserves personnelles n’étaient pas encore asséchées, mais leur diminution devenait inquiétante. Mais finalement, cette situation était sans nuls doutes plus agréable que celle dans les jungles du Laos, ou du moins dans les bois tropicaux d’Asie, mon sens de l’orientation n’étant pas infaillible et s’en tenir à un plan de pareille ampleur ne pouvait aboutir à la perfection face à tant d’inconnues.

Mon histoire prit place il y a bien longtemps – me semble t-il -, alors que désabusé des amers réalités de la vie, je mit le chemin sous mes pieds, armé d’un simple sac à dos et de modestes provisions. Le principe était simple : faire de ma vie une aventure en partant quêter le frisson de la vie à travers le globe. Tout commença par une barque, peu fièrement volée, qui devait m’emmener en Turquie. Par chance, je ne fut pas parti par delà le détroit de Gibraltar, mais ma destination ne fut pas atteinte : après deux éprouvants jours en mer, mon bateau foula le sol de l’Italie, parcourant péniblement quelques centaines de kilomètres.

S’en suivit alors un périple plus pédestre, tentant de suivre une ligne droite imaginaire entre la République Tchèque et le Laos, qui devait être ma destination, avant une supposée traversée du Pacifique à pied, marchant sur les glaces hivernales séparant la mère Russie des Etats-Unis. Un sacré virage touristique longeant les côtes chinoises et coréennes, mais arrivé en Finlande, la question quant à ma capacité à suivre une direction en ne se fiant qu’à son seul instinct devint problématique. Mais qu’importe, les mois étaient passés et mon endurance était devenue forte, de même que ma motivation personnelle. Je prit alors la décision la plus dangereuse de ma vie : tenter de rejoindre le continent américain en bateau, un véritable challenge physique et mental de longue haleine, requérant une confiance absolue en mes capacités de pêcheur, et demandant aussi des aptitudes de désalinisation d’eau de mer. Mais qui cela intéresse de suivre la survie d’un homme en plein océan, allant jusqu’à se cacher des autres embarcations à l’aide d’un drap bleu foncé, pouvant recouvrir la surface totale de la barque, qui était en réalité un mini voilier de quatre mètres de long.

D’après les journaux des villes de départ et d’arrivée, il semblerait que cette aventure marine fut l’oeuvre de quatre semaines de traversée, le courant et les vents étant particulièrement favorables. Mais encore une fois, la surprise fut mauvaise : mes jungles rêvées du Laos trouvèrent un écho désagréable au Brésil, ou où sais-je encore ? Paraît-il que les jungles du Venezuela abritent des créatures d’une dangerosité redoutable. Sans doutes aurait-je dû révisé ma géographie avant pareille aventure, l’incrédulité des autochtones et mes grands moments de solitudes quant à me repérer au milieu d’endroits inconnus me rendait pessimiste de temps à autre. Mais me diriez-vous, comment un voyage écourté d’Asie et passant directement en Amérique à pu me faire atterrir à la fois dans un désert et dans la forêt du Laos ? L’orientation vous dis-je, cruelle ennemie. Étrangement, mon passage en terres arides ne fut pas le fruit de la diversité climatique des Etats-Unis, et encore moins de la quasi absence de végétation au nord du Mexique. En effet, une journée chanceuse me permis de gagner une vingtaine de dollars arrivée à Chicago après quelques semaines de tourisme à squatter les centres de repas populaires et autre centres d’hébergement. Oh doux pays des clochards ! Mais ainsi, arrivé à Chicago, la lassitude me gagnait et un voyage en Bus pouvait m’amener pour pas cher au Mexique, une occasion sur laquelle je me jeta. Mais on ne la fait pas aux gardes frontières américains, et c’est ainsi que je fut recalé à la frontière, prétextant avoir oublié mon passeport. Heureusement, mon excellent niveau en anglais doublé d’un accent texan aisément reconnaissable me permis de ne pas attirer plus l’attention sur ma situation irrégulière, et je reprit alors un bus direction Corpus Christi, une ville à quelques centaines de miles de Laredo, ville frontalière censée m’accueillir.

C’est alors qu’il m’arriva une très bonne occasion : un boulot de pêcheur sur un chalutier en partance pour les eaux internationales de l’océan indien, au large de l’Indonésie. Un pays voisin du… Laos. Et nous y voilà ! Ah ces pays laxistes, presque dénués de quelconque surveillance des frontières. On se croirait revenu du temps des goulags du film The Way way back, appelé en français Les chemins de la liberté. Un film qui aurait dû m’alerter sur certains dangers de ces lieux que je m’apprêtais à arpenter, mais je retrouvais enfin mon chemin d’origine. Eh oui, j’aurais pu repartir en direction de ma contrée maternelle, mais quand on a une idée en tête, difficile d’en démordre. Car sinon, comment aurais-je pu mentionner les jungles brésiliennes ? En effet, mon chemin, après avoir acquit une boussole, reprit le même tracé originel : Laos-Chine-Mongolie-Russie-Etats-Unis. Ah terribles insectes du Laos, infini et mortel désert de Gobi, froid ardent de Sibérie… Eh bien pas vraiment, non et non. Choix malin, je longea les côtes, esquivant presque toutes jungles, le désert chinois, la Mongolie, et arriva en plein été en Russie, suffoquant de chaleur. Et attendre l’arrivée des gelées hivernales semblait compromit, mais l’envie de voir l’Amérique du Sud était forte. Et c’est là qu’arriva Ivane, mon sauveur, mon bienfaiteur. Après avoir fait sa connaissance dans un bar aux prix défiants toute concurrence, je lui fit part de mon histoire, et il m’expliqua – parlant fortuitement français – que des brésiliens été à le recherche de bûcherons un peu fous prêt à déboiser dans des endroits dangereux.

Il n’a fallut pas attendre mon second jour de travail pour prendre la poudre d’escampette, et déjà le goût de l’aventure me reprenait, bataillant avec des serpents pour trouver une place dans les arbres pour y passer la nuit. J’avais apprit, après avoir fait le ménage dans mon nid, de huiler le tronc et les branches d’en dessous, tout en veillant à ne pas avoir de branches communicante avec d’autres arbres, pour dormir sereinement, sans peur de morsure subite de serpent au poison mortel. Je ne le savais pas encore, mais le Brésil allait être ma toute dernière destination avant le retour au bercail. La tournure des choses a fait que quelques semaines plus tard, je tombais sur un reportage à la télé, dans une langue inconnue bien sûr, mais on y voyait des images de caméra de sécurité de différentes villes américaines, le témoignage du marin-pêcheur de Corpus Christi, de différentes personnes ayant croisé ma route, dont Ivane, et il semblerait que le récit de mon voyage ai fait le tour du monde en ces dernières semaines, des étudiants américain étant tombé par hasard sur un avis de recherche suite à ma disparition du bateau après une escale en Indonésie, effectuant à partir de là une recherche d’ampleur, aboutissant à une multitude de reportages contant mon parcours impressionnant, omettant un peu mes larcins et mes fraudes innombrables. Bref, un portrait flatteur me plaçant sur un piédestal, me qualifiant de « plus grand aventurier du XXI° siècle ». Oh fait, j’en oublierais presque ma quasi mort dans désert ! Une terrible traversée de quatre heures sans croiser nulle âme qui vive ! Eh bien non, pas de traversée de désert, mais avouez que ça vous a mit l’eau à la bouche ! Enfin voilà, appâté par l’envie de me confier sur mon épopée, je me rendu dans la foulée du reportage dans l’ambassade française la plus proche. Je vous épargnerai l’autocongratulation qui en suivie, d’autant que tout le monde doit encore l’avoir en mémoire, mais si je devais ne retenir qu’une seule chose de mon voyage, outre que les serpents c’est pas marrant et qu’une nuit sous les étoiles n’est pas si belle, c’est que peu importe les difficultés que vous éprouvez, même s’il y aura toujours quelqu’un pour vous aider, personne ne peut mieux vous venir en aide que vous-même.

FIN

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Les sous-doués

Les sous-doués
1980
Claude Zidi

Voici une affiche non sans rappeler celle des Bronzés sorti une année plus tôt, que ce soit par le style bande-dessinée des personnages ou le gros logo jaune symbolisant le titre. Une tentative de surfer sur un succès tout frais et populaire d’un film simplement sympathique, véhiculant insouciance et bonne humeur. La clef du succès ? Assurément : avec pas loin de 4 millions d’entrées en France, le film avait alors fait sacrée impression

Réalisé par un seigneur de la comédie française, Claude Zidi, le film met une bande de jeune en proie avec un terrible défi : celui du bac. L’année dernière, leur établissement affichait un taux de réussite record de 0% de réussite au bac, pointant du doigt une direction trop laxiste ou bien complètement incompétente. Les choses doivent changer et tous les moyens sont bons pour remettre cette jeunesse désabusée dans le droit chemin. Fini la prof de sport sexy, bonjour le géant du nord ; adieu cigarette aux toilettes et farniente en classe avec des stratagèmes finement pensés. Mais avec Bébel (Daniel Auteuil) à la tête de la résistance des lycéens, fier quadruplant de terminale, le combat sera ardu.

Avec les épreuves du bac qui avancent à grand pas, les chaînes de télé en profitent pour rediffuser ce classique populaire de la grande époque du cinéma français. Un succès d’antan qui sonne aujourd’hui presque comme un malentendu tant le niveau est faible. Pas grand chose à se mettre sous la dent mise à part Bébel, seule vraie star du film avec Michel Galabru, campant un gendarme un peu balourd. La plupart des gags du film sont invraisemblables et tombent à l’eau faute de cohérence, mais il est vrai que le film marque occasionnellement quelques bons points. On notera ainsi le gag efficace de début sur la jouissance de l’échec, ou encore tout ce qui tourne autour de l’inconscience des élèves – notamment niveau sexualité -, se transformant bien souvent en joie de vivre. Une bonne ambiance donc, malgré des lacunes évidentes du point de vu scénaristique. Comme on dirait, ça fait passer le temps.

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La Vénus à la fourrure

La Vénus à la fourrure
2013
Roman Polanski

Une réputation, ça vous précède. Sorti en pleine relance sur la polémique de la pédophilie avérée de Roman Polanski, le film se heurta à l’indifférence générale malgré des critiques excessivement bonnes. Petite revanche sur son flop en salles, le réalisateur peut néanmoins se targuer d’avoir obtenu le César du meilleur réalisateur, chose pourtant étrange sachant qu’il s’agit d’un huis clos.

Transposition d’une pièce de théâtre adaptée du livre éponyme de Leopold von Sacher-Masoch, précurseur et inventeur du masochisme, le film consiste justement en une pièce autour du livre, ou plus précisément d’une audition qui tourne à la répétition. Terriblement en retard à son audition, Vanda (Emmanuelle Seigner), une niaise vulgaire, va réussir à arracher une audition à son auteur / metteur en scène Thomas (Mathieu Amalric). Ayant accepté par pitié et pour se débarrasser d’elle, il va tomber des nus en constatant le talent d’actrice qui l’anime, sa justesse et son naturel.

Deux grands comédiens qui donnent vie à un texte, on connaît la jouissance que pareille élévation spirituelle peut apporter avec des films comme Alceste à Bicyclette, mais l’effet est ici décuplé. Brillant de bout en bout, le texte de cette pièce offre des dialogues inspirés et percutants, alimentés par les excellents acteurs, portés par une tension sexuelle et une aura quasi mystique. Et c’est là que le film fait très fort : il nous amène de surprise en surprise, laissant découvrir progressivement chacun des personnages tout en ajoutant un peu plus de mystère à chaque pas. On s’étonne, on se ravit, on jubile des messages à double sens, portant peu à peu le film dans le fantastique tant ce qui se joue sur cette scène improvisée est magique. Une exceptionnelle idée de départ formidablement amenée, mais on atteint rapidement le climax et la logique s’installe, rendant la suite plus monotone, prévisible. L’émerveillement se terni pour finir simplement dans la continuité des choses. Assurément un très bon film à l’interprétation implacable, à l’histoire passionnante et dont la construction subjugue, même si on émettra quelques réserves sur la seconde moitié moins percutante.

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Liberal Arts

Liberal Arts
2012
Josh Radnor

Décidément ancré dans le cinéma d’auteur pour des films indépendants ne sortant qu’en anglais dans une poignée de pays – mais jamais en France où il n’a même pas eu droit à une sortie DVD -, Josh Radnor signe donc son second film après l’intéressant et étrange Happythankyoumoreplease. Toujours obsédé par son personnage de loser lunatique qui revendique sa différence, avec l’éternel New-York qui plane au dessus de toutes ses œuvres, l’acteur / réalisateur / scénariste livre un film plus abordable, bien que dans la droite lignée de l’ambiance surréaliste-dépressive précédemment instaurée.

Chargé du recrutement des étudiants d’une université, Jesse (Josh Radnor) ne travaille qu’une petite partie de l’année, se morfondant le reste du temps à lire des livres profonds et intellectuels. À 35 ans, il était temps de subir un électrochoc pour se bâtir une meilleure vie, et c’est alors qu’arriva Peter (Richard Jenkis), un de ses anciens professeurs de faculté avec qui il avait bien sympathisé, et qui l’invita à sa fête d’adieu, prenant sa retraite. Une journée au cours de laquelle il fit la rencontre de Zibby (Elizabeth Olsen), la ravissante fille d’un couple d’amis venus à la soirée et qui entre en seconde année d’université. Une très agréable rencontre qui aurait pu en rester là, mais c’était sans compter sur Nat (Zac Efron), un illuminé qui a réussi à le persuader à aller à une fête de jeunes, où il recroisa Zibby. Un fait du destin pour une alchimie évidente, mais difficile d’oublier les 16 ans d’écart entre eux.

Un homme en proie avec la crise de la quarantaine, une idylle avec une jeune fille : la référence au classique Manhattan est plus que flagrante. Mais la grande différence c’est que l’homme est un peu moins vieux, et que la fille est majeure, rendant les choses plus normales et surtout légales. Néanmoins, le film est nettement moins écrasé par New-York, « the greatest city in the world », et le film aurait presque tendance à en prendre le contre-pied, affirmant les talents du réalisateur débutant avec un style beaucoup plus enchanteur pour les passages dans l’Ohio. Une réalisation qui aide beaucoup à la poésie du film, accordant plus que jamais de l’importance à la couleur de la nature et au reflet de l’âme humaine dans le regard. Un style qui s’affirme et qui ravit. Mais plus qu’une ambiance, le film livre une belle histoire attendrissante portée par de très bons acteurs, et le scénario est particulièrement bien aidé par la mise en scène magique qui donne de l’importance à chaque chose, si bien qu’on ne peut jamais dire qui sera récurrent et qui n’est que de passage. Néanmoins, à force de prendre le contre-pied de tout, le film se tire un peu une balle dans le pied par moments, et en résulte quelques déceptions d’envergure, laissant au final un petit goût d’amertume. Josh Radnor prouve définitivement son talent d’acteur et de réalisateur, même s’il reste beaucoup à faire du côté de l’écriture, mais le potentiel est assurément là.

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En Solitaire

En Solitaire
2013
Christophe Offenstein

Ah que c’est beau un grand voilier majestueux, la puissance de la mer et le courage d’un homme face à la solitude et la violence des flots. De toutes les courses de bateaux, la plus connue et prestigieuse est indubitablement le Vendée Globe, une course de près de trois mois avec des concurrents menant seuls leurs navires. En solitaire donc. Dans le film, on suivra le trajet mouvementé de Yann (François Cluzet), remplaçant au pied levé Franck (Guillaume Canet), célèbre skipper ayant dû renoncer à la course pour cause de blessure, et accessoirement frère de la femme de Yann (Virginie Efira). Mais après un démarrage fulgurant, Yann dut s’arrêter pour réparer une pièce endommagée, et une fois reparti un problème plus grave encore fit surface : un passager clandestin…

Et là, c’est le drame : voilà qui résume bien le film. De bons acteurs, une bonne réalisation, un Vendée Globe passionnant, le frisson de l’aventure, du danger : tout pour un grand film. Mais non, premier virage première bourde, et une sacrément handicapante. Un connard d’immigré qui vient foutre la merde dans la course, menaçant plus d’une fois le héros de l’exclusion, car rappelons-le, la solitude du skipper à bord du voilier est une contrainte inviolable sous peine de disqualification. Et voilà un personnage aussi vide que chiant qui vient spammer la course, ruinant presque tout le film de par son caractère dédaigneux et égoïste, et surtout ses manifestations présentielles détestables. Reste dans ton coin bordel ! C’est d’autant plus dommage que le film avait un potentiel énorme et qu’au détour d’un sauvetage de participant ou d’interactions téléphoniques avec Jean-Paul Rouve, on se rend compte de la foultitude d’idées brillantes qui peuvent faire rebondir l’histoire. Mais au lieu de ça, le film se concentre sur une idée complètement néfaste qui ruine méchamment une expérience pourtant prometteuse et immersive.

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Du sang et des larmes

Du sang et des larmes
2014
Peter Berg

Après les bouchers américains qui rasèrent des villes entières durant les guerres mondiales sans compter toutes leurs manipulations de l’opinion publique, après la dépravation et les dérives de la guerre du Vietnam (armes chimiques, usage de drogues expérimentales, viol de masse sur la population locale, …), les américains ont encore fait très fort avec leurs guerres post 11 septembre, notamment en Afghanistan. Alors bien sûr, avec des villages massacrés et d’innombrables vidéos circulant où des talibans supposés sont humiliés voir exécutés, la riposte s’est fait sentir. D’une guerre à une autre, le réalisateur de Battleship va donc nous conter l’histoire vraie d’un régiment de l’armée américaine durant la guerre d’Afghanistan.

C’était durant l’été 2005, une opération baptisée « Red Wing ». Le but était simple : s’infiltrer dans les montagnes surplombant un village, identifier le chef des rebelles islamiste et le tuer sans somations. Ainsi, le commandant Kristensen (Eric Bana) a envoyé une escouade (Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Emile Hirsch et Ben Foster) sur place, mais les choses ont mal tourné. Posté dans les montagnes attendant la bonne occasion de frapper, le groupe fut repéré par un paysan et ses deux fils. Que faire ? Les laisser repartir et annuler l’opération comme le dicte leur charte, ou les tuer pour sauvegarder l’intégrité de la mission ? Guidés par la morale, ils vont choisir de les libérer, relâchant sur eux près de 200 talibans armés jusqu’aux dents et qui n’ont plus à rien à perdre.

« Bande de cons » serait-on tenté de dire. La technique américaine classique ? Bombarder comme des porcs et détruire tout ce qu’il y avait en dessous sans distinction. Pas étonnant alors de voir un tel déchaînement de violence de la part des radicaux d’en face. Donc faire le choix d’en libérer trois, c’était juste un suicide collectif. Et après tous les clichés du monde corroborés par l’intro et surtout le discours alarmiste de Alexander Ludwig, la nouvelle recrue, difficile de partir confiant sur cette histoire. Mais ça serait sous-estimer le réalisateur, déjà très percutant dans son dernier film. En plus de proposer un casting assez hallucinant, il arrive à instaurer un climat de tension franchement prenant, et la réalisation négocie très bien l’immersion sans passer par la caméra à l’épaule épileptique, trouvant un bon compromis dans la dynamique des mouvements et la durée très courte de certains plans. Au final la fluidité est très bonne et le réalisme optimal : une véritable plongée au cœur de la guerre. Un film ultra patriotique certes (il n’y a qu’à voir : près de 84% des recettes mondiales du film proviennent des Etats-Unis), mais le résultat n’en reste pas moins solide.

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Mai 2014

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Red Turtle

Salutations amis internautes, le 15 mai dernier j’ai rejoint les Mots à la Bouche et j’ai participé à leur spectacle au café théâtre du Red Turtle. Et voici enfin la vidéo avec une petite présentation maison : https://www.youtube.com/watch?v=Uv37m3evFno

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