Les Secrets professionnels du Dr Apfelglück

Les Secrets professionnels du Dr Apfelglück
1994
Alessandro Capone, Stéphane Clavier, Mathias Ledoux, Hervé Palud, Thierry Lhermitte

En plein âge d’or de la comédie française, voilà un film qui aurait dû déchaîner les foules tant il rassemble devant l’écran les figures les plus mythiques de l’époque. Pourtant, le film n’a fini sa course que dans les sept-cent cinquante mille entrées, un score timide. Film choral, le principe utilisé ici – et qui a pu en détourner plus d’un – est celui de sketch, mettant à la suite des autres cinq principales histoires « drôles », avec pour fil conducteur leur lien avec le psychiatre Apfelglück (Thierry Lhermitte).

Ainsi, on suivra les mésaventures de Martineau (Jacques Villeret), routier qui a bien mal choisit son auberge pour la nuit ; d’un réalisateur italien, incapable de faire éteindre une bougie sur son plateau ; de Martinez (Alain Chabat), présentateur télé vedette qui doit faire face à un candidat détestable mais malheureusement imbattable ; de Martini (Gérard Jugnot), poursuivant un fabriquant escroc (Jean Yanne) ; mais aussi celles du docteur en personne, devant faire face au naufrage de ses proches, succombant à la vieillesse.

L’idée de base du film n’est pas mauvaise, et séparer chaque partie comme un petit film à part entière, ne se recoupant que tardivement, est une plutôt bonne chose, même si le fil conducteur est vraiment maigre. Non, le problème est que chaque partie est vraiment inégale. Les deux premières sont totalement ratées, étirant à outrance des bases foireuses, et la toute dernière sur les lunettes est elle aussi peu brillante. Heureusement, les « épisodes » 3 et 4 rehaussent pas mal le niveau entre le jeu de télé qui les rend complètement fou et le délire sur le paradis, mine de rien assez profond. Clairement pas de quoi se bidonner, et certains passages sont vraiment indignes, de quoi douter de la légitimité de tout ça. Alors certes, on retrouve énormément d’acteurs de prestige (Christian Clavier, Michel Blanc, Dominique Lavanant, Josiane Balasko, Zabou Breitman), mais est-ce que ça en vaut vraiment le coup ? Rien n’est moins sûr…

Publié dans Cinéma, Critiques | Un commentaire

La Classe américaine

La Classe américaine
1993
Michel Hazanavicius, Dominique Mezerette

À l’occasion des 70 de la Warner, l’utilisation quasi illimitée et sans réserve de l’ensemble du catalogue de films du studio a été accordée à Canal+, qui ne s’en est pas privée pour s’en servir copieusement. En résulte une œuvre parodique devenue culte avec le temps, surtout de par ses répliques improbables, réunissant les plus grands noms du cinéma pour une comédie aussi invraisemblable qu’hilarante.

Largement pompé sur Citizen Kane, le film est axé autour du mystère de la mort d’une figure emblématique : l’homme le plus classe du monde, George Abitbol (John Wayne). Ses derniers mots furent « Monde de merde ! », et deux journalistes (Dustin Hoffman et Robert Redford) sont chargés de savoir pourquoi. Une plongée au coeur de la vie d’une légende au parcours peu commun.

James Stewart, Donald Sutherland, Paul Newman, Charles Bronson et tant d’autres noms aujourd’hui un peu oubliés mais qui ont représenté l’âge d’or du cinéma et qui ont posé ses bases actuelles. Pour peu qu’on ait un minimum de culture, d’autant que certains sont encore actifs aujourd’hui, voir un tel rassemblement à l’écran est déjà un sacré événement en soit. Donc bien sûr, reconnaître les acteurs et les films détournés décuple son impact, mais même sans ça le film a pas mal d’arguments à faire valoir. On nous dit « voici l’homme le plus classe du monde », et finalement chaque histoire racontée tend à démontrer le contraire, fait déjà amusant en soit, mais d’autant plus de part le détournement du doublage, totalement refait pour l’occasion, permettant de faire dire totalement n’importe quoi aux personnages. Et voilà comment on se retrouve avec des running-gag sur les wish-lorraines, sur l’excitation ultime que représente la dégustation de chips, ou encore des « saloperies de dinosaures partouzeurs de droite ». Les histoires n’ont aucun sens, partent totalement en vrille, et même visuellement le film est délirant au possible. On retiendra notamment les passages en voiture, à mourir de rire avec le décalage entre les plans d’intérieur très calmes et les plans en extérieur montrant une course effrénée et déchaînée dans les rues, causant de terribles accidents avec une retenue très British. Des détournements incroyablement efficaces, quasi toujours drôles, et on ne peut qu’applaudir le résultat. Aller, une petite suite en 2023 pour le centenaire ?

Publié dans Cinéma, Critiques | Un commentaire

Tu m’as sauvé la vie

Tu m’as sauvé la vie
1950
Sacha Guitry

À l’image du Prénom, le film est une adaptation d’une pièce de théâtre à succès, y reprenant presque tous les acteurs de la pièce (à l’exception de la servante). Un huis clos sur une bande de rapace prête à se jeter sur l’héritage d’un vieil homme, déjà mise en scène et écrite par Sacha Guitry à l’origine, tenant logiquement à nouveau les rênes.

Sorte de Noël de Mr Scrooge, le film nous montre un vieil homme affable, fatigué de la vie et n’ayant plus fois en rien (du moins rien de bon) : le baron de Saint-Rambert (Sacha Guitry). Il se complet dans la solitude, et ne demande rien d’autre qu’une paix royale. Mais voilà, un beau jour, au détour d’une promenade désagréable (de par la compagnie de la comtesse), il va réchapper de peu à la mort, sauvé par Fortuné (Fernandel). Dès lors, il va ouvrir les yeux sur la beauté de la vie, se sentant l’envie de prendre tout le monde dans ses bras, de les inonder de son bonheur. Une situation que d’aucuns se verraient bien profiter.

Les films d’époque avaient toujours un ton très théâtrale, et pour une fois cela ne dénote pas, étant même presque logique vu le caractère de l’histoire et la mise en scène, proche d’une représentation classique sur les planches. Les acteurs sont donc pleinement dans leur élément, et avec quelqu’un de la trempe de Sacha Guitry, le résultat est stupéfiant. Un modèle de charisme, récitant des tirades magnifique avec une aisance et un sens de la démesure saisissants. D’un autre côté, il éclipse totalement les autres, mais vu la place qu’il occupe et la longueur de certains de ses discours (occupant presque les trois-quart du film) ça n’est pas un mal. Côté scénario c’est un peu trop classique pour vraiment intéresser, reposant sur des ficelles énormes, mais de temps à autre le film part du contre-pied et c’est étonnant. Pas original pour un sou, le film est malgré tout un bel exercice, au casting inégal et possédant quelques longueurs, mais globalement efficace.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Le rôle de ma vie

Le rôle de ma vie
2014
Zach Braff

Neuf ans après l’énorme succès incompréhensible de Garden State, romance aseptisée qui faisait preuve d’une écriture fainéante, voici la seconde réalisation pour le héros de la célèbre série Scrubs, Zach Braff, y tenant à nouveau le rôle principal, en plus d’avoir co-signé le scénario. Malgré un soutient identique de la part des distributeurs, le film fit presque dix fois moins d’entrées, une vilaine claque. Et en toute logique, cette fois-ci non plus le sort du film ne fut pas mérité.

Qu’on vive à Hollywood et qu’on soit juif n’y change rien : devenir acteur est pratiquement impossible. Pourtant, c’est là le rêve de Aidan (Zach Braff), et il y consacre sa vie, largement aidé par sa femme (Kate Hudson) qui se charge de ramener l’argent à la maison. Un style de vie largement décrié par sa communauté, et tout particulièrement son père, mais face à l’imminence de la mort de ce dernier, il va apprendre à relativiser les choses, voulant transmettre de vraies valeurs à ses enfants.

Le début du film est tout sauf rassurant. En fait, c’est même presque de l’incitation à la haine tant le film est pro-sémite. Il y dresse le portrait de juifs coupés du reste du monde, ne se mariant qu’entre eux, refusant à leur enfant tout contact avec les goys, quitte à payer des fortunes en scolarité, et traitant vraiment le petit peuple comme une race inférieure. Des propos inquiétants sur la supériorité du peuple élu, desservant pour beaucoup le début du film, embourbé dans des concepts religieux malsains. Puis arrive enfin le vrai sujet du film : le rapport à la famille, l’amour, la quête du bonheur et l’accomplissement des rêves. Des notions plus unificatrices et parlantes, marchant d’autant plus qu’artistiquement le film est bon. Une réalisation très personnelle, chaleureuse mais semblant crouler sous les enjeux, et les acteurs s’en sortent très bien. Du coup, lorsque le film glisse progressivement vers l’émotionnel, il n’en est que plus efficace, marqué par de beaux discours profonds et inspirés. On reste malgré tout dans du conventionnel prévisible, mais c’est suffisamment attendrissant pour en être probant.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Le Chaos

Le Chaos
2015
Vic Armstrong

On le sait, si Nicolas Cage accepte à peu près n’importe quel rôle dans n’importe quel film, c’est pour toucher son énorme cachet et maintenir son train de vie extravagant, quitte à avoir une réputation lamentable. De temps en temps il y a bien un petit Joe pour prouver que son jeu d’acteur n’est pas si mauvais quand il le veut bien, mais en l’occurrence il retombe violemment au fond du trou.

La religion, c’est de la merde jusqu’au jour où on en a besoin, car seul un miracle céleste pourrait nous venir en aide. Pour Rayford (Nicolas Cage), la religion lui pourrissait jusqu’alors sa vie, ayant transformé sa femme en une espèce de folle possédée par Jésus. Mais pendant son vol, étant pilote de ligne, un événement terrible va survenir, d’ampleur mondiale, remettant en cause toute sa philosophie de vie.

Certes, j’ai vu ce film dans des conditions épouvantables (importantes nuisances sonores et visuelles), mais quand même. Nous faire patienter demi-heure avec pour seule intrigue une fille d’une vingtaine d’années triste que son papounet ne soit pas là pour son anniversaire, c’est très, très faible. Suis-je médisant, il y a aussi l’histoire d’infidélité avec la pulpeuse hôtesse de l’air, du lourd. Mais finalement ça vaut le coup puisque la claque est énorme, et on attend fébrilement de savoir où tout ça va nous mener. Malheureusement, la réponse est « nulle part ». Le film va maladroitement tenir 1h20 de plus en étirant atrocement l’embryon d’idée qui lui sert de fil conducteur, et le résultat est tout simplement indigne. On s’ennuie à mourir, il ne se passe presque rien, et le peu qu’on voit est débile à outrance. Le piètre jeu des acteurs et les nullissimes effets spéciaux finissent quant à eux par nous achever. Difficile de croire qu’une sortie nationale eu lieu aux Etats-Unis tant c’est honteux.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Final Fantasy XIII

Final Fantasy XIII
2014 (2010 sur consoles)
PC

Après avoir mit un certain à s’implanter sur Super Nintendo, la franchise Final Fantasy a connu une période de gloire monumental sur Playstation et Playstation 2, et sa première incarnation sur la troisième génération de consoles Sony était passablement attendue. Un développement chaotique qui fait doucement sourire aujourd’hui avec le quinzième volet et ses dix ans de programmation, mais à l’époque on ne rigolait pas avec ça, le jeu ayant été repoussé trois années durant. Accueilli tièdement à sa sortie, le jeu débarqua avec surprise sur PC à la rentrée 2014, me permettant enfin de découvrir le fameux titre (et ses deux suites, l’une étant déjà sortie). Après l’excellence de FFXII, je croyais la saga sur de bons rails, mais patatras, cet épisode fait l’exact chemin inverse, lorgnant du côté de FFX, pourtant le plus mauvais de toute la série (si on excepte les deux premiers).

Graphismes : 17/20

Incontestablement l’un des meilleurs arguments du jeu. Si déjà le précédent était une prouesse ahurissante, celui-ci, et c’est bien normal vu le changement de plateforme, se montre encore plus beau et percutant. Et encore, j’ai eu la flemme d’installer la mise à jour pour un affichage supérieur à 720p. La modélisation des personnages se rapproche énormément des cinématiques, et si on est pas encore à afficher le grain de la peau ou des textures aussi fines qu’un vaste champ d’herbe où chaque brin est modélisé, c’est par moments presque bluffant. D’un point de vu purement technique, on frôle la perfection et les décors – pas tous mais certains – sont spectaculaires, dénotant d’une ambition démesurée. Une splendeur décuplée par la mise en scène, point crucial du jeu tant les efforts fait à ce niveau là sont considérables. On retrouve aussi une belle diversité qui ne gâche rien au spectacle. En revanche, la direction artistique n’a rien de transcendante, faisant du Final Fantasy classique, recyclant son bestiaire à la sauce baroque. On notera même quelques ratages, notamment Shaz, et à l’exception de Fang et Lightning, les designs des personnages sont totalement clichés. Un boulot exceptionnel donc, mais pas forcément très inspiré.

Jouabilité : 12/20

Nous voilà au cœur de l’un des plus gros problèmes du jeu. C’est à croire qu’ils l’ont fait exprès : on assiste à un mixe bancal de FFX et FFXII. Le Sphérier ? Copié-collé en moins bien. Les Gambits ? Réappropriés dans la douleur. Pour des raisons de coût en terme de puissance de calcul, le système du XII est repris dans une bulle local, perdant ainsi en dynamisme, mais pire encore, on perd surtout la liberté de déplacement. On retourne à du combat classique et mou, mais il y a plus grave. Si les combats sont comme dans le précédent jeu, c’est-à-dire automatisés selon une stratégie, avec possibilité de changer cette stratégie en temps réel (un petit plus) et de choisir la commande manuellement, on ne peut plus calibrer ses attaques, échangeant les commandes individuelles par des menus, plus globaux et moins précis. Et l’IA est à ce niveau très défaillante, manquant de jugeote face aux mêlées, ne privilégiant pas assez les attaques de zone, et elle perd énormément en efficacité quand on se retrouve en situation d’urgence avec deux soigneurs, n’ayant strictement aucun sens de la coordination. Une IA globalement dégueulasse, même pour ce qui est des ennemis, souvent coriaces et forçant à se taper du level up (enfin sphérier up plutôt), mais sinon stupide dans ses actions.
Cœur du système évolutif des personnages, le sphérier, ultra dirigiste, se décompose en six rôles : attaquant (pour une force de frappe maximum), ravageur (magie affaiblissant les ennemis – jauge de choc – et leur causant des dégâts légèrement inférieur), défenseur (tank se régénérant et attirant les attaques ennemis), saboteur (causant des altérations d’état aux ennemis), technicien (offrant des bonus de stats aux personnages), et soigneur (qui restaure les PV, soigne les altérations d’état et ranime). À la fin de chaque combat, les héros obtiennent des PC (points de christalium), permettant de faire évoluer l’un des domaines, sachant que seuls trois domaines sont disponibles d’origine (en fait un seul même, mais les deux autres « natifs » se débloquent vite) et font vraiment évoluer le personnage rapidement, les trois autres domaines demandant un coût en PC astronomique pour des bonus risibles, sans compter l’efficacité bridée. Mais de toute façon, les stades d’évolution se débloquant de manière échelonnée, le jeu nous force presque à améliorer chaque domaine à la suite. Belle connerie, il faudra attendre la fin du jeu (après générique) pour débloquer le dernier stade d’évolution.
Autre élément déjà un peu plus intéressant, l’amélioration des équipements se fait par gain d’expérience en utilisant les objets laissés par les ennemis vaincus, mais ils servent aussi à obtenir des gills via les boutiques consultables par point de sauvegarde, car sinon les ennemis n’en laissent pas (comme dans le XII, sauf que le problème c’est que les butins servent ici). Du coup, on se retrouve constamment fauché, et dès l’accès au chapitre XI – délivrance qui nous fait sortir de ces horribles couloirs linéaires – mieux vaut se choisir une équipe et laisser moisir les trois autres. Donc voilà, plein de bonnes idées, majoritairement recyclées, mais l’équilibrage est un peu foireux et les vingt premières heures de jeu sont quasiment une succession de cinématique avec de temps à autre des QTE (actions contextuelles) lors des combats comateux. On fini par se laisser prendre au système de jeu, mais il est loin de faire honneur à la série, et le plaisir de jouer s’en ressent.

Durée de vie : 17/20

Quand on passe 20-25 heures enfermé dans des couloirs, accéder à Pulse et ses grandes étendues est un tel bonheur qu’on se doit d’y tester au moins une vingtaine sur les 64 missions accessibles (même si dix d’entre elles ne sont pas réalisable sans avoir fini le jeu, le stade 10 d’évolution étant plus qu’obligatoire). Et puis le boss de fin est tellement dur qu’y aller sans une préparation de mastodonte serait pure folie. Ainsi, si dans l’absolue le jeu peut être fini en 45-50 heures, mieux vaut tabler sur un peu plus de 60. Et pour venir à bout de toutes les missions et obtenir le meilleur arsenal, on peut gonfler ce chiffre à 80. Rien à voir avec la somme hallucinante de contenu hors trame de son prédécesseur, mais c’est déjà énorme et l’envie de s’y attarder n’est pas si forte.

Bande son : 16/20

Par soucis de compréhension, j’ai opté pour les voix anglaises. Elles sont d’un niveau classique, c’est-à-dire pas honteux mais assez caricatural quand même. Les musiques du jeu sont elles un peu moins classiques, proches de l’électro-pop, du dynamisme bien senti qui colle parfaitement avec l’univers. Exit donc les mélodies envoûtantes, mais au moins ça change. On notera quelques unes chantées, notamment « Chocobo of Cocoon », délire bien sympa et terriblement entêtant.

Scénario : 10/20

Huit ans après FFX, Square-Enix replonge. La religion ne leur avait pas tellement réussi, et ici ils ont fait presque pire. Dans un univers pas très inspiré, puisant dans la mythologie habituelle, on nous ressort des conflits religieux entre deux types d’entités spirituelles : les Fal’Cie de Cocoon, planète en lévitation au dessus de celle des seconds Fal’Cie, ceux de Pulse. Pour mettre à bien leurs plans, ils sélectionnent des humains et les transforment en L’Cie, leur ordonnant d’accomplir une tâche. Si ils réussissent, ils deviendront des cristaux, avec la possibilité de se réveiller un jour si un Fal’Cie a à nouveau besoin d’eux. Mais s’ils échouent, alors ils deviendront des Ceith, monstres déchus. Et comme d’habitude, les héros – pas très intéressants d’ailleurs – sont liés depuis le début, et ils doivent sauver le monde. Une histoire qui se donne des airs ambitieux, mais qui se révèle au fond très basique, bourrée de clichés, et l’univers est mine de rien assez pauvre (point de races fantastiques, juste du religieux glauque et dépressif). Immense déception.

Note Globale : 13/20

Tant d’années de travail acharné pour ça ? Attendu comme le grand messie des RPG, le jeu est une démo technique brillante, quasi irréprochable sur le plan visuel, au contenu énorme, addictif, au style qui sonnait novateur, et à l’histoire qui avait l’air épique, mais le résultat est très décevant. Une fois passé la claque des graphismes et de la mise en scène très cinématographique, le constat est amer : le système de jeu est trop dirigiste, mal pensé, et offre un plaisir de jeu réduit. Les couloirs nous saoulent très vite, de même que ces héros qui improvisent dans un chaos très brouillon, et les failles de l’histoire nous sautent aux yeux inévitablement. La poésie et le charme des précédents Final Fantasy ne s’y retrouve que très partiellement, et l’univers est d’une pauvresse proportionnelle à la quantité d’artifices tentant de la cacher. Certes, dans l’absolu le jeu reste bon, mais compte tenu de l’héritage, le bilan est douloureux. Mais après tout Pulse est immense, et peut-être que les suites ont su rectifier le tir en inventant tout un autre univers caché. À voir, mais la prudence est de mise.

Publié dans Critiques, Jeux vidéo | Laisser un commentaire

Hippocrate

Hippocrate
2014
Thomas Lilti

Très beau succès de fin d’année, le film a réussi l’exploit d’attirer neuf-cent mille spectateurs dans la période la plus creuse de l’année, le mois de septembre. Porté par un maintient excellent et un bouche-à-oreille non moins formidable, le film se veut comme une plongée réaliste dans le dur quotidien des internes d’un centre hospitalier.

Après la théorie, la pratique. À 23 ans Benjamin (Vincent Lacoste) va entrer comme interne dans l’hôpital de son père (Jacques Gamblin), intégrant le service de traitement des malades, mais les choses ne vont pas très bien se passer. Face à la mort, au doute et aux responsabilités écrasantes, sans compter le cruel manque de moyens et de personnel, la pression sera énorme. De plus, avec son asociale collègue Abdel (Reda Kateb) toujours sur son dos et ne se posant jamais aucune question logistique ou économique, le poids de la morale va l’achèver. La solitude face à un défis insurmontable.

Un film réaliste, peut-être, mais est-ce suffisant pour nous intéresser ? Difficile de rester complètement hermétique face à ce milieu, mais il est au final semblable à tous les autres. La pression hiérarchique, le stress de l’erreur, des mécontentements, la peur de la mort : des enjeux propres au monde du travail en général, donc rien de bien novateur. En revanche, là où le film se démarque un peu plus, c’est qu’il change de personnage principal en cours de route. Le film est raconté selon le point de vu de Benjamin au début, puis bifurque sur celui de Abdel ensuite, inter-changeant entre les deux sur la fin. Un choix narratif assez efficace, d’autant que les deux hommes sont sensiblement différents dans leurs comportements et leurs appréhensions du travail. Côté humour le film marque quelques bons points, mais pas de quoi se fendre les côtes. Un film relativement intéressant et bien fait, mais ça ne m’a personnellement pas tellement parlé.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

The Best Offer

The Best Offer
2014
Giuseppe Tornatore

Malgré un casting international assez prestigieux et un succès d’envergure en Italie (son pays d’origine), ses sorties limitées dans les autres pays du monde, spécialement la France, ont fait que je n’avais jamais entendu parler du film. Puis voilà que Durendal le cite parmi son top 10 des meilleurs films de l’année, et si certains de ses choix sont discutables, cela vaut au moins la peine de s’y intéresser. Et effectivement, sans mériter autant d’éloges, le film est très bon.

Commissaire-priseur de renom, Virgil Oldman (Geoffrey Rush) est un grand passionné d’art, non seulement imbattable pour déceler l’authenticité d’une œuvre, mais en plus doué d’un don de voyance pour savoir quel artiste deviendra un grand nom dans les années à venir. Il n’hésite pas d’ailleurs à participer à ses propres enchères avec son ami Billy (Donald Sutherland), qui achète les toiles pour son compte. Un jour, au détour d’une estimation pour une maison, il va découvrir d’étranges pièces d’un ancien rouage, morceaux, d’après son ami Robert (Jim Sturgess), d’un automate. Mais plus passionnant encore, il va faire la connaissance de la propriétaire des lieux, Claire, personnages aussi envoûtant qu’insaisissable de par son agoraphobie aiguë.

Dans un cadre de musée, le film nous berce d’œuvres magnifiques, magnifiées par une réalisation sobre, très classe, et renforcée par la musique discrète mais non moins efficace. Un style très renaissance au niveau architectural, allant à merveille avec les personnages très British du film, formidablement interprétés, notamment en ce qui concerne Geoffrey Rush, exceptionnel dans ce film. L’histoire est excellente sur le principe, nous faisant une belle démonstration d’un milieu méconnu, mêlant deux sous-intrigues passionnantes : celles de l’automate et de la mystérieuse propriétaire des lieux. Un très beau film qui pourrait être prit en modèle tant c’est remarquable de professionnalisme. En revanche, l’histoire déçoit un peu de par sa prévisibilité, même si on peine à croire la fin tant elle manque d’envergure compte tenu des possibilités offertes. Un potentiel pas pleinement exploité donc, n’enlevant rien de sa superbe au film, mais il y avait mieux à faire.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Locke

Locke
2014
Steven Knight

Les huis clos sont occasionnellement d’exceptionnels long-métrages, mais tout dépend bien sûr de comment on gère les choses. L’un des meilleurs films de tous les temps, The Man from Earth, avait notamment su s’imposer grâce à l’un des meilleurs scénarios de l’histoire, mais ça ne sera pas le cas ici. À l’image de Buried, on suivra tout le film durant les conversations téléphoniques d’un homme seul, et le résultat sera tout autant décevant.

Cet homme qu’on suivra donc, c’est Ivan Locke (Tom Hardy), contremaître de renom dans le milieu du bâtiment, mais qui va laisser tomber le plus gros projet de construction de l’histoire la veille du chantier pour aller assister à la naissance de son enfant illégitime, fruit de son unique dérapage conjugal avec une quasi inconnue, mais qu’il a décidé d’assumer. Sur le chemin de l’hôpital, il doit expliquer la situation à sa famille et ses collègues.

Bon, on va pas tourner autour du pot, ce film est horriblement chiant. Excellent choix de casting, le seul acteur présent a un charisme certain, et sans lui je n’aurai probablement même pas essayé d’aller jusqu’au bout. Le principe d’un homme seul au téléphone n’est pas à remettre en cause, ça a déjà marché par le passé. Non, le vrai problème, c’est qu’on s’en fout. Il va rater le chantier le plus important de sa vie pour assumer sa paternité ? C’est vrai qu’il aurait pas pu aller à la maternité au lendemain de la naissance, ah bah non. Donc non seulement la plupart de ses conversation téléphoniques sont inintéressantes, mais en plus elles sont contre-productives et nous font rager de par la bêtise du héros, se posant pourtant comme « l’homme qui a tout compris », alors que ça serait plutôt l’inverse. Le rythme n’est lui-même pas bon, et il faut en plus faire avec des monologues avec le père vraiment très mauvaises, pas en terme de jeu, mais encore une fois en terme d’écriture. Un film raté, voilà tout.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire

Un été magique

Un été magique
2012
Rob Reiner

Difficile de passer après deux des meilleurs films de l’année, et mon indulgence s’en retrouve bien amoindrie. Petite production jamais sortie en salle (ou du moins de façon insignifiante) malgré la certaine notoriété du réalisateur et de son héros, le film récemment débarqué chez nous avec deux ans de retard se veut comme une petite comédie toute mignonne et légère, mais l’os à ronger est bien maigre.

Ancien écrivain à succès, Monty Wildhorn (Morgan Freeman) a sombré dans la déprime et l’alcool depuis la mort de sa femme, murant sa machine à écrire dans un profond silence. Dans l’espoir qu’un changement de cadre lui ferait du bien, son neveu va l’inviter à passer l’été dans sa maison inoccupée à Belle Isle, et le miracle va avoir lieu. De sa rencontre avec Charlotte et ses trois filles, son inspiration et son goût pour la vie vont renaître.

Dieu que c’est gnangnan… Et débile surtout ! Si le film est centré sur le personnage du vieil écrivain alcoolique handicapé, il s’intéresse aussi beaucoup à la cadette des filles, Finnegan, très bon personnage attachant sans qui le vieux ne serait qu’on ronchon insipide, mais dont l’intrigue repose sur une ânerie assez monumentale. Le film part du principe qu’un enfant y’a rien de plus con, et qu’à neuf ans elle ignore ce qu’est l’imagination, un instinct des plus primaires pourtant. Et n’importe qui ayant côtoyé des enfants sait bien à quel point leur imagination est fertile, donc le film repose sur une connerie qui ne marche pas. La plupart des réactions dans ce film défient les lois de la logique, et même si c’est pour nous émouvoir ou nous faire rêver, le résultat ne suit pas. L’histoire ne nous touche pas beaucoup, et les personnages pas davantage. Tout est ultra prévisible, donc vraiment rien pour cultiver notre intérêt fragile. Du téléfilm de seconde main pas bien passionnant.

Publié dans Cinéma, Critiques | Laisser un commentaire