Il reste du jambon ?

Il reste du jambon ?
2010
Anne Depetrini

Sans avoir été clairement un bide au cinéma, le film fut haché menu par l’ensemble de la presse. Coup dur pour la femme de Ramzy qui trouvait là son premier vrai contact avec le milieu du cinéma en frappant un grand coup puisqu’elle officie en tant que réalisatrice, scénariste et dialoguiste. Que s’est-il passé ?

Le film part d’un principe simple : le racisme. Ainsi, une journaliste vedette de la télévision, Justine (Anne Marivin), se retrouve à l’hôpital où elle fera la rencontre de Djalil (Ramzy), un arabe mais néanmoins docteur. Le charme médical opérant, ils se retrouveront tout deux pour un repas. Puis de fils en aiguilles, et malgré leurs origines différentes, un amour fort naîtra entre eux. Le problème, c’est pour que leurs familles respectives acceptent la situation. Pas gagné…

Le film démarre sous les meilleurs auspices : un humour ultra efficace avec le double coup des croquettes, un niveau de blagues très élevé et fin, et une histoire d’amour mignonne. Les clins d’oeil racistes sont jubilatoires comme lorsque Eric Judor, vigile dans un magasin, suspecte Ramzy d’être un voleur, de par « expérience ». Puis progressivement, le côté « le racisme c’est mal » prend le dessus, l’humour s’effondre et un malaise racial s’installe. Et plus le temps passe, plus le film sombre et devient carrément mauvais. Et c’est au fond du trou que le film se terminera, victime de son propre sujet…

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Crazy, Stupid, Love

Crazy, Stupid, Love
2011
John Requa, Glenn Ficarra

Énorme succès surprise aux Etats-Unis, le film s’est fait plus discret dans le reste du monde. Pourquoi ? Mystère… Mais pour apprécier le film autant qu’un américain, la solution la plus efficace est le visionnage en vostfr.

Côté histoire, on suivra Cal (Steve Carell), père de famille dont la femme (Julianne Moore) lui avoue avoir couché avec son collègue David (Kevin Bacon) et lui annonce le divorce. Cal est effondré d’avoir perdu son âme soeur et passe son temps à ruminer cette tromperie dans les bars. Mais un jours, Jacob (Ryan Gosling), un séducteur expert, s’intéressa au cas de Cal et décida de le coacher pour faire de lui un grand prédateur viril et sûr de lui. Et la transformations va être un véritable succès et même les filles les plus belles (Marisa Tomei) vont succomber au charme du nouvel étalon. De son côté, Jacob va tomber follement amoureux de Hannah (Emma Stone). Pendant ce temps, Robbie, le fils de Cal, va tenter de séduire sa Jessica, sa babysitteur aîné de quatre ans, mais qui elle, ne pense qu’à Cal, le gentil mari aimant. L’amour saura t-il trouver le chemin ?

Une histoire simple mais efficace qui réuni plusieurs générations d’une famille autour d’un même problème : l’amour. Le film alterne avec talent entre des scènes très drôles et très fines (assez rare dans l’humour américain) et d’autres plus dramatiques et émotionnelles. Car si le film est clairement comique, il n’en reste pas moins très sérieux et profond, notamment grâce au duo Steve Carell/Ryan Gosling véritablement épatant. Les deux acteurs sont tout simplement brillant dans ce film ! Le reste du casting est de haut niveau et donne une très bonne crédibilité à l’ensemble. Et malgré des chemins détournés, le tant attendu happy end arrive et comblera le spectateur qui en ressortira avec le sourire. Une très belle surprise !

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Dog Pound

Dog Pound
2010
Kim Chapiron

Contrairement à ce qu’il parait, malgré des acteurs américains et un tournage dans la prison de Enola Vela dans le Nouveau Mexique, le film est français et n’aura d’ailleurs jamais dépassé nos frontières.

Le film traite de la délinquance juvénile et plus particulièrement du moyen principal pour y remédier : la prison pour jeunes délinquants. On y suivra principalement trois ados : Davis, 16 ans, trafic de stupéfiants ; Angel, 15 ans, vol de voiture avec violence ; et Butch, 17 ans, agression sur un officier de probation. Tout trois vont être confrontés aux dures lois de la prison entre les gardiens agressifs et les détenus en lousdés qui jouent les gentils mais martyrisent les plus faibles. La transition sera dure, l’adaptation dévastatrice.

Brimer des jeunes enragés et les faire se haïr entre eux, est-ce une bonne idée ? Vu comment les choses dégénèrent durant le film on peut se poser la question de l’efficacité de pareil établissements. D’autant que, paraît-il, le film est très réaliste et tout ce qui se passe est tiré de récits de détenus. Du point de vu du film en lui-même, on ressent la frustration et la colère des prisonniers. Prisonniers ? Eh bien même s’il n’ont que le statut de délinquant, et non celui de criminel, leur sort n’est guerre plus enviable. Et c’est là la force du film : malgré l’abîme qui nous sépare, on s’identifie aux personnages, on se passionne pour leur avenir, aussi noir soit-il. Et vu le sujet, c’est énorme !

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Votre majesté

Votre majesté
2011
David Gordon Green

Comme pour Philibert de par chez nous, les américains ont tenté un pari assez fou : parodier à outrance le genre héroïc-fantasy pour en tirer un nanar. Et c’est avec 49.9 millions que le projet fut lancé. Bilan : 21.6 de recettes aux Etats-Unis et à peine plus de 5 ailleurs, la plupart des sorties ayant été annulés suite à son bide interne. En France, seul 10 cinémas ont tenté l’aventure. Est-ce si mauvais ?

Dans un contexte moyenâgeux, on suivra deux prince d’un royaume : Thadeous (Danny McBride) et Fabious (James Franco). Si Fabious est un preux chevalier, on ne peut pas en dire autant de son fourbe de frère Thadeous. Il est peureux, perverti et rêve de prendre le trône pour ainsi séduire les pucelles du royaume. Mais heureusement pour le peuple, l’aîné est Fabious et il se destine à être un bon roi. Suite à une de ses vaillantes missions, il ramena Belladonna (Zooey Deschanel), une vierge destinée à servir de reproductrice pour le sorcier Leezar lors de nuit au deux lunes et ainsi engendrer un mythique dragon surpuissant. Mais alors qu’ils se préparaient à célébrer leur union, Leezar apparu pour la reprendre. Fabious s’empresse alors  de monter une expédition pour la sauver. Thadeous, accompagné par son fidèle valet Courtney, sera obligé de le suivre, sous peine d’être banni. Ils feront moult rencontre dans leur périple comme Isabelle (Natalie Portman), elle aussi en quête de vengeance.

Le ton du film est vite donné et ne souffrira aucuns tabous. L’humour du film sera clairement sexuel et il n’y a pas de censure : les nymphes sont nues ; les mots « pennis », « vagin » font parti intégrante du vocabulaire de base ; si un centaure viole quelqu’un, on le voit érection avec tout son matos dehors ; et points d’allusions non plus, les choses sont dites comme elles sont pensées. Mais le tout reste très drôle et ne bascule pas non plus dans le trash, contrairement à ce qu’on pourrait craindre. Autre fait amusant : James Franco est affublé d’un cheveu sur la langue très prononcé le rendant presque aussi pathétique que son frère. Danny McBride est d’ailleurs le point fort du film car la grossièreté lui scie comme un gant et son personnage est un anti-héros à un point peu commun. La réalisation générale est assez bonne mais malgré le gros budget, les monstres sont eux aussi ridicules (fait exprès ?). Reste que même si le film est honteux, son côté très décalé nous fera bien rire. Néanmoins, pour pouvoir rire de pareil chose, il vaut mieux être seul…

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Mystic River

Mystic River
2003
Clint Eastwood

Voilà un film qui porte bien son nom puisqu’il a reçu deux oscars pour récompenser ses acteurs, et même le césar du meilleur film étranger. Le tout réalisé par Clint Eastwood. Plus encore, les critiques sont unanimes : ce film est un chef d’oeuvre. Et bien voyons voir ça !

Le film commence sur un passage marquant dans la vie de trois personnes. Alors âgés d’une dizaine d’années, Jimmy, Sean et Dave jouaient tranquillement dans la rue à graver leurs noms dans le bitume encore frais. Quand soudain, deux « policier » les interpellèrent et embarquèrent Dave. Mais en réalité, ils étaient deux ravisseurs et abusèrent sexuellement de Dave quatre jours durant. Vingt ans plus tard, Jimmy (Sean Penn) possède une épicerie, est marié avec une gentille femme, Annabeth (Laura Linney), et a trois filles. Dave (Tim Robbins) a pour sa part réussi a refaire sa vie et est lui aussi marié, à la cousine de Annabeth, Celeste (Marcia Gay Harden). Sean (Kevin Bacon) a, quand à lui, voulu quitter le secteur et est devenu inspecteur dans une ville voisine. Mais un soir, Dave rentre chez lui, couvert de sang et avec plusieurs blessures de couteau. Il aurait peut être, d’après ses dires, tué son agresseur en voulant se protéger. Mais le lendemain, aucunes nouvelles. Par contre, Katie (Emmy Rossum), la fille aîné de Jimmy, est portée disparue. Sean et son collègue Whitey (Laurence Fishburne) sont appelés à enquêter sur l’affaire. Très vite, la voiture de la fille est retrouvé et malheureusement, plus tard, son corps sans vie. Que s’est il passé ?

Clint Eastwood signe ici un film d’une qualité remarquable à tout les niveaux. L’histoire, très forte, semble assez banale et son évolution nous y conforte, jusque vers la fin où tout se met en place, le doute s’installe. Et si finalement malgré tout ? Certains passages, en apparence si anodins, se révéleront d’une importance cruciale et montrent un travail scénaristique assez conséquent. Mais la fin reste tout de même prévisible et ne surprendra pas autant que prévu. Par contre, les acteurs sont eux bluffants, en particulier Sean Penn qui mérite très clairement son oscar pour le rôle tant son personnage est fort, classieux et brillamment mis en forme. Les autres ne son pas mauvais non plus, Tim Robbins ayant lui aussi reçu l’oscar du meilleur acteur (dans la catégorie secondaire). Le résultat est donc très propre entre casting très solide et histoire forte. Une belle performance en somme !

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Comment tuer son Boss ?

Comment tuer son Boss ?
2011
Seth Gordon

Avez vous déjà eu des problèmes personnels avec votre patron ? C’est en tout cas un problème pesant pour Nick (Jason Bateman), Dale (Charlie Day) et Kurt (Jason Sudeikis). Nick bosse comme un malade pour obtenir une promotion mais son boss Dave (Kevin Spacey), se l’auto-octroi et en profite humilier Nick. Dale, marqué comme délinquant sexuel suite à une malchance, est obligé de travailler pour Julia (Jennifer Aniston), étant la seule à bien vouloir l’engager. Le problème c’est qu’il est fiancé et que Julia, nymphomane en puissance, cherche à coucher avec lui. Pour Kurt, tout aller bien, jusqu’au jour où son patron rendit l’âme, laissant son entreprise à son demeuré et drogué de fils, Bobby Pellitt (Colin Farrell). Tout les trois en ont marre de subir chaque jour l’humeur de leurs patrons et ils décident d’engager un tueur un gage. Mais plutôt que de faire les tuer, ‘Mother Fucker’ Jones (Jamie Foxx) va leur expliquer comment maquiller le crime en accident. Facile ? Pas si sûr…

Très très gros casting pour cette grosse comédie américaine. Le scénario semble simple mais le principe de tentative de meurtre par des loosers promet une bonne dose d’humour. Et effectivement, c’est plutôt drôle et efficace, bien qu’on ne décolle jamais vraiment des blagues bien grasses qu’on digère mal nous autre français, notamment l’humour scato (pipi/caca). Mais heureusement, les acteurs nous les vendent bien et on arrive finalement à adhérer. Par contre, la fin semble un peu abrupte et même si toutes les questions ont trouvé réponse, on croirait que le film se termine au milieu d’une scène. Un film donc assez maladroit mais qui divertira les moins exigeants.

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Trop loin pour toi

Trop loin pour toi
2010
Nanette Burstein

Il existe une multitude d’expressions propres aux relations longue-distance, tels « loin des yeux, loin du coeur » « le temps passe, les sentiments s’effacent » ou autre phrases pour dire qu’on fini par oublier une personne à force de ne plus la voir. C’est un peu le sujet de ce film puisqu’il s’agit d’une histoire « d’amour » longue distance entre Drew Barrymore et Justin Long. Tout d’eux se sont rencontré à New-York alors qu’elle effectuait un stage dans un journal. Lui y a toute ça vie : ses amis, son appart, son boulot. Et ce qui devait arriva, son stage prit fin et elle dû repartir à San Francisco finir son doctorat. Mais ce qui ne devait être qu’une amourette s’était transformé en amour et les deux tourtereaux ne purent se quitter. Leur « couple » va t-il tenir la distance ?

Cette comédie romantique était prometteuse dans le sens où on pouvait s’attendre à une forte crédibilité dut au fait que les deux acteurs soient réellement ensemble. Mais non, la base romantique est non seulement quasi inexistante, mais même quand ils s’embrassent on voit clairement qu’il n’y a pas la langue. Plus encore, l’aspect comique du film passe complètement inaperçu tant la frustration et la tristesse des deux protagonistes sont communicantes. Pire encore, le film se veut trop réaliste sur la situation du marché du travail et autres adversités de la vie. Du coup, même si les acteurs sont bons et l’idée intéressante, le film aura tendance à vous démoraliser plus qu’autre chose…

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Captain America : First Avenger

Captain America : First Avenger
2011
Joe Johnston

Les productions estampillés Marvel fusent ses dernières années et quand on voit la masse de billets verts qu’ils amassent, on ne peut que comprendre Hollywood. Il y a eu un grand nombre de ratages aux balbutiements du genre, mais depuis le projet commun Marvel la tendance semble s’inverser et les supers-héros deviennent une valeur sûre, même en terme de qualité. Véritable symbole américain, Captain America saura t-il nous convaincre ?

Dans un contexte de seconde guerre mondiale, les américains préparent leurs troupes. Mais en plus du problème Hitler, les Allemand nous réservent une autre menace : Johann Schmidt (Hugo Weaving), spécialiste dans les domaines paranormaux. En l’occurrence il s’agit d’une pierre qui émet une grande quantité d’électricité de qualité supérieur permettant d’en extraire des armes « possédant le pouvoir des dieux ». Rien que ça… Pour lutter contre, l’armée américaine, dirigée par le général Chester Phillips (Tommy Lee Jones), va injecter un produit pour rendre Steve Rogers (Chris Evans), leur pire recrue, tel un musclor en puissance. Suite à son « opération », Steve deviendra Captain America, la mascotte de l’armée. Et avec son bouclier indestructible, il mettra fin aux plans de Schmidt.

Le film commence très bien avec un anti-héros faible et gentil, aux valeurs fortes et sincères. Sans aller à s’identifier à lui, le spectateur le prendra en sympathie tant sa conviction est contagieuse. Une histoire d’amour entre lui et Peggy Carter (Hayley Atwell), une générale plus grande et plus imposante que lui, fait mine de s’installer, vous faisant bêtement sourire en vous disant « voilà une fille qui voit au delà des apparences ». Puis vient le moment fatidique de l’opération le transformant en Captain America, un gars bodybuildé comme tant d’autres avec une arrogance incroyable, bien qu’il soit fondamentalement inchangé, mais le fait d’avoir les moyens de son ambition le dévalorise. Peggy, de par cette transformation spectaculaire, est alors toute émoustillée par tant de testostérone et en devient très superficielle. S’en suit des affrontements bancals recouverts par une avalanche de clichés maladroits du genre « oh les vilains ! Moi je suis un gentil américain ». L’histoire est faible et pire encore, son méchant est navrant tant psychologiquement qu’artistiquement, le crâne rouge étant une infamie, faisant d’autant plus bizarre compte tenu du style plus « réaliste » du film. Il y avait tout de même du gros potentiel notamment avec le caractère original de l’époque qui donne lieu à d’excellents passages, mais sans doute dans le but de coller directement avec la temporalité des Avengers, on sent ce début d’univers expédié et raté par bien des aspects. Prometteur dans sa première moitié, le film se perd dans un affrontement inintéressant contre un méchant peu inspiré, pour ne pas dire néfaste. Une déception aux vus de la qualité globale des Marvel, qui trouve ici probablement l’une de ses pires recrues, mais gageons pour que la suite, qui s’annonce comme un Avengers 1.5, nous réconcilie avec cet emblématique héros qui a pourtant encore toutes ses preuves à faire.

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La Fille du puisatier

La Fille du puisatier
2011
Daniel Auteuil

Plus de 70 ans après le premier réalisé par Marcel Pagnol en personne, Daniel Auteuil, grand admirateur de l’écrivain et réalisateur, a décidé de refaire un de ses grands classiques. Refaire ? Eh bien oui : dans un soucis de respect le plus total, l’intégralité des dialogues furent conservés, de même que l’histoire bien sûr.

Comme le titre le laisse supposer, le film est centré sur Patricia (Astrid Berges-Frisbey), fille d’un puisatier (Daniel Auteuil). Aîné d’une famille de six filles, Patricia s’apprête à fêter ses 18 ans et est comme on dirait « bonne à marier ». Félipe (Kad Merad), grand ami du puisatier, est très intéressé par elle et pense qu’il ferait un bon mari. Mais le choix de Patricia se portera sur Jacques (Nicolas Duvauchelle), un jeune pilote. Mais à peine leur amour consumé, Jacques fut appelé par l’armée dans le cadre de la guerre d’Algérie. La où la situation se complique c’est qu’elle est enceinte et que la famille Mazel (Jean-Pierre Darroussin et Sabine Azéma), parents de Jacques, refuse l’enfant. Patricia se retrouve alors rejetée par la société de par le statut bâtard de son enfant.

Le projet en a laissé plus d’un dubitatif. Outre des choix de casting à priori inappropriés, l’idée de faire du neuf avec du vieux est un pari risqué. D’autant que ça n’est pas tellement un remake, les dialogues étant restés inchangés. Mais vu leur qualité, on comprend pourquoi, surtout quand Daniel Auteuil tient un discours grave avec sa voix ferme et son accent du sud. Ce dernier s’est sans doute octroyé le meilleur rôle tant celui-ci est fort, digne et important, renforcé par son talent naturel d’acteur. Kad Merad, contre toutes attentes, est remarquable par sa justesse et sa maîtrise, même dans les moments les plus sombres. Mais la véritable révélation c’est Astrid Berges-Frisbey, la fille du puisatier. En plus d’avoir la beauté d’un ange, elle donne une incroyable profondeur et intensité à l’histoire, en apparences si banale. Mais une ombre terni cet idylle : Nicolas Duvauchelle. Sans doute l’un des pires acteurs au monde avec encore moins de charisme que flamby (François Hollande), c’est pour dire ! Mais malgré ça, le film est très beau, fort et vaillamment interprété par des acteurs en très grande forme. Fort de son succès, Daniel Auteuil prévoit de refaire d’autres Pagnol et vu celui-ci, c’est une très bonne nouvelle.

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Partir

Partir
2009
Catherine Corsini

Une statistique sortie récemment montre que un français sur trois serait capable de tout plaquer par amour. Et les françaises ? Probablement largement moins d’une sur dix… C’est justement plus ou moins le sujet du film puisque Suzanne (Kristin Scott Thomas) ; marié à Samuel (Yvan Attal), un médecin, et avec deux enfants ; s’éprend un ouvrier espagnol, Ivan (Sergi López), travaillant à la maison. Et pour vivre pleinement son amour avec lui, elle quittera son mari et son confort de bourgeoise pour une vie beaucoup plus précaire. Mais les chose s’empirèrent quand Ivan se fit virer et que Suzanne fut privé de son cabiné. Pire encore, Samuel refuse le divorce et fait jouer ses relations pour les empêcher de travailler.

Tout plaquer pour quelqu’un on aime certes, mais ça n’est assurément pas le cas. Ici l’amour est remplacé par le sexe puisque la vieille Kristin Scott Thomas, pas très en forme, ne fait que partager des moments enflammés avec le « beau » et sanguin espagnol Sergi López, pas tellement plus convaincant. Le film ne fera pas une seule fois preuve d’originalité ni d’ingéniosité. L’histoire est convenue, lente, molle et ne surprendra pas grand monde, sauf peut-être la fin irresponsable. De plus, quel est l’intérêt d’un film démoralisateur et triste ? Si encore il était particulièrement beau ou fort, mais malheureusement il faudra repasser pour ça…

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