Moonfall


Moonfall
2022
Roland Emmerich

Que se passe t-il avec Roland Emmerich ? Habitué des stratosphères du box-office, l’expert en films catastrophes a été couronné de succès pendant 13 ans entre 96 et 2009, de Independance Day à 2012. Depuis, c’est la descente aux enfers, ayant d’abord subit un coup du sort avec White House Down, sortant à peine quelques mois après le bien meilleur Chute de la Maison Blanche qui de fait avait un scénario pratiquement identique, annihilant l’intérêt des spectateurs. Ont suivi ID Resurgence, suite du mythe mais qui n’atteint pas la moitié des chiffres de l’orignal malgré 20 ans d’inflation (donc moins du tiers des entrées) et aussi Midway, un film de guerre qui fut là encore un échec commercial, et qui aurait pu être le pire de sa carrière sans ce dernier film en date. Environs 60M$ dans le monde en fin de carrière pour un budget avant marketing de 150M$, soit un déficit de près de 170M$ une fois enlevé les frais de distributions et ajouté les coûts de publicité.

Après les aliens, les dinosaures géants, le froid ou encore la liquéfaction de nos plaques tectoniques, la Terre va affronter une menace toujours plus grande, toujours plus folle : la Lune. En effet, une force mystérieuse semble propulser notre satellite tout droit vers notre planète. Les anciens astronautes Fowler et Harper (Halle Berry et Patrick Wilson) vont alors faire équipe avec le scientifique amateur Houseman (John Bradley) pour comprendre l’origine de l’imminent cataclysme et potentiellement sauver l’humanité.

Alors oui, comme d’habitude le scénario est une catastrophe absolue sur le plan scientifique, et on atteint des sommets de connerie en la matière. Oui, encore et toujours les personnages sont des stéréotypes en puissances d’un niveau de bravitude égal à un patriotisme des plus exacerbé. On pourrait prendre un carnet de note, réfléchir à tous les clichés les plus flingués du genre, les poncifs les plus éculés de l’histoire de la science-fiction, et ce serait assurément un grand chelem tant le film fait ce qu’on attend de lui à la nanoparticule près. Mais est-ce si consternant ? Est-on réellement en droit d’attendre autre chose de ce genre de film ? Le problème reste l’art et la manière, et plus le temps passe et plus la répétition devient pesante, sujette à la critique facile. Par rapport à il y a 20 ans en arrière, le spectateur n’est plus aussi facilement impressionnable, et pour du grand spectacle de destruction il faut aller bien au delà. Il paraîtrait que les sociétés d’effets spéciaux sont débordées de par les reports liés au covid, et que c’est pour cela que nombre de blockbusters récents déçoivent visuellement. Toujours est-il que nombre de fonds verts sont bien trop criards, comme si le film n’avait utilisé strictement aucun décors naturel et que chaque grand espace était numérique. Les sorties spatiales ne sont pas au niveau d’un Ad Astra, les séquences de destruction sont en dessous de 2012, et globalement le film manque ironiquement d’envergure. On reste sur du très grand spectacle assez jouissif par certains moments, mais pas assez impactant et l’écriture paresseuse fini par peser.

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