Paris-Willouby

Paris-Willouby
2016
Quentin Reynaud, Arthur Delaire

Un mort dans la famille, la famille qui se rapproche pour l’occasion, de vieux dossiers qui ressortent et des engueulades en cascade : voilà le programme d’un nombre insupportable de films français, et entre ça, les films policiers et les comédies racistes, la panne créative audiovisuelle de notre pays prend des propensions dantesques. Ambulance avec une cible de dessinée dessus, ce film avait tout du produit formaté et recyclé, et c’est exactement ce qu’il est.

Pour ce road-trip / règlement de compte familiale en direction des funérailles d’un vieux connard que tout le monde a préféré oublié, on aura donc le père indigne qui cache à tout le monde une potentielle mutation pour une campagne merdique, incarné par Stéphane de Groodt, la mère délaissée et qui en a marre de devoir subir les cachotteries et humeurs de chacun, campée par Isabelle Carré, son gros glandeur de frère qui a peur de devenir père, sous les traits d’Alex Lutz, mais aussi trois « enfants » (deux d’entres eux étant majeurs) plus ou moins chiants et en pleine crise existentielle, l’occasion de retrouver la très mignonne Joséphine Japy.

Si le casting fait rêver et que sur la forme le côté périple aurait pu adoucir notre jugement, impossible de faire l’impasse sur l’un des scénarios les plus bidons au monde. Les personnages sont des stéréotypes de bobos parisiens (oui, je fais une fixette la dessus) et leurs enjeux sont tous aussi peu inspirés, les dialogues n’ont aucun impact et les gags sont éculés. La petite fille est un grossier plagiat de l’héroïne de Little Miss Sunshine et n’arrive à aucun moment à nous émouvoir autant que son modèle. Les deux autres enfants adultes sont quant à eux complètement ratés et n’évolueront pas, contrairement au frère dont le revirement se voit arriver dès les premières minutes. Le film aurait pu avoir un certain capital sympathie, mais une écriture à ce point fainéante ne serait-être pardonnée.

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Un Petit boulot

Un Petit boulot
2016
Pascal Chaumeil

Après avoir connu la gloire avec L’Arnaqueur, Pascal Chaumeil s’est ensuite un peu perdu avec une comédie bien fade et une tentative de percée aux Etats-Unis avec à la clef un casting ahurissant, mais au final les retours furent faibles et il fut privé de distribution digne de ce nom, voir totalement selon les territoires comme en France. Il retrouvait ici son acteur fétiche et espérait renouer avec le succès, mais il n’en sera rien et le réalisateur n’aura jamais vu son dernier film, étant mort plus d’un an avant sa sortie.

Jusqu’où pourrait-on aller pour se sortir de la misère ? Ancien ouvrier dans une usine de campagne qui a malheureusement fermé, Jacques (Romain Duris) n’a jamais réussi à retrouver du travail, sa copine s’est barrée et les huissiers n’auront bientôt plus rien à prendre chez lui. Alors quand le mafieux du coin (Michel Blanc) va lui demander de liquider son infidèle de femme pour une somme rondelette, sa morale sera quelque peu remise en question.

L’idée de faire d’un gars banal un tueur à gage n’était pas très engageante, et y mêler un fond de crise avec des drames sociaux, ça n’est pas plus novateur. En revanche, symboliser la misère humaine avec Gustave Kervern coule de source tant sa gueule de gros bof dépressif est géniale, et il représente à lui seul tout l’aspect émotionnel du film. Alex Lutz donne quant à lui un peu de profondeur à la morosité ambiante en montrant les dérives patronales, contrairement à Alice Balaïdi dont la romance sonne creux sans que le scénario ne le justifie puisque le retour de karma ne surviendra pas. Pour ce qui est de la quête identitaire du héros qui se pose des questions sur une potentielle reconversion dans le crime, on aura tendance à s’ennuyer tant le film peine à affirmer un style personnel. Un côté social probant avec un humour noir efficace, mais le film reste malgré tout trop superficiel et conventionnel.

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L’Amour est un crime parfait

L’Amour est un crime parfait
2014
Jean-Marie Larrieu, Arnaud Larrieu

28 ans après le très populaire 37°2 le matin, qui avait récolté plus de 3,6 millions d’entrées, l’écrivain Philippe Djian voit à nouveau l’une de ses œuvres transposées au cinéma, mais le bilan n’est pas le même. En effet, les critiques furent très mitigées et en terme d’entrées c’est l’hécatombe : très exactement dix fois moins. Il faut dire qu’entre un casting de purs parisiens et une histoire banale, ce polar n’a pas grand chose à offrir.

Professeur d’université à Lausanne (à la frontière Suisse mais tourné dans les Pyrénées), Marc (Mathieu Amalric) sait capter son auditoire et en abuse. Un soir, il en profita pour ramener chez lui l’une de ses étudiantes, Barbara, mais au réveil il n’en avait plus aucun souvenir et il ne restait d’elle plus qu’un cadavre inanimé sur son lit (d’ailleurs le film ne dira jamais comment elle est morte). Tentant de reprendre le cours de sa vie comme si de rien n’était, il devra composer avec une sœur (Karin Viard) complètement névrosée, un directeur d’université envahissant (Denis Podalydès), une étudiante trop entreprenante (Sara Forestier), mais surtout la belle-mère la la disparue Barbara, Anna (Maïwenn), avec qui son rapprochement sera assez mal vu.

Il faut parfois laisser agir l’imaginaire du spectateur, mais quand il n’y a que si peu à moudre et qu’au final l’histoire n’apporte aucune autre explication que la folie amnésique, on sent qu’on s’est bien foutu de notre gueule. Si le jeu théâtrale des acteurs saoule rapidement, le mystère de l’oubli, la promesse de relations interdites et le cadre enneigé attisent la curiosité et nous incite à y croire, mais à force de voir la situation initiale stagner et la monotonie s’installer, on fini par comprendre : non, il ne se passera rien. Malgré sa localisation exotique, il s’agit d’un film typiquement parisien avec tous les clichés que cela implique, à savoir des personnages creux aux problèmes existentiels superficiels, des romances purement charnelles et des enjeux qui ne tournent qu’autour du travail, du sexe et du pouvoir. C’est confondant de banalité et l’ennui aura sitôt fait de pointer le bout de son nez.

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Extrême 2017

Il n’y a eu qu’une critique de film depuis le début de la semaine, et en voici la raison. Je vous ai déjà souhaité à tous une bonne année sur le site, mais je me devais surtout de faire un retour en grande pompe sur ma chaîne Youtube d’Extrême Nécessité. Voici donc un trailer explosif de l’année 2017, à partager et soutenir massivement pour qu’on puisse rêver plus grand tous ensemble.

https://www.youtube.com/watch?v=uIjX1XM2rec

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Le garçon et la bête

Le garçon et la bête
2016
Mamoru Hosoda

Comme le doublage français est souvent atroce pour ce genre de films et que les cinémas ne proposent que trop rarement la version originale, j’avais passé mon tour il y a pratiquement un an. Classé parmi les meilleurs films de l’année, il était grand temps de rattraper ce sixième long-métrage de Mamoru Hosoda, hypé par les critiques dithyrambiques et espérant le revoir au sommet de sa forme, mais plus les attentes sont élevées et moins il est aisé de les combler.

Dans la droite lignée de la culture des esprits au Japon, le film nous fait découvrir le monde du Jutengai, univers parallèle où les animaux ont adopté la bipédie et le style de vie des humains, de même qu’ils ont assimilé leur langage et la capacité de parler. Le film démarre alors que l’événement le plus important de leur histoire s’apprête à avoir lieu : la future réincarnation de leur seigneur. Rang ultime dans leur monde, la place de seigneur est convoitée par le très respecté Iouzan, mais aussi le plus solitaire Kumatestu, qui peine à trouver des disciples. Alors que l’échéance approche et qu’il doit faire ses preuves, ce dernier va ramener un jeune humain en perdissions : Ren, qui deviendra son disciple.

En l’espace des cinq premières minutes le film me perdait déjà deux fois : une première fois lors de l’introduction, certes jolie mais bien trop copieuse en informations qu’on aura aussitôt fait d’oublier, puis une seconde fois lors de la rencontre avec les habitants du Jutengai. Donner une apparence humaine et un comportement humain à des animaux est contre-nature, et en plus d’être dérangeant cela dénote d’une originalité assez terne, d’autant plus en prenant en compte la querelle de dojo entre l’ours et le sanglier qui se mettent sur la tronche pour savoir qui dirigera après le règne du lapin. On a connu plus novateur, d’autant qu’une fois la part d’ombre abordée on se doute bien que cela refera surface à un moment donné, et les circonstances semblent évidentes bien trop rapidement. Heureusement, l’animation est irréprochable, le design inspiré et les personnages sont assez bien écrits. De plus, l’intérêt décolle une fois le saut temporel effectué, nous ramenant à des enjeux plus parlants et établissant des parallèles édifiants. Certains auront du mal à adhérer à cet autre monde manquant d’imaginaire, mais la poésie est là et saura assurément nous toucher.

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Décembre 2016

Bonne année à toutes et tous !
Comme chaque premier de chaque mois, voici les chiffres de fréquentation du site, continuant de pâtir de la baisse du nombre d’articles et du manque de régularité. Il est vrai que mon temps de visionnage de séries télévisuelles empiète de plus en plus sur celui consacré aux films, la faute à Netflix et ses programmes de qualité, et étant donné la charge de travail que représente une critique d’une série j’attend généralement la fin de l’une d’entre elles pour faire une rétrospective complète. Le retour de petite nouvelles viendra potentiellement combler de temps à autre le manque, mais il est peu probable que je retrouve un jour le rythme d’un article par jour. Mieux vaut privilégier la qualité à la quantité, et gageons pour que 2017 soit une année des plus enrichissantes.

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Passengers

Passengers
2016
Morten Tyldum

Gros film de SF de cette fin d’année, le film est sorti dans l’ombre de Premier Contact et surtout Rogue One, qui continue de tout rafler au box office, sans compter une presse pas si emballée. En a résulté un lancement très poussif aux Etats-Unis où le film ne pourra guère espérer plus de 80 M$ d’ici la fin de son exploitation, ce qui est passablement décevant compte tenu de son fort budget (110 M$), de l’originalité de son cadre et son duo d’affiche comptant parmi les stars les plus populaires de la planète. Dommage qu’une fin d’année trop chargée ait joué en sa défaveur car le film est bien plus intéressant qu’il n’y paraît.

Dans un futur où la surpopulation rend la Terre étouffante, la promesse d’une nouvelle vie dans une planète colonisable, spacieuse et pleine de végétation, a de quoi faire rêver, et c’est ainsi que 5000 personnes ont embarqué sur l’Avalon pour un voyage de 120 ans en direction de Homestead II. L’intégralité de l’équipage (incluant Laurence Fishburne et Andy Garcia) fut immédiatement plongé en hibernation pour ne se réveiller que peu avant l’atterrissage, mais suite à une collision avec un champ d’astéroïdes certaines dysfonctions vont survenir, incluant le module de Jim Preston (Chris Pratt) qui va se réveiller 90 ans trop tôt. Seul dans un immense vaisseau avec pour seule compagnie Arthur (Michael Sheen), le droïde barman, Jim va peu à peu sombrer dans la folie et la dépression, jusqu’au jour où une autre personne va sortir de son sommeil, Aurora Lane (Jennifer Lawrence).

En vendant le film comme une romance spatiale avec de grosses scènes épiques, la campagne marketing a eu une excellente idée, donnant une véritable impression de surprise au spectateur, ce qui est toujours une bonne chose. En effet, la mise en place de la romance est des plus choquantes et toute la première partie du film a des airs de Seul au monde puisque le héros restera très longtemps seul, permettant de découvrir toute l’angoisse d’un vaisseau géant vide et comment est-ce qu’on peut s’occuper à l’intérieur. Outre le bar clin d’œil à Shinning, on y découvrira pas mal d’endroits intéressants comme le hall et son IA, le réfectoire avec ses diverses machines, la salle de jeu ou encore le restaurant, sans compter tout ce qui est technique (hangar, jetée et salle d’incubation). Il est aussi très intéressant d’y avoir incorporé une hiérarchie chez les passagers, faisant de l’isolement du héros un clavaire d’autant plus grand de par son statut de voyageur de classe économique, d’autant que le film ne s’en sert pas uniquement à des fins comiques. L’élément déclencheur de la romance et son cadre font de ce film d’apparence banal une belle association d’idées, loin de l’image du produit marqueté qu’il véhicule. Il serait dommage de s’arrêter aux quelques facilités scénaristiques qui permettent au film de s’offrir un aspect commercial et ainsi amortir son énorme budget grâce à des séquences pas vraiment utiles mais spectaculaires, comme par exemple l’aspect du vaisseau pas très réaliste mais au moins bien stylé, car après tout c’est ce que le spectateur lambda attend. Donc si vous cherchez du gros blockbuster calibré, vous risquez d’être déçu, mais au contraire si vous avez craint à une romance aseptisée, il n’en est rien et le film est bien plus profond et psychologique qu’il n’y paraît.

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Assassin’s Creed

Assassin’s Creed
2016
Justin Kurzel

En chute libre depuis le quatrième opus numéroté et ses choix narratifs et structurels de plus en plus discutables, la saga vidéo-ludique Assassin’s Creed n’en reste pas moins l’une des franchises les plus populaires depuis sa sortie en 2007, où ce qui était à l’origine un projet de suite du reboot de Prince of Persia – dont les résultats furent très décevants – se transforma en une nouvelle licence originale et juteuse. Son heure de gloire résonna d’une manière spectaculaire entre Assassin’s Creed II, ses deux suites et le fameux épisode III, nous dévoilant au fur et à mesure des aventures la sombre histoire de la première civilisation en nous faisant alterner entre un passé révélateur et palpitant et un présent futuriste aussi énigmatique qu’inquiétant. L’univers du jeu est d’une infinie richesse, et l’idée d’en faire un film semblait excellente, d’autant qu’Ubisoft avait gardé la main mise sur le projet. Alors bordel que s’est-il passé !

Encore et toujours à la recherche de la Pomme d’Eden (mais cette fois pour supprimer le « libre arbitre », parler de contrôler les gens c’est tellement yesterday), les vilains templiers d’Abstergo (Jeremy Irons, Marion Cotillard et Charlotte Rampling) cherchaient depuis des années à mettre la main sur un descendant direct d’Aguilar de Nerha, un assassin du XV° siècle qui aurait été le dernier à avoir eu entre les mains la pomme (enfin normalement y’en a plusieurs, mais soit). En effet, grâce à un bras métallique géant nommé l’Animus (pardon ?), Abstergo peut projeter par hologrammes (mais tellement pas, surtout en 2016) les souvenirs d’un ancêtre d’une personne grâce à son code génétique. Et malgré les efforts (yaouh, il lui a juste dit de se barrer) de son père Joseph (Brendan Gleeson) pour que le dernier descendant ne soit pas retrouvé, Cal Lynch (Michael Fassbender) sera quand même retrouvé par Abstergo. Bah oui sinon y’aurait pas d’histoire…

Que le film diverge de la saga n’est pas un mal en soit, mais encore faut-il que ça ait un intérêt. Transformer le siège de l’Animus par un immense bras robotisé c’est peut-être « classe », mais non seulement l’idée des hologrammes n’est pas raccord avec l’époque choisie (les jeux qui se passaient pourtant légèrement dans le futur n’allaient pas aussi loin en terme de technologie) mais en plus certaines reproductions de mouvements, puisque c’est ça l’idée développée, sont impossibles avec un tel dispositif, à commencer par les roulades avant qui comme par hasard sont coupées et ne montre que l’atterrissage. Pareillement, pourquoi changer le design de la pomme si c’est pour que le nouveau soit si fade ? Et au passage, comment se fait-il qu’en Espagne en 1492 les Assassins se coupent toujours l’annulaire pour faire passer la lame secrète alors qu’en 1476 Eizo était déjà passé au nouveau procédé ? Du torchage bien dégueulasse mais qui ne s’arrêtera malheureusement pas là. Outre la déception de constater que l’histoire du passé n’est pas du tout approfondie et ne sert au final qu’à balancer quelques scènes d’action totalement illisibles et nous faire littéralement courir après la pomme, on se verra aussi privé de tout contact avec les anciens, tout juste maladroitement évoqués. Les motivations de chacun sont superficielles, les acteurs exécrables du fait du vide total de leurs personnages, l’histoire est aseptisée à outrance à grand coup de clichés ignobles, le mystique est carrément passé à la trappe, il ne se passe rien les trois quart du temps, la réalisation est terme, dénuée de couleurs et manquant cruellement de luminosité. Exit l’infiltration et la discrétion, les phases dans l’Animus ne sont là que pour abrutir le spectateur lambda, mais même en terme d’action le film ennuie faute de lisibilités et surtout d’enjeux. Toute la fin est grotesque, vide de sens et tease une suite alors que l’histoire n’a même pas encore commencé. Les premiers résultats en salle sont catastrophiques et c’est amplement mérité quand on voit à quel point la licence a été vidée de toute substance, nous laissant avec un embryon mort-né putride et dérangeant.

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Morgane

Morgane
2016
Luke Scott

Il est difficile de se tailler une place dans le milieu du cinéma, surtout quand on évolue dans l’ombre d’un père tel que Ridley Scott, qui produit ici le tout premier long-métrage de son fils. Il fallait donc marquer un grand coup et le sujet semblait ambitieux, mais malgré une distribution plus que correcte les résultats furent catastrophiques. Retiré de pratiquement toutes ses salles après seulement deux semaines, le bouche-à-oreille fut médiocre et son budget minimaliste de huit millions fut tout juste atteint.

L’homme est fragile, sa croissance est très lente et ses capacités cognitives sont loin de la vivacité de certains de nos cousins primates. Dans l’optique d’y remédier, une équipe de chercheurs (incluant Toby Jones, Rose Leslie, Michelle Yeoh et Jennifer Jason Leigh) tente de mettre au point depuis des années des humains de synthèse, et pour leurs responsables il est temps d’évaluer leur réussite. Une responsable de l’évaluation des risques (Kate Mara) et un psychologue (Paul Giamatti) vont donc chercher à savoir si Morgane (Anya Taylor-Joy), être créé en laboratoire, est ou non un bon investissement.

Passé les questions de moralité et de religion pour savoir si on peut ou non se prendre pour Dieu et créer de la vie, l’intérêt de ce genre de film est de savoir si on peut considérer que la chose que l’on voit est vivante ou non. Est-ce que ça a une âme ? Est-ce que Dieu la renierait ? Que ce soit une machine comme dans Ex Machina ou une créature comme dans Splice, on joue beaucoup sur l’ambiguïté, nous donnant à la fois des raisons d’aimer et de craindre Morgane. Visiblement capable de ressentir des émotions, elle pourrait nous émouvoir, et d’un autre côté son teint gris, ses lèvres violettes et son regard obscur nous perturbe. Malheureusement, là où un film comme Splice gérait parfaitement l’attirance malsaine, on reste ici bien trop focalisé sur le danger sans jamais lui laisser une vraie chance, créant une frustration aussi grande que celle provoquée par la fin, pratiquement évidente dès les premières scènes. Un excellent sujet déjà traité maintes fois avec brio, mais en l’occurrence cette itération est bien trop lisse.

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Parlons Ciné – Bilan 2016

L’année touche à sa fin, le site vient de fêter ses six ans : une double occasion pour parler de cinéma et tirer un bilan de la cuvée cinématographique 2016. Les suites, spin-off et autres remakes pullulent de plus en plus sur nos écrans, mais est-ce justifié ? Le marché est-il propice à cette surenchère de sagas ou la mise à mort a t-elle commencé ?

Réponse dans vidéo bien trop longue, mais je l’espère très complète et intéressante. Les plus impatients pourront toujours faire le saut de timeline « recommandé » pour descendre à une durée plus raisonnable d’une dizaine de minutes.

https://www.youtube.com/watch?v=1mMiiu95ltE

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