L’Heure du crime

L'Heure du crime
2010
Giuseppe Capotondi

Si le monde du cinéma se porte mieux que jamais, spécialement en Asie où les parts de marché doublent chaque année, certains pays sont fortement rattrapés par la crise. Si la Grèce a perdu plus de la moitié de ces salles et accuse 70% de chute de fréquentation, l’Espagne et l’Italie sont elles aussi au point de rupture. Voici donc probablement l’un des derniers représentant local de la Mostra de Venise.

Après nous avoir montré un magnifique suicide, le film nous laisse avec la pauvre femme de chambre (DSK où te cache-tu ?) qui a assisté à la scène : Sonia. Pour se consoler, elle ira faire un peu de speed-dating, lui permettant de rencontrer le beau Guido. Entre eux, c’est le coup de foudre . Et pour sceller leur amour, Guido décide de sortir le grand jeu : lui montrer le majestueux parc de la demeure où il officie en tant que chef de la sécurité. Et pour se faire, il coupe l’alarme des jardins. Grosse erreur : un groupe de malfaiteurs leur tombe alors dessus. Résultat, une maison dévalisée, un coup de feu tiré et un réveil difficile pour Sonia.

Le film peine vraiment à démarrer et on ne voit pas bien où ils veulent en venir. Le petit casse survient enfin mais la suite sonne faux, incohérent, farfelu. Alors oui, c’est pour le moins inattendu. Mais à quoi bon quand la crédibilité n’est plus ? Puis finalement, vingt minutes avant la fin, le film effectue un coup de maître : retournement de situation intelligent, implaquable et qui rend les évènement antérieurs beaucoup plus recherchés. Et finalement on se rend compte de la solidité du film mais aussi de ses limitations : on reste dans du grand classique. On aurait pardonné volontiers ce détail s’il ne faisait pas parti d’un tout incluant des acteurs pas tellement convainquant et surtout un dynamisme digne d’un vieillard croulant. Du coup, on est tiraillé entre ennui persistant et brillant travail d’écriture.

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Sand of Chaos

Premiers pas dans le monde de la musique :
http://www.youtube.com/watch?v=S7VbCl_DmuY&feature=g-upl

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Le Château ambulant

Le Château ambulant
2004
Hayao Miyazaki

Grand maître du cinéma japonais, Hayao Miyazaki a toujours écrit lui-même ses propres histoires en s’inspirant parfois de contes et autres histoires locales comme l’ont fait bien d’autre avant lui, tel les frères Grimm. Mais pour la toute première fois et seule fois depuis, le génie de l’animation porté par son Oscar du meilleur film d’animation pour Le Voyage de Chihiro, qui échappa malheureusement à celui-ci, s’est attelé à l’adaptation du roman Archer’s goon de Diana Wynne Jones, qui lui aura valut une nomination aux Annie Awards pour le meilleur scénario. Un choix des plus justifiés quand on voit à quel point les univers se marient bien.

Dans un contexte de guerre meurtrière entre deux royaumes voisins, le peuple est déchiré et ne comprend pas les motivations des différents partis, qui se contentent de bombarder les zones ennemies. En plein boom industriel, les navires et avions de guerre font face à l’armée de sorciers de la reine Suliman, bien décidée à remporter la guerre. Et au milieu de tout ça, une jeune artisane du nom de Sophie croisera le chemin de Hauru, le plus puissants de tout les sorciers. Son passage ne fut que furtif mais lui valut tout de même les foudres de la sorcière des Landes, ancienne amoureuse de Hauru, qui se vengea en lui jetant un sort : la vieillesse. Cloîtrée dans un corps délabré et faible, elle trouvera refuge dans le château ambulant, demeure mystique de Hauru.

Très loin d’un mignon et féerique Kiki la petite sorcière, ce film se situe clairement dans les sombres Miyazaki. L’ambiance est pesante et le ton est beaucoup plus dramatique et sérieux que à l’accoutumée. De ce fait, les plus jeunes sont mit à l’écart d’emblée, bien que le film ne se montre pas d’une extrême violence. Néanmoins, le réalisateur japonais n’en reste pas moins fidèle à lui même avec ses personnages ultra-travaillés et ses extravagances si particulières. Le fantastique prime toujours et la réalité se confronte aux créatures mythiques et bien d’autres esprits relatifs à la culture traditionnelle du pays du soleil levant. Sa patte est bien là mais pour trancher avec son style habituel et pour souligner la force de l’histoire, un effort hallucinant a été fourni pour rendre les décors plus vrais et sublimes que jamais aucun autre film d’animation n’a réussi à égaler. On emmétra par contre quelques réserves sur l’histoire, certes solide mais un poil trop classique comparée aux autres productions de son créateur. Au final, le film est esthétiquement parfait – avec d’ailleurs une musique très belle dont on reconnaîtra le style ayant œuvré sur d’autres projets similaires – et on se prend facilement à cette histoire / romance très spéciale mais qui ne nous emportera pas autant qu’espéré.

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Tell Tale

Tell Tale
2010
Michael Cuesta

Les sources d’inspirations tablent souvent dans la littérature avec plus ou moins de maladresse, de saccage et de liberté. Et une fois n’est pas coutume, c’est la nouvelle Le cœur révélateur de Edgar Allan Poe qui se voit « honorée » d’une adaptation cinématographique.

Le film prend donc place au moment d’une greffe de cœur, qui sera le personnage central du film. Dans une famille endeuillée par la mort de sa mère et dont la fille souffre d’une maladie dégénérative des muscles lui donnant moins de 40 ans d’espérance de vie, une bonne nouvelle fit enfin son apparition : le père mourant (Josh Lucas) est sauvé par une transplantation de cœur. Mais très vite la joie laissera place à la peur et à la colère. L’ancien propriétaire du cœur le pousse à la vengeance et lui ordonne de tuer toutes les personnes responsables de son meurtre et de celui de sa femme, présente à ce moment là. Et impossible d’y résister…

Kiiichhhh… Kouuuu. Je suis ton cœur ! Dire que le scénario est d’une connerie affligeante serait encore très loin de la vérité tant on plonge des les méandres de la bêtise. On veut y croire au début et on se dit qu’il se trame quelque chose d’énorme, d’incroyable ! Le suspense monte et enfin le voilà : la scène de fou furieux qu’on espérait ! Il retrouve l’homme qui lui aurait donné son cœur et pourtant, il est vivant ! L’intrigue va être exceptionnelle : cet homme est en fait un mutant doté de fabuleux pouvoirs de régénérations et lui aussi va hériter de ses pouvoirs ! Mais non, il s’agit d’une minable enquête policière avec un pauvre Brian Cox qui n’aura même pas le droit à une vraie présentation et sa présence est sujette à d’innombrables incohérences. L’histoire décevra au plus haut point et n’arrivera pas à montrer un semblant de logique et se contentant d’enchaîner les meurtres. Et avec des acteurs tout juste acceptables pour du téléfilm et un rythme catastrophique, on obtient pas grand chose de bien passionnant. Mais peut-être qu’une personne sans aucune imagination et ne cherchant pas à comprendre ce qu’il regarde pourra apprécier le film, qui sait.

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Total Recall

Total Recall
2012
Len Wiseman

Douze ans après le cultissime film Total Recall qui avait impressionné par sa cohérence et son ambiguïté permanente et surtout son implaquable logique scientifique, le créateur de la saga Underworld, Len Wiseman, revisite l’œuvre de Philip K. Dick. Si ses films ne sont pas catastrophiques, il faut tout de même reconnaître que chacun de ses passages dans une saga est synonyme de piètre qualité. Mais bon, avec un aussi bon sujet et 125 millions $ de budget, ça ne peut être qu’énorme ?

Si fondamentalement l’histoire reste là même, le contexte change radicalement dès le début : exit Mars. Suite à des guerres bactériologiques, l’atmosphère d’une grande partie de la planète est devenue irrespirable. Tous sauf l’Angleterre, un bout de la France et une colonie : l’Australie. Et comme pour Mars, cette colonie est aussi sujette à une révolte menée par un certain Matthias (Bill Nighy). Lâché dans ce contexte pesant, Douglas Quaid (Colin Farrell) mène tranquillement sa vie d’ouvrier avec sa femme (Kate Beckinsale). Mais tout cela ne lui convient pas et il rêve d’être quelqu’un qui compte, qui pourrait changer l’équilibre des choses. Malgré les risques cérébraux, il ira tout de même à Rekall, une société de rêve, pour tenter d’y voir plus clair. Il commande alors une vie d’agent secret double où il reverrait la fille de ses nuits : Melina (Jessica Biel).

Là où le premier film nous laissait avec un décalage pour créer une ambiguïté sur la situation – est-il entrain de rêver ? -, le film nous laisse clairement entendre que tout est réel sans jamais en démordre. Même la fin, clairement ouverte dans le premier, ne laisse pas bien de doutes quand à la situation. Et si fondamentalement la trame est respectée, un gros faussé sépare les deux version : la science. Alors que la mission martienne était inattaquable tant sa cohérence était parfaite, on assiste ici à du grand n’importe quoi. Mars n’est pas crédible, qu’à cela ne tienne, l’action se déroulera dans un monde post-apocalyptique où les zones d’air sont immuables et où la Terre est traversable. En effet, pour passer de la Grande Bretagne à l’Australie, les personnes empruntent une sorte de métro qui passe par le centre de la Terre, soit un tunnel de plus de 6000 km qu’ils parcourent en 17 minutes, soit plus de 21 000 km/h, surtout si on prend en compte l’improbable « changement de pesanteur ». Pourquoi utiliser des avions quand on peut forer un tunnel aussi long et le recouvrir de métal supportant le cœur en fusion de la planète ? En tout cas, escalader le transporteur à cette vitesse ça doit piquer au niveau des bras. Et puis bon, une atmosphère toxique qui respecte les zones habitables et qui nous laissent tranquille dès qu’on a un masque (pas de virus s’attaquant aux blessures, pas de ça chez nous !), c’est quand même vachement sympa. Ah la la… Et quitte à balancer autant d’argent, pourquoi faire un film aussi moche ? Y’a quand même mieux que de vilaines favelas surpeuplées sous la pluie. Et niveau originalité pour la colonie, on repassera. Côté acteurs, c’est juste lamentable, particulièrement Kate Beckinsale qui est insupportable. Le casting est agréable à l’œil mais question du jeu, c’est autre chose… Heureusement, ça reste très Hi-tech, et par moment visuellement beau, et la dose d’action permet de ne pas sombrer dans l’ennui. Et encore, ça reste en deçà de son modèle. En fait, le film est même pas trop mauvais niveau divertissement. Le problème, c’est quand on le compare avec son prédécesseur. De ce point de vu là, le film n’est pas justifiable.

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Puncture

Puncture
2011
Adam Kassen, Mark Kassen

La véracité est une qualité qu’on recherche en toute œuvre cinématographique, que se soit pour la cohérence de l’histoire ou le naturel des acteurs. Du coup, quand on tombe sur une histoire vraie, on ne peut que se réjouir de l’apprendre. Mais toute histoire est-elle bonne à raconter ?

Après le vendeur de Viagra dans Love, et autres drogues, on aura droit ici à Mike (Chris Evans), un avocat chargé de faire adopter aux hôpitaux des seringues à usage unique. Il se trouve qu’il y a quelques années les seringues sont passées du verre au plastique pour des raisons de coût. En résulte un matériel non stérile et dont la maladresse fait que 800 000 infirmières américaines se piquent par inadvertance chaque années, soit plus de 85% des effectifs. L’aiguille ayant pu être en contact avec des patients atteint d’hépatite ou du Sida, des milliers d’entre elles se retrouvent contaminées, au même titre que certains médecins. La crise est grave et serait aussi responsable de 80% des contaminations du sida en Afrique. Une compagnie a donc fabriqué et breveté des seringues à usage unique avec aiguille rétractable, activée après utilisation. Cette solution, certes cher, endiguerait beaucoup le problème, mais les grands groupes pharmaceutiques font barrage, y voyant là des pertes financières énormes.

Le suspense quand à la victoire de la démarche n’est pas des plus insoutenable puisque personne n’en a entendu parler. De ce fait, l’affaire à beau être bien ficelée et chaque point maîtrisé, le suspense nous échappe. Quel serait donc l’intérêt du film ? Aura t-on droit à du bétonnage à la Défense Lincoln ? Non. Des acteurs excellents ? Chris Evans s’en sort à peu près, les autres sont tout juste potables. Une fin incroyable avec un procès finalement gagné et une mise en circulation surprise pour 2013 ? Du tout. Et pire encore, tout en restant incroyablement prévisible, le film trouve le moyen de lâcher son meilleur élément. La mise en scène est donc dynamique et le film se suit très bien, surtout grâce au charisme de son héros, mais on n’accrochera jamais vraiment à cette histoire perdue d’avance.

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Total Recall

Total Recall
1990
Paul Verhoeven

Alors qu’aujourd’hui même sort dans nos salles de cinéma le remake / réadaptation, que j’irai d’ailleurs voir samedi, il est important de revenir aux sources pour mieux en appréhender ses qualités et ses défauts. Ça aurait été bien aussi de lire la nouvelle de Philip K. Dick dont les films en sont l’adaptation, mais encore faut-il l’avoir…

Le film prend place en 2048 sur Terre. Douglas Quaid (Arnold Schwarzenegger) vit paisiblement avec sa femme Lori (Sharon Stone) et il devrait être heureux mais non… Son métier de maçon l’ennui et il ne rêve que de Mars, mais rien à faire : sa femme ne veut pas y aller. Il contacte donc une société de rêve appelée Rekall qui se targue de proposer des souvenirs de voyages plus vrais que nature. Quaid désire donc y acquérir une inoubliable expérience martienne avec un petit supplément piquant : une aventure d’agent secret où, accompagné d’une belle brune sportive, il sauvera le monde ! Mais durant l’implantation un problème est survenu. Son cerveau était bidouillé et il semblerait que non seulement Mars ne lui est pas étrangère, mais qu’en plus un grand marchand exploitant la planète lui a effacé la mémoire pour qu’il ne vienne pas entraver ses plans. Tout autour de lui est fictif : ses amis, sa femme, sa vie. Qui est-il ? Pourquoi est-il en vie ? Une seule chose à faire : se rendre sur Mars.

Le film commence de façon assez inquiétante : Quaid rêve qu’il meure sur Mars dans d’atroces souffrances. On notera d’ailleurs le côté lamentable de cette scène tant les effets spéciaux sont mal faits, chose d’autant plus surprenante que le reste du film est impressionnant pour l’époque. Heureusement, le film nous montre directement le degré d’élaboration de ce monde futuriste, et un peu utopique vu le contexte actuel. Encore est-il que mise à part des acteurs globalement pas bons, surtout Schwarzenegger plutôt calamiteux, le scénario est très solide et tout s’enchaîne de façon dynamique et intéressante entre quelques scènes psychologique (à l’hôtel sur Mars avec le négociateur) et d’autres rythmées par de bonnes bastons au flingue. Le côté rétro est très prononcé aujourd’hui mais on s’y fait encore très bien. Et avec quelques rebondissements et une fin à la fois réussie et ambigu, on passe un très bon moment. Le temps a passé mais le film reste une référence de la science-fiction.

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Jennifer’s Body

Jennifer's Body
2009
Karyn Kusama

Le film d’horreur est sans doute le genre le plus difficile à appréhender. Nombreux sont ceux à massacrer le film car il est trop violent ou pas suffisamment, discrédibilisant la critique de chacun. Que ce genre de films obtienne ou non des notes corrects n’est en aucun cas représentatif de sa qualité. Son semi-échec au cinéma n’est en rien une surprise puisque c’est le cas de quasiment tout les films d’horreur. C’est donc l’esprit tranquille qu’on peut lui donner sa chance.

Dans le film, on suivra deux lycéennes proclamées meilleures amies pour la vie : Jennifer (Megan Fox) et Needy (Amanda Seyfried). Une longue amitié qui dure depuis le bac à sable et si Jennifer est une chearleader très populaire et Needy plus réservée se contentant de son Chip (Johnny Simmons), leur attache est toujours aussi forte au point de développer une forte empathie. Mais leur vie bascula un soir alors qu’elles assistaient à un concert dans un bar. Les flammes se répandirent dans tout l’établissement, tuant des dizaines de personnes. Choquée par la situation, Jennifer va être kidnappée par le groupe de musique souhaitant sacrifier une vierge au diable pour connaître gloire et fortune. Mais bien évidemment, elle était loin de l’être et le rituel la transforma en démone. Et pour survivre et garder force et beauté, elle devra se repaître d’entrailles humaines !

Comme c’est souvent le cas dans le cinéma d’horreur, on nous sert le film sur fond de comédie, avec aussi ici une forte propension au fantastique. L’ambiance du film est donc toute particulière et bien qu’on a conscience que ça n’est pas très original, le résultat est un incroyable vent de fraîcheur sur un genre en perdissions. L’humour est fin et fait mouche systématiquement (la scène au lit est à mourir de rire) et chaque passage est nuancé par un acte d’une rare violence. Le film fait très fort en nous attirant par le charme fou de Amanda Seyfried et la beauté brutale de Megan Fox tout en nous faisant sursauter par sa transformation et autres apparitions ténébreuses. Le film est par moment parodique mais c’est justement ça qui est bon et le jeu des actrices n’en est que plus logique. C’est du grand n’importe quoi sexy, gore, envoûtant, terrifiant, drôle et triste. Un mixe improbable entre un teen-moovie et Hannibal. Certains n’y adhéreront pas et c’est bien dommage car il s’agit clairement d’un coup de génie qui vaut le détour.

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Illusion of Time

Illusion of Time
1993

Considéré à tord comme la suite de Soul Blazer, le jeu ne fait que partie d’une trilogie de jeu produits par la même équipe sur Super Nintendo qui s’acheva par Terranigma avec à chaque fois un univers et des personnages différents. Néanmoins, le jeu ayant connu un franc succès à l’époque, il connu un préquel trois ans plus tard sur Playstation : Brightis. Son vide graphique et ses modélisations 3D affreuses le condamneront malheureusement à l’oubli et sera privé de sorties étrangères. Mais il faut bien dire que les excellents RPG étaient légion sur cette console avec notamment Tales of PhantasiaFFVI, Secret of mana, sa suite et son alter-ego, sans oublié le légendaire Chrono Triggers.

Graphismes : 16/20

Le moteur du jeu est assez classique avec une vue de dessus plutôt bien choisie qui permet une lisibilité bonne. D’un point de vu purement technique, les environnements ne sont pas très détaillés mais le résultat est tout de même propre. On regrettera cependant le manque de variétés au sein d’un donjon / ville car cela ne fait pas honneur aux efforts d’originalité. En effet, les lieux visités sont aussi rares que beaux entre des ruines, une pyramide, des grottes, la muraille de Chine, une forêt de champignons et bien d’autres endroits à l’architecture magnifique. Pour ce qui est des personnages, les modèles sont généralement laids exceptions faites du héros Paul et de sa forme Chrysaor et à la limite Likéfia, mais on aurait pu faire tellement mieux… Même les boss sont du recyclé : douze mais seulement sept différents. Le potentiel graphique du jeu était colossal mais le résultat est à peine beau et ne fait clairement pas parti des meilleurs de la console.

Jouabilité : 14/20

Le mot ergonomie leur est totalement étranger. Sur les boutons X, Y, A et B, seuls A sert pour frapper et B pour utiliser un objet équipé avec Select. L et R servant à attirer des grenats ou exécuter un combo. Et ce fameux bouton B sera votre pire ennemi durant le jeu tant le réflexe de l’utiliser pour courir est persistant. À la place, il faudra appuyer deux fois sur une direction puis maintenir cette direction. Autrement dit il est impossible de courir en tournant. Ça aurait été si compliqué de programmé une touche de plus ? On pestera aussi contre le menu Select particulièrement indigeste et qui limite votre inventaire à 15 objets. Sachant que bon nombre d’objet ne vous servent qu’une fois mais que par peur de faire une connerie on n’ose pas les supprimer, cela vous encombre dangereusement, surtout quand on attend une ville depuis trois plombes car on a huit rubis de feu sur sois ! Et du coup on se retrouve à utiliser une herbe, seul objet du jeu à vous remonter un peu la vie (10 PV sur un total pouvant aller jusqu’à 40, ou 39 si on a raté le putain de pot à Freesia) et qui ne se trouve ni à acheter ni à gagner dans un mini-jeu car il n’y a pas d’argent ici ! Et quand on utilise Paul et qu’on se fait pourrir par les ennemis car il a une allonge minable, qu’il frappe moins fort que les deux autres, que sa défense est à la ramasse et que ses pouvoirs sont inutilisables en pleine action, manquer d’Herbe est un luxe impensable. Et tout cela devient une véritable purge dans la mission, déjà impossible à faire sans jouer avec la soluce à côté pour ne manquer aucun des 50 rubis de feu, de Samuel le bijoutier qui se ramènera à la fin d’une map bourrée d’ennemis surpuissants vous ruinant votre barre de vie qui ne remontera pas puisqu’il n’y a pas de passages vers Gaïa ! Et là vous vous retrouverait face à un boss ultra-hardcore en mode Paul qui devra sacrifier 5 PV pour espéré lui infliger 3 de dégât, et c’est un minimum puisqu’avec les tapis au sol vous pouvez vous mangez son bras et ainsi perdre 10 PV, sachant que vous avez tout les deux 40 PV, autrement dit dans le meilleur des cas il vous faudra cinq Herbes ! Soit la moitié de toutes celles disponibles dans le jeu ! Et à moins d’être une brute et de battre chaque boss sans Herbes et de ne pas trop en avoir besoin face à Cleopatra et autre Comète, tout doit être calculé à l’Herbe près pour finir le jeu ! La progression en force / défense / vie se faisant en ayant vaincu tout les ennemis d’une zone, il est primordial de ne jamais en raté un seul. Le jeu n’est pas non plus incroyablement dur mais ne pouvant parer les coups, il faut tuer chaque boss en bourinant comme un fou en espérant pas crever avant lui. Frustration et patience sont donc de mise.

Durée de vie : 12/20

Le jeu n’étant que de la ligne droite et ne pouvant jamais revenir en arrière, on ne fait que tracer. Et selon votre talent, il faudra compter entre 10 et 15 heures pour en venir à bout, sachant que la seule mission annexe est la quête des rubis de feu et que soit vous les avez trouvés et dans ce cas rajoutez 10-15 minutes, soit vous pleurer / trichez. Mon record personnel sans manuel étant de 36 rubis, espérer avoir les 50 sans n’est que folie.

Bande son : 16/20

Sans particulièrement marquer, les musiques du jeu sont vraiment splendides et on se hissent parmi les meilleurs de l’époque. Par contre, si la plupart des donjons importants ont leur propre musique, toutes les villes sont rythmées par la même mélodie. De même, plus de variantes côté combat / boss auraient été appréciable.

Scénario : 7/20

Un jeune enfant prénommé Paul part à l’aventure avec une princesse et quatre copains, qui seront rejoint par la suite par une autre fille et le cousin de Paul. Et tous ensemble se dirigent vers la tour Pendémon où serait mort le père de Paul pour mettre fin aux agissements d’une comète hantée par un esprit maléfique. Yeah, tous ensemble allons sauver la Terre ! C’est affligeant… Les missions s’enchaînent sans aucunes corrélations et les explications sont ridicules. Rien ne tient la route entre des vampires sortis d’on ne sait où, ou encore une muraille de Chine à priori hors-sujet puisque le jeu se déroule durant l’antiquité ou truc dans le genre. Mais vu la carte et la cinématique de fin, ça devrait même être antérieur à l’humanité. Il faut néanmoins reconnaître au jeu que certains thèmes abordés sont osés tels la mort d’enfant (Jonas puis Paul et Flora), l’handicape (père de Luc) et bien sûr l’esclavage, thème phare du jeu. On aurait pu passer outre l’absence d’originalité et le couac historique si la fin n’était pas si mauvaise et bâclée. Entre le père qui donne des explications pitoyables, une comète de chez n’importe quoi et nos deux héros qui meurent pour se retrouver dans une autre vie sans qu’on sache ce qu’il est advenu des autres, ça gâche…

Note Globale : 15/20

Quand le jeu est à l’arrêt, on constate sa beauté graphique et la grâce de sa musique. Puis on découvre un système de combat bien fichu avec une invention géniale : incarner d’autres guerriers en changeant d’apparence. Le jeu nous résiste comme il faut et les portails vers Gaïa sont suffisamment nombreux pour ne pas trop galérer. L’espoir nous gagne et avec son ambiance bonne enfant, le jeu est des plus plaisant. Mais très vite, c’est le drame : les combos sont lents et difficilement exécutables et courir est tellement laborieux que ça rend certains passages chaotiques. Puis finalement les musiques se répètent et les donjons s’enchaînent sans liens véritables et l’histoire nous dévoile tout son vide. La déception est forte et même si le plaisir de jouer est bien là, on déplore la qualité du jeu effective par rapport à son potentiel. Et avec une fin à proscrire du prosac à la tonne, le jeu ne tient clairement pas la comparaison avec les autres grands jeux de l’époque.

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The Divide

The Divide
2011
Xavier Gens

Réalisé par le frenchy-américain Xavier Gens, qui n’a d’ailleurs jamais tourné en français, le film connu une distribution catastrophique. Annoncé en décembre 2010, le film se destinait à sortir en mars 2011. La sortie n’eu finalement pas lieu et on n’en entendit plus parler que par l’intermédiaire des festivals jusqu’en novembre où il fut listé pour 2012 avec une bande-annonce retravaillée. Mais finalement aucun cinéma, même aux Etats-Unis, ne proposa le film, qui sorti banalement dans nos bacs à DVD en juin dernier. Trop de violence ?

Voulant probablement surfer comme tout le monde sur la vague « fin du monde », le film commence sur une immense explosion qui souffle New-York. On suivra la survie de quelques huit rescapés dans le bunker de leur immeuble. – Avec parmi eux Rosanna Arquette, Lauren German et Milo Ventimiglia. – Craignant des retombées radioactives, la porte capitonnée se doit de rester scellée. Mais dès le deuxième jour, plusieurs individus hautement protégés forcent la porte pour kidnapper une jeune fille, l’occasion de constater deux choses : la ville est détruite et personne ne leur viendra en aide. Peu à peu, et alors que les provisions se raréfient, tous succombent à la folie…

L’idée d’un huis-clôt n’est pas des plus originales, celle de la fin du monde encore moins. De plus, plusieurs faits viennent entacher le réalisme du film. En effet, le propriétaire du bunker précise lui-même que l’aération a été coupée et il bouche en plus la porte par du ruban adhésif. Alors comment diable font-ils pour respirer ? Admettons que l’endroit fasse 200m², la réserve d’air pour huit personne ne serait même pas de 24 heures ! Alors des semaines… Plus encore, d’où vient leur électricité ? Non parce qu’un générateur à essence, c’est bien beau mais quand on allume des dizaines de lampe en permanence et que des malins se regardent même la télé, y’a de quoi rester dubitatif quand à sa puissance. Mise à part ça, il faut bien reconnaître que le film est des plus intéressants. Le côté psychologique ne parait à priori pas bien poussé et on cumule des clichés entre le gros noir sympa, le proprio cachottier, la coincée et les racailles, mais le film nous surprend par la suite. Plus le temps passe et plus le désespoir gagne les personnages, créant des situations drôles puis assez horrible par la suite. Comment ne pas être effrayé par deux gars chauves et entièrement tondus, même les sourcils ? On frôle par moment le film d’horreur. La performance des acteurs est aussi à souligner tant ils se sont investis pour leur rôle en pratiquant eux aussi un régime sévère qui aura fait perdre plus de 17 kilos à certains durant le mois de tournage. Le résultat n’en est que plus solide. Du coup, on aurait tendance à pardonner au film son manque d’originalité pour se délecter de toute cette folie mais on regrettera tout même sa conclusion assez dépressive et prévisible.

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