The Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel
2014
Wes Anderson

Référence en matière de cinéma d’auteur américain, Wes Anderson avait fait pas mal parler de lui avec son dernier film, rafraîchissant et hilarant, Moonrise Kingdom. Une belle romance naïve entre deux enfants très spéciaux, le tout plongé dans l’univers décalé et surréaliste du scoutisme. Cette fois-ci, le bonhomme a frappé encore plus fort, récoltant des critiques encore plus unanimes, et en profitant au passage pour fracasser tous ses records en terme d’entrées, faisant plus d’entrées à l’étranger que ces six autres films réunis. Impressionnant.

Pour l’histoire, aussi folle qu’à l’acoutumée, il s’agit de celle de Zéro Youssef, jeune Lobby Boy dans les années 30 au Grand Budapest Hotel. Des décennies plus tard, il raconte à un écrivain passant par là (Jude Law) son incroyable aventure au sein de cet hôtel prestigieux, alors que l’immense Monsieur Gustave (Ralph Fiennes) lui enseignait l’art de vivre et la façon de penser des gentlemans. Une belle initiation quelque peu bouleversée par la mort d’une conquête de Gustave (Tilda Swinton), dont les fils héritiers (Adrien Brody et Willem Dafoe) vivent très mal le don fait par leur mère d’un tableau de valeur inestimable à ce profiteur de vieille dames de Gustave, de même que tout ce qui entoure l’avocat chargé de la succession (Jeff Goldblum), pas très coopératif.

C’est hallucinant de voir à quel point le réalisateur se réapproprie la réalité. Il aime nous montrer de grands naïfs vivant dans leur petit monde de bisounours, l’opposant non plus cette fois à la violence de la nature, mais à la violence humaine, froide et méthodique. On retrouve donc ce style si particulier, d’autant plus que la mise en scène est toute spécialement étudiée pour. Adepte des plans rapprochés et des champs / contre-champs face caméra, le réalisateur en abuse outrancièrement ici. C’est bien fait, jouant énormément sur les décors pour déformer volontairement le mobilier selon l’angle de caméra, mais le procédé est trop systémique pour nous éblouir tout le film durant : on s’en lasse. De même, le format de l’image varie en fonction de l’époque, idée scénaristiquement intéressante, mais artistiquement peu probante. Un fait étrange tant le scénario occupe une place secondaire dans le film, préférant se focaliser sur la mise en scène et le décalage des situations. On ne s’étonnera donc pas de retrouver une quantité phénoménale de stars de classe internationale (Mathieu Amalric, Harvey Keitel, Bill Murray, Edward Norton, Saoirse Ronan, Jason Schwartzman, Léa Seydoux, Tom Wilkinson et Owen Wilson), petit jeu de remplissage ironique quant à leurs rôles. Du bon boulot, le paroxysme du style d’Anderson, mais étrangement je n’ai pas plus accroché que ça. Peu de surprises, sauf des mauvaises sur la fin, une histoire décevante, et une mise en scène trop tapageuse qui lasse par sa redondance. Moonrise Kingdom était plus drôle, plus fin et plus original.

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The Odd Life of Timothy Green

The Odd Life of Timothy Green
2012
Peter Hedges

Après un démarrage modeste sur le sol américain, le film a connu un maintient excellent le hissant jusqu’au rang de belle réussite, finissant sa course à presque 52 M$ à domicile. Pas suffisant en revanche pour le reste du monde, peu de pays lui ayant en effet ouvert ses portes. Une petite fable d’apparence mignonne qui m’intriguait, et il est vrai que l’histoire promettait pas mal.

Devenir parent, ça n’est pas une finalité, mais pour Cindy (Jennifer Garner) et Jim (Joel Edgerton) cela aurait donné un sens encore plus grand à leur amour, et l’annonce de leur stérilité les sonna comme jamais. Désemparés et attristés, ils vont imaginer une dernière fois à quoi ressemblerait leur enfant idéal, quelles seraient ses aptitudes, ses talents, ses qualités humaines, avant d’y renoncer définitivement, décidant d’enterrer symboliquement ce rêve en y mettant leurs notes en terre. Et quelqu’un les a visiblement entendu là haut, faisant sortir de terre, à l’endroit où reposait leur rêve, un petit garçon répondant au nom de Timothy, fils prêt à l’emploi et bien décidé à leur donner tout l’amour possible. Un rêve qui va dépasser toutes leurs espérances.

Je rage : le réalisateur, les acteurs, le scénariste, le responsable de la musique, tous avaient en main l’ensemble des cartes pour nous offrir un petit bijou de poésie et d’émotion. Il y a une quantité incroyable de bonnes idées, de séquences magnifiques, mais une quantité non moins importante de fautes majeures. Point délicat que le film négocie à la perfection, l’arrivée de l’enfant est tout simplement d’ordre mystique, et tout en apportant certaines étrangetés d’importance, l’explication est claire, naturelle, et la situation s’installe directement sans l’ombre d’un malaise ou d’une quelconque réticence de la part de l’un des partis. Le principe des feuilles, bien que téléphoné, est vraiment magnifique et aurait presque pu nous tirer les larmes, d’autant plus avec la romance des enfants et la musique incroyable qui ponctue ces moments de tendresse (bien que largement trop proche du thème principal de Dragons) si seulement il n’y avait pas tous les problèmes qui incombent au film. Dernier point très positif avant d’attaquer les choses qui fâchent, la pureté et la simplicité d’un enfant. Une fois le stade – énervant – bébé passé, toute la tranche de vie de la petite enfance jusqu’à l’adolescence est un émerveillement. Le monde est beau, l’espoir persistant, et leur esprit n’est pas encore embrumé par les désillusions de la vie. Une vision oubliée qu’il est bon de rappeler, et la côtoyer ranime nos vieux cœurs fossilisés.

Mais bon, le film n’est pas qu’une ode à la vie, une quête de bonheur enivrante : il est aussi une comédie américaine parfois maladroite. Aux Etats-Unis, la décence, le sentiment de honte n’existent pas, et à de trop nombreuses reprises on assiste à des démonstrations publiques insupportables, allant même jusqu’à gâcher l’une des principales conclusions du film. Et en parlant de gâcher, la construction même du film s’impose là dans ce domaine. Certes, la piste des feuilles nous y aurait de toute façon mené, mais le choix de narration nous livre carrément l’une des finalités les plus importantes. Une pirouette pour une conclusion qui repart lorgner du côté fantastique ? Malheureusement non, le dernier retournement de situation n’arrivera pas, nous laissant pour le coup sur une situation de malaise. Et que penser du coup de l’intérêt de leur histoire passée ? Une mauvaise blague pour les pousser au suicide ? Une dernière forme de cynisme prouvant que le bonheur est éphémère ? Bilan, le film nous aura ému, fait rêvé, réfléchir, mais difficile de pardonner certains aspects américanisés de son traitement, et la fin est bien trop amer pour espérer aboutir sur autre chose que de l’indignation.

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American Nightmare 2 : Anarchy

American Nightmare 2 : Anarchy
2014
James DeMonaco

Surprenant son monde avec son démarrage incroyable, American Nightmare promettait beaucoup mais n’apportait pas grand chose au final. Son magnifique sujet de base qu’était l’expiation des pulsions malsaines de la société par le biais d’une demi-journée de massacre organisée ne se révéla être au final qu’un banal film d’intrusion où une famille tente de survivre face à une bande d’inconnus sanguinaires. Les gens ont crié au scandale, et le tir a donc tenté d’être rectifié en montrant ce que les gens voulaient voir : une plongée violente au coeur de la purge, pas un simple huis clos.

Donc cette fois-ci, le film nous propose de vivre ces quelques heures très particulières par le biais de quelques malchanceux piégés en pleine purge dans les rues hostiles de New-York. Repérés par un gang prêt à purger comme il se doit, un couple va se retrouver piéton au pire moment possible, leur voiture ayant été sabotée. De même, supposément à l’abri dans leur immeuble, une mère et sa fille vont se retrouver embarquées par une escouade surarmée. Tous quatre seront secourus par un père en quête de vengeance (Frank Grillo), mais passer la nuit ne sera pas évident.

Eh bien ça y est ! Le message est semble t-il passé, et c’est enfin le résultat escompté qu’on a à l’écran. De la bonne grosse violence avec des psychopathes qui ont des masques qui font peur, des rafales de tirs de partout, du tir au pigeon en veux tu en voilà, et avec bien sûr le matos qui va bien entre les gros bolides customisés et les armes automatiques qui envoient du lourd. Mais le film va plus loin que ça. Il propose un certain nombre d’idées, quasiment toutes bonnes. On retrouve l’oligarchie qui use de ses privilèges pour une purge en toute sécurité, on retrouve des justiciers, un complot gouvernemental, des pauvres cons incapables de se mettre à l’abri dans le temps imparti, des insouciants, et évidemment des grands psychopathes avides de sang. Sans faire preuve d’une grande originalité, on retrouve même beaucoup d’Hunger Games ou Hostel, le film arrive à rassembler ses diverses inspirations avec une bonne cohérence, et le résultat sonne même presque nouveau. Les acteurs sont peu connus mais le héros a la classe, quelques idées de design font leur effet, et sans nous prendre aux tripes le film installe une vraie ambiance intéressante. Difficile d’en attendre tellement quand le premier est raté, mais rarement une suite n’aura su aussi bien gérer la transition, et le troisième volet s’annonce lui aussi très bon. Chapeau bas.

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Antichrist

Antichrist
2009
Lars von Trier

Voici donc le film inspiré des rêves de Lars von Trier, la persona non grata qui ne peut s’empêcher de démontrer la folie et la perversité qui l’animent dans chacun de ses films, au point d’avoir voué son dernier diptyque à la perversion sexuelle. Pas son plus connu ni reconnu – excepté un prix d’interprétation à Cannes, à supposer que ça ait une quelconque valeur -, le film se voulait comme son œuvre maîtresse. J’ose imaginer le reste de sa filmographie…

Niveau éducation, il y a deux écoles : ceux qui pensent que l’enfant a besoin d’une attention permanente, et ceux qui pensent que lui laisser de l’autonomie est plus profitable. Mais quand vient l’heure de la nuit, quand on croit qu’il dort paisiblement dans son berceau, la vigilance se relâche. En pleine partie de jambe en l’air, les parents de Nick (Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe) vont malencontreusement perdre leur fils, vagabondant un peu trop près d’une fenêtre. Un drame dont sa mère ne se remet pas, obligeant son mari, psychanalyste, à tenter de trouver une solution au deuil. Plongé au cœur d’une forêt, il espère la rappeler au calme et à la sérénité.

Son réalisateur l’avoue lui-même : son film possède le minimum possible en matière de scénario. Il ne s’agit là que d’un trip halluciné, transposant hasardeusement des cauchemars de son détraqué de créateur. Pas forcément décousu ni incohérent, quoique artificiellement structuré, le film est par contre sacrément tordu. De la folie, de l’aliénation à l’état brut, montant crescendo, démarrant déjà salement, pour finir dans une succession d’atrocités innommables. Principalement sexuelles, les perversions du film ne sont en tous cas jamais psychologiques, que du viscéral très graphique. Et à moins de rentrer dans cette folie destructrice, le dégoût sera d’ordre. Il y a bien quelques recherches en terme d’identité visuelle, et les acteurs sont cohérents avec leurs rôles, chose pas évidente, mais même d’un point de vu purement cinématographique, le film ne vaut pas grand chose entre son histoire décadente et sa mollesse désastreuse. Difficile de croire à un hypothétique intérêt.

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Destruction by DJ Protoss

Lui qui n’a plus rien à prouver dans le domaine de la musique, l’exceptionnel DJ Protoss revient avec un tout premier clip hors du commun. Les félicitations sont de rigueur !

Pour voir cette vidéo prodigieuse, ça se passe ici :
https://www.youtube.com/watch?v=sftH7yAof7w

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Transcendance

Transcendance
2014
Wally Pfister

Enfin nous y voilà : l’œuvre de science-fiction tant attendue, au casting si prestigieux et à l’histoire si prometteuse, mais qui n’a pas fait sensation, loin s’en faut. Ce fut un choc, une véritable surprise lorsque les premiers échos très mitigés arrivèrent, cataloguant le film parmi les plus gros ratages du genre. Le bilan financier fut lui aussi terrible : 103 M$ dans le monde, remboursant tout juste la production brute du film. Et comme d’habitude, le bashage est disproportionné.

Qu’est-ce que la transcendance ? Pour Will Caster (Johnny Depp), scientifique de renom dans le domaine de la cybernétique, il s’agit du prochain stade de l’évolution : une intelligence artificielle qui surpasserait de très loin l’intelligence humaine. Une sorte de divinité virtuelle qui évoluerait, se développerait toute seule, et qui permettrait de faire faire un bond colossal aux recherches scientifiques de tout domaine. Mais serait t-on capable de garder sous contrôle pareille chose ? Un groupe anti-technologie pense que non, et suite à une attaque groupée la plupart des scientifiques travaillant sur ce projet furent tué, tendis que Will fut sévèrement empoisonné. Pour tenter de le sauver, sa femme (Rebecca Hall) va choisir de transférer son esprit dans ce projet d’IA. Le résultat va s’avérer stupéfiant, mais est-il vraiment resté lui-même ? Sera t-il un guide pacifique ou une force de répression ?

Qu’on se le dise d’emblée, le film n’est pas mauvais, son problème serait plutôt qu’il n’innove en rien. Un homme transféré dans un ordinateur, c’est Tron. Le questionnement quant à l’âme humaine d’une réplique, c’est À l’aube du 6ème jour. Le besoin d’élévation des intelligences artificielles, c’est Her. Mais bien sûr, le film n’a ni le génie graphique du premier ni le degré vertigineux de philosophie du second. La réalisation est bonne, le scénario assez intéressant, le casting à peine croyable (Paul Bettany, Cillian Murphy, Kate Mara et même Morgan Freeman), mais c’est dans ses propos que le film déçoit. Certaines pistes de réflexion sont contradictoires : l’ambiguïté autour de Will est redondante, et son dessein est à la fois bon et mauvais. On est un peu dans l’aliénation de la fin synthétique de Mass Effect 3, une situation dérangeante et pas forcément pertinente. Et de toute façon, quel que soit le domaine de pensée abordé par le film, la vision proposée n’est jamais assez poussée, et on reste dans des intentions pas toujours très claires. On pouvait espérer quelque chose de franchement bon vu les pistes proposées, mais les problèmes de la ligne directrice et des notions de morales biaisées ternissent l’expérience, qui s’avère donc partiellement réussie, mais trop incomplète pour escompter nous transcender.

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Octobre 2014

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Bug

Bug
2007
William Friedkin

Le titre aurait pu faire référence à un plantage dans le système de communication cérébral, et ça n’aurait pas été erroné, mais non, il s’agit ici d’insectes. Adaptation d’une pièce de théâtre (logique dans la mesure où le film est un huis clos), le film nous narre comment Agnes (Ashley Judd), après avoir accepté qu’un inconnu – Peter (Michael Shannon) – dorme chez elle, va sombrer avec lui dans un délire psychotique. Femme brisée entre son fils qu’elle a perdu il y a dix ans et son ex-mari taulard qui l’harcèle, elle va trouver en Peter le réconfort auquel elle aspirait. Malheureusement, il cache certains secrets qui risquent bien dans la mettre en danger.

Le cadre de l’Amérique profonde offre des personnages atypiques, aux bagages souvent lourds, territoire propice aux plus belles machinations. Après une longue introduction montrant le misérabilisme extrême des personnages, on découvre un invité mystère pour le moins inquiétant, plein de promesses. Puis vient le « principal » sujet du film : la présence dans la chambre de minuscules insectes, s’insinuant de partout et irritant. Un mal qui se répand et qui rend fou. Les acteurs ne sont pourtant pas mauvais, mais on y croit pas une seule seconde, la thèse de la folie étant la seule logique, et ce à chaque instant. La construction est trop molle, la folie trop agressive, et du coup on se désintéresse rapidement de cette situation qui aurait pu être brillante, mais clairement pas en l’état. Erreur d’angle, d’écriture ? Très certainement aussi, certains discours sur la fin assommant grandement. Le suspense est raté, le développement lasse. Quelques intentions à garder, mais globalement le film ne vaut pas le coup.

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New York Melody

New York Melody
2014
John Carney

Les goûts et les couleurs, c’est très subjectif, mais rarement à ce point. Encensé par les critiques et dont le succès est l’un des plus retentissant de l’histoire du cinéma indépendant, avec en prime une performance stupéfiante en Corée du Sud qui compta pour plus du tiers de ces recettes mondiales, le film m’a pourtant laissé froid, voir glacial.

L’histoire avait l’air pleine de promesses : dans l’éternelle ville de New York, deux âmes brisées par leur ruptures respectives se trouvent grâce à la musique. Dan (Mark Ruffalo) était producteur de disque, licencié en début de journée, avait une fille (Hailee Steinfeld), qu’il ne voit presque plus depuis que sa femme (Catherine Keener) l’a quitté, mais il va reprendre confiance en la vie en voyant sur scène chanter Gretta (Keira Knightley). Il va voir en elle une potentielle chanteuse de renom, et elle avait justement besoin de ça, ressortant tout juste d’une romance malheureuse avec une rock-star.

Quand on nous vend un film, on s’attend à ce que le résultat en face soit cohérent, mais ça n’est largement pas le cas ici. Présenté comme une belle romance musicale, le film n’est ni romantique ni agréable à l’oreille, même si ce second point est discutable. En fait, c’est tout le principe du film qui est bancal : les deux personnages principaux n’essayent même pas de se rapprocher, prisonniers du souvenir de leur ancienne romance, et se la jouer free-lance pour enregistrer leur album dans les rues de New York, c’est juste débile, redondant, et même un peu arrogant dans le style hipster. Mais sur le fond le film ne tient pas tellement la route non plus, magistralement plombé par une ambiance nonchalante qui accentue les innombrables longueurs du film. Et pour peu qu’on soit allergique au style musical du film, le calvaire sera irrémédiable, malgré une jolie voix naturelle qui plus est pour l’actrice principale. Mais donc voilà : une absence de romance, une histoire anecdotique et un montage raté, sans parler de la probable incompatibilité de registre. Rarement un film ne m’aura autant déçu.

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Palo Alto

Palo Alto
2014
Gia Coppola

Après le père, la fille, c’est au tour de la petite fille de faire son apparition derrière la caméra dans la grande famille des Coppola. Marchant sur les traces de sa tante, elle s’intéresse elle aussi à la jeunesse désabusée, adaptant l’œuvre auto-biographique de James Franco, qui incarne ici un professeur de football un peu trop proche de l’une de ses élèves, April (Emma Roberts), pourtant à peine plus âgée que son fils.

Dans la ville de Palo Alto, près de Stanford, les tentations sont grandes et les abus fréquents. Les jeunes, même mineurs, peuvent sans problème se procurer de l’alcool, du tabac, de l’herbe et des champignons, et ils ne s’en privent pas. Dans un monde où ils ne trouvent pas leur place, ces substances sont leur seul moyen d’affronter la réalité. Entre recherche de soi et quête de reconnaissance, leur chemin sera sinueux.

Genre un peu surreprésenté, la mise en abyme de l’adolescence n’en est pas moins souvent intéressante, non seulement parce qu’elle peut potentiellement faire écho à des expériences personnelles, mais surtout parce qu’elle représente le tournant majeur dans la vie de chacun, qui décidera quel genre de personne on sera, quel genre de vie on aura pour le restant de ses jours. Ce film opte pour une vision tragique et romancée, montrant que le malheur et les déceptions nous attendent à chaque tournant, et qu’importe à quelle personne on se raccroche, nos choix, il n’y a pas de bonne décision, que des plus ou moins mauvaises. Un cynisme prononcé mais cohérent par rapport aux situations dépeintes, même si il est vrai qu’une morale à ce point transgressée et une démence aussi répandue ont de quoi faire peur, d’autant que le film semble assez pertinent et réaliste. La mise en scène et les acteurs font leur boulot correctement, le scénario tient la route, et quelques bonnes idées nous interpellent régulièrement, notamment tout ce qui entoure le personnage complètement fou de Fred. Très loin du Monde de Charlie ou de Donnie Darko, le film apporte tout de même sa modeste contribution et on en est pas mécontent.

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