Barbecue

Barbecue
2014
Eric Lavaine

Cru exceptionnel que cette année 2014 pour les comédies, le film compte parmi les innombrables millionnaires, ayant cumulé près de 1,6 millions de spectateurs. Nouveau succès qui vient rééquilibrer et positiver la balance de son réalisateur qui alternait jusqu’alors les bides et les succès relatifs. Changent peu ses habitudes scénaristiques, il nous livre en revanche un film un peu plus mature.

On adopte le point de vu de Antoine (Lambert Wilson), fraîchement quinquagénaire qui, après avoir faillit y rester suite à une crise cardiaque, se rend compte que sa vie l’ennui au plus haut point. Marre de bosser pour son père, marre de tromper sa femme, marre de mentir sans cesse à ses amis (entre autre Franck Dubosc, Florence Foresti, Jérôme Commandeur et Guillaume de Tonquédec) par courtoisie. Se libérer peut parfois faire du bien, mais prit dans cette spirale il risque d’en blesser plus d’un.

Une bande de potes où chacun a son problème plus ou moins important : l’un désespérant de voir son ex-femme refaire sa vie sans lui, un autre voyant son rêve immobilier s’effondrer, emportant toutes ses économies, ou encore un qui vie par procuration par lâcheté ou naïveté. Il y a aussi le couple tête-à-claque avec un Guillaume fidèle à lui-même, ne sachant parler que de sujets inintéressants. Si bien sûr chacun a sa personnalité bien tranchée, on notera tout de même un sacré masochisme, les hommes tirant allègrement la couverture, et toutes les choses les plus importantes sont de leur fait. Un déséquilibre flagrant mais pas gênant puisque le film arrive à être plutôt percutant. Les dialogues sont bons, les acteurs assez justes et ce qui se passe nous parle, à défaut d’être spécialement novateur. L’humour n’est pas constant, le film tournant au drame plus d’une fois, et sans vraiment nous faire bidonner, ça reste globalement efficace. Un gros film au très riche casting dont la forme et le fond arrivent à faire oublier le caractère classique et potentiellement chiant de l’histoire.

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Ma vie pour la tienne

Ma vie pour la tienne
2009
Nick Cassavetes

Retour au drame pour Nick Cassavetes après son immense succès critique, et tout de même pas mal commercialement, avec N’oublie jamais (The Notebook). Portant sur le cancer, le film promettait un traitement aussi triste et potentiellement tire-larme que son précédent essai du genre, mais à l’image des critiques très divisées, il n’est pas sûr que le film réussisse à toucher tout le monde.

C’est une chose à laquelle on ne peut être préparée, et c’est à peine si on peut la concevoir. Le monde de Sara (Cameron Diaz) et de son mari s’effondra le jour où il apprirent que leur fille de quatre ans était atteinte d’une leucémie, cancer des cellules qui infecte le corps via un sang malade. Le seul traitement existant consiste à effectuer des séries de greffes de moelle osseuse et des transfusions sanguines via un donneur compatible. Dans cette optique, Sara décida de mettre artificiellement au monde Anna (Abigail Breslin), conçue pour être parfaitement compatible. Une expérience en partie réussite puisque la vie de Kate fut prolongée de 11 ans, même si la rémission n’est pas au programme, au contraire : la situation s’est aggravée et nécessite de passer à l’échelon supérieur, à savoir une greffe de rein. Une lourde opération qui ne sauvera pas forcément Kate mais qui entraînera assurément des séquelles pour Anna telles que l’interdiction de boire de l’acool, de faire trop d’exercice, et cela la rendrai même stérile. Un choix lourd de conséquences, au point qu’Anna choisira de faire appel à un avocat (Alec Baldwin) pour s’assurer de son libre arbitre, la loi permettant à ses parents – qui ne s’en sont pas privé jusque là – de disposer du corps de leur fille mineur sans son consentement.

L’histoire se focalise sur trois points de vus principaux : ceux des femmes. Ainsi, on a celui de base, plutôt ennuyeux et vide de sens de la petite sœur Anna, même si à mesure que le film avance on comprend mieux son point de vue. Celui de la mère est lui aussi plutôt mauvais, certes intéressant cinématographiquement avec l’utilisation de flash-back, mais là aussi vide de toute forme d’émotion avec en plus des scènes inutiles montrant des choses déjà expliquées, d’où un sentiment de redondance, et une incohérence de taille avec l’unicité de la temporalité où ses cheveux sont très courts, sans échelonnement. Mais heureusement, le troisième point de vu est lui bien meilleur : celui de Kate, la mourante. Plus attendrissante forcément, c’est elle qui semble la plus ouverte à la vie, la plus joyeuse, la plus apaisée, attendant sereinement son repos éternel, beaucoup plus affectée par le sort des autres après sa mort que de son propre devenir. Sa petite romance est pleine de douceur, de poésie et de simplicité. Elle rayonne dans ce film, mais elle ne saurai sauver le film à elle seule, son rôle étant étrangement très secondaire en pratique. En résulte un degré d’émotion décevant, à l’image du film, passablement déséquilibré. Un immense potentiel gâché.

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Expendables 3

Expendables 3
2014
Patrick Hughes (II)

Il y a quatre ans Sylvester Stallone réussissait un plutôt beau tour de force : celui de rassembler des figures emblématiques des années 80, des has-been, et de faire avec eux un gros film d’action d’antan complètement con mais jouissif. Et même si le scénario était effectivement nulle, Expendables avait de solides arguments qui ont permit de bâtir un second opus qui a bien prit note des critiques et qui s’était imposé, malgré un léger recul aux Etats-Unis, comme un gros film bourrin terriblement drôle et au succès encore plus important (305 M$ dans le monde). La machine était alors repartie avec de nouveaux noms prometteurs, un premier teaser sympathique sur fond de musique de Noël pour les fêtes : on y croyait. Mais quand vint l’heure de la présentation, avec des choix d’auto-censure pour viser un plus grand public (visant à obtenir une classification PG-13), les réponses furent mitigée et le résultat sanglant : plus de 50% de baisse à domicile et des recettes totales au box-office qui n’atteindront peut-être pas les 200 M$, ce qui représenterai une sacré claque (bien que minime par rapport à la chute de 80 % de Sin City).

Jamais très forte quand il s’agit de justifier le bain de sang habituel, la saga ne fera pas exception à sa propre règle avec ce troisième volet. Cette fois engagé par un certain Max Drummer (Harrison Ford), les Expenadables (Sylvester Stallone, Couture, Lundgren, Crews, Austin, et Jason Statham, Jet Li ne faisant qu’un léger caméo vers la fin avec Arnold Schwarzenegger, lui un peu plus présent) sont chargé d’arrêter un terrible vendeur d’armes. Après avoir fait un petit détour pour récupérer leur vieil ami Doc (Wesley Snipes), l’équipe va faire face à un vieux démon, un ancien collègue qu’ils pensaient mort : Conrad Stonebanks (Mel Gibson), devenu le trafiquant qu’ils traquent. Une mission jugée trop dangereuse pour eux selon Barney (Syl) qui souhaite apporter un peu de sang frais dans l’équipe.

On passe le relais, mais pas trop. Si le second film avait maintenu l’intérêt en portant le débat à un niveau ahurissant en terme de spectacle, il fallait que ce nouveau film marque une rupture suffisante pour renouveler la formule, sans quoi cela marquerai la fin de la saga (et c’est peut-être déjà trop tard). Malheureusement, cette suite ne parvient pas à proposer un contenu original. Si Wesley Snipes est relativement intéressant et que Antonio Banderas est très amusant, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. La structure narrative est ultra classique, le scénario mauvais, la réalisation bancale, et le grand méchant de l’histoire est médiocre. L’acteur n’est responsable de son échec, il ne fait que subir le vide de son personnage et la bêtise de ses actions. Pourquoi ne pas avoir tirer dès le début ? Pourquoi une fin aussi minable ? Pourquoi avoir fait tant de musculation pour au final ne porter que des chemises amples ? Et que dire des nouvelles recrues « jeunes » ? Avec un casting réunissant autant de figures de légendes, il est impensable de constater que la plus grande « star » parmi les petits derniers est Kellan Lutz, aussi mauvais et arrogant qu’à l’accoutumée. Bien sûr, la formule reste toujours très distrayante, et la séquence d’ouverture est énorme. En revanche, tout le milieu du film est à jeter. L’attente est longue pour assister à la purge tant attendue de fin de film, massacrant des barres d’immeubles à grand coup d’hélicoptères et de chars. Un spectacle de qualité si on excepte l’immense gâchis du méchant, mais le chemin pour y parvenir est ennuyeux, notamment à cause de l’interminable présentation des nouveaux dont on s’en fout méchamment : tous assez inutiles mise à part Simon Phoenix et le chat poté. Et même côté humour la sauce prend moins bien : des jets de vannes peu inspirées et redondantes. Bref, une formule très similaire mais à l’inspiration en berne et à l’efficacité moindre. Et avec des résultat en salles plutôt dégueulasses, une suite n’est pas assurée de voir le jour, brisant nos fantasmes de rencontres insolites à l’écran. Dommage mais pas étonnant.

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Closed Circuit

Closed Circuit
2014
John Crowley

Passé complètement inaperçu lors de sa sortie, le film fut pour ainsi dire boycotté par les cinémas puisque seuls les Etats-Unis eurent droit à une sortie nationale, bien que toute relative. Il faut dire que le film est un genre bien difficile à vendre : pas directement un film de procès, le film retrace surtout l’enquête menée par les avocats, sujet déjà moins porteur. Mais sans doute son principal problème vient de son fond, n’étant pas exactement très « bien pensant ».

Non reconnu comme étant tiré d’une histoire vraie (auquel cas le film n’aurai probablement pas eu le droit de voir le jour), le film fait pourtant écho au récent attentat dans le métro Londonien, et on suit le procès de Farroukh Erdogan, immigré musulman, désigné comme le responsable de l’explosion qui a coûté la vie à 120 personnes. Six mois plus tard le procès n’a toujours pas commencé, se heurtant au « suicide » du dernier avocat à la défense. En charge de reprendre le dossier, Martin Rose (Eric Bana) va tenter d’élucider le mystère de son client, visiblement retissant à prouver son innocence. Et ce qu’il va trouver pourrai bien changer à jamais le visage de la justice anglaise, à moins que comme son prédécesseur, il ne se soit réduit au silence.

Voilà ce que vous allez vous dire, et ce que je me suis moi-même dit pendant une bonne partie du film : « encore un truc de terroristes musulmans avec un procès à la con derrière », et peut-être même allait t-on subir une investigation aussi chiante que dans Veronica Guerin. Et effectivement, le début du film est foncièrement ennuyeux entre des acteurs pas franchement bons, notamment la pourtant géniale Rebecca Hall, ici assurément inutile pendant la première heure, une histoire lamentable et un rythme à faire replonger la princesse Aurore (La Belle aux bois dormant) pour cent années supplémentaires de sommeil. Mais d’un coup c’est la claque, le réveil : on apprend que toute cette histoire est une conspiration des services secrets britanniques, que le fameux Farroukh Erdogan en fait parti, et qu’il ne s’agit que d’une immense manipulation. Ainsi, le film bascule et devient l’opposé de ce qu’on craignait et ose accuser une organisation, dite « hors de contrôle, même pour le premier ministre », de faire l’apologie d’un terrorisme qu’ils orchestrent eux même. Un sacré retournement de situation qui donne une ampleur inédite au film, nous accordant même des dialogues d’une rare intensité, notamment lors de la scène à l’hôpital entre le héros, Martin Rose, et Jim Broadbent, excellent en procureur général véreux. Un petit jeu de subtilités qui donne le ton pour une seconde moitié de qualité, révélant avec pertinence les ficelles qui gouvernent le monde. La pression monte, le ton s’élève et l’action s’intensifie. Difficile pour autant d’oublier le calamiteux démarrage, de même que la réalisation de seconde main et les prestations en dent de scie, mais le regain d’intérêt est net et la dernière ligne droite captivante. Un film qui ose enfin dénoncer les vrais travers de la société, et qu’importe les apparences tant que le massage passe.

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La Fureur de vivre

La Fureur de vivre
1956
Nicholas Ray

Des fois on allume la télé, on tombe au hasard sur un film, on commence à se dire « c’est quoi cette merde ? », « est-ce drôle exprès, est-ce une parodie ? ». Puis c’est la claque : il s’agit ni plus ni moins qu’un des plus grands classiques de l’histoire du cinéma, l’un des deux plus grands rôles d’un espoir brisé qui s’est forgé une légende en seulement une poignée de films et seulement deux rôles principaux, celui-ci et À l’est d’Eden (tout deux ayant fait plus de 4 millions d’entrées chacun en France). Eh oui, le fameux James Dean, mort quelques semaines avant la sortie du film. Le pauvre, ce qui nous reste de lui a aujourd’hui plus un goût de vaste blague que de chef d’œuvre d’antan.

Petit nouveau au lycée (après moult redoublements visiblement), Jim Stark (James Dean) n’est pas vraiment sociable, et il fera l’erreur de tenter de charmer la petite poulette (Natalie Wood) de Buzz, le chef des truands du coin. Après une pseudo altercation, un défi est lancé : le jeu de la poule mouillée, qui consiste à être le dernier à sauter d’une voiture destinée à se crasher en bas d’un falaise. Malgré son naturel fragile et la larme facile, Jim va relever le défi, mais un terrible engrenage va alors se refermer sur lui.

Du cinéma de la vieille école, certes, mais qu’est ce que c’est mauvais ! Très vite un premier constat tombe : soit le film cumule volontairement des acteurs exécrables et des dialogues insipides dans une optique parodique, au quel cas c’est passablement raté tant l’hermétisme sera la seule réponse, et si cela est accidentel, alors la situation est bien pire tant elle démontre un travail lamentable de la part de l’ensemble des gens ayant œuvré sur le film. Et effectivement, après avoir paumé facilement une heure dans des jérémiades stupides de jeunes efféminés (Plato était-il homosexuel ?), on se rend compte que le film se voulait à l’origine comme une dénonciation du mal-être des jeunes et des dangers des effets de groupe. Mais avec des gros durs pleurant toutes les deux secondes et possédant une sexualité digne des films Disney, difficile de prendre l’histoire au sérieux, surtout avec des réactions de la part des protagonistes toutes plus aberrantes les unes que les autres. Toute la fin sur l’évasion est une honte absolue qui enterre définitivement le semblant d’idée développée. Un mythe qui s’effondre dans une incrédulité totale.

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Août 2014

Après un mois historique, les choses reprennent une allure plus classique à cause d’un gros trou en terme d’activité en milieu de mois, mais la reprise s’annonce très bonne et merci encore pour votre soutien !

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Babysitting

Babysitting
2014
Philippe Lacheau, Nicolas Benamou

Dans cette année historiquement bonne en terme d’entrées en France, la meilleure depuis que le cinéma existe, sans doute grâce au nouveau tarif pour les jeunes dont la part de marché a explosé, une comédie a réussi le tour de force de réunir 2,3 millions d’entrées malgré la confrontation frontale avec Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? sorti la même semaine. Pas mal pour ce Projet X à la française, il est vrai fort divertissant.

Dans la vie, tout peut partir très vite en sucette quand on a les amis pour. Pour le jour de son anniversaire, Franck (Philippe Lacheau) s’est vu proposer de troquer sa fête d’anniversaire contre du babysitting, mais l’objectif étant de plaire à son patron pour gagner le droit de lui montrer les croquis de sa BD, c’était là un mal pour un bien. Une soirée calme en perspective, et pourtant, le lendemain M. Shaudel et sa femme (Gérard Jugnot & Clotilde Courau) furent réveillés par la police : leur maison a été ravagée pendant la nuit et leur fils est porté disparu. Sur place, ils vont trouver un caméscope qui a enregistré ce qui semble avoir été une fête clandestine qui a lourdement dégénérée.

Désormais référence absolue en matière de fête historique, Projet X a marqué les esprits à jamais et vouloir le dépasser serait une folie. Au contraire, le film a l’intelligence de proposer autre chose que la fête, qui est certes l’éléments déclencheur et qui restera en suspend tout du long, mais l’action ne s’y situera que partiellement. Ainsi, on aura le droit à d’improbables scènes comiques de poursuite en voiture, dans une fête foraine, ou plus mythique, une course de kart qui dénote un certain degré de recherche pour justifier l’air de rien des gags clefs du film. Utilisant à son compte le found-footing, le film arrive à justifier ce procédé qu’on croyait mourant à l’aide d’un choix de mise en scène audacieux, et cela pour le mettre au profit d’un humour décomplexé, fun et dans l’air du temps. On y croisera subrepticement Grégoire Ludig et David Marsais du Palmashow, mais plus encore, le méconnaissable et complètement barré Vincent Desagnat, hilarant sur la fin, et aussi la sublime Alice David, star montante du cinéma français qui prouve que son jeu est à la hauteur de son sourire. Du lourd, du très très lourd. Dynamique, frais et hautement divertissant. Un degré d’originalité proche du néant mais dont l’efficacité est telle qu’on se marre sans autre pensée, et c’est exactement ce qu’on voulait.

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Elle s’en va

Elle s’en va
2013
Emmanuelle Bercot

Preuve s’il en fallait que la presse française est totalement corrompue ou aveugle. Nominé dans un nombre impressionnant de festivals, le film fut ovationné par la presse, mais fut surtout massacré par le public, incrédule face à ce vide absolu. Certains se rappelleront son cours passage dans les salles (sauf les parisiens snobinards, avides de productions de ce genre), mais visiblement son bide fut encore plus violent sur les ventes de DVD, le film sortant à la télé moins d’un an après sa sortie.

Le fond du problème vient incontestablement de l’histoire, qui ne se résume même pas au titre : c’est le titre, point barre. Chef dans un restaurant de Bretagne, Bettie (Catherine Deneuve) va un jour foutre le camp, en plein milieu d’un service. Voilà, voilà… Une petite recherche de soi, un retour aux sources, l’envie de renouer avec sa fille ? Oui, mais les paupières sont sacrément lourdes.

Mais quelle œuvre bouleversante ! Quel tour de force avec la métaphore du paquet de cigarette qui symbolise la vie, cette ouverture au monde, cette découverte de son petit-fils qui chamboule tout ! C’est probablement ce qu’ont dû se dire ces criminels d’encenseurs de presse, mais difficile de croire que le film veuille nous montrer quoi que ce soit. Un quart d’heure s’écoule et le bilan est déjà irrévocable : on se fait chier comme rarement un curé n’aura fait une messe aussi longue. C’est aberrant, il ne se passe strictement rien de tout le film ! Et il y a des signes qui ne trompent pas : la première vraie scène du film, la « dispute » entre la mère et sa fille, démontre le naufrage de la pauvre Catherine Deneuve, d’un naturel atroce. Son personnage est à l’image du film : mou et insignifiant. De la branlette pseudo intellectuelle et vomitive.

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Triple alliance

Triple alliance
2014
Nick Cassavetes

Illustré avec brio dans le genre dramatique, Nick Cassavetes s’essaye pour la première fois à la comédie pure et dure à l’américaine, donc avec un casting pareil forcément auréolé de succès (194 M$ dans le monde). Un succès relativement compréhensible dans la mesure où l’histoire avait un certain potentiel comique, mais son développement sera d’une pauvresse désarmante.

Femme d’affaire qui a bâtit son empire, Carly (Cameron Diaz) avait enfin réussi à avoir la seule chose qui lui manquait dans la vie : l’amour. Lui aussi couronné de succès et très riche, son beau Marc (Nikolaj Coster-Waldau) n’est pourtant pas le modèle de perfection qu’elle croyait. Voulant le surprendre chez lui, elle va tomber nez-à-nez avec sa femme, Kate (Leslie Mann), qui comprendra bien vite qu’il ne s’agissait pas d’une erreur. Les deux femmes vont alors se lier d’amitié, et avec Amber (Kate Upton), une autre maîtresse de Marc, elles vont décider de lui pourrir la vie.

La revanche des blondes. La femme et la maîtresse qui se lient d’amitié, c’est cocasse, mais avec une autre maîtresse, la situation pouvait devenir franchement énorme. Un trio qui avait un certain potentiel, les trois femmes étant singulièrement différentes : l’une étant une femme d’affaire intelligente, la femme étant une folle stupide, et la troisième alliant jeunesse et beauté arrogante, mais avec une gentillesse la rendant sympathique. Assister à un lynchage en règle de la part de ses trois déesses pouvait être source de beaucoup de rires, mais le bilan sera mauvais. Déjà, il faudra attendre un temps fou pour que cette situation que nous vendait le film se mette en place, et il faudra en plus conjuguer ça avec le personnage désastreux de la femme. Juste insupportable, jamais drôle et souvent honteuse. Elle plombe magistralement le film. Ensuite, la dernière maîtresse, Amber, ne sera que peu développée, déséquilibrant totalement les rôles, perdant ainsi en efficacité. Et de toute façon, la vengeance tant attendue décevra au plus haut point : rien de neuf, d’osé ou même de spécialement drôle. Un film au raz des pâquerettes qui évite de peu le naufrage total grâce à une réalisation honnête et une Cameron intéressante, mais on se fait tout de même lourdement chier.

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Passe-passe

Passe-passe
2008
Tonie Marshall

Le plus grand tour de magie du film est sans contestes son financement. Quel tour de force que d’avoir obtenu un tel budget pour un film reposant sur tant de bêtises ! Mais difficile de feindre la surprise avec une filmographie aussi accablante que celle de la réalisatrice, qui a d’ailleurs dû attendre six ans pour regagner le chemin des salles de cinéma. Un cuisant échec au box-office comme auprès des critiques, mais il y avait pourtant quelques pistes intéressantes.

Ex magicien qui avait dû mettre un terme à sa carrière suite à une blessure, Darry Marzouki (Edouard Baer) s’occupait jusqu’alors de sa mère, mais son Alzheimer s’aggravant significativement, une hospitalisation fut nécessaire. Chamboulé par cette obligation, il va péter un câble face à son chieur de beau-frère (Joey Starr) et se barrer avec sa caisse. C’est alors qu’il va croiser une femme au bord de la route (Nathalie Baye), transportant dans un sac une quantité impressionnante de billets. Intrigué, il va décider de lui venir en aide malgré les risques évidents.

Le film démarre plutôt bien avec un Edouard Baer excellent, doublé par une histoire qui s’annonce mystérieuse. Mais le masque tombe bien vite : il s’agit d’une vulgaire affaire de vente d’armes entre un ministre et des coréens. C’est lamentable, d’une lourdeur disproportionnée et cela met à mal l’esprit comique précédemment instauré. Tout ça pour ça, et c’est fait avec une telle maladresse qu’on ne pourra qu’en être dégoûté. Pire encore, on nourrissait des espoirs de dévergondage pour Nathalie Baye, mais elle reste invariablement la même snobinarde froide comme la glace. L’intérêt revient avec le personnage mignon et attachant incarné par la douce Mélanie Bernier, mais encore une fois le traitement ne sera pas à la hauteur. Les tours de magie avaient eux aussi du potentiel, mais le film en tirera péniblement quelques passages acceptables. Et à force de crouler sous les mauvaises idées, ou pire, les bonnes massacrées, on se lasse et l’ennui nous gagne. Un petit film parisien bien fainéant.

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