
Kaamelott – Deuxième Volet [partie 1]
2025
Alexandre Astier
Verra t-on un jour la fin de Kaamelott ? Malgré la qualité ô combien décevante du premier film Kaamelott, on pouvait y croire sans mal tant les fans ont su se mobiliser, totalisant plus de 2,6 millions d’entrées malgré un contexte catastrophique (mise en place du passe sanitaire avec obligation de vaccination dès le second jour en salles). Et pourtant, quatre ans plus tard la situation a été totalement inversée : exit la trilogie, le second volet est séparé en deux, avec chacun un budget nettement supérieur (18,7M€ x 2 contre 14,8M€ pour le premier volet) et le score en salle n’a rien à voir, à tous les niveaux. Point de passe ou restriction d’accès aux salles, une concurrence faible que ce soit à sa sortie ou les semaines suivantes, et même le premier jour ne fut pas catastrophique du tout : trois cent mille entrées, seulement un quart de moins que le premier, qui fut sacrément freiner les jours suivants avec le passe. On pouvait donc s’attendre à bien plus que le million en première semaine, et à minima un score final similaire. Que nenni, le bouche-à-oreille fut cataclysmique, n’arrivant même pas à doubler le score du premier jour sur la semaine entière, et n’arrivant même pas au final à doubler le score de la première semaine, à un cheveux de rater le million d’entrée ! Comment en seulement quatre ans et avec à la fois des moyens supérieurs, une campagne très agressive et un contexte de sorti plus favorable, la saga a t-elle pu s’effondrer si fort ?
Bis repetita… Lui qui avait récupéré l’épée pour redevenir un héros en fin de saison 6, arc de rédemption totalement effacé du film, qui doit une nouvelle fois se retrouver et faire face à son destin, ce second volet fait à nouveau marche arrière : Arthur Pendragon (Alexandre Astier) replante une énième fois l’épée dans le rocher et tourne éternellement le dos à ses responsabilités. Léodagan (Lionnel Astier) et Séli (Joëlle Sevilla), n’en pouvant plus de cet immobilisme, vont relancer eux-mêmes la table ronde, et encore une fois, les candidats au poste de chevalier vont devoir faire leur preuve.
C’est vraiment usant de voir un tel recyclage des thèmes et enjeux, même si Alexandre Astier le justifie en interview en clamant que la dépression est quelque chose de chronique, qui nous relance sans cesse. Certes, mais on est plus sur une série, on est sur des films à très gros budget avec des enjeux importants, on ne peut plus se permettre de ruminer dans son coin, les spectateurs n’en peuvent plus. Et c’est là tout le problème de cette extension de la série au cinéma : elle prend autant son temps que si on était à la télévision, et se permet même de faire de l’immobilisme alors que tout le monde attend une conclusion épique, qui risque bien de ne jamais arriver. Tout dépendra des retours et scores de la seconde partie de second volet, mais le troisième actuellement prévu pour un vague 2035 (au secours !) n’a que peu de chances de voir le jour. Pire encore, alors que le panel de personnages est absolument colossal, ce nouveau volet se permet d’introduire de nouveaux venus, ni utiles ni intéressants (voir totalement à côté pour Redouane Bougheraba), et le scénario n’est vraiment pas dingue. Pas étonnant qu’à sa lecture Perceval n’a pas voulu revenir, surtout vu le traitement saoulant du connard qui gueule dont il était victime depuis la cinquième saison, voir un peu avant par moments.
Je gueule, je critique, et pourtant, le bilan n’est pas non plus aussi mauvais que le premier volet (pas de roboblox, et ça c’est un immense soulagement). Déjà, on a plaisir de retrouver la quasi totalité des acteurs principaux de la saga : Guenièvre (Anne Girouard), Karadoc (Jean-Christophe Hembert), Bohort (Nicolas Gabion), Merlin (Jacques Chambon), la Dame du Lac (Audrey Fleurot), l’archiviste (Christian Clavier), duc d’Aquitaine (Alain Chabat) et Lancelot (Thomas Cousseau), et Clovis Cornillac et Guillaume Gallienne font même plus qu’un caméo ici, contrairement au premier film. On retrouve aussi les deux fameux paysans, avec l’une des scènes les plus drôles sur une grande soif. Niveau humour d’ailleurs, c’est clairement plus réussi, avec des dialogues souvent savoureux, presque au niveau de la série par moments. Félicitons également Alexandre Astier, son chef op et le directeur de la photo pour l’évolution la plus marquante : bigre que c’est beau ! Exit les scènes sombres, illisibles et mal étalonnées, c’est enfin propre, avec de belles couleurs et une mise en scène plus soignée. Enfin une image qui fait cinéma ! On passerait presque un bon moment au global s’il n’y avait pas ce cycle perpétuel de Arthur le dépressif, dont il s’était pourtant sorti à deux reprises. Et impossible de faire l’impasse sur la césure, coupant le récit avec une maladresse folle, en plein milieu du récit. Cette première partie n’achève rien, laisse moult aventure parallèle en suspend et relance même certaines intrigue cinq minutes avant que le générique ne tombe inopinément. Il faudra attendre la seconde partie pour savoir s’il y avait mieux à faire niveau coupure, mais avec 13 mois d’attente minimum (vu le semi échec du film dur à dire si un décalage n’aura pas lieu, ne serait-ce que pour y remettre Perceval tant ce bad buzz a été important), mais la frustration est de mise. Quelle douche froide tout de même, on espérait un prolongement épique de la série, et pour l’instant les films ne sont que désillusion et faible satisfaction…
